Ibid., f
3. La délibération est du 16 avril. En voici les termes : « A esté concllu et délibéré, attendu la nécessité des affaires du roy, que ouverture sera faicte du bureau de ladicte Ville pour le fournissement de ladicte somme de h^ livres de rente sur les receptes de Paris et Rouen, à la charge toutesrois que ce soit de gré & gré, sans aulcune contraincte, et que les rentes qui seront sur ce constituées ne pourront estre payées sur les autres assignations de ladicte ville, et oultre que les premières rentes qui ont jà esté constituées sur lesdictes receptes généralles seront préallablement payées et acquitées. > Ibid.^ f« 301.
commettaient, chemin faisant, mille atrocités. Ils avaient mis à feu et à sang la ville de Nuits qui leur fermait ses portes, et les troupes françaises de Gondé se trouvaient impuissantes à maîtriser leurs alliés, tous ces bandits venus d'Allemagne pour mettre la France au pillage. Dans le Midi, une effroyable anarchie régnait. Henri de Montmo* rency-Damville et le duc d'Usez se prétendaient tous deux gouverneurs du Languedoc, au nom du roi. Rançonnées par les deux partis, les populations renonçaient à cultiver leurs champs et à faire le commerce. Il y eut, dans le Vivarais notamment, des ligues populaires contre la noblesse militaire qui, sous le drapeau catholique aussi bien que sous le drapeau protestant, rendait la vie intolérable au paysan. Les statuts de la ligue du Yivarais portaient, entre autres clauses, « qu'on travaillerait de concert à faire sortir du pays les garnisons et à raser les places fortes... qu'on aurait soin de notifier cet accord aux villes et à la noblesse, et que les lignés seraient autorisés à poursuivre ceux qui refuseraient d'y entrer, comme des ennemis de la patrie *... » Damville ne fut pas moins scandalisé que le duc d'Usez de ces velléités d'indépendance dont s'avisaient les lamentables victimes des jeux de princes. La profonde indignation des masses explique peut-être l'impuissance de l'armée royaliste, conduite par le duc de Mayenne, qui avait reçu la mission d'arrêter les Allemands en marche pour faire leur jonction avec les troupes de Monsieur dans le Bourbonnais. Un grave incident acheva de désespérer la cour. Le roi de Navarre, qui affectait à dessein de blâmer la conduite du duc d'Alençon, pour donner le change à Henri III, s'enfuit brusquement le 3 février, et, après avoir chevauché toute la nuit à travers les bois, il passa la Seine au point du jour, à une lieue de Poissy. Le lendemain, il