‹ Paris et la provinceChapitre 19 sur 130 · VI. DUMONT · texte numérisé non relu

VI. DUMONT

C'est si beau, un petit garçon qui se conduit bien î

THÉODULE

C'est-*' plus beau fane tetite fille ?

M. DUMONT

Sans comparaison, parce qu'un garçon qui a le

sentiment de ses devoirs, doit être, en quelque sorte, en l'absence... de ses père et mère ou à leur défaut, le mentor, ou plutôt le guide, voire même le soutien de sa sœur.

THÉODULE

Empesser qu'on lui fasse du mal?

M. DUMONT

Empêcher qu'on lui fasse du mal, comme vous dites fort bien. La mettre à l'abri des pièges qui pourraient lui être tendus. Être son chevalier, lui offrir son bras.

Pour aller promener au zardin des Plantes ; mais, drtfttd-papa, si elle veut pas?

M. DUMONT

Vous aurait-elle jamais refusé ?

THEODULE.

A veut zarnais.

M. DUMONT

C'est que probablement vous vous y serez mal pris.

THÉODULE

Non, dnzwd-papa, ze m'y suis pas mal pris.

GKAND-PKRK ET PETIT-FILS. 9Ï

m. DUMONT.

En un mot être son égide.

THÉODl LE.

7"est-ce te c'est, drand-])wpa,, son ézide?

M. DUMONT

Son soutien, son appui.

THÉODULE

Ah! oui ! — Ze l'aime bien, ma tite sœur.

M. Dl MONT,

Vous n'avez point affaire à une ingrate.

Tout à l'heure, tand elle va revenir avette tite maman Lili, veux lui donner tous mes zouzoux.

M. DUMONT

Nous n'exigeons pas de tels sacrifices! Mettez seulement vos joujoux à sa disposition, nous ne demandons pas davantage ; soyez, avec elle, bon, serviable, généreux, et votre famille applaudira à vos efforts.

THEODULE.

Et puis, au zour de l'an, on me rétompensera.

M. DUMONT

Certainement.

TU ÉODU 1-E.

Pon papa?

M. DU MONT

Eh bien?

THEODULE.

Tand est-ce le zour de l'an ?

M. DDMONT.

Nous sommes en juillet... un, deux, trois... Dans cinq mois.

THEODULE.

C'est-/ long?

M. DU MONT

Ça viendra bien assez tôt, soyez tranquille.

THEODULE.

On me rétompensera, pasce te j'aurai été bien saze et bien désobéissant.

M. DU M ON T

Obéissant, si vous voulez bien.

D?v/>/d-papa ?

M. DU M ONT

Encore !

THEODULE.

Z'aurai ti des belles étrennes?

M. DUMONT

Je vous ai dit à quelles conditions : si vous tenez toutes les promesses que vous m'avez faites.

THEODULE.

Ze les tiendrai.

M. DUMON l .

Je le souhaite.

THÉO DU LE

Zi mentirai plus zamais, plus zamais, plus zamais !

Gomment? Est-ce que par hasard vous auriez menti ?

THÉODULE

Oui, bon papa.

M. DUMONT

Et vous osez l'avouer ?

THÉODULE

Tu m'as ti tu pas dit de tonzours dire la vélitè?

M. DUMONT

Certainement.

THÉODULE

Ze te l'ai dit. Z'ai menti tond zVtais tout petit, tout petit.

M. DIMOXT.

Je veux bien vous pardonner cette fois, mais à la condition que vous ne recommencerez plus.

thi: ODUEE.

Plus zamaù) plus zamais, ze te le promets.

M. DUMONT

C'est si laid, un menteur ! Je ne connais rien . d'aussi laid.

Il était ti plus laid te mosieu Dutilleul?

M. DUMONT

M. Dutilleul auquel vous faites allusion...

THKODULE.

Il est. tout plein laid.

M. DUMONT

Par une cause indépendante de sa volonté.

THEODUEE.

Pas pour avoir menti?

M. DUMONT

À l'époque où il était en nourrice, il a eu le malheur de tomber dans le feu ; mais pour mentir, il n'a jamais menti, que je sache.

THKODULE.

Ze mentirai plus zamais.

M. DUMONT

J'en prends acte, d'autant qu'un petit garçon qui ment, n'aime pas ses parents.

théodule.

Moi, ze les aime bien.

M. DUMONT

Je dirai plus, il ne les a jamais aimés.

Pàsce te s'il les aimait , y mentirait pas. — Drand-ipdiipa, ?

M. DUMONT

Eh bien?

THEODULE.

Un menteur, c'est-?' pire qu'un polisson des lues?

M. DUMONT

Cent fois.

THÉODULE

Et celui ti dit la vélité ?

M. DUMONT

Aura sa récompense. .

THEODULE.

Au zour de l'an.

M. DU MO M

Si ce n'est dans ce monde, ce sera dans l'autre.

THEODULE.

Ah ! oui ! — Dans le paladis.

M. DUMOiNT.

Naturellement.

Drand-pa\)'à !

M. DUMONT

Ou'est-ce encore?

THEODULE.

L'autre zour...

M. DUMONT

L'autre jour.

THEODULE.

Ze peux pas.

M. DUMONT

On essaye, vous n'essayez pas.

THEODULE.

Si, bon papa. L'autre zour avette Dustine.

M. DUMONT

Avec Justine. — Que vous est-il arrivé?

Tll ÉODULE.

Nous avons vu un polisson des lues, que des militaires emmenaient, avec leurs fusils...

M. DUMONT

En prison?

THÉODULE

Oui, d/77/?d-papa.

M. DU M ONT

Parce que, sans doute, i] avait menti.

THÉODULE

11 avait beautout, beautout menti.

M. DUMONT

Cela ne m'étonne pas. Il devait être fort laid?

i II KO DU LE.

Oui, bon papa. Il était tout plein vilain, tout plein vilain, tout plein vilain !

M. du M ONT.

Vous voyez où conduit le mensonge, vous le voyez.

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