‹ Paris et la provinceChapitre 22 sur 130 · T H É ODILE · texte numérisé non relu

T H É ODILE

Dis donc, bon papa.

M. DUMONT

Mon Dieu! Je vous prie, en grâce, laissez-moi respirer !

THÉODULE

Ze te laisse lespiler.

\J. DUMONT

Ce n'est pas mon avis.

THEODULE.

Tand est-ce te nous lions à Menicourt, cez M. Larpenteur?

Je n'en sais rien.

THÉODULE

C'est zoliy Menicourt.

M. DUMONT

Je l'ignore, on ne m'a jamais fait l'honneur de m'inviter.

THEODULE.

Pas toi, mais moi, tand est-ce te j'irai ?

M. DUMONT

Aux vacances, sans doute.

TH KODULE,

Tand est-ce?

\|. DUMONT

Vous le savez mieux que moi, bientôt.

THEODULE.

Ze pourrai ti zurcr, tand ze serai avettc les sarreliers ?

M. DUMONT

J'aime à croire que vous n'irez pas vous commettre avec ces gens-là.

THÉODI LE.

Si papa Lili le permet.

M. ni uoxr.

En ce cas-là, je n'ai plus rien à dire; mais je doute qu'il vous le permette.

THÉODULE

.Ze ne zurerai te tand ze penserai aux cevaux.

M. DUMONT

Même en pensant à des chevaux, il ne faut jamais jurer.

THÉODULE

Papa Lili...

M. DUMONT

Ne jure pas, j'espère.

TU ÉODU I.K.

Si, dren)d-\)n\)[[.

M. DUMONT

Cela m'étonne.

THEODULE.

Tand il tondait la voiture.

M. DUMONT

Ça revient à ce que je vous disais, quand mons vot' père conduit, il traite son cheval en conséquence, il se met à son niveau.

Y zure touzours, touzours, tand il parle à Bizou.

M. DUMONT

A Bijou?

THÉODULE

Son cevalï

M. DUMONT

Oui, oui, pardon, je n'y étais plus.

THÉODULE

Ze l'aime bien, Bizou.

M. DUMONT

Il le mérite.

Et toi?

1*0 GrRA.ND-PÈRB ET PETIT-PILS.

H. DU MO NT

Moi aussi.-

THEODULE.

/)/vz>?d-papa, en as li tu* tonduit, des voitures?

M. DU MO NT

Des charrettes, oui, étant enfant, jamais de voitures.

Pourtoi?

M. DUMONT

Parce que mes moyens ne m'ont jamais permis d'en avoir.

THEODILE.

Paseele tu l'as zamais été risse.

M. DU MONT

Je ne suis pas riche, en effet, on me le reproche assez tous les jours.

THÉODULE

Ton papa l'était i risse?

H. DDMONT.

il ne l'était pas non plus, attendu qu'il a toujours eu une famille très-lourde.

THÉODULE

Il avait tout plein de petits enfants,

GBAND-PÈRE KT PETIT-MLS. III

M. DU MON T

Nous étions neuf.

TI1ÉODULE.

Mon drand, drand-pupa, ze l'ai zamais vu.

M. DUMONT

Nous l'avions perdu quand vous vîntes au monde.

Et ma drand, drand, drand-ma,ma.n?

M. DUMONT

Vous avez été à même de la voir.

THÉODULE

Ze m'en souviens pas. Z)rawd-mamanj elle

avait i des vasses?

M. DUMONT

Une seule, une seule vache, Blanchette.

THÉODULE

Et pis des moutons?

M. DUMONT

Pas de moutons; des poules, si vous voulez, des poules et des poulets.

THEODULE.

Des petits poulets.

142 GRAND-PÈRE ET PETÏT-FfLS.

M. DUMONT

Oui.

THÉODULE

Et mon aut' drawrf-papa?

Le père de madame vot' mère... M. L'écouffiaic.

THÉODULE

Oui, d/v//*d-papa Fiat-fiaic! — Est-/ risse?

M. DUMONT

Très-riche.

THÉODULE

Tu la tonnais-tu, sa belle voiture, sa caless?

M. DUMONT

Sa calèche ?

THÉODULE

Oui!

M. DUMONT

Oui, qui?

THÉODULE

Oui, d/Y/wd-papa. — \& tonnais-tul

M. DUMONT

Pas particulièrement, je l'ai vue,

THEODULE.

Tu l'as ti tu monté dedans?

M. DUMONT

Jamais.

Pour toi?

M. DUMONT

Parce que jamais on ne m'en lit la proposition.

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