INTRODUCTION. XXIII
penses, pour lesquelles la ville fut mise à contribution; le roi tomba en démence, la France fut décMrée par les factions des Armagnacs et des Bourguignons , ces derniers trouvant des partisans à Paris dans les bouchers , nommés les Cahockiens, Ensuite les Anglais furent maîtres de la ville pendant dix-huit ans, y résistant même à l'armée que Jeanne d'Are avait amenée d'Orléans.
Chaules VII (1422-1461) ne rentra dans sa capitale qu'en 1436, et cette année ne vit pas encore finir les maux de Paris: la peste y fit 50000 victimes dans l'espace de six mois (1437- 1438), et après ce fut le tour de la famine. Qu'on se figure, s'il est possible, l'état de la ville à cette époque, en considérant encore que non seulement les Cabochiens y avaient égorgé 10000 personnes, mais que des maladies contagieuses l'avaient aussi ravagée précédemment, ainsi qu'une famine atroce en 1421 1
Le règne de Louis XI (1461-1483) fut heureusement un règne réparateur, de même que ceux de Chablbs YIII (1483-1498) et de Louis XII (1498-1515). C'est sous Louis XI que fut établie à Paris la première imprimerie , et un beau monument qui subsiste encore de ce temps est le joli hôtel de Cluny.
La renaissance a jeté un vif éclat sur le règne de François I®' (1515-1547) ; mais son administration fut loin d'être paternelle et libérale, car il finit par persécuter les protestants et supprimer l'imprimerie , qui ne fut rétablie qu'avec la censure. Cependant il s'occupa de l'embellissement et de l'assainissement de Paris, qui comptait alors au moins 3(X) 000 hab. Ce fut lui qui commença le Louvre actuel, V hôtel de ville et St-Eustache, Henbi II (1547- 1559) et François II (1559-1560) continuèrent les persécutions contre les protestants , et sous Charles IX (1560-1574) Paris fut ensanglanté par les guerres de religion , dont le fait le plus odieux fut le massacre de la St-BarthÛemy (1572) , inspiré par la reine mère, Catherine de Medicis. Un retour à la tolérance sous Henri III (1574-1589) fit naître la Ligue (1585). Le roi, accusé de complicité avec les huguenots , se vit opposer le duc de Ouise, fut forcé de quitter Paris , où éclata un soulèvement terrible , lorsqu'il eut fait assassiner son rival, dut mettre le siège devant sa propre capitale et tomba sous le poignard de Jacques Clément (1589).
Henri IV (1589-1610), qui était protestant, avait encore moins de chance d'être agréé par les Parisiens fanatisés ; ils tinrent bon contre lui , malgré une horrible famine qui en enleva 30 000. Mais la division s'étant mise dans la Ligue, dont une partie s'était tournée vers Philippe II d'Espagne , Henri gagna les modérés , abjura le calvinisme et entra dans la ville en 1594. Ce prince s'appliqua dès lors à réparer les maux des guerres civiles, continua le Louvre^ les TuUerieSy qui avaient été fondées par Catherine de Médicis, et le Pmt-Neuf, commencé sous Henri III , acheva Vhôtel de ville, créa la place Royale, aujourd'hui place des Vosges , etc. L'essor intellectuel de la capitale , le commerce et l'industrie prirent sous ce