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V. Du Louvre à la place de la Bastille

Restaurants couveuaiit aux visiteurs de ce quartier, v. p. 17.

La partie E. de la rue de Rivoli (p. 90) , de l'autre côté de la rue du Louvre, a été percée dans uu quartier aux rues étroites sous Napoléon III, qui voulait ouvrir à ses troupes l'accès de l'hôtel de ville. Elle croise la rue du Pont-Neuf, qui s'étend de ce pont aux Halles Centrales (p. 196), puis les rues des Halles et St-JDenis, et entin le boidevard de Sébastopol (p. 84). — Station du CJiâtelet, sur le Métropolitain, au coin de la rue des Lavandières-Ste-Opportune (v. l'appendice, p. 39).

Au 11" 144, à l'angle de la rue de l'Ai-bre-Sec (pi. R. 20; III), une inscription rappelle que là se trouvait l'hôtel de Montbazon, où fut tué l'amiral de Coligny (v. p. 91). C'est là qu'habiteront aussi le peintre G. Van Loo et la duchesse de Montbazon, maîtresse de Rancé (m. 1700), lequel à la mort de celle-ci se retira et réforma l'ordre de la Trappe.

Dans le square, au coin S.-E. de la rue de Rivoli et du boulevard de Sébastopol, est une belle tour gothique de 50 m. 25 de haut, la tour St- Jacques (pi. R. 23 ; ///, /F), de 1508-1522, reste de l'église St-Jacques-la-Boucherie mentionnée pour la première fois dans une bulle du pape Calixte II en 1119, achevée sous François F'", vendue et démolie en 1789. Cette église était un lieu d'asile pom- les criminels. La tour est maintenant isolée et c'est un observatoire. Sous la voûte du rez-de-chaussée, la statue de Pascal (1623-1662), qui répéta, dit-on, du haut de cette tour (ou de celle de St-Jacques-du-Haut- Pas, p. 332) ses expériences sur la pesanteur de l'air; elle est de Cavelier. Au sommet, la statue de St Jacques le Majeur. En haut, la *vue est magnifique, car on y est à peu près au centre de Paris, mais on n'y monte plus, en principe, qu'avec une permission qui se délivre gratuitement, les jours ouvrables, à l'hôtel de ville, de 11 h. à 5 h., ou bien en s'adressant à l'un des gardiens (pourb. ; de préférence, de midi à 3 h.). Escalier tournant de 291 marches.

Statues du square : la Porteuse de pain, le Ricochet et Cyparisse, jolis bronzes par Coutan, Vital Cornu et H. Plé.

Non loin au N.-E. de la tour St- Jacques, dans la rue St-Martin, se trouve St-Merri (pi. R. 23; ///), jadis St-3Iédéric, église du meilleur style goth., bien que de 1520-1612. Il y a sur la rue un assez beau portail inachevé, du style flamboyant. L'intérieur, à quatre nefs, a été détîguré au xviie s., par Boffrand, de qui est aussi la grande chapelle à droite. On remarque particulièrement les *vitraux anciens du chœur, du xvi« s. Au maître-autel, un grand crucifix de marbre par P. Dubois. A l'entrée du chœur, deux bous tableaux de C. Vanloo, surtout celui de g., St Charles Borromée. Dans le bras g. du transept, uu autre de Belle, la Réparation d'un sacrilège. Il y a encore d'autres tableaux et, dans les chap. du déambulatoire, des fresques modernes par Cornu, Lepaulle, Chassériau, Amanrij-Duval, Lehmann, Matout, Glaize, Lafon, etc., mais il n'est guère possible de les bien voir. Dans la crypte, une châsse, avec les restes de St-Merri. Ce fut le temple du Commerce pendant la Révolution.

Derrière l'église, la vieille rue du Cloître-St-Merri , où aboutissent les pittoresques rues Taillepain et Brisemiche (pl.R. 23; ///), qui doivent sans doute leur nom à une boulangerie du Chapitre St-Merri. Au coin

PLACE DU CHATELET. P^ife dr. 5. 175

de ces deux mes, une curieuse maison à porte goth. qui faisait partie du cloître St-Merri. La rue de Venise, qui croise plus loin la rue St-Martiu, est une des plus vieilles et des plus étroites de Paris. C'était la ruelle des Usuriers et elle a conservé le cachet d'un coupe-gorge des xiye-xve s. Elle est auj. occupée par des bouges. Au n» 27, l'anc. cabaret de l'Epée-de-Bois, que Marivaux et Louis Racine fi-éqnentaient. La rue Quincarnpoix, qui croise celle de Venise, est aussi une des plus anciennes. C'est là qu'était en 1718-1720 la trop fameuse banque de Law, aentre de spéculations fantastiques. A l'extrémité S. de cette vieille crtère, la rue des Lombards, qui doit son nom aux prêteurs sur gages ou lombards et où Boccace vit le joiir. — On revient par là à la rue St-Martin (pi. R. 23-24; ///), l'anc. grande voie romaine des provinces du Nord. Au n*' 122, la jolie fontaine Xaubiiée, refaite eu 1734. N» 193, curieuse enseigne de la Cloche d'Or. — Les autres rues de ce quartier renferment toutes des maisons pittoresques ou historiques.

Le boulevard de Sébastopol aboutit au 8. à la place du Châtelet (pi. R. 20-28; F), où fut jusqu'en 1802 la fameuse prison du Grand- Châtelet, dont le plan se trouve à g. sur la façade de l'hôtel de la Chambre des Xotaires. On y a érigé de 1806 à 1808 une font aine de la Victoire, avec la colonne du Palmier, à fût en pierre, et cordons de bronze, sur laquelle sont inscrits les noms de quinze batailles gagnées par Xapoléon. Il y a au sommet une Yictoire tendant une couronne de chaque main et dans le bas sont les statues de la Fidélité, la Vigilance, la Loi et la Force, par Boizot. La colonne a été transportée en 1858 à l'endroit où elle se trouve aujourd'hui, mais augmentée du soubassement à deux vasques décoré de quatre sphinx, et on l'a restaurée en 1899-1900. A g. de la place, le théâtre Sarah-Bernhardt (p. 35); à dr. , le théâtre du Ckâtelet (p. 36), construit par Davioud comme le précédent, et où se voit une inscription rappelant que là était une maison où naquit le peintre David, en 1748. La place est bornée au S. par la Seine, que traverse le pont au Clian/je (p. 266).

Dans l'immeuble de V Assistance Publique (pi. R. 23; TO» avenue Victoria, on projette d'établir un musée de l'hygiène, ainsi qu'un musée de l'assistance publique qui renfermera les faïences, tableaux, etc., disséminés jusqu'à présent dans les divers établissements de cette administration à Paris.

De la place du Châtelet la large avenue Victoria s'étend à l'E. jusqu'à la place de l'Hôtel- de-Ville, autrefois appelée pjlace de Grève, parce qu'elle s'abaissait vers la Seine, et qui évoque sous ce nom une fouie de souvenirs lugubres. Les exécutions capitales y eurent lieu de 1310 à 1832. Catherine de Médicis y fit pendre après la St- Barthélémy (1572), aux huées de la foule, les chefs huguenots Briquemont et Cavagnes, et supplicier en 1574 le comte de Montgomery, dont la lance avait atteint par hasard, dans un tournoi, l'œil du roi Henri II et occasionné sa mort (v. p. 193). Eléonore Galigaï, sœur de lait de Marie de Médicis, convaincue de sortilèges, y fut dérapitée, puis brûlée, en 1617. En 1766, c'était le tour du comte deLally-Tollendal, gouverneur des Indes françaises, injustement condamné, sous prétexte de trahison, et en 1789, celui

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de FouUoii, contrôleur -général des finances, et de Berthier, son gendre, qui y furent pendus aux lanternes par la populace. Mais il y a eu aussi des exécutions de criminels: Ravaillac, assassin de Henri IV, en 1610; la marquise de Brinvilliers et la Voisin, deux empoisonneuses, en 1676 et 1682; le fameux voleur Cartouche, en 1721; Damiens, qui avait attenté à la vie de Louis XV, en 1757, etc. — Au S., la place de l'Hôtel -de -Ville est reliée à la Cité (p. 265) par le pont cVArcole.

L'*hôtel de ville (pi. R.23; F) a été reconstruit dep. 1871 dans sa forme primitive, par Ballu et Deperthes. C'est un magnifique édifice du style de la Renaissance française, avec ses pavillons à dôme, réminiscences des tours du moyen âge, ses lucarnes et ses hauts tuyaux de cheminée richement sculptés. Il est en majeure partie entouré d'un fossé horde d'une grille, par où s'éclaire son grand sous -sol. Le rez-de-chaussée présente des pilastres et le premier étage des colonnes engagées d'ordre composite. Il y a audessus du premier une espèce d'entresol et les pavillons ont un étage de plus. L'ancien édifice avait été commencé en 1533, mais agrandi du quadruple au cours des temps. L'architecte en fut peut-être un Italien, Dominique de Coi'tone, dit à tort le Boccador, mais la question n'est pas résolue. L'hôtel de ville est le siège de l'administration de Paris, de laquelle dépendent les mairies des vingt arrondissements. Le chef est le préfet de la Seine (p. xxiii), qui se nommait prévôt de Paris ou des Marchands avant 1789.

L'hôtel de ville a joué uu grand rôle dans les différentes révolutions françaises, étant le point ordinaire de ralliement du parti démocratiq^ue, en opposition avec les palais royaux, le Louvre et les Tuileries, et c'est dans son enceinte que se constitua le tiers-état, etc. Le 14 juillet 1789, les vainqueurs de la Bastille furent apportés en triomphe dans sa grande salle. Trois jours après, Louis XVI, venu de Versailles à Paris, sous la protection du maire Bailly et de quelques autres députés populaires, fut amené à l'hôtel de ville escorté d'une foule immense, qu'il ne calma qu'en se montrant avec la cocarde tricolore, composée, dit-on, par Laf ayette, des couleurs bleue et rouge de la ville de Paris et de la couleur blanche des Bourbons. C'est ici que siégeait la Commune, lorsque Barras y pénétra au nom de la Convention, à la tête de cinq bataillons, le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), et que Robespierre eut la mâchoire fracassée d'un coup de pistolet. C st par l'hôtel de ville que Louis- Philippe passa pour monter sur le trône en 18.30; c'est ici que Louis Blanc proclama la république en 1848. Enfin l'hôtel de ville fut le siège du «gouvernement de la Défense nationale» du 4 sept. 1870 au 28 fév. 1871, et, jusqu'à la fin de mai, du comité de la Commune. Les communards y entassèrent des monceaux de combustibles. Forcés de reculer après le terrible combat du 24 mai sur la place, ils y mirent le feu, pendant que 600 des leurs s'y trouvaient encore. Pas un n'eu réchappa et l'édifice s'écroula dans les flammes.

La *façade principale, sur la place de l'Hôtel-de-Ville , se divise en trois parties à peu près égales. Celle du milieu, qui forme avant-corps, est percée de trois portes, dont deux portes cochères cintrées aux pavillons. L'autre porte est précédée de statues en bronze de la Science, par Blanchard, et de l'Art, par Marqueste.

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Aux principaux étages de l'avant-corps, de même qu'à ceux de tous les pavillons, se trouvent des niches garnies de statues d'hommes célèbres. Il y a de plus sur les entablements des statues représentant des villes de France, etc. La façade a encore comme ornements, au milieu, une horloge entourée de sept statues, im campanile et dix statues dorées de hérauts d'armes couronnant la toiture. Il y a en tout à l'extérieur, en comptant quelques statues dans les cours, env. 200 statues ou groupes, la plupart désignés par des inscriptions.

Les autres façades méritent aussi d'être vues. Il y a du côté du quai, dans un petit jardin, ime statue équestre d'Etienne Marcel (p. xA^i), en bronze, par Idrac et Marqueste. Les entrées sur le derrière sont précédées de lions en bronze, par Cain et Jacquemart.

On peut traverser l'hôtel et voir ainsi deux de ses belles cours.

L'*iiitérieur de l'édifice est visible de 2 h. à 4 h., avec une carte qui se délivre alors au secrétariat, cour du Xord ou à g. en arrivant par la place, escalier D (!»•« porte à g. et encore à g.), au l^^' étage au-dessus de l'entresol. La visite, qui dure Y2 h., est gratuite. On se présente avec la carte dans le vestibule du côté de la grande façade, la salle des Prévôts (à dr. sous l'arcade en venant de la place), où l'on est reçu par un employé qui vous conduit en donnant des explications (pourb.). — La belle décoration intérieure de cet édifice permet d'apprécier l'art français moderne, mieux peut-être que les œuvres réunies au Luxembourg (v. p. 317). Esquisses de cette décoration au Petit Palais (v. p. 71).

On passe d'abord dans ime galerie , d'où l'on voit , dans la cour centrale, le «Gloria Victis», bronze par Mercié. Ensuite on longe cette cour à dr. pour arriver aux escaliers du l^i- étage.

Il y a sur le derrière de l'hôtel, au rez-de-chaussée, une grande galerie destinée à des réunions, la salle St-Jean, qu'on ne visite pas.

Les ^galeries et les salles des Fêtes, au premier étage, ont surtout comme ornements des peintures, plafonds et panneaux, par des artistes contemporains. — En haut des escaliers sont des vestibules d'arrivée et des pourtours décorés de paysages et de vues de Paris et des environs. Les pourtours sont séparés par im salon DES Cariatides, où se trouvent des peintures par Carolus Duran et le vase de l'Empereur de Kussie (Alexandre III), vase monumental de 3 m. de haut, en jaspe de l'Oural vert et rouge, donné en souvenir de la réception des marins russes à Paris en 1893. — Le SALON d'arrivée Xord a un magnifique plafond à caissons et une grande peinture murale: les Joies de la vie, par Roll. A la suite, le salon d'introduction Nord, où se voient la Xature éducatrice, les Exercices physiques, l'Etude et la Philosophie, par Bonis et le portique Nord, avec peintures (sujets de fêtes), par F. Barrias, et Horace et Lesbie, marbres par Guillaume.

Puis vient la ^Grande salle des Fêtes, une galerie principale de 50 m. de long, 12 m. 50 de large et autant de haut, avec galerie

Bœdeker. Paris. 15» éd. 12

17s Une ,lr. n. HOTEL DE VILLE. i>" l^onvre

latérale du côté de la place Lobau, cette dernière surmontée d'une tribune qui se continue sur les autres côtés de la salle. Plafonds: la ^Jusique à travers les âges, pur Gervex; les Parfums, par G. Ferrier; Paris conviant le monde à ses fêtes, par Benj. Constant; les Fleurs, \yàY G. Ferrier; la Danse à travers les âges, par A. Morot. Aux voussures sont des représentations des anciennes provinces de la France (noms inscrits) par Weerts, F. Humbert, Ehrmann et F. Milliet. On remarquera aussi les sculptures décoratives, surtout des cariatides et des groupes de figures en haut relief par divers artistes. — Les panneaux de la galerie Lobau (latérale à la salle des Fêtes) sont aussi décorés de peintures, représentant des scènes de l'histoire de Paris, des fêtes, etc., par Picard (fête du 14 Juillet, à g.), Clairin, Cazin^ Berteatix, Baudouin, Delahaye et Blanchon. Ses petites coupoles ont des fresques très intéressantes par Picard et Risler.

Le PORTIQUE Sud, à la suite de la galerie, est orné de peintures par H. Lévy, les Heures du jour et de la nuit, et le salon d'introduction Sud en a d'autres dues à H. Martin, Apollon et les Muses. — La visite se continue par la *salle à manger de réception, où se voient trois beaux plafonds par Georges-Bertrand, au centre: ^l'Hymne de la Terre au Soleil, sur les côtés: l'Agriculture, la Moisson et la Vendange, et six statues en marbre : la Chasse, par E.Barrias; le Toast, par Idrac; la Pêche, par Falguière ; le Vin, par A. Craiik; la Chanson, par Dalou, et la Moisson, par Chapu; superbe marqueterie. — Dans le -salon Lobau ou salon histoi'ique, à Pangle du côté du quai, des peintures par J.-P. Laurens: Répression de la révolte des Maillotins (1382), Louis VI (le Gros) octroie aux Parisiens leur première charte, Etienne Marcel protège le Dauphin, Henri II et Anne Dubourg (1559), Arrestation de Broussel (1648), Pache, maire de Paris en 1793; Turgot, Louis XVI à l'hôtel de ville (v. p. 176), composition célèbre sous le nom de la «Voûte d'acier». La décoration n'est pas encore terminée.

L'aile S., du côté de la Seine, comprend trois grands salons, nommés ^salons des Sciences, des Arts et des Lettres; quatre petites salles dites salons de passage, deux à chaque extrémité, et la galerie de la cour du Sud, qui communique à l'autre bout avec Vescalier d^honneur. Parfois le gardien ne les montre pas toutes. I" SALON DE PASSAGE. Entrée de Louis XI (1461) à Paris, par Tattef/rain. — Salon des Sciences. Peintures: trois plafonds par Besnard, Apothéose des Sciences, Météorologie et Electricité; deux fiùses par Lerolle, Enseignement et Gloritication de la Science; douze écoinçons par Carrière, les Sciences symbolisées; deux dessus de portes iiar Dtiez, la Physique et la Botanique; huit panneaux, les Eléments par Jeanniot, Rixens, Buland et A. Berton, et des vues de Paris, par P. Vcmthier, L. Loir, Lépine et K Barau. Sculptures, surtout celles de la cheminée, par J.-P. Oavelier. — Salon des Arts. Peintures: trois plafonds T^an- Bonnat, Gloritication de l'Ai-t, la Vérité et l'Idéal; deux frises par L. Glaise: d'un côté, la Vie matérielle et la Vie intellectuelle; de l'autre, aux fenêtres, la Musique et la Danse; douze écoinçons par Chartran ; quatre médaillons par Rivey et

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huit panneaux, la Peinture, par DagnoM-Bouveret ; la Musique, par Ranvier (pas terminé) ; la Sculptui'e, par Layraiid ; l'Architectuie, par T. Robert- Fleury, et des vues de Paris, par Français, Bellel, G. Colin et Lapostolet. — Salok des Lettres. Peintures: plafonds par J. Lefebvre, les Muses parisiennes, la Méditation et l'Inspiration; deux frises par Cor mon, Histoire de l'Ecriture; douze écoinçons par Maiynan, les Grandes œuvres littéraires: quatre médaillons par ^Rle Forget ; deux dessus de portes par U. Bourgeois, là Philosophie affranchit la Pensée et l'Histoire recueille les leçons du Passé; huit panneaux, l'Eloquence, par H. Leroux; la Poésie, par R. Collin; l'Histoire, par F. Thirion; la Philosophie, par Callot, et des vues de Paris ou des environs par Berthelon, Guillemet, H. Saintin et Lansyer. Sculptures, surtout celles de la cheminée, par G.-J. Thomas. — Galerie DE LA cocR DU SuD (des Métiers) : les Métiers (inscriptions), seize petites coupoles peintes par Galland. Aux piliers, les armes des villes de France. — Escalier d'honneur, v. ci-dessous.

Le SALON d'aekivée Sud, par lequel on gagne ensuite le grand escalier Sud et la sortie, a deux vastes peintures murales par Puvis de Chava/fiies, l'Eté et l'Hiver.

L'aile 0. (du côté de la place de rHôtel-de-Ville) renferme au centre du l8r étage la salle dit Conseil mitsicipal, visible au public pendant la session les lundi, mercr. et vendr. à 3 h. de l'après-midi. — L'*ESCALrER d'hoskecr, dans la même aile, n'est pas montré aux visiteurs. Sculptures: au rez-de-chaussée, Porte-falot à cheval, bronze par Frémiet (p. 70); monument de l'architecte Ballu, aussi en bronze, par F. Barrias et (Joutan; la Justice et la Sécurité, par Mercié et Deloplanche ; 1" étage, l'Art et le Commerce, par les mêmes; les Lettres et l'Instruction, par Schœneœerk ; les Sciences et l'Assistance publique, par 3/. 2Ioreau, etc. Peintures par Puvis de Chavannes: Victor Hugo consacrant sa lyre à la Ville de Paris; dans les pendentifs, les Vertus.

Salle do Budget (au 2» étage ; visible quand le Conseil municipal ne siège pas): à dr., Réception des troupes revenant de Pologne après la campagne de 1806-1807, et à g., l'Enrôlement des volontaires en 1792, par DefaiUe. Buste en marbre de Garibaldi.

Sur la place Lobau (pi. R. 23 ; V), derrière l'hôtel de ville. Napoléon III avait lait bâtir deux grandes casernes, dont celle du S. est occupée auj. par les bureaux de l'administration scolaire. La station de V Hôtel- de- Ville, sur le Métropolitain, est du côté X. de l'édifice, presque en face de la rue des Archives, v. l'appendice, p. 39.

St-Gervais, (pL K. 23; F), ou St - Gervais- et -St- Profais derrière l'hôtel de ville, est une église qui a été commencée en 1212, mais complètement transformée au x^t;^' s. Elle présente un mélange des styles flamboyant et de la Renaissance. Le portail ne remonte qu'à 1616: il a été ajouté par Sal. Dehrosse, et il jouit d'une certaine célébrité, bien que contrastant avec le reste, parce qu'il offre, pour la première fois en France, les trois ordres dorique, ionique et corinthien superposés, avec frontons triangulaire et semi-circulaire. Ce fut le Temple de la Jeunesse en 1793.

L'intérieur de l'édifice se distingue par la hauteur de ses voûtes. Cette église est riche en fresques, généralement mal éclairées. Les noms inscrits, aux chapelles renseignent suffisamment sur- les sujets des peintures murales. Chap. de dr.: fresques de Jobbé- Durai ; 4e, de Gendron ; 5e, tableau de Couder, St Ambroise et Théodose; 6e et 7» (déambulatoire), vitraux du xvie s.; Se, fresques de Glaize; 9e, mausolée de Michel le Tellier (m. 1685)

180 i?it"' f^r. n. RUE ST-ANTOINE. Du Tyouvrc

ministre d'Etat sous Louis XIV, par Mazeline et Hurtrelle; fiesques A'Al. Hesse (St Gervais et St Protais), Vier{,'e du xiye s. (autel). Chap. de l'abside: vitraux de Pinaigrier ou J. Cousin (xvi« s.), peintures de Delorme, Vierge H'Oudiné; voûte à pendentif en couronne, de 1 m. 10 sur 2 m., par Jaqt/et (1517). Chap. de g., en revenant: P» et 2», Pietà de Nanteuil et Cortot, peintures de Xorblin et de Guichard ; 3», au delà du clocher, tableau de Heim, le Martyre de St Cyr et Ste Julitte, et tableau sur bois attribué à Aldegrever, la Passion; 4», retable du xvi» s.; 5», autre retable et bas-relief (autel) du xvi» s.; 7», retable reproduisant la façade de l'église. — Au banc d'œuvre, un médaillon par le Férugin, le Père éternel, qui a fait partie de l'Ascension maintenant au musée de Lyon. — Le maître -autel a une croix et des chandeliers en bronze doré du xvin» s., provenant de l'abbaye de Ste-Geneviève, et les stalles du chœur, du xvio s., ont de belles miséricordes. Orgue du xvii* s., à tribune en pierre.

Au X. de St-Gervais, derrière la caserne, la petite place Baudoyer. bordée an N. par la rue de Kivoli et au S. par la rue François-Miron et qui fut en juin 1848 le théâtre d'un combat terrible. Entre ces deux rues, la mairie du IV^ m'rondissement, dans le style de ïa tin du xvi*^ s. Ses salles des mariages et des fêtes ont des peintures par Cormon et Comerre.

Au S. de cette mairie, la rue François-Miron, qui fit partie de la rue 8t-Antoine jusqu'en 1836, renferme quelques maisons anciennes, en particulier Vhôtel de Beauvaîs (n" 68), de 1655-1660, dessiné par Ant. Lepautre et qui a une belle cour circulaire avec un escalier à sculptures; ptiis, Vhôtel du président Hénatdt {n" S2). avec un balcon soutenu par une tête de Maure. Il y en a d'autres dans deux rues au S., les rues de Jouy et Geolfroy-l'Asnier, notamment Vhôtd d'Aîimont, construit par Mansart en 1690, auj. Pharmacie Centrale, au n» 7 de la première, et Vhôtel de Châlons-Luxembourg, du xviie s., au n'^' 26 de la seconde, avec une belle porte. En face, la curieuse ruelle Greuier-sur-l'Eau, qui date du xiue s. — Au coin des rues de l'HÔtel-de-Ville et du Figuier (prolongement S.-E. de la rue de Jouy, v. ci-dessus) s'élève l'ancien hôtel de Sens ou des archevêques de cette ville, lorsqu'ils étaient métropolitains de Paris. encore simple évêché. C'est maintenant une propriété privée. Il est du style du xv^ s., avec tourelles aux angles et donjon dans la cour. — Plus loin, le quai des Célestins (v. p. 183). — Maisons curieuses du quai de VHôtel-de- Ville: n^^ 14, 12, 10, 2, etc.

Au delà de l'extrémité E. de la rue François-Miron qu'on vient de voir, la rue de Eivoli prend le nom de rue st-antoine (pi, R. 23, 2(3, 25 ; F), qu'elle doit à l'abbaye qui s'y trouvait.

St- Paul- S t- Louis (pi. R. 25-26; F), à dr. dans la rue St- Antoine. est une aue. église des jésuites, construite de 1627 à 1641 par le P. Fr. Derand, avec un beau portail du style baroque par le P. Marcel Ange. Son architecture trahit l'influence de celle des églises italiennes des jésuites. Son dôme est un des plus anciens de Paris. L'intérieur, quoique surchargé de décorations, produit un grand effet. Il y a un Christ au jardiii des Oliviers, par Eug. Delacroix (1827), au bras g. du transept. — L'anc. maison professe des jésuites, à l'O. de l'église, est occupée auj. par le lycée Charlemagne. — Station du Métropolitain, v. l'appendice, p. 39.

Au n" 119 de la rue St-Antoino, le passage Charlemagn^, où est l'anc. hôtel des Prévôts, avec des tourelles, dos escaliers à vis, etc. — N<^ 65, passage St-Pierre, avec les restes des charniers de l'église St- PaM?. démolie en 1793. L'anc. voûte d'entrée de ce cimetière est à l'inter-

à la BaMille LA BASTILLE. ^ire dr. 5. 181

section de l'équerre formé par ce passage. Là furent inhumés Rabelais, Mausart, etc.

En face, du côté X. de la rue St-Antoiiie , commence la rue Sévigné, où est le musée Carnavalet (v. p. 187).

Ensuite, dans la rue St- Antoine: à g., n" 62, Tancien hôtel de Béthune ou de Sidly, construit en 1624 par Jacques Androuet Du Cerceau, et acquis en 1634 par Maximilien de Béthune, plus connu comme duc de Sully et ministre de Henri IV. Il }' a une vieille cour. — A dr., n» 21, au coin de la rue du Petit-Musc, Vhôtel de Mayenne ou d'Ormesson, bâti par Du Cerceau, auj. l'école des Francs-Bourgeois. Joli escalier voûté et tourelle; chambre de la Ligue où l'assassinat de Henri III fut résolu (rien à voir). — A g., la rue Birague, qui mène à la place des Vosges (p. 193).

Puis à dr. de la rue St-Antoiue, l'anc. église de la Visitation, auj. le temple Ste-Marie (calviniste), édifice construit par Fr. Mansart au x^^Ie s. Ensuite et à g., au coin de la rue des Tournelles, la statue de Beaumarchais (1732-1799), bronze par L. Ciausade (1895). La rue St- Antoine aboutit à la place de la Bastille. A g., au n» 5, une inscription relative à la prise de la Bastille.

La place de la Bastille (pi. E. 25 ; V). communément appelée la Bastille, était autrefois occupée par la bastille St-Antoine, forteresse construite de 1371 à 1.383, sous les rois Charles V et Charles VI, et laissée debout lorsqu'on eut rasé les anciennes fortifications, sous Louis XIV. Elle était située à l'O., et une ligne de pavés blancs trace une partie de son périmètre sur le sol, entre la rue St-Antoine et le boulev. Henri IV. Au n^ 3 de cette place, une inscription avec le plan de la Bastille. Cette forteresse, qui commandait le cours de la Seine et tenait en respect le quartier populeux de St-Antoine, était devenue une prison d'Etat où l'on enfermait souvent aussi les victimes du despotisme, arrêtées sur présentation des fameuses «lettres de cachet», que les favoris du roi se faisaient délivrer. Cette prison odieuse a acquis enfin une célébrité historique par sa destruction, le 14 juillet 1789, au commencement de la Kévolution française, qui date de là ses grandes réformes. Le bruit s'étant répandu que les régiments de St-Denis marchaient sur Paris et que la Bastille devait bombarder le faubourg St-Antoine, le peuple s'y porta en armes de toutes parts. Le gouverneur Delaunay. qui n'avait qu'une poignée d'hommes sous ses ordres, ne put se défendre contre la populace et périt massacré avec ses soldats.

La ^colonne de Juillet, qui décore la place, fut érigée de 1831 à 1840, par Alavoine et Duc, en l'honneur des \-ictimes de la révolution de juillet 1830. Sa hauteur est de 47 m. Elle repose sur un soubassement massif circulaire , revêtu de marbre blanc , primitivement destiné à une fontaine colossale en forme d'éléphant, que Napoléon P^ voulait y élever. Sur ce soubassement est un socle carré, dont les côtés sont ornés de 24 médaillons de bronze et qui

182 Hh-e ilr. 5. BOUL. HENRI IV.

supporte le piédestal de la colonne, lui-même décoré à l'O. d'un beau lion passant (symbole du mois de juillet), bas-relief en bronze par Barije. Aux quatre coins, des coqs gaulois tenant des guirlandes. Le lût de la colonne, qui est en bronze, a 4 m. de diamètre. Il est en partie cannelé et divisé par des anneaux en cinq tambours, où sont inscrits les noms des (ilô victimes de Juillet. Au sommet, un génie de la Liberté en bronze doré, d'après Dumont, debout sur un pied, tenant d'une main le flambeau de la civilisation et de l'autre les chaînes brisées de l'esclavage.

Un escalier commode, de 238 marches, conduit au sommet, d'où l'on a une très belle vue. «L'entrée du monument est absolument gratuite.»

On peut aussi visiter les caveaux sous la colonne, de 10 h. à 4 ou 5 h. (pourb.). Il y en a deux, qui contiennent chacun un sarcophage de 14 m. de long et 2 m. de large, renfermant les restes des victimes de Juillet, auxquels on ajouta en 1848 ceux des victimes de Février.

La place de la Bastille joua aussi un rôle en 1848 et en 1871. Eli juin 1848. les insurgés avaient di'essé leur plus forte barricade à l'entrée de la rue du Faubourg-St- Antoine. C'est là que Msgr Affre, archevêque de Paris, qui exhortait à la paix, fut tué par une balle le 25 juin. En mai 1871, sous la Commune, toute la place était entourée de ban'icades gigantesques, un des derniers retranchements des insurgés.

Au N. de la place débouchent le boulevard Bemunar chais (p. 85) et le large boulevard Richard-Lenoir , sous lequel passe le canal St-Martin (p. 246), qui est voûté sur une longueur de près de 2 kil. — A l'E. part la rue du Faubourg-St-Antoine (p. 257). — Il y a au S.-O. une station du Métropolitain (v. l'appendice, p. 39) et au S.-E., la gare de Vincennes (p. 260). La rue de Lyon aboutit à la gare de Lyon (p. 183). — Au S. s'étend le bassin ou gare d^eau de V Arsenal, extrémité du canal St-Martin.

Au S.-O. de la place de la Bastille part le boulevard Henri IV (pi. E. 25; F), dans l'axe duquel le dôme du Panthéon (p. 288) forme une magnifique perspective. Sur ce boulevard, à g., la caserne des Célestins (gardes de Paris), qui doit son nom à un couvent jadis célèbre qu'elle a remplacé et où était le groupe des trois V2rtus théologales de Germain Pilon (v. p. 111). En face, près du pont, les restes d'une tour de la Bastille , dite tour de la Liberté , découverts lors de la construction du Métropolitain sous la rue St-Antoiue et transportés ici en 1899. Puis, dans la rue Sully, u^ 1, la riche bibliothèque de V Arsenal (pi. R. 25 ; V). dans une partie de l'ancien arsenal de Paris, qui s'étendait de la Seine jusqu'à la Bastille. Elle est ouverte tous les jours non fériés, de 10 h. à 4 h. (vacances du 15 août au l'''" sept.). Elle possède 454000 vol. imprimés et 9654 man. , et l'on cite particulièrement sa collection de pièces de théâtre, presque complète et cataloguée, qui compte env. 35 000 numéros.

Le boulevard Henri lY traverse les deux bras de la Seine et l'extrémité E. de l'île St-Louis (p. 273), sur le pont Sully (pi. R. 22; V), près duquel se voit un beau monument de Barye (1796- 1875), sculpteur animalier, avec des reproductions de ses chefsd'œuvre (y. p. 170) et un médaillon par Marquette.

GARE DE LYOX. ^''-^ flr. 5. 183

Au commencement du quai des Célestixs (pi. R. 25, 22; F), sur la rive dr. et en aval du pont. l'am-. hôtel de La Valette (collège Massillon), jadis hôtel de Fieubet, chancelier d'Anne d'Autriche a602-1666). bel édifice de 1G71, élevé par J. Hardouiu-Mansart. mais dont la façade monumentale a été reconstruite au xix*^ s. Plus loin, à dr., dans la rue St-Paul, n^ 4, le vieil hôtel de La Vieuville, où habita le duc de La Vieuville, ministre des finances en 1649.

Quai des Qélestins: li^j 32. inscription rappelant que là se trouvait le jeu de paume de la Croix-Noire, où l'Illustre-Tliéàtre de Molière était établi eu 1645. — Port du quai des Célestins, etc., v. p. .828.

Le quartier en amont du pont Sully, entre le quai Hexri IV et le boni. Morland (pl. R. 25; F), est l'anc. île Louviers, rattachée au quai en 1840 et où se trouvent des magasins et les archives de la Ville.

Plus loin à l'E., au delà de la gare d'eau de l'Arsenal (p. 182), le BouL. Diderot (pl, R. 25, 28, 31), qui aboutit à la place de la Xation (p. 258). La gare de Lyon (pl. R., G-. 25, 28), au commenc. de ce boulevard, a une tuur de 64 m. et, au 1^'' et., un -buffet avec des peintures et une superbe décoration dans le goût muderne.

Quartier du Marais.

Statioas du Métropolitain (Hôtel de ville et St-Paul, v. l'append., p. 39): pour les Archives, sur la place Lobau (p. 179), en face de la rue des Archives; pour le musée Carnavalet, à l'église St-Paul (p. 180).

Le quaiiier du Marais, qui s'étend au X.-E. de l'hôtel de ville entre les rues de Rivoli, St-Antoine (p. 180). du Temple et le boulevard Beaumarchais (p. 85), a été jusqu'au xviii*' s. un quartier distingué, et il y a encore d'anciens hôtels intéressants, mais dégradés et occupés par le commeri^e et l'industrie. — A l'O. de ce quartier, dans la rue des Fraur-s-Bourgeois, se trouvent les

Archives Nationales (pl. R. 23; ///). C'est l'anc. hôtel de Soubise, qui occupe l'emplacement de l'hôtel du connétable Olivier de Clisson, compagnon d'armes de Duguesclin, édifice bâti en 1371, et dont il reste encore, dans la rue des Archives, à g. de la façade, une belle porte flanquée de tourelles, avec armes et devise, et restaurée en 1846. Cet hôtel avait ensuite appartenu, jusqu'en 1696, à la puissante famille de Guise. Il se compose surtout des bâtiments construits de 1706 à 1712 pour François de Rohan, prince de Soubise, et d'autres réédifiés ou ajoutés au xix^ s. La cour d'honneur, sur la rue des Francs-Buurgeois, est entourée d'une colonnade, par P.-Al. Delamair, aboutissant à une façade avec sculptures par Rob. Le Lorrain. Plusieurs salles sont aussi fort intéressantes par leur décoration, maintenant la plus belle du style Louis XV à Paris.

Les archives sont réunies ici depuis 1808. Il y a quatre sections : secrétariat, section historique, section administrative, section législative et judiciaire. On est admis à y travailler tous les jours non

1S4 Hive dr. 5. ARCHIVES NATIONALES.

fériés, de 10 h. à 3 h., après en avoir fait la demande au bureau des renseignements. Les pièces les plus curieuses du dépôt ont été réunies pour former un musée, mais il y en a qui n'y sont représentées que par des fac-similés.

Le musée des Arch.ives, ou musée paléographique, est public le jeudi, de midi à 3 h. Il y a des étiquettes et un catalogue (1 fr.), par Jules Guiffrey, avec gravures, fac-similés et détails intéressants sur l'hôtel. Les salles ne sont pas chauffées en hiver. Pas de vestiaire.

Rez-de-chaussée. Une partie des salles sert provisoirement de cabinet de travail. Les sceaux et documents les plus anciens, qui s'y trouvaient, seront installés plus tard au \" étage dans la salle des Gardes et celle des Bustes (v. p. 185). — I^e salle. Dessus do portes: Diane désarmant l'Amour, par Trémolières (17.37); Apollon montre à l'Amour à jouer de la lyre, par Bestout (17.37). Puis des documents étrangers: 18-22, Belgique; 23, 24, Pays-Bas; 25-28, Allemagne; 29, Suède; ,30, Danemark; 31, 32, Norvège; 33-.36, Autriche - Hongrie ; 37-43, Espagne; 44, 45, Portugal: 46-48, Italie; 49-57, St-Siège; 58, 59, Russie; 60-63, Orient latin; 64-68^ Etats africains et asiatiques; 69, Etats-Unis d'Amérique (lettre de Franklin à Washington).

Ile aalle ou des Traités et documents étrangers, ancien salon d'été du prince de Soubise, de forme ovale et décoré comme les autres pièces d'après G. Boffrand, avec des lambris en bois d'une sculpture délicate et des groupes de figures presque en ronde bosse entre les archivoltes des portes et des fenêtres: la Musique, la Justice, la Peinture et la Poésie, l'Histoire et la Renommée, par Lambert-Sigisbert Adam, et l'Astronomie, l'Architecture, la Comédie et le Drame, par J.-B. Lemoine. De plus, (59 vitrines: 1-14, principaux traités d'alliance et de paix, depuis l'alliance de Richard Cœur-de-Lion avec Philippe- Auguste (1195) jusqu'aux conventions d'Erfurt (1808); 15-17, Grande-Bretagne. Cette salle, un ancien salon, décorée aussi d'après G. Boffrand, a de beaux lambris en bois et, dans le haut, des hauts reliefs par L.-S. Adam et J.-B. Lemoine.

III« salle. C'est une partie de l'ancienne chambre à coucher du prince de Soubise. L'alcôve était précédée de deux colonnes en bois sculpté auj. au musée des Arts décoratifs (v. p. 173). A la corniche, des moiilures délicates où la double S enlacée reparaît avec le macle, losange évidé, des Soubise, dont la devise était: Sine macula macla. Cette chambre, coupée par une cloison, renferme auj. des sceauo:, reproductions des plus remarquables des Archives, sceaux de provinces, de communes, de souverains, de princes et de seigneurs étrangers, etc.; marques de papier timbré, coins monétaires. Tableau dit des Jésuites, sans valeur comme peinture, mais fort singulier et devenu historique (il fut saisi dans une église des jésuites et servit comme pièce de conviction lors de la suppression de l'ordre, en 1762; il représente le vaisseau de l'Eglise, «Typus religionis», voguant vers le port du salut, entouré d'embarcations qui lui amènent des fidèles et d'autres où sont des ennemis qui l'attaquent, etc.).

En sortant de cette salle, on traverse un passage voûté qui fait communiquer les deux cours intérieures et l'on monte au l^r par Vescalier de Gifise, dont la rampe ornée de la double croix dorée de Lorraine, rappelle le temps où l'hôtel était occupé par cette puissante famille.

Preiher étage. — l^-e salle ou du Consulat et de V Empire. Comme dessus déportes, des panneaux en bois finement sculptés. Tableaux: à g., Neptune et Amphitrite, par Restout (1738); à dr., un Trémolières (placé ici provisoirement). Au fond, deux scènes tirées des fables de La Fontaine : Mercure présentant les trois haches au bûcheron, par C. Va7iloo, et Borée et le Voyagem-, par Restoiit. Documents de la fin du XVJII^ et du XIX^ s., jusqu' en 1815, vitrines 117 à 152, autographes de Danton, Charlotte Cordây (no 1368, lettre d'adieu à son père), Robespierre, Hoche, Bonaparte (lettre au pape Pie VII, n^ 1496), etc.

2« salle. Dessus de portes: Mercure faisant l'éducation de l'Amoui-, par Boucher (1738); les Caractères de Théophraste ou la Sincérité, par

ARCHIVES NATIONALES. ^ive. dr. 5. i85

Trémolières (1737). Au fond de la salle, en haut: à g., le Secret et la Prudence, par Resfout (1737); à dr., l'Amitié de Castor et Pollux, par C. Vanloo (1737). Au-dessous: à g., Vénus à sa toilette, par C. Vanloo; à dr., *Vénus au bain, par Boucher, une des meilleures peintures dos Archives. Au mur de g., l'Hymen d'Hercule et d'Hébé, par Trémolières (1737). Au mur de dr. , Mars et Véntis, par C. Vanloo. — Documents des règnes de Louis XV et de Louis XVI, vitrines 87 (à g.) à 116, de 1715 à 1792.

3e salle, le *salon ovale ou saloi d'hiver de la princesse de Soubise, un des spécimens les plus admirés de l'art décoratif du xviue s. A remarquer: l'exquise décoration du plafond, où G. Boffi'and s'est surpassé, et huit cartouches enguirlandés de feuillages et de fleurs, avec autant d'épisodes de la légende de Psyché, peints par Ch. Xatoire, dont ils sont l'œuvre capitale. La série commence à g. de la porte d'entrée. La plupart de ces toiles portent la signature du peintre et les dates: 1737, 1738 et 1739. — Vitrines 78 à 83, de dr. à g., documents de la fin du xviii» s.: serment du Jeu de paume (79), pièces concernant la Bastille (81), déclaration des droits de l'homme (82), constitutions de 1791, de 1793, de l'an III et de l'an viii (83) ; 84-86, au fond, pièces concernant Marie-Antoinette, testament de Louis XVI et dernière lettre de la reine (?), non signée; journal, discours, lettre de Louis XVI, etc. Vers le m.ilieu de la salle, la table sur laquelle Robespierre blessé fut déposé au Comité du Salut public, aux Tuileries.

4e salle, *ancienne chambre à coucher de la princesse, avec une balustrade dorée (refaite), là où était le lit, mais où les deux cheminées primitives ont été remplacées par des panneaux copiés sur les voisins. Décoration: quatre scènes de mythologie galante sculptées en bas-relief et dorées en plein; quatre médaillons dorés et des groupes mythologiques des premiers sculpteurs du temps. Dessus de portes: les Grâces présidant à l'éducation de l'Amour, par F. Boucher, et Minerve enseignant à une jeune fille l'art de la tapisserie, par Trémolières (1737). Au fond de l'alcôve, deux Pastorales, de Boucher, et deux paysages, l'un du môme artiste et l'autre de Trémolières (1738).

On traverse ensuite deux pièces: la salle des G-ardes et celle des Bustes. Elles sont eu réparation et l'on y mettra, dit-on, les sceaux et les documents anciens (v. p. 184). L'escalier qui suit est moderne, avec un plafond par Jobhé-Duval. On y voit des bustes de conservateurs des archives, p. ex. Daunou, par David d^ Angers, et un exemplaire du plan de Paris dit de Turgot (1739-1740). A dr., la porte du Dépôt, où les gardiens vous montrent les clefs et un relief de la Bastille fait d'une pierre de cette prison, par le «patriote» Palloy. Pour visiter les documents du Dépôt, en particulier l'armoire de fer, où sont conservés les prototypes en platine du mètre et dix kilogramme, il faut une autorisation spéciale. On retourne à l'escalier prétentieux et sans rampe par où l'on redescend au fond de la cour. La sortie est en face de l'autie côté de la cour.

L'ami du vieux Paris jettera un coup d'oeil sur les vieilles rues de ce quartier. Eue des ArchiAes: no 78, Vhôtel dv maréchal Tallard (1728; dans la cour, à dr., un bel escalier bâti par Bullet); puis, au coin de la rue des Haudriettes. une fontaine construite par le prince de Eolian (1705), avec une Naïade, par Mignot; n° 58, belle porte ogivale, anc. entrée du manoir de Clisson, auj. les Archives (v. p. 183); no 24, chapelle du couvent des Biïlettes, bâtie en 1754, temple protestant depuis 1808 (v. p. 45 ; on en visitera la sacristie). A dr. de la rue des Archiyes, rue des Quatre-Fils : no 22, l'hôtel où se trouvait le salon de Mme du Deffand, qui y recevait Voltaire, Montesquieu, d'Alembert, etc. Vieux hôtels aussi dans les rues avoisinantes.

186 Jiive fir. 5. RUE DES FRANCS-BOURGEOIS.

La rue des Francs-Bourgeois (pi. R. 26, 23; VI, F), au S.

(les Archives Nationales, conduit au musée Carnavalet (p. 187). Son nom lui vient des bourgeois qui étaient libres de changer de domicile, tandis que les petits bourgeois ne le pouvaient pas et que les grands bourgeois étaient restreints à leur seigneurie. Au n^ 55, le Mont -de -Pi été (entrée, rue des Blancs -Manteaux, 18), fondé par Louis XYI en 1777 et réorganisé par Napoléon P'" en 1804. Il a le privilège des prêts sur gages au profit de l'Assistance publique et il en a déjà fait pour plus de 56 millions par an. Les droits s'élèvent à. 6%. Dans la cour de l'Horloge, ou remarque le tracé de la muraille de Philippe-Auguste (p. 92). — A côté, Notice -Dame- des- Blancs-Manteaux , l'église insignifiante de l'anc. couvent, qui a été remplacé par le Mont-de-Piété. — Derrière, la rue des Blancs- Manteaux, où se voit, au n» 25, le cabaret de l'Homme- Armé, avec une enseigne du xviii'' s. — Rue des Guillemites (qui croise la précédente): no 14, restes du couvent des Blancs-Manteaux.

Au no 31 de la rue des Francs-Bourgeois, Vhôtel d^Alhret fondé vers 1550 par le connétable Anne de Montmorency et restauré au XATiie s. (inscription). Mme Scarron, plus tard Mme de Maintenon, y connut Mme de Montespan, qui lui confia ses enfants à élever. N» 30, hôtel de Jean de Fourcy (1570). Buste de Henri IV dans la cour, au-dessus de la corniche.

Plus loin, dans la rue des Francs-Bourgeois (n^ 42), au coin de la rue Vieille-du-Temple (n» 54), une jolie tourelle gothique avec des arcatures et une fenêtre grillée, reste de l'hôtel construit en 1528 par Jean de la Balue, époux de la veuve de Jean Hérouet, secrétaire de Louis II d'Orléans. Ensuite, au n" 38, la curieuse impasse où se trouvait la poterne Barbette, d'où Louis P'" d'Orléans, frère de Charles VI, sortait lorsqu'il fut assassiné par ordre de Jean sans Peur, en 1407. Au-dessus de la porte de l'impasse, un écusson avec ime inscription commémorative.

Un peu plus haut à g., dans la rue Vieille-du-Temple, se trouve l'Imprimerie Nationale (pi. R. 23; ///), dans l'ancien hôtel de Strasbourg, d'abord aux ducs de Rohan, dont quatre furent cardinaux et évêques de Strasbourg, entre autres le fameux cardinal de Rohan (1734-1803), compromis dans l'affaire du collier de la reine Marie- Antoinette. Dans la cour, une statue de Gutenberg, en bronze par David d'Angers, réplique de celle de Strasbourg (1852). Dans la seconde cour à dr., au-dessus des écuries, un beau bas-relief: les Chevaux d'Apollon , par Le Lorrain. — L'imprimerie est visible gratuitement le jeudi, à 2 h. précises, avec un billet du directeur. La visite dure 1 h. à 1 h. ^j^. Vestibule: moulage des Chevaux d'Apollon. Cabinet du directeur: à g., deux paysages par Boucher; belle pendule, de l'école de Boulle; au milieu, la table du cardinal de Rohan. «Cabinet des Poinçons»: corniche sculptée et dorée (oiseaux). Le «salon des Singes» a une charmante décoration de fleurs, d'oiseaux et

RUE DES FRAXCS-BOURaEOIS. Bh:e dr. 5. 187

de singes par Huet. L'établissement, qui occupe env. 1200 ouvriers des deux sexes, imprime surtout les actes et les documents officiels, les livres publiés aux frais du gouvernement, des cartes géologiques et des cartes à jouer, les figures et l'as de trèfle, dont TEtat se réserve le monopole. Il est malheureusement question de démolir ce bel hôtel, l'imprimerie devant être transférée à Grenelle (rue de la Convention).

St-Jean-St-François (pi. R. 23; III), dans la rue Chariot, au K. de l'imprimerie Nationale, est une ancienne chapelle des capucins du Marais , du xyii« s., qui renferme quantité de tahleaux, malheureusement fort mal éclairés. On y voit surtout un St Louis visitant les pestiférés par Ary Scheffer, le !«"" à g. dans la nef; huit tapisseries, relatives à un «miracle de la Ste-Ho8tie>, à Paris, eu 1290; au chœur, une statue de St François d'Assise, par G-. Pilon, et une de St Denis, par J. Sarrazin. — La rue Chariot contient en outre plusieurs hôtels des svii«-xviii« s. (n"' 3, 9, 57, 58, 62, etc.). — Au coin de la rue de Tureune (pi. R. 27; ///), qui doit son nom à l'hôtel du maréchal de Tureune qui s'y trouvait, on remarque la fontaine Boucheraf, de 1735.

Plus bas dans la rue VieiUe-du-Temple, de l'autre côté de la rue des Francs-Bourgeois, n» 47, se voit l'anc. hôtel de Hollande, qui fut occupé par l'ambassade de Hollande sous Louis XIV. Il a été construit dès 1638 par Cottard et il a une porte ornée de belles sculptures (têtes de ^Méduse: sujets mythologiques) et qui a sur la cour au tvmpan un grand bas-relief par Eegnaudin. Romulus et Rémus allaités par la louve.

La rue des Francs-Bourgeois passe ensuite, à dr., devant l'anc. Jiôtel de Lamoignon (n° 25), dont la fondation remonte au xtj* s. L'entrée de sa belle cour est dans la rue Pavée (n° 24), à dr. de celle des Francs-Bourgeois. Diane de France, duchesse d' Angoulême, fille légitimée de Henri II, l'occupa, ainsi que le prouve le chiffre de Diane de Poitiers, sa mère (croissants, attributs de chasse et des D).

Un peu plus loin, à g., dans la rue de Sévigné. se trouve le musée Carnavalet.

Le ^musée Carnavalet ou musée historique de la Ville (pi. R. 26; V) est une collection considérable de monuments et d'objets relatifs à l'histoire de Paris et de la Révolution. C'est l'anc. hôtel des Ligueris, puis de Kernevenoy, d'où vint le nom de Carnavalet. Il a été commencé en 1544 sur les plans de Lescot et de Bidlant, continué par du Cerceau et agrandi en 1660 par Fr. Mansart. La façade principale, dans la rue de Sévigné, est de Mansart; le portail, avec des sculptures de Jean Go^ijon, est seul plus ancien. Mme de Sévigné a habité cet hôtel pendant dix -huit ans (1677-1696).

La porte cochère par où Ton entre dans le musée, donne sur une COUR, ornée au centre d'une belle statue de Louis XIY, bronze par Ant. Coyzevox, de l'anc. hôtel de ville. Les sculptures de la façade, au fond de la cour, représentant les Saisons, sont également attribuées à Jean Goujon. A g., un escalier monte au 1^"" étage.

18S Rife dr.

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