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De Paris à Chantilly

Ou ne devra pas manquer de faire l'excursion à Chantilly (les dim., jeudi et sam., v. p. 400). Comme on n'est pas conduit dans le château, on a bien le temps de tout examiner, de sorte que cette visite laisse une impression générale plus satisfaisante que celle de Fontainebleau.

Chemin de fer du kord (p. xii): 41 kil. Trajet en 40 min. à 1 h. 15- Prix: 4 f r. 60, 3 fr. 10, 2 fr.; aller et retour ordinaires, 6 fr. 90, 4 fi-. 95, o fr. 25. Il y a les jours de visite du château et pour- différents trains, des billets «d'excui-sion» (guichet 21), à 6 fr. 15, 4 f r. 30 et 2 fr. 80 aller et retour; mais ils ne sont pas valables pour les autres trains.

Jusqu'à Saint-Denis (7 kil.), v. p. 382. On traverse le oanal de 8t-Denis et passe entre le fort de la Briche, à g., et les fortifications dites «double couronne duXord», <àdr. — 11 kil. Pierrefitte-Stains.

15 kil. Villiers-le-Bel- Gonesse. VUUers-le-Bel (1723 liab.), desservi par un tramway à vapeur (30 c), est à 3 kil. à l'O., au pied de la colline d'Ecouen. Gonesse (2757 hab.), à la même distance à l'E., a une église des xii® et xiii*^ s. Correspondance de Gonesse pour Villiers-le-Bel (30 c; 40 c. les dim. et fêtes).

20 kil. Goussainville. Correspondance (70 c.) pour (7 kil. au X.-O.) Mareil-eii-Fraiice, avec l'anc. château des ducs de Gesvres. par (4 kil.) Fontenay-lès-Lfmvres, qui a une église des xii*" et xirr s.

— 24 kil. Louvres] église du xvi^ s. en majeure partie. — 30 kil. Surmlliers. Correspondance (1 fr.) pour Mortefontai ne (tiôt. de la Providence), village à 7 kil. à l'E. , connu par son château et son beau parc, jadis au prince Joseph Bonaparte. On peut visiter le dim. la partie principale du parc.

On entre ensuite dans Ib, foret de Coye. — 3G kil. Orry-Coi/e, stat. à 2 et 3 kil. (omn.) à'Orry-la-ViUe, au S.-E., et de Coye, au X.-O. On peut aller de cette stat. en 15 à 20 min., par la forêt. <à l'étang de la Eeine-Blanche (p. 407 : v. la carte) et de là à Chantilly.

— Puis un beau viaduc sur la vallée de la Thève, à 15 arches, avec une belle vue. A dr., l'étang et le château de la Peine-Blanche, dans la forêt de Chantilly (p. 407). — 41 kil. Clumtilly. — A l'arrivée, à dr., le vaste garage (9 voies) pour les trains spéciaux les jours de courses.

Chantilly.

La GARE est à 5 min. au S.-O. de la ville: v. la carte ci-jointe («Forêt de Chantilly»), à g. près du bord.

Hôtels: *du Grand-Condé, maison de l^- ordre (Jockey-Club), rue d'Atimale. en face de la pelouse (ch. t. c. dep. G fr., l^'- déj. 1.50, second déj. 5, V. et café c, dîn. 7, v. c; — d'Angleterre, au commenc. de la rue du Connétable; du Lion-d' Or, même rue, 44, bon; du Petit-Louis, avenue de la Gare, 21; H. d'Albion, place Coudé, 13; H. de la Gare, du Nord, près de la gare. — Restaur.: rest. Eugène Lefo rt, rue du Marché, 10. La source La Chaussée produit l'eau de table ferrugineuse de Chantilly. — Cafés: C. de Paris, nie de ce nom et avenue de la Gare. — Poste et TÉLÉGRAPHE, à côté de l'hôtel de ville, rue du Connétable. — Voitures

400 Eiw.dePar. 2S. CHANTILLY.

DE pi>ack: les cochers demandent d'ordinaire 1 fr. 50 pour la ville et 3 fr. pour le châtean, où ils vont en 5 et 10 min. de la gare (faire prix!). — Voit, de louage: chez Courhoin, Ilerlem, etc.

Admission au château et au parc (à l'exception des jours de courses, où tout est fermé). — Le château (musée Condé) est ouvert du 16 avr. au 15 oct. les dim. et jeudi et nioycuuant 1 fr. aussi le sam., de 1 h. à 5 h. Ou veud à l'entrée un «Guide du visiteur» (prix: 80 c.) et le catalogue des peintures (mentionnées aussi dans le Guide; prix: 1 fr. 50, éd. illustr, 6, 7, 8 fr.). — liQ parc est ouvert toute l'année aux mômes jours: en été de 1 h. à 5 h. 1/2 et en hiver jusqu'à 4 h.

Chantilly est une ville de 4791 liab., connue aux xvii<= et xviii' s. comme résidence des princes de Condé et aujourd'hui par les grandes courses de chevaux, qui ont lieu sur la pelouse à la fin de mai et en octobre. Il y a aussi de grands établissements pour l'élève et le dressage des chevaux pur sang.

Au sortir de la gare, on arrive bientôt à la grande route de Paris à Amiens, qui mène à g. dans la ville. Celle-ci n'ayant rien de remarquable, on pourra se diriger immédiatement vers la pelouse et le château, en croisant la route et en continuant tout droit dans la forêt («route du Bois-Bourillon»).

La 2)^louse (champ de courses), où l'on parvient en 15 min., s'étend au S. de la ville. Elle a 51 hect. de superficie et est souvent animée le matin d'entraîneurs, qui exercent leurs chevaux en vue des courses. A dr. les tribunes, à g., à l'extrémité E. de la ville, les écuries des Coudés (p. 406). On peut traverser la pelouse (jusqu'au château 15 miu.), mais r« avenue de l'Aigle», qui passe derrière les tribunes, est plus commode.

Un large fossé, peuplé de canards et de vieilles carpes, sépare la pelouse de l'enceinte du château, où l'on entre par une grille d'honneur. Le long bâtiment sobre, à dr., est le château d' Enghiev , de 1770, qui contenait les appartements des hôtes. En face, sur une terrasse, la statue équestre d'Anne de Montmorency (p. 405). A g., le château proprement dit.

Le **C]iâteau de Chantilly se compose de deux parties principales: le Châtelet ou la Capitainerie, bâtie vers 1560 par Jean Bullant pour le connétable Anne de Montmorency, et le Grand Château moderne. Ce merveilleux édifice, qui a remplacé l'ancien petit château démoli à la Révolution, a été construit de 1876 à 1882 sur les plans de Daumet pour le duc Henri d'Auniale (1822-1897), quatrième fils du rui Louis-Philippe et héritier du dernier Condé. Le duc y installa les anciens objets d'art de sa famille, ainsi que les précieuses collections de tableaiLX, sculptures, meubles, antiquités, etc., qu'il avait rassemblées pendant cinquante ans, et légua à sa mort toute la propriété à l'Institut de France. C'est maintenant le musée Condé ai l'une des principales curiosités des environs de Paris. — Conservateur: M. F.-A. Gh'uyer.

La fondation de l'ancien château de Chantilly remonte au ix^ s. En 1495 il échut par héritage à la famille de Montmorency. Le connétable Anne de Montmorency (1493-1567), qui aimait les arts comme le roi

1 1 Grand, VestibuLe Z/iotorLde. \i^ Od^ùtet CJouet

3 VestzàuZe du Musée il5 StavluarLo

4 Galerie du Zoejts 116 Cabinet des Gemnies ôl^elite CrcderceeùiZc^isXl Antiduimbre ^VesUlndaduLociis m SaUe des Gardes 7 Sal^ de la Smalah 1I> C lican hre ^ Sade de la Minerve 20 Gjvcn^l CaUnet 9 Cabinet d&'.-.irdigiœs'^ Sedan des Siriges

,10 Cuhinei du GLoUo ,22 Grand EscaUer

11 SaUe Isabelle 23 Galerie de la- ChapeUi

12 Salon d 'Orléans

Gra\''ft et impriuxé par

^'Grille d'Honneiu '

^Vaéner * "Debes . Leipzr

CHANTILLY. Env. de Par. 28. 401

François I^r, fit construire à sa place un château princier, sm* les plans de Pierre Chambiges. Il y ajouta plus tard une annexe, le Châtelet (v. p. 404). Le duc Henri de Montmorency, petit-tils d'Anne, fut exécuté en 1632 pour avoir pris part à la rébellion du duc G-aston d'Orléans. Ses biens passèrent à son heau-frère , le prince Henri II de Bourbon-Condé. Louis II de Condé ou le Grand Coudé (1621-1686), ainsi nommé eu raison des victoires remportées par lui en Alsace, dans les Pays-Bas et en Allemagne, fit de Chantilly le théâtre de fêtes somptueuses, interrompues d'abord par suite de sa participation aux guerres de la Fronde et de son bannissement (1654), mais reprises à son retour (1660) avec plus de magnificence. Il y donna à Louis XIV des fêtes célèbres (1671), dont parle Mme de Sévigné dans sa 95e lettre, où elle raconte le suicide de Vatel, maître d'hôtel au prince, qui se tua parce que la marée avait manqué au festin offert au roi. Le château de Chantilly, embelli par Mansart et entouré d'un parc tracé par Le Nôtre, pouvait en effet rivaliser alors avec les résidences royales. Racine, Molière, La Fontaine, Fénelon et Boileau étaient les hôtes habituels du G-rand Condé. Louis-Henri de Bourbon-Co^idé (1692-1740), ministre sous Louis XV, projeta diverses constructions, mais il ne put achever que les écuries (p. 406). Le château d'Enghien (p. 400) a été bâti sous Louis-Joseph (1736-1818), fils du précédent. La partie principale du château de Chantilly a été détruite pendant la Révolution. Le dernier des Coudés mourut en 1830 (v. p. 397).

De la porte de la Herse, on parvient dans la cour (Thonneur^ où l'on a en face de soi le péristyle, l'entrée des visiteurs (vestiaire obligatoire pour les cannes et les parapluies).

Dans le grand vestibule (pi. 1), où se vendent les catalogues, ou a à g. le Grand Escalier (p. 405), et en face les salles du Châtelet (p. 404). — On monte l'escalier de dr. poiir entrer dans le

Grand Château. — Galerie des Cerfs, l'anc. salle <à manger, où l'on se trouve d'abord : huit '^tapisseries des Gobelins du xvii'^ s., d'apr. les Chasses de Maximilien pai* van Orley ; 540, St Hubert, 537, Ténus, et 538, Diane, dessus de cheminée et de portes peints par Baudry.

*Galerie de peinture, à dr. A dr. et à g. de la porte : petits bronzes par Barye et Mène: Chasse au cerf et au sanglier. Côté dr.: 298, 302, Poussin, Enfance de Bacchus, paysage avec des nymphes; *515, Meissoider , les Cuirassiers (1805); "545, A. de Neuville, Combat sur la voie ferrée; 438, H. Vernet, le Parlementaire; 531, R. Bonheur, Berger des Pyrénées, -528, Fromeutin , Chasse au faucon; 375, Nattier , Mlle de Clermont aux eaux de Chantilly; 443, L. Robert, Xapolitaine sur les ruines de sa maison ; 428, Gros, Bonaparte à l'hôpital des pestiférés à Jaffa(1799; esquisse du tableau du Louvre); 476, Decamps, Enfants turcs près d'une source; *456, Delacroix, les Foscari; 426, Gérard , les Trois âges; 309, Ph. de CJiampaigne, Mazarin; 308, de Cliampaigne, Richelieu; 448, Corot, le Concert champêtre ; 395. Drouais, Marie-Antoinette ; 135, Reynolds, Louis-Phil.-Jos. d'Orléans (Philippe-Egalité), père du roi L.-Phil.; 332, Largillière, Mme Lambert de Torigny (?); 383, Lanci-et, le Déjeuner de jambon. Au milieu de la salle, un buste en marbre du duc d'Aumale. — Rotonde et salles voisines, v. ci-dessous. — Côté g., en retournant vers l'entrée : 366, de Troy,

Baedeker. Paris. 15» éd. 26

402 Env. de Par. 28. CHANTILLY. Château:

le Déjeuner d'huîtres ; 9, école de Sienne (xv« s.), Anges dansant ; *32, le Titien, Eoce Homo; 17, le Francia, l'Annonciation; 59, Pulzone (Scipione Gaetano), portr. d'homme ; 305 , Powssm , le Massacre des Innocents; 40, Penni, d'après Rapliaël, la Vierge de Lorette, dont l'original est perdu; *35, Palma le V., Vierge avec St Pierre et St Jérôme (1500); 301, Poussin, paysage avec Xuma Pompilius et la nymphe Egérie. — Rotonde (pi. 2), dans la tour Senlis, à l'extrémité de la galerie de peinture: plafond par Baudry, sa dernière œuvre, l'Enlèvement de Psyché; pavé en mosaïque provenant d'Herculanum; *statue de Jeanne d'Arc par Chapu; aux murs, des pastels, des aquarelles, des miniatures et des dessins : Meissonier (513, à dr,), Atelier d'artiste au xviii*' s. ; Decamps (483 cà 485), Delacroix (458), Marilhat (501), van Ostade (129), scènes militaires; 102, inconnu (x^s.), Othon le Grand (miniature rhénane); 2, école de Sienne (xn^e s.). Résurrection de J.-C; Clovio (attr. à), Jésus en croix; Rembrandt, Jeune femme; 139, J. van Ruisdael, paysage.

Vestibule du musée (pi. 3), à g. de la galerie de peinture près de la rotonde, actuellement fermée: un vase japonais en bronze. — Galerie du Logjls (pi. 4), surtout des portraits dessinés, du xvi^ s, pour la plupart, dont quelques-uns par Lagneau, Dumonstier, Nanteuil de Champjaigne. — Petite galerie du Logis (pi. 5), parallèle à la grande: dessins, en particulier des portraits, par Rigaud, Oudrij, Vanloo, Greuze, Isabey, J.-B. Huet, Guérin, etc.; ivoires, monnaies, etc. — Vestibule du Logis (pi. 6): trois fragments de cartons de Raphaël, entre autres un moine, puis, 40 A, Raphaël, trois têtes de la Vocation de St Pierre (auj. à Londres); une étude du Pérugin; le prétendu carton de la Joconde de L. de Vinci (à dr.) ; des dessins de Jules Romain et de Tiepolo. Buste du duc d'Aumale, par Dubois (1896).

Salle de la Smalah, à g. (pi. 7; v. aussi p. 359): dessins, aquarelles, petits tableaux, avec des scènes de la vie du duc d'Aumale; à g. de l'entrée, 157, Latvrence, François I«^i' d'Autriche ; au fond, 551, Détaille, les Grenadiers à cheval à Eylau.

Salle de la Minerve (pi. 8), dans la tour du Connétable: petites antiquités, dans la vitrine du milieu, des figurines de Tanagre et trois bronzes grecs, *Minerve (à dr.), Satyre dansant et Jupiter ; puis un beau vase de Xole, des médailles, etc. ; en outre six panneaux (Amours), ^div Baudry ; des dessins par ^Prud'hon (surtout laFrise des saisons). Poussin, Ingres, etc.

Cabinet des antiques (pi. 9) : trois vases grecs en bronze, objets trouvés à Pompéi. — Cabinet du Giotto (pi. 10) : 1 (à la sortie), Giotto, Mort de la Vierge; 14 (en face de la fen.), Rosselli, Vierge. — Salle Isabelle (pi. 11): 140, W. van de Velde le J., marine; 434, Ingres, Françoise de Rimini; puis des tableaux par Th.-Rousseau (506), Daubigny (519), DujJré (503), Decampts (482, 478) et Delacroix (457); 533, Gérôme, le Duel après le bal masqué; 514,

mus^e Condé. CHANTILLY. Env. de Par. 2 fi. 403

Meissonier, Dragon sous Louis XY; 138, J. van Raisdael, les Dunes de Schéveningue.

Salon d'Orléans (pL 12): dessins et estampes, dans des cartons, entre autres env. 600 portraits duxvi^ s., 480 de Carmontelle (XTiii*^ s.) et 600 de Raffet; portr. de la famille d'Orléans, celui du duc d'Aumale (552) par Bonnat; 521, Jalahert, Marie-Amélie, femme de Louis-Philippe; 454, Mlle Cogniet, Adélaïde d'Orléans, sœur de Louis-PMlippe. Tableaux à'Allori, Buonaccorsi, le Baroche.

Salle Caroline (pi. 13;. portr. des familles d'Orléans et de Condé; à g., 330, Largillière, Mlle Duclos, dans le rôle d'Ai'iane; 136, van Everdingeii, Tempête: 391, 394, Greiize, Jeune fille, la Surprise; 331, Largillière, la Palatine, duchesse d'Orléans; 467, Lami (au-dessus de la porte i, la Duchesse d'Aumale; 371, 372, deux petits Wattean; portraits par Mignard et Nattier.

Cabinet Clouet (pi. 14), surtout des portraits et beaucoup par des inconnus: à g., dans le bas. 475, école française (fin du xvi^s.), Diane de Poitiers; 113, Barth. de Bruyn, Catherine de Bora; 114, Aldegrever (attr. k\ son portrait; au-dessus, 103, école fiarn., portr. de Jean sans Peur: 119, 121, 2 autres par Mierevelt: 122, Henri lY, par Pourhus; 49, Henri II, par le Primatice; puis des portr. par Franc. Clouet et Jean Clouet, dit Janet, Mme Lebrun, Le Nain, deux grands par Moroni; 130, le Grand Condé par Teniers, etc. — On sort de la salle 13 par la porte de dr., on traverse la galerie de peinture et on entre en face dans la

Galerie de Psyché. A l'entrée, une efiigie en cire de Henri lY, par G. Dupré (1610j. - Yitraux du xvi«^ s, (grisailles) représentant l'amour de Cupidon et de Psyché, d'après r«Ane d'Or» d'Apulée, 44 compositions d'après des cartons de l'école de Raphaël. Les légendes sont plus lisibles dans les transcriptions, aux trumeaux. Au mur en face, env. 55 portraits dessinés des xvi^'-xvii^ s., surtout de Clouet, et quelques autres dessins par Jtdes Romain, Raphaël, van Dyck, et un Jugement dernier d'après Michel-Ange.

*Santuario (pi. 15 1, petite salle à g. avec joui- d'en haut, où sont les perles de la collection: au fond, de g. à dr., *39 (à g,), Raphaël, Yierge de la Maison d'Orléans (vers 1506), petite mais parfaitement conservée ; *19, Filippino LippA, Esther et Assuérus, anc. panneau d'un coffre de mariage; '''SS, Raphaël, les Trois Grâces (vers 1505), petite toile achetée 625 000 fr. en 1885; aux autres mui's, *"201-240, Jean Fouquet, 40 miniatures provenant du'n livre d'heures et peintes de 1452 à 1460 pour Estienne Chevalier, trésorier de France, sous Charles YII; elles ont été payées 325 000 fr.: il y en a deux autres au Louvre.

*Cabinet des Gemmes (pi. 16), dans la tour du Trésor, à l'extrémité X.-O. du château: vitrines contenant des émaux, des miniatures, des porcelaines, des faïences, des médailles, de l'orfèvrerie, des bijoux, des armes, des souvenirs. Yitrine à g. de la fenêtre du

404 Env. de Par. 28. CHANTILLY. Château:

fond : *croix du trésor de Bâle , du xv s. ; *ostensoir de Braga (Portugal); coupe arabe en verre émaillé; émaux de L. Limousin, cinq assiettes, une coupe et un couvercle; trois vases de Chine, etc. Vitrine plate du fond: *diamant rose dit le «Grand Condé»; émail de Benv. Cellini; poignard d'Abd-el-Kader, etc. — Nous revenons sur nos pas pour passer, à dr., dans la

*Tribune. Dans le haut de chaque mur: vues de châteaux du duc d'Aumale. A g., 158, S.- W. Reynolds (le graveur), le Pont de Sèvres; 146, J. Reynolds, les deux Waldegrave; *450, Delaroche, Meurtre du duc de Guise; *445, A. Scheffer, le Prince de Talleyrand; — 455, Delacroix, Esquisse de son tableau des Croisés (au Louvre); 300, Poussin, Thésée retrouvant l'épée de son père; 369, Watteau, l'Amour désarmé; 310, Ph. de Giam]jaigne, Angélique Arnaud, l'abbesse; 125, van Dyck, Gaston de France, duc d'Orléans; 314, Miynard, Mazarin ; — *36, Mazzolino diFerrara, Ecce Homo ; *24, Luini, le Sauveur; dans le haut, 3, Lorenzo di Niccolb, Couronnement de la Vierge ; 15, le Péruyin (plutôt lo Spagna), Vierge glorieuse; *107, 108, Memliny , Jeanne de France et le Calvaire, diptyque acheté 250000 fr.; 4, 5, VAnyelico, St Marc, St Mathieu; 10, P. Ansano, Mariage mystique de St François d'Assise avec la Chasteté, la Pauvreté et l'Humilité; — *11, Filippo Lippi, Vierge; 104, van Eyck ('?), portr. d'homme et de femme ; *20, le Botticélli ou Filippino Lippi, Y i&r^e ; *13, Pollajuolo, Simonetta Vespucci ; *106, école flam. de la 2* moitié du ZT* s. (Dier. Bouts f), Translation de la châsse de Ste Perpétue (1466); 16, leBotticelli, l'Automne ; *105, école flam. du zy*s. (R. van der Weyden, van der Goes, Memliny f), le Grand Bâtard de Bourgogne; *313, Miynard, Molière; 430, 432, 433, *431, Inyres, portr. de l'artiste, la Stratonice, Vénus Anadyomène, Mme Devauçay; 425, Gérard, Bonaparte, premier consul; — 112, Holbein (?), le réformateur Bugenhagen (1485-1558); portraits de Fr. Clouet, etc. — Revenus dans le grand vestibule nous entrons, à dr., dans le

Chàtelet ou appartement de M. le Prince. — Antichambre (pi. 17): 378, 379, Chasses par Oudry ; 380, 381, Chiens par Despoi'tes; 147, Chasse par Hackert; portraits, etc.; grand meuble avec une collection minéralogique donnée en 1774 par Gustave III de Suède; vitrines avec porcelaines de Chine et de France; puis des grès. — Salle des Gardes (pi. 18): 126, 127 (à l'entrée), portraits par van Dyck; 132, portr. du Grand Condé par J. van Eymont; huit autres portraits, dont quatre *émaux par Léonard Limousin (à g. de l'entrée, au grand mur); drapeaux anciens, armes (couteau italien) et souvenirs, dans des vitrines de chaque côté; mosaïque d'Herculanum , l'Enlèvement d'Europe, à la cheminée. H y a dans cette salle et plusieurs autres des meubles avec de superbes *broderies de Beauvais. — Chambre (sans lit; pi. 19): *mobiiior du xviii« s., cinq panneaux peints par J.-B. Hu£t et deux dessus de

musée Condé. CHAJNTILLY. ^^^■- de Par. 28. 405

portes Tpa,T Bebell; au mur du fond, une *commode de Riesener, avec décoration en bronze par Hervieu, pendant du bureau de Louis XY au Louvre (p. 157). — Grand cabixet (pL 20) : ^mobilier Louis XVI, vase en bronze de 1847, etc. — Salon des Singes (pi. 21): jolies petites peintures décoratives attr. à CJir. Huet, meubles Louis XYI. — Galerie du Prince: 351 à 363, compositions par S. Lecomte, de 1686-1692, représentant les exploits du Grand Condé (batailles; inscriptions); au milieu, un trophée avec un portrait (307) du prince , par Stella , et son médaillon par Coyzevox (1686) ; le drapeau, pris à la bataille de Eocroi en 1643, est le plus ancien trophée de ce genre en France; statuettes, bustes, etc. On revient dans l'anticbambre, pour entrer à dr. dans la

Bibliothèque, à côté de l'anticliambre, où il faut retourner, galerie contenant env. 13000 vol. La 16^ vitrine, à l'extrémité de g., contient quelques-unes des principales curiosités (^étiquettes): à peu près au milieu, le Bréviaire de la reine Jeanne d'Evreux, femme de Charles le Bel (vers 1330); au-dessous, les Hem-es du duc de Berry (vers 1395), et un Psautier de St Louis (1214). Beaucoup de belles reliures. A la cheminée, le Grand Condé, terre cuite par Coyzevox. — Kevenus dans le grand vestibule (p. 401), nous tournons à droite.

Grand escalier (pi. 22), descendant au rez-de-chaussée du Châtelet, qu'on ne visite pas: *rampe en fer forgé due aux frères Moreau; deux tapisseries des Gobelins, Jason domptant le taureau, d'apr. de Troy, et une pastorale d'apr. Boucher ; quatre torchères par Chapu; plafond par Maillart, l'Espérance. — Galerie de la CHAPELLE (pi. 23): à dr.. deux chasubles et deux dalmatiques anciennes; à g., deux dessins, l'Annonciation, par Durer, et la Fuite en Egypte, par le Dominîquin; puis deux cartons, une tête de Christ de Seb. ciel Piomho et une Yierge de Raphaël.

*Chapelle. magnifique vaisseau, style renaissance: *boiseries à marqueteries de 1548, -autel par Jean Bullant et Jean Goujon avec le Sacrifice d'Abraham, bas -relief en marbre, provenant du château d'Ecouen ; ^vitraux de 1544 représentant la famille d'Anne de Montmorency, de même provenance. Dans l'abside (tour de la Chapelle), le mausolée de Henri II de Condé, père du Grand Condé, par Jac. Sarrazin, avec six statues ou groupes et treize bas-reliefs, en bronze, de 1662, et, dans le fond, un cippe renfermant les cœurs des princes de Condé.

Le *parc (heures de visite, v. p. 400) a été dessiné en majeure partie par Le Nôtre, qui commença les travaux en 1663 et entreprit bientôt après ceux du parc de YersaiUes. Sur la terrasse s'élève dep. 1886 une statue équestre du connétable Anne de Montmoi'ency , bronze par Paul Dubois, entourée de groupes de cerfs et de chiens, également en bronze, par Caïn.

406 ^iv. de Par. 28. CHANTILLY. Jarditi et

De la terrasse, on se dirige à l'E. vers le «parc de Silvie», avec des avenues régulières à la Le Nôtre, qu'on suit à dr. (poteau) pour parvenir en 8 min. env. à la maison de Silvie.

La maison de Silvie, petit rendez-vous de chasse bâti au xyii^ s., renferme des portraits, des tapisseries, des meubles et deux tableaux par 01. Merson , se rapportant à l'histoire de la maison.

Ces tableaux, qui se trouvent dans la 2e salle, sont en partie relatifs soit au poète Tfiéophile de Viau (1590-1626) qui, condamné à mort pour avoir écrit le «Parnasse satirique», trouva en 1623 un refuge ici auprès de la duchesse Marie - Félice , qu'il chanta plus tard sous le nom de «Silvie», — soit aux amours de ^Ule de Clermont, sœur du duc Louis- Henri, avec le comte de Mdun, qui fut tué à la chasse par un cerf (1724).

On continue au N. et l'on passe à la fin le canal des Morfondus pour être en 8 min. env. au Hameau , qui rappelle celui du Petit- Trianon de Versailles (p. 372) et où des fêtes champêtres se donnaient à la fin du xviii'' s. — De l'autre côté du canal de la Manche, le petit château de la Nonette St-Firmin et le Vertugadin, dans une partie du parc fermée au public.

En suivant la rive S. du canal des Morfondus, on gagne la partie centrale du parc et l'on trouve au pied de la terrasse un bassin rond qu'entourent quelques belles sculptures: Bacchus et Hébé, par Deseine; Pluton et Proserpine, par Cliapu; Molière et Le Nôtre, par T. Noël; Labruyère, par Thomas; Bossuet, par Ghiillaume; le Grand Condé, par Coyzevox.

La partie 0. du parc, qui s'étendait d'abord jusque dans la banlieue actuelle de Chantilly, fut changée vers 1820 en jardin anglais, où l'on voit encore un temple de Yénus, une île de l'Amour et d'autres installations de la seconde moitié du xviii*^ s. On visitera à la fin le Jeu de Paume, construit en 1757 et renfermant des curiosités: souvenirs militaires, surtout la tente d'Abd-el-Kader (v. p. 359), tapisseries, voitures de chasse du premier empire, sculptures, peintures, etc. — A partir de 3 h. ^/g on peut demander à sortir par la grille voisine, qui est près des écuries.

Par \di porte St-Denis, qui est inachevée, on rejoint la Grande- Rue et l'on a à g. Véglise, de 1687-1690, et les écuries des Condés, construites de 1709 à 1735, et où il y a de la place pour 260 chevaux, mais qui sont vides aujourd'hui (entrée, aux mêmes heures que le musée, Grande-Rue, 15; pourb.).

Le terre-plein à l'O. des écuries, par où l'on passe pour aller à la pelouse, est décoré d'une statue équestre du duc d'Aumale, bronze par J.-L. Gérôme (1899). Sur le piédestal, des bas-reliefs représentant la Prise de la Smalah (1843; p. 359) et la Soumission d'Abd-el-Kader (1847).

Joli coup d'oeil de la route de Senlis sur la partie centrale du parc avec le château dans le fond. Prendre au N. en face de l'église et à dr. au delà du canal de la Manche , puis continuer entre les maisons de Vineuil (station du ch. de fer, p. 407) et l'enceinte N. du parc dans la direction E. jusqu'en haut du Vertugadin, à env. 1 kil. de l'église.

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La forêt de Chantilly (env. 2450 hect. de superficie; partout des poteaux indicateurs) est fort bien entretenue, mais les routes y sont couYertes, dans l'intérêt des entraîneurs de chevaux, d'une couche de sable où il est désagréable de marcher. Au milieu, à env. 6 kil. au S. du château (route de Louvres), le carrefour de la Table, ainsi nommé d'une grande table en pierre au centre de ce carrefour, d'où rayonnent douze routes. — - Dans le voisinage au S.-O., Vétang de la Reine-Blanche ou de Comelle, où l'on va le mieux de la gare en 1 h. par des sentiers le long de la voie. C'est une longue pièce d'eau encaissée, dans un joli site, entre les forêts de Chantilly et de Coye, et que traversent quatre routes. Il est alimenté par la Thève, petit affluent de l'Oise. Yers l'extrémité inférieure se trouve, avec des logements de gardes, le château de la Reine- Blanche , rendez -vous de chasse du style goth. , construit en 1826 et ainsi nommé parce qu'il y eut à cet endroit un château habité par la mère de St Louis, la reine Blanche. Un peu plus loin, le grand viaduc du ch. de fer (p. 399). Dans le voisinage, la stat d'Orry-Coye (p. 399), d'où l'on peut revenir à Paris, mais où les express n'arrêtent pas.

Le chemin de fer du Nord continue sur Creil (51 kil. de Paris), station très importante, point de raccordement de cinq lignes, v. le Nord-Est de la France, par Bsedeker. — Si l'on a plus d'un jour pour l'excursion à Chantilly, on recommande de rentrer à Paris en chemin de fer par Senlis et Crépy-en-Valois.

La LIGNE DE Crépy-en-Valois, pak Senlis (36 kil.; trajet en 1 h. 1/4. P<^iu' 4 fr. 05. 2 fr. 70 et 1 fr. 75 c), passe, comme celle du Nord, par le viaduc imposant de la vallée de la Nonette, qui a 36 arches et 22 m. de haut, puis elle s'en détache à dr. — 4 kiL St-Maximin, 5 kil. Vinèuil, 7 kil. St-Firmin.

13 kil, Senlis (hôt. : du Gh-and-Cerf , du Nord, de France, tous rue de la République), vieille ville de 7115 hab., aux rues tortueuses, mais entourée de beaux boulevards, sur la rive dr. de la Nonette. Ce fut la capitale des Silvanectes et résidence d'un gouvemeui' romain, plus tard des premiers rois mérovingiens et d'un évêque (du vi^ s. jusqu'à la Révolution).

Senlis mérite une visite pour ses monuments du moyen âge, sui'tout sa "^cathédrale, où, de la gare, on arrive en traversant le boulevard et en suivant la rue de la République jusqu'à la seconde rue à dr. de celle-ci. C'est un édifice du xii^ s., avec une façade du xiii^ s. remaniée au xvi<^ s. Le clocher (78 m.), percé de très hautes baies, est d'une élégance originale. Les portails latéraux sont du style ogival flamboyant. L'intérieur est aussi digne d'attention. — Dans les dépendances d'une maison en face de l'église se

408 ^'^'- àe Par. 2h. SENLIS.

trouvent des restes de V enceinte y allo-romaine ^ qui était flanquée de 28 tours, et du château royal, bâti sur les ruines du palais des gouverneurs romains. On ira à dr. jusqu'à une rue latérale, d'où l'on voit une partie de ces ruines. — Ij' ancien évêché (auj. chambre des Notaires), à dr. du chœur de la cathédrale, repose avec la chapelle goth. qui en dépend (xii^ s.), également sur l'enceinte galloromaine. Près de là, à dr., l'anc. église St-Framboury, belle construction goth. du xii^ s., sans bas-côté ni transept; elle sert auj. de manège. — L'auc. éylise St- Pierre, de l'autre côté de la cathédrale, a été transformée en marché; c'est un édifice des xii*^-xvie s., à deux tours, dont celle de g. est surmontée d'une flèche en pierre du xv® s. — St-Vincent, dans la rue de Meaux, non loin de la porte du même nom, sert aujourd'hui de chapelle au collège ecclésiastique qui a remplacé V abbaye de St-Vincent, reconstruite au xviii*" s.: son beau clocher est du xn^ s. Dans la rue de Meaux, il y a un petit musée municipal. — A remarquer encore Vhôtel de ville (xv^ s.), dans la rue du Châtel, Vhôtel des Trois-Pots (xvi^s.), dans l'impasse Beaume, à g. de cette rue, et beaucoup d'autres vieilles maisons curieuses.

On a retrouvé au S.-O. de la ville, à g. de la route de Chantilly, de vastes substructions des arènes romaines. — Dans les environs, il faut visiter les ruines de l'auc. abbaye de la Victoire et les ruines du château de MontepiUoy.

An delà de Senlis, il y a encore cinq arrêts. — 20 kil. Bai^bery ; 27 kil. Auger-St-Vincent. — 36 kil. Crépy-en-Valois (p. 409).

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