INTRODUCTION» XXIII
CBabi.es y (1364-1380) renfoarça plus tard Tenceinte en -consiruifiant 1& BasiiUe (p. 47) et éleva bob loiiv de là, le grand et mag-> Bifique hôtel St-Paul, qui n'existe pins. Ce soi agrandit de plu$ le château du Louvre^ rassembla une hibliothÀqu^ qui a foxané le noyau de la Bibliothèque Nationale ^ et commença les ^gonts.
Le règne de Chablb9 YI (1380-1;4!12) fat des plus funestes pour Paris. Un impôt sur les comestibles amena d'abord la révolte des MaUlotinSf à la suite de laquelle, furent supprimées les franchises municipales^ Puis ce furent de« exactions et de folles dépenses-, pour lesquelles la- ville fut mise à> contribution; le roi tomba en démence, U France fut déchirée -par les factions des Armagnacs et des Bourguignons , ces deniers trouvaivt des partisans à Paris dans les bouchers j nommés les CaboebienSé Ensuite 1^6 Anglais furent maîtres de la ville, pendant dix-huit 4ns, y résistant même à l'armée que Jemine d'Arc avait amenée d'Orléans.
Chaules YII (1422-1461) ne rentra dans sa capitale qu'en 1436 , et cette année ne vit pas encore fi Air les maux de Paris : la peste y flt ÔOOOO victimes dans l'espace 4e six mois (1437- 1438), et après ce fut le tour de la famine. Qu'on se figure, s'il est possible, l'état de la ville à cette époque, en considérant encore que non seulement les Cabochiens y avaient égorgé 10000 per^ sonnes , mais que des maladies contagieuses l'avaient aussi ravagée précédemment, ainsi qu'une famine atroce en .1421 1
Le règne de Loi3i8 XI (1461-1483) fut heureusement un règne réparateur, de même que ceux de Charles VIII (1483-1498) et de Louis XII (1498-151ô>. C'est sous Louis XI que fut établie à Paris la première imprimerie , et un beau monument qui 'subsiste encore de ce temps est le joli hôtel de Cluny^
La renaissance a jeté un vif éclat sur le règne de François I^' (1515-1547) ; mais son administration fut loin d'être paternelle et libérale , car il finit par persécuter les protestants et supprimer l'imprimerie , qui ne fut rétablie qu'avec la censure. Cependant il s'occupa de l'embellissement et de l'assainissement de Paris, qui comptait alors au moins 300000 hab. Ce Ait* lui qui commença le Louvre actuel, VkôteldeviUe et St-Euifache^ Hiami II (1547- 1569) et François II (1559-1560) continuèrent les . piersécutions contre les protestants , et sous Chai».b8 IX (1560-1574) Paris fut ensanglanté par les guerres de religion > «dont le fait le plus odieux fut le massacre de la St^BnurthtUmy (1572) , inspiré par la reine mère, Catherine de Htdici». Un retoux à Intolérance sous HenbiIII (1574-1589) flt naître la lAgue (1585). Le roi , accusé de complicité avec les huguenots , se vit opposer le duc de -Gmsef fut forcé de quitter Paris, où éclata un soulèvement terrible, lorsqu'il eut fait assassiner son rival, dut mettre, le siège- devant sa propre capitale et tomba sous le poignard de J4u:ques' Clément (i^^).
Hembi IV (1589-1610), qui était protestant j avait encore moins de chance d'être agréé par l.es Parisiens fanatisés; ils tinrent bon
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contre lui , malgré un» honiMe famine qui en «nléva 30000. Mais la division s'^tant mise dans la Ligue, dont «ne partie s^était touTnée vers Philippe II d'Espagne , Henri gagna les modérés , abjura le calvinisme et entra- dan« la ville en 1594. Ce prince s'appliqua dès lors à réparer les maux des guerres civiles, continua le Louvre, les Tuileries, qui avaient été fbndées par Catherine de Médicis, et le Pont'ï^euff commencé sous Henri III , acheva Vhôtel de ville, créa la place Royale, aujourd'hui place des Vosges , etc. L'essor intellectuel de la capitale , 1« commerce et l'industrie prirent sotis ce roi une nouvelle vigueur; mais les esprits étaient encore trop exaltés pour qu'il fÂt accepté par tous , et il tomha aussi séus le couteau d'un assaséin, Ff» RcnxHUo/e (1610).
Burant le règne de Louis XIII (1610-1643) , Paris ne prit part à aucnn événement imp<^rtant , mais il se développa et s'embellît d'autant plus. La ciifiquièfne enceinte fut élevée sous ce roi. Elle ne comprit aussi que la rive dr., comme la quatrième, et en différa peu comme étendue à TE. A l'O., au con&aire, elle continuait de suivre les Grands boulevards actuels à partir de la porte St-Denis , et elle aboutissait à la Seine derrière le jardin des Tuileries: Six quais nouveaux fàrent ajoiutés alors à ceux qui existaient déjà; on fonda V Imprimerie Royale, le Jardin des Plantes et V Académie Fran^iw ; on termina St-Eustacke, moins le portail ; on construisit le palais du Luxembourg i le Palaiê-Royal , Sf^Rùch, le Val-de-Gréce , etc.
Sous Louis XIV (1643-1715) ^ Park souffrit d'abord pendant cinq ans (164S-1653) par la guerre civile de la Ft^onde, provoquée par des édlts fiscaux de^Mazarin, que le parlement de Paris reAisa d'enregi&trer. Mais la royauté en triompha et n'en devint que plus absolue. La capitale vit encore ses Institutions municipales sacrifiées et fut abandonnée pfcr la cour. Cependant elle continua de prendre de grands développement et de s'embellir. Les rues; dont la malpropreté avait souvent engendré la peste, furent désormais régulièrement nettoyées. EUefi cessèrent aussi d'être des coupegorge, parce qu'on les éelaira et que la police en fut mieux faite. Alors aussi les visiteurs y vinrent de toutes parts, la noblesse y construisait des hôtels; Paris donna même le ton à l'étranger, qui rechercha les produits de son industrie, et ce fut, comme nous l'avons dit, le beau temps de la- littérature française. La population atteignit alors à peu près le chiffre de 560000 âmes. Sous Louis XIV furent surtout fondés les Invalides , diverses bibliothèques et aca-demies, V Observatoire, les Qobeline, la Comt^die" Française, VOpéra, etc. Les anciennes fortifications furent démolies et les boulevards transformés en promenades, avec quatre arcs de triomphe , dont il reste les portes Si '-Dénis et St-- Martin; on commença sur la rive gauche des promenades du même genre ; on construisit la colonnade du Louvre et le pont Royal ; on créa de nouveaux ports et de nouveaux quais, les places Vendôme, des Victoires et du Carrousel; on traça le Jardin des Tmleries, on planta les Vhcmhps^Elysées , etc.
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Sou8 Louis XV (17iô-<i774) , Paris Boafftit de U profonde d^*mor^S^tison delà c&tir, de la banqueroate de Law, des querelles entre jansénistes el; molinistes, des agitations des convulsiennaires, etc. ; mais de beanx édifices embellirent encore la capitale : £c«Z«- MUitàite, Oards-ilf«MÔi« (place delà Concotde), Panthton, St-Sul" picê, Palaiê^Bourhon (Chambre des dépittës), toUièçe Ma%arin (In* stitut), Eooie de Médecine, etc. De ee règne aussi date la place de la Concorde (place Louis XV), transformée plus tard.
Loris XVI (1774^1793) ne put échapper à la crise terrible qui se ptéparait. Louis XV «vait dit au milieu des ses débaudies : «après noiTs le déluge» ; oe déluge s'appela la B:éyoLi7Tioir. Le rôle de la capitale devient alors de plus en plus considéraible «n France: prUe de la BastUle (17S0y, Fafi9 orpan4»é efi conUmwne, le roi ramené de VersMnei, VAisembl^ Natéonale venant à Ba^Uii790)j fête de la Fédération, fmte du roi jtMqu'à Yarenneê (Î7$l}, prise des Tuile- 44eê(179^) , Lowis XVI au Temple, son procès et eon txécvMon (1793), culte catholique remplacé par le culte de la Raieon, etct.
' La RéPiTKLtCfctnB (1792-1804) est d'abord le gouvetnemeait de la T^tmice pM la Cwnfnune de Paris , qui doivent à son touroin pouvoir tyrannique, qui dirige même la représentation nationale ou la Conv&nMon (1792-1705) et qui ne recule pas, pour se maintenir, devant les massacres et le système de la Terreur. Cependant la Commune tombe victime de ses propres excès, à^ee Robespierre, le 9 thermidor an n ou 27 juillet 1794* L'administration est alors divisée par la création de dou£e arrondissements, et les plus mauvais jours de la Révolution sont passés. La Convention, menacée encore tine fois sérieusement, est délivrée -pzx Bonaparte H 13 vendémiaire an IV (4oct. 1795) et remplacée par le Directoire (1795-1799), sous lequel Pi^is reste assez calme. On termine en 1797 la sixième enceinte, un mur d'octroi commencé sous Louis XVI, là où sont les anciens boulevards extérieurs, et en 1798 a lieu la première exposition de l'industrie, ij^ Consulat (1799-1804), substitué au Directoire par le coup d'Etat du 18 brumaire an Tin (9 nèv. 1799)^ rend enfin à Paris la paix et la prospérité ; le culte catholique est rétabli et la municipalité réorganisée - de façon à* lui èter le plus possible de son influence, dont elle n'a que trop abusé.
Le régime républicain n'avait cependant pas été sans faire de nombreuses et salutaires réformes, et il avait doté Paris et la France de grandes institutions: Ecoles NontMie ti.Pobgteeknique; musées du Louvre, â'artUlerie et de$ mormMents français (p. 21 0), Conservatoire des Arts' €t Métiers , Archi'MiS'naiitmales, Institut, Bureau des lonfêtudes, bibliothèques^ eto. La ville elle*méme subit alors peu de changements , mais les transformations considérables qui devaient avoir lieu plus tard furent préparées par la suppres-»sion des innombrables couvents établis au cœur delaiville.
NaïoléompI®' (1804-1814). voulut faire -de Paris la véritable capitale de l'Europe; il lui rendit du moins la splendeur par ses
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fêtes bt contîibtia l>eàUcoiip à soti embellifiâement. Il élevu l'arc de triomphe du Carrousel et U eolonne Vendôme, cQati&ua le Louvre, construisit la façade du Corpi-Lf'gislatif , commença l'are de triomphe de l'Etoile, la^^ Bourse, les ponti d^A^êtêrlUt, desArtê, d*Ien€L et de la Cife\ acheva de délMimsseï les auti^s ponts des mais&ns qui les encombraient , cié» 96 fontaineê puhligue» , p«rça $0 mes, etc. Aussi, -quoique las des guentes de Tempire , Paris opposa une vigoureuse résistance aux alliés «vant de se rendre, en 1814.
hùVîBXYlll (1014-1824) et son gouveniement réactionnaire mécontentèrent bientôt les Pansiens; avjssi Napoléon fut bien accueilli à son retour de Vile d'Elbe* La ville n'en eut que plu» à aoujSrir de la seconde invasion, et ses musées furent dépoUiUés des trésors rapportés depuis dix-neuf ans par les troupes victorieuses. L'exécution du général Labédoyère et du oiaréehal Ney montrèrent dès 181Ô ce qu'on devait attendre des Bourbons. Aussi le dttc de Berry fwiAl assassiné en 1820 «pour en éteindre la race» , et il y eut la même année des troubles au sujet de la loi électorale.
Cbables X <1824* 1830) fut encore plus antipatkique à Paris, à toute la nation, que son frère. L'opposition libénle fit surtout en 1825 une grande manifestation aux funérailles du gênerai Foy, Tua de ses che£i. Les mécontentements allaient toujours grandis-» sant, lorsque la violation de la Charte par les oréomwmeeséeJviUet amena la révolution de 1830 et l'exil de Ghadbes X.
Malgré les entraves que la réaction mit au progrès , Paris s'embellit encore sous la Bestauration. On n'y ouvrit pas moins de 66 rues et places nouvelles ; on y b&tit la chapMe expic^oire, Notre- DaanM^de^Lorett^, 6t^ Vincent-de^Paul, les ponts des Invalides, de l'Archevêché et d'Aréole ; on creusa le canal 8t^ Martin et le canal St'Denis; V éclairage au gaz, les omnilnu et les trottoirs furent des innovations importantes de cette époque.
Sous Louis-Philippe (1830-1848) s'accomplirent aussi de grands travaux; on acheva la Madeleine, commencée dès le règne de Louis XY, et V are do triomphe de l'JUioUe^ sHota furent érigés Vobéli$que et la colonne de JusUd^ oï\ construisit les ponts Louis- Philippe et du Carrousel, Its fontaines Louvois , Ouvier , St-Sulpice, Oaillon et Molière ; on ouvrit le VMisée de Ùfuny et des Ther^ mes ; on construisit des chemins dé fer btlts fortifiboations actuelles de Paris, la septicme enceinte de la ville, et A^ forts détachés, auxquels on en a ajouté d'autïes depuis 1870 (v. p. 3d).
Cependant l'agitation régnait toujours à Paris. Bn 1831 eut lieu à St-Germain-^rAttxet rois une manifestation légitimiste suivie d'une émeuteé Le choléra de 1832, qui enleva jusqu'à 1100 personnes en une journée , amena uAe trêve forcée. Le gouvernement ménagea une diversion en 1840 en ramenant les cendres de Ka-r poléon I^' aux Invalides. Mais il se oompr<»nit déftniti^ment eu s'opposant au mouvement en faveur de la réforme électorale et en empêchant les banquets réformistes. îfouvelle révolution en février
INTRODUCTION, XXTH
1848 «t insuïrection en juin , pïovoqui^e par les clul^s et It sup* pression des ateliers nationaux. ZtOuU Napoléon élu président de la 'république l^ iO déc, 1848; coup d'Ëtat qui dissout l'Assemblée le 2 déc. 1851^; rétablissement de V empire le 2déc. 1852.
Napoléon III (1852^1870) maintint le ealme dans Paris en le privant de ses libertés , et y ramen« la prospérité p^r des travaux qui Tont à pea près oompl4tement transformé, qui en ont fait le PaHs nouveau d^aujourd*hui ^ dans lequel il y a sans -doute beau«coup à blâmer, m^is encore plus à admitet. La transformation s'opéra ^vec une Tapidité prodigieuse; on y dépensa sans contrôle de» sommes énormes , ce qui a ondetté la Tille pour des siècles. Il serait di/fléile d'énuméper-tous ces travaux^ il suffira de mention<* iFier les plus importants ; la plupart des nou»e€tux houl^apdê et des nouvétte» avenues, au nombre de 22 ; des raes comme les rues dje la Fayette, du Quatre-Septemhrt, de Turbigo, d«5 Ecoles, de Bennes, vt une grande psrtie de la rue de Rivoli; la plupart des square», une partie du Nouveau Louvre; les églises Ste^ClotUde (achevée), St-Augustin, de la Trinité, St-Avnbroise, etc. ; les théâtre» Lyrique (Italien actuel), du Châtelet, du VcmdevUle, de la Oaîtéet de l'Opéra; le tribtinal de commerce, le nouvel HôUH^Dieu, de vastes casernes, les Haliei Centrales et beaucoup d^autres; le marché em }x» abattoirs de la VUlette ; U fontaine St* Michel, l^pont mi Change, les porvts de Solférino, dé V Aima, du Point-dU'Jour,^tG,^ les splendideis quar^ tiers dis Champs^ Etysééê; les bois de Boulogne et de Vineennes transformés ; les aqueducs dt la Dhuys ^tée la Vanne; le chemin de fer de ceinture^ tout un immense réseau à}égoutsy etc., ^c.
Il importe encore de mentionner des événements comme les deux expositions universelles de 1855 et de 1867.
£n 1860, la villd s^étalt agrandie d'environ 400 hectares par Fannexion des communes comprises entre- la nouvelle enceinte -continue et les anciens boulevards extérieurs (p. 45).^ 8a population, qui ét4it de 1053262 hab. en 1851, atteignait en 1861 le chiffré de 1 667841 , dont près de 3000(K) provenant des corn*inunes annexées. C'est depuis le second empire que Paris est'administre par un préfet, ayant sous sa dépendance 20 maires, placés 'à la tête d'autant d'arrondissements (v. p. 39).
Les événements qui ont amené la fin de l'empire et ceux qui ont suivi sont bien connus. Paris y a natutellement contribué pour sa grande part, comme il en a subi particulièroment les conséquences, dans la guerre de 187Ù^7L
La Bé^uBLiat^s est proclamée le 4 sept. 1870, après la capitulation de Sedan , et le si^ge de Paris par les Allemands commence le 17; un mouvement insurrectionnel provoqué par le manque d'énergie des chefs militaires y a lieu le 31 oct.^ une première sortie générale sans résultat s'effectue du -H^' no^r. au 2 déc* du côté de Champigny; le bombardement commence le 5 janvier; une seconde sortie se fait le 19 dans la direction de Buzanval, sans plus