I. De Paris à St-nenie
7 kil. par le chemin de fer du Nord (p. 17). Départs de Paris au moins toutes les heures, de 6 h. 56 du matin à 9 h. 5d du soir; de 8t- Denis également toutes les heures, de 8 h. 7 à 11 h. 7. Trajet en 10 à 15 min. Prix : 86, 65 et 40 c. -, aller et retour, 1 fr. 30, 86 et 70 c.
Deux tramwofê conduisent aussi à St-Denis, l'un de la rue Taitbout, à l'extrémité inférieure de la rue de la Fayette (pi. B. 21 \ II), l'autre du boni. Haussmann (rue de Rome; pi. B. 18; II); ils sont très commodes, parce qu'ils correspondent avec les omnibus de Paris, mais les routes qu'ils suivent sont dénuées d'intérêt et la première même désagréable.
2 kil. Ld Chapelle- Nord-CeiniiMre, stat. pour la correspondance avec le chemin de fer de celntnre (r. Tappendiee). Un peu au delà des fortifications se détache k dr. la ligne de Soissons (v. le Nord de la France, par Bsdeker). — 4 kil. La Plaine- Voyaffeun,
7 kil. St"DeniB. ^ Hétéi du Grand-^er/^ place aux Gueldres, au S., près de la rue de Paris. — Café-restmwr, de la Marine^ à la gare, près du
Çont. — Qrande'Bra$$erie de V Industrie , rue du Chemin - de - Fer , 31. — h-amways de Paris: du boul. Haussmann, place aux Gueldres; de la rue Taitbout, place de la Caserne, au X. de la rue de Parl«.
St-Dmis est une ville de43395kab. et un centre industriel très actif, dont la principale curiosité est la cathédrale, avec ses tombeaux des rois de France.
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Cathédrale. ST- DENIS. Env. de Far. 18. 267
La fa,çade est encore celle de Tëgllse de Suger, qui fut terminée en 1140; mais les sculptures de ses trois portails ont ëtë en grande partie et assez mal refaites de nos jours. EUés représentent, celles du portail S., les douze mois et le martyre de St Denis ; celles du portail N., toutes nouyelles, les signes du zodiaque; celles du portail du milieu, le jugement dernier, les Yierges folles, etc. Des créneaux ont été ajoutés à cette façade au xi-v^ s., dans un but de défense, et derrière s'élève le fronton de la nef majeure , avec la statue de St Denis. Les portails latéraux sont percés dans les tours. Celle du N. a encore deux étages au* dessus des créneaux et se termine par une haute toiture à quatre faces , celle de g. ne dépasse plus les créneaux ; elle avait une flèche très élevée qui a été détruite par la foudre en 1837. — Il y a enfin au bras N. du transept un portail dont les sculptures, des statues de princes, ont moins souffert.
L'INTÉBIEUB est a trois nefs, avec un transept assez court, flanqué de collatéraux. L'espèce de porche sombre, aux lourds piliers, où l'on se trouve d'abord, est du temps de Suger; il fait singulièrement ressortir la nef du xu® s., d'une légèreté et d'une élégance admirables , avec ses piliers sveltes , son beau triforium et ses 37 fenêtres de 10 m. de haut. Les vitraux sont presque tous modernes.
Le maître autel est moderne, mais dans le style du xiii® s. Derrière est celui de St Denis et ses compagnons, St Rustique et StEleuthère, également moderne, avec des reliquaires. Sur le côté, une reproduction de l'oriflamme (p. 266).
La basilique de St- Denis est aussi importante comme sépulture des rois de France, qui y furentpresque tous inhumés avec leurs familles à partir de Dagobert i** (m. 688). Les nombreux monuments des premiers temps furent déjà détruits dans les transformations et reconstructions de réglise. 8i Lot$i$ (1226-1370), pour donner aux tombeaux de ses aïeux un aspect plus monumental, fit ériger dans le chœur des mausolées et d'autres monuments. On y consacra dès lors un monument à chaque roi et même à des princes et à des personnages importants, jusqu'au temps de Henri IV (m. 1610). Ensuite on se contenta de déposer les bières dans la crypte. Lorsque la Révolution éclata, la Convention, considérant que la Nation avait besoin de canons et de munitions, et que les tombes royales lui fourniraient du plomb et du bronze, vota la destruction des sépultures royales. Lùwiê XVIII fit retirer les cendres de ses aïeux des fosses communes et les fit replacer dans la crypte (p. 269), ainsi que les restes de Louis XVI et de Marie- Antoinette. Louis XVIII lui-même (m. 1821), le due de Berry (m. 1820) et quelques enfants de la famille royale furent les seuls Bourbons inhumés à St-Denis après la Restauration.
La conservation des tombeaux qui existent encore est due au zèle à^Alex. Lenoir (p. 210). Par malheur, presque tout ce qui était en métal a été fondu. Lorsque Louis XVIII fit restituer les autres à Téglise , on les plaça dans la crypte, en les modifiant et les complétant arbitrairement, et Ton y ajouta des monuments du musée Lenoir provenant d'ailleurs. Mais depuis la restauration de Téglise par ViolleUle-Due^ ils ont repris à peu près leurs anciennes places dans le chœur. Ils sont au nombre de 50, et il y a 10 autres monuments: statues, colonnes, urne et bas-reliefs.
Yoici quelques détails sur le tombeaux les plus remarquables» 11 est inutile de donner la liste des autres ; les gardiens les nomment* et il y a du reste des inscriptions bien apparentes.
CÔTÉ N. — A g., les tombeaux de Philippe, dit Dagobert, frère
2fô Env, ae Pur. 18, ST- DENIS. CatUdsralô.
de St Lttuifl , et de^ Ltruit, âl& de St Xioais. Puis le ^tomhtaâi de Louis XII (m. 1Ô15) e« d'Antid 4e Bretagne, m femme (m. lôli), IHcô^ableiiiBnt exécuté att commencement du xti® s., per-Jecm J««/e de Tours. C'est une construtction isolée du-style de la renaissance, avec des arcades. Le ceuple royal s'y tfouye^ représenté deux fois, d'abord cevdhé nu sur le sazcopliage, puis agenouillé au-dessus. Les arcades élégamAieiU sculptées qin l'entourent, sont ornées de statues assises des ■ apôtres. I>e petite bas -reliefs décorent le socte: Entrée de Louis Xli i Milan (1499) ; Passage des montagnes de Qénes (1Ô07>; Victoire d^Ag&adel, près de Lodi, remportée sur les Vénitiens (1509); Soumission de Venise. -^ Ensuite le Umbemi de Henri II (m. 1ÔÔ9) et de Oatherihê de MédiniSy sa femme (m. 1589), le obef ^d^ouvre de Germain PUên^ ekéoûté de 1564 à 1583. Il est enmaxbre, orné de 12 colonnes composites et de 12 pilastres , de statues en bronze des 4 YCirtus cardinales, aux angles, et de statues des défunts, représentés aiossi une première fois en marbre, gisant nuis sui le tombeau, et une seconde fois. en bronze, vivants, à genouK au-dessus de l'entablement. — On monte à côté un escalier. A dr. de cet escalier ou à g. du maître autel , les tomheau>x de Blanche et de Jean, enfants de St Louis, en culYte émaiUé, les figures en cuivre repoussé, probablement faits à Limoges. — A g., un second monument de Henri II et de Catherine de Médicis, figures couchées, mais vêtues, en marbre, sur un lit de bronze. La reine, qui est représentée ici dans sa vieillesse , ayant trouvé inconvenantes les statues nues du grand monument, les avait fait remplacer par ces statues drapées. Les chapelles du chœur ne renferment pas de tombeaux. Il y a des vitraux anciens dans celle de la Vierge , où l'on voit aussi un pavé en mosaïque du xii® s., avec des sculptures représentant des scènes de la vie de J.-C.
CÔTÉ S. — En face de la sacristie (v. ci-dessous) , le tombeau de Frédeçonde (m. 597), curieux monument autrefois à St-0ermaindes-Prés , â Paris , selon les uns du vi®, selon les autres du xi* ou du XII® s. La reine est représentée par une espèce de mosaïque, composée de petits morceaux de marbre entremêlés de baguettes de cuivre. Les mains et les pieds ne sont indiqués que par des lignes, mais ils paraissent avoir été peints. — A g. en descendant du chœur ou à dr. du mettre autel, le tombeau de Dagoberi I^ (m. 638), monument remarquable du xiii® s., avec de curieux bas-reliefs allégoriques figurant la délivrance de l'âme du roi et sa réception au ciel, plus une statue couchée du roi, refaite de nos jours, et les statues debout de Sigebert, fi!ls de Dagobert, aussi moderne, et de la reine Nantilde, du xiu® s. — Statue ancienne en bois de la 'V'ierge avec l'enfant Jésus. — A g. de l'escalier, l'entrée de la erypte (v. ci-dessous), le tombeau de B. du Ouesdin (m. 1380), un des plus brates héros de la France dans ses guerres contre les Anglais ; celui du connétable L&wii de Sancerre (m. 1402), son compagnon d^armelB ; 2 baê^diefs représentant des scènes de la bataille
Cathédrale, ST-DENISL Env, M F^r. 18. 260
de B<mvine»{i%ii)^ probablement âuxiv® s. ; une statue d4 Charles V (m. 1380), obef-d'œuTEe au xti^ t« ; le tomhtau de Rente de Lom" gueville (m. 1515), flUe du priftce Exançois II de LongaeT-illet — A dr., le tombeau de Philippe Illy le Hardi (m. 1285). — A g., le ^tombeau die FrtmçfAt J^- (m. 1^47) , • avec oinq figurer, agenouillées, François V^' lui-même, Claude de France, sa femme (m. 1524), fille de Louis XII, et leurs enfants; plus, au soubassement, des bas-reliefs représentant des scènes des batailles de Oérisolles et de Marignan. Ce tombeau est dans le genre de celui de Louis XII, mais encore plus grandiose; on croit que Philibert Détorme, Oet" main Filon et Jean Omtjon y ont travaillé. — Puis r*twn^ du cœur de François I*', cbef-d'œuvre de la renaissance dû à un sculpteur du reste, peu connu, Pierre Bontemps; le tombeav, d^ Louis d'OrUans (m. 1407) et de Valentine de Milan (m. 1408), et le tom^ beau de Charles d'Etampes (m. 1336), cbef-d*œuvre du xiv® s.
La 8ACBI8TIB, au S. du sanctuaire (entrée^ v. p. 266), est décorée de 10 iableQux modernes médiocres, représentant des scènes de l'histoire de Tabbaye. Ils sont par Monsiau, Garnler, Heynier, Landon, Barbier, Menjand, Debay et Heim. Il y a des inscriptions, et le gardien les fait voir comme les tombeaux.
Le TBisoK, dans une pièce à g. de la sacristie, ne possède plus rien des objets précieux qui Tenrichissaient jadis; ils ont été dispersés ou détruits à la Révolution. On y montrtitt toutefois encore jusqu'à la fin de 1882 beaucoup d'objets de prix, pour la plupart des temps modernes; mais un vol audacieux en a de nouveau réduit le nombre au point que ce trésor ne mérite plus guère une visite, surtout encore parce qu'on n'a le temps de rien examiner. Ce qu'il y reste de plus curieux, comme œuvre d'art, c'est un devant d'autel en cuivre repoussé du xii® s., au mur de g. Au mur d« fond est une croix en cuivre davé du aciiï® s.^ partagée en deux dans le sens de la longueur : au pied est représentée Jérusalem, sur les bras les symboles des évangélistes et au sommet l'agneau divia.
La oxYFTE, dont l'entrée est à dr. du maître autel, a été construite par Sttger pour y déposa les reliques de St Denis et de ses compagnons. Elle est sous l'abside et elle en reproduit le plan. Le milieu, sous le sanctuaire, est occupé par le caveau des Bourbons, construit par Henri II et contenant actuellement les cercueils de Louis XVI et de Mcarie-Antointtte, de Louiê JLVJII, d'Adélaïde et de Viet&ire de Frundé, du duc de Berry et de deux de ses enfants, de Louis-Joseph et de LouiS'Henri-Joseph de Condé^ les derniers de la famille, enfin de Louis Vil et de Louise de Lorraine, femme de Henri III, ces deux derniers rapportés d'ailleurs. — Les ebapelles et le pourtour de la crypte contiennent des sculptures d'une valeur douteuse, entre autres quatre figures colossales de la Beligion, la Force, la Ville de Paris et la France, faites par Pradier et Dupaty pour nn monument du duc de J$erry, qui n'a pas été exécuté ; des statues des apôtres d'après eelles de la SteA^hapelle de Paris, des monuments composés sous la Restauration en l'honneur de Henri IV, Louis XII J^ Louis XIV et Louis XVy des statues de Gharlemagne (moderne), Louis XIV et Louis XVI, de Marie-Antoinette à genoux et en robe décolletée, par Petltot ; de Jfarie Lecginêka, Diane de France, etc. — Les restes exhumés des tombas de la basilique en 1793 ont été retirés de la fosse commune et placés en 1617 dans un double caveau à l'extrémité du pourtour, où les noms sont inscrits sur deux grandes plaques de marbre noir. A cÔté, un «caveau impérial» construit sous ITapoléon III et resté vide.
Les Tastes constructions qui avolsinent l'église sont celles de l'anc. abbaye , transformée par Louis XIV et Louis XV. C'est au-, jourd'hui une maison d'éducation de la Légion d'honneur, pour
270 Env, de Par. 18. ENGHIEN.
les flUes , les sœurs et les nièces des membres de Tordre , et il faut pour la visiter une permission du grand-ehancelier de la Légion d'honneur, à Paris, rue de Lille, 64.