‹ Paris et ses environs; manuel du voyageurChapitre 20 sur 100 · Journaux. Cabinets de lecture, etc · texte numérisé non relu

Journaux. Cabinets de lecture, etc

Journaux. — Le plus ancien des journaux de Paris est la «Gazette de France» , fondée en 1631 par Kenaudot (p. 212); mais la presse périodique française n'a commencé à se développer réellement qu'à la Révolution. 11 parut 150 feuilles publiques en 1789, 140 en 1790 et 85 en 1791. Toutefois les divers partis au pouvoir en réduisirent le nombre, et il n'y en avait plus que 13 sous Napoléon I er . Sous la Restauration, il en paraissait 150, mais seulement 8 politiques. Depuis, leur nombre n'a fait que s'accroître, et Paris compte auj. env. 2400 publications périodiques, tant quotidiennes qu'hebdomadaires, etc., dont plus de 160 journaux politiques.

Il est reçu qu'un journal représente un parti, une opinion, mais la passion s'en mêlant et les journalistes ayant acquis, en France peut-être encore plus qu'ailleurs , une grande habileté professionnelle, il n'est pas rare que, pour arriver à leur but, ils dissimulent ou faussent la vérité et parviennent à faire croire le pour et le contre.

De plus, la publication d'un journal n'étant souvent aujourd'hui qu'une entreprise industrielle, la réclame s'y fait d'ordinaire à toutes les pages sans aucun scrupule, s'il ne s'agit que d'engager le lecteur crédule à délier sa bourse. Les réclames les mieux dissimulées, et par conséquent les plus «habiles», sont celles qui se paient le plus cher. A la deuxième page dans certain journal, elles sont déjà cotées 100 fr. la ligne, et il n'y a pas de tarif pour la première page. Aussi les journalistes ont- ils été pour beaucoup dans les affaires de chantage de ces derniers temps.

Il existe surtout à Paris une catégorie de journaux contre lesquels l'étranger doit être mis en garde, les journaux tapageurs, qui se colportent à grand cris sur la voie publique. Ils cherchent à se donner de l'importance avec des nouvelles à sensation , et ils n'en sont jamais à court. La police ayant dû sévir contre les crieurs de fausses nouvelles, en leur interdisant d'annoncer le contenu des journaux, ces feuilles paraissent maintenant avec des sous-titre en gros caractères, qu'on met bien en évidence et qui ne valent souvent guère mieux que les cris qu'ils remplacent. On les connaîtra assez vite, sans que nous les nommions.

La plupart des journaux se vendent sur la voie publique, notamment dans les kiosques des boulevards, 5, 10, 15 et 20 c. Nous citons les principaux.

Journaux du matin. Républicains: le Petit Journal , le plus répandu (v. p. 186), le Afatin, Y Intransigeant (socialiste), la Libre Parole (antisémite), le Journal (surtout littéraire) , VEcho de Paris (surtout littéraire) , le OU Blas, «journal de fine gauloiserie*, qui a trouvé trop d'imitateurs; etc.;

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Y Eclair , le Petit Parisien, la Lanterne, etc. — «Conservateurs» : le Gaulois , le 5oI«tl (orléanistes), Y Autorité (impérialiste), Y Univers (clérical), le Moniteur Universel. A cette catégorie se rattache le Figaro, le plus répandu des grands journaux, mais aussi plutôt littéraire que politique. — En outre, le Journal officiel.

Journaux du soir. Républicains: les Débats un des meilleurs journaux de Paris; le Temps, aussi bien renseigné et très estimé; la Liberté, la République Française, le National, le Soir, etc. — •Conservateur»: la Gazette de France (royaliste).

Il y a en outre un grand nombre de revues bimensuelles ou hebdomadaires, à divers prix, qui se trouvent en particulier aux librairies des boulevards. Les principales sont: la Revue des Deux Mondes, la plus ancienne; la Nouvelle Revue, républicaine; le Correspondant, conservateur; la Revue Britannique; la Revue Illustrée, artistique; la Revue des Revues, qui reproduit des articles des autres ; la Revue Générale des Sciences , la Revue scientifique; la Nature; la Revue Larousse, genre encyclopédie ; la Revue Bleue, la Revue Blanche, littéraires ; la Revue de Paris, Cosmopolis, en français, en anglais et en allemand, etc. Enfin une foule de feuilles illustrées: V Illustration , Y Univers illustré, le Journal amusant, la Vie parisienne, le Charivari, le Journal pour rire, et beaucoup de journaux littéraires avec ou sans illustrations, des feuilles à caricatures et des feuilles coloriées, etc. La plupart des publications périodiques illustrées sont hebdomadaires et paraissent vers la fin de la semaine aux étalages.

On trouve des journaux étrangers, anglais, allemands, etc., aux kiosques près du Grand-Hôtel et à quelques autres des Grands Boulevards.

Cabinets de lecture. — Les cabinets de lecture sont aujourd'hui bien moins nombreux et moins importants qu'autrefois. Pour les journaux, qu'on trouve du reste eu quantité dans les cafés, il n'y a plus que quelques modestes cabinets fréquentés par des habitués, par ex. le Salon Littéraire, passage de l'Opéra, galerie du Baromètre, 11 et 13 (séance, 30 c). A citer ensuite, pour l'abonnement à la lecture: la Lecture universelle , rue des Moulins, Ô (2 fr. par mois, 10 fr. par an) ; Delorme, rue St-Lazare, 80 (1 fr. 50 et 10 fr.) ; Bahl, rue Chauveau-Lagarde , 14 (3 vol. par jour, 5 fr. par mois); Neal (livres anglais), rue de Rivoli, 248; Bibliothlque Cardinal, place St-Sulpice, à dr. de l'église; Bibl. Oller, rue Bonaparte, 76.

Leçons. — Les personnes en séjour à Paris qui voudraient prendre des leçons de langues vivantes et même de musique, de destin, etc., trouveront des professeurs à Y Institut Rudy, rue Caumartin, 4. Cours, 3 fois par semaine, 10 et 15 fr. par mois. Leçons particulières. Conférences. — Autre établissement du même genre, Institut polyglotte, rue de la Grange- Batelière, 16.

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