I. De la place de la Concorde an Trocadéro
Musées de Galliéra, Guimet et du Trocadéro.
Le musée Guimet et de Galliéra et les deux du Trocadéro ne sont publics en même temps que le dimanche et le jendi, mais le premier seulement en partie (v. p. 148). Toutefois on peut aussi voir le musée ethnographique les autres jours, excepté le lundi. On pourra déjeuner dans un des cafés près du Trocadéro ou place de l'Aima.
Place de la Concorde, v. p. 73. Le chemin direct du Trocadéro est à g., par le Cours-la-Rcinc, promenade dont la création remonte à Marie de Médicis. Il ne forme, pour ainsi dire, qu'une large avenue avec le quai de la Conférence, ainsi nommé d'une anc. porte par où entrèrent, en 1660, les ambassadeurs espagnols chargés de conférer avec Mazariu au sujet du mariage de Marie-Thérèse avec Louis XIV. A dr. et à g., les palais des Beaux-Arts et le pont Alexandre 1I1> en construction. Puis le pont des Invalides (pl. R. 14-15; //), décoré de Victoires par Diéboldt et Vilain. Hôtel des Invalides, v. p. 268.
A dr., au coin du Cours -la-Reine et de la rue Bayard, une jolie maison dite ^maison François I er (pl. R. 15; J7), maintenant propriété particulière. Elle a été construite par le roi en 1527, près de Fontainebleau, et rebâtie ici en 1826. Sa façade très originale, qui se termine par un attique, a au rez-de-chaussée trois arcades à plein cintre, auxquelles correspondent au premier trois fenêtres carrées avec deux croisillons. Les pilastres ont de jolis ornements, et audessus des arcades règne une belle frise avec des génies. Il y a aussi des médaillons - portraits, fortement restaurés. Le derrière de la maison est également remarquable ; les côtés sont modernisés.
Le pont de l'Aima (pl. R. 11-12; /), à l'extrémité du quai, a été construit en 1856, en mémoire de la campagne de Crimée. Sur les piles, 4 statues remarquables : un Zouave et un Grenadier, par Diéboldt; un Artilleur et un Chasseur, par Aug. Arnaud. A dr. aboutit l'avenue Montaigne, qui vient du rond -point des Champs- Elysées (p. 139). Dans un petit jardin , un Guerrier blessé reforgeant son épée, bronze par Chrétien.
Le quai Debilly, le suivant, conduit aussi au Trocadéro, dans le bas du parc; nous y allons de préférence par l'avenue du Trocadéro, qui monte à dr. A g., la pompe à feu de Chaillot , qui alimente d'eau de Seine une partie des réservoirs de la ville.
Muaee Galliéra.
PARIS
Rive dr. 4. 147
Le 'musée Galliéra ou Brignole-GaUie'ra (pl.R. 12; /), près de là, à dr. de l'avenue, mais dont l'entrée est sur le derrière, rue Pierre- Charron, est une magnifique construction dans le style de la renaissance italienne, sur les plans de Oinain. Il est dû à la munificence de la duchesse de Galliéra (m. 1888), qui a aussi fondé l'orphelinat de Fleury (p. 284) et l'hospice de Olamart (p. 280), et il a coûté, dit-on, 6 millions. Il est précédé d'un square , où sa façade est ornée de statues de la Sculpture, l'Architecture et la Peinture, par Cavelier, Thomas et Chapu. Il y a encore des sculptures sur les côtés : â dr., Pan et ours, par Bccquct; la Terre, par A. Boucher; à g., l'Education de Bacchus, par Perraud; Protection et Avenir, par Icard.
Les salles du musée sont ouvertes au publie tous les jours, exeepté le lundi, de midi à 4 h. Elles étaient destinées aux collections de la duchesse de Galliéra, que certaines considérations lui ont fait ensuite donner à la ville de Gènes. La ville de Paris y a installé les premiers éléments d'un musée artistique, pris dans ses collections. Sculptures de la cour, v. ci-dessous. — Dans le vestibule, 5 marbres: Quilbert, Daphnis et Chloë; Vital Cornu (à dr. ), Une femme ; Roufosse, Premier frisson ; Béguine, Charmeuse; Fontaine, Fascination. — Dans la grande salle, comme dans les suiv., surtout des tapisserie*, les 5 grandes du haut, dites de St Oervais et St Protais, exécutées vers 1650-1655, soit un peu avant la fondation des Gobelins (p. 253), aux ateliers du Louvre. Elles représentent la flagellation des saints, d'apr. Lesueur; leur décollation, d'apr. S. Bourdon; la translation de leurs reliques, leur apparition à St Ambroise et l'invention de leurs reliques, d'apr. Ph. de Champaigne. Dans les intervalles, au-dessus des portes : le Mois d'août , d'apr. van, Orley , des ateliers du faub. St- Marcel (xvn e s.), d'après les «Chasses de Maximilien» (v. p. 358); l'Enlèvement d'Hélène, Ulysse reconnaissant Achille, de Bruxelles (1775 et 1778). Dans le bas, de dr. à g. : Achille armé et consolé par Thétis, de Bruxelles (vers 1775); Campement de bohémiens et le Fauconnier, de Beau vais (1770 et 1774); Scènes de bivouac et Levée d'un camp, des Gobelins (1763); les Filets du mariage et le Repas, des ateliers du faub. St-Marcel (vers 1600) ; l'Evanouissement d'Armide, des Gobelins (1739). — Au milieu, Diane, statue par A. Boucher. Vitrines, objets modernes: à g., porcelaines et grès flammés, par Chaplet et Delaherche; verres, par L. Tifiany; à dr., étains par Ba/Jler, Desbois, Charpentier et Ledru; coffret damasquiné, par Oauvin; coupe renaissance, par Barri. — Galerie suiv., tapisseries anciennes: au milieu, le mois de Mars, des ateliers du faub. St-Marcel; à dr., le Sommeil dangereux; à g., Pan et Amymone, des Gobelins. Sculptures: de g. à dr., Labattut, Caton d'Utique ; B.-L. Hercule, Primevère ; Démaille, Amour ; B. de la Vingtrie, Pandore; Barrau, Matho et Salammbô (d'apr. Flaubert); Pezieux, Oh! jeunesse; Boisseau, les Fruits de la guerre; Math. Moreau, l'Avenir; Oaspari, Désolation. — Petites salles aux extrémités, 2 tapisseries, l'Automne et l'Eté, des Gobelins, d'apr. des peintures de Mignard détruites avec le château de St-Cloud, et encore des sculptures, surtout dans la seconde: Turenne enfant, par Hercule; Lully, par Gaudez, et Iphigénie, par Oirard. — Dernière salle, près du vestibule: aquarelles, bois gravés, tapisseries de basse lice, l'Eté et une Pastorale, des Gobelins; marbre par A. Moncely le Lierre ; fontaine-lavabo en étain, par Charpentier ; coquille en étain, par Ledru; dans la vitrine, des grès émaillés, des vases en cristal ciselé, des émaux, un camée, etc.
La galerie de la cour, qui communique des deux côtés avec le vestibule, renferme aussi des sculptures, savoir de dr. à g. : E. Chatrousse, la Nourricière; H. Peyrole, la Lutte; Ch. Perron, l'Epave; Vital Cornu, Archimède; — Chatrousse, l'Histoire; Hugues, Un potier; A. d'Houdain, la Guerre; Cordonnier, la Maternité.
Sur une petite plaee devant l'entrée du musée, un groupe en bronae, le Vin, par Holtoeck.
148 Rivedr.4.
Musée Quimet.
Le *musée Guimet (pl. R. 12; /), quelques pas plus loin, place d'Iéna, est un édifice moins riche comme décoration, mais qui ne manque pas d'originalité , avec la rotonde du coin , dont la partie supérieure présente une galerie à colonnade et un dôme, d'après une fresque de Pompéi. Les collections qu'il renferme sont une création particulière, due à M. Em. Guimet, amateur lyonnais, qui les a données à l'Etat en 1886. C'est surtout un musée des religions de V extrême Orient, comprenant des ouvrages d'art très remarquables et une bibliothèque spéciale, mais il y a aussi une magnifique collection céramique orientale (v. aussi p. 134 et 189) et des antiquite's. C'est un musée unique en son genre et un des plus curieux de Paris, public tous les jours, sauf le lundi, de midi à 5 h. en été et 4 b. en hiver. On n'en visite maintenant chaque fois qu'une partie, le rez-de-chausée, le 1 er ou le 2 e étage. Les visites sont de plus combinées de façon qu'il y ait alternance, c.-à-d. que celle d'une même partie ne tombe pas chaque semaine le même jour. Le rezde-chaussée étant, par ex., ouvert le mardi 24 mai 1898, c'est le 1 er étage qui le sera le mardi suiv. et le 2 e étage l'autre mardi.
Il y a au musée Guimet, en hiver, des conférences publiques le dim., à 2 h. i/ a . Salle, v. ci-dessous.
Nous ne pouvons donner qu'un aperçu des nombreuses curiosités de ce musée. Il existe un petit guide illustré instructif (1 fr.) et il y a d'ordinaire des inscriptions dans le haut des vitrines, donnant les divisions générales, ça et là aussi des étiquettes à l'intérieur.
Vestiaire obligatoire et gratuit.
Rez-de-chaussée. — Rotonde, quelques sculptures romaines.
Galerie d'Iéna, à dr., ^céramique chinoise. — l re travée: faïences et porcelaines modernes de Nankin, à dr., et de Canton, à g. ; grands-feux de Chine, émaux bleu-turquoise, violets et flambés : céladons de Nankin du xv e s. — 2 e travée: à dr., porcelaines chinoises a décors européens, dites de la comp. des Indes*, terres dites «boccaros», blancs de Chine, porcelaines bleues anciennes; à g., en revenant, familles bleue, rouge, verte, jaune et rose. — 3 e travée: de dr. à g., faïences et porcelaines du x 6 au xix e s., les plus belles celles de l'époque de Khien-long (1736-1769), à gauche.
Galkbie Boissieee, à g., ^céramique japonaise. — l*e e t 2 e travées: faïences, porcelaines et gres primitifs ; * lanterne de temple en bronze; grand vase en faïence laquée; à dr., les objets servant a la cérémonie du thé. — 3 e et 4 e travées: suite; «dagoba* ou reliquaire en bronze du xvi e s. ; grands vases modernes en faïence d'Avata. — 5 e travée : suite des faïences et poteries diverses, anciennes et modernes; grand vase en faïence laquée. — 6 e travée : porcelaines et faïences modernes de Kioto, grès de Bizen, imitant le bronze. — 7 e travée: faïences d'amateurs, de Hizen, de Kioto, etc.; à dr. dans le fond, ouvrages du potier Ninseï (xvine s.); lanterne en bronze comme à l'entrée.
La cour, où l'on passe par la porte sous l'escalier, renferme le moulage d'une grande porte d'un temple bouddhique de Sanchi.
La galerie du Siam et du Cambodge, au fond de la cour, comprend surtout des statues de divinités cambodgiennes, des moulages et un modèle d'une des portes de la citadelle d'Angcor-Tom.
La salle des conférences est à g. du vestibule de cette galerie.
I er étage. — La bibliothèque occupe la rotonde. A l'entrée, les statues en bois des deux principaux disciples de Bouddha, Hondjou et Fouguén, sur un lion et sur un éléphant, et deux reliquaires. Les peintures de la rotonde et des galeries suivantes représentent des scènes orientales, des cérémonies religieuses, des prêtres, etc. -, elles sont de Regamey.
Mmée Quimet
PARIS
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Une petite salle à g. de rentrée de la galerie d'Iéna contient des objets dans le genre de ceux de la même galerie, un groupe avec ustensiles relatifs au culte mazdéen.
Galerie iVIéna, à dr., surtout les ^religions de r Inde et de la Chine. — I re salle : cultes de Brahma, Vishnou et Çiva, trinité représentant les principes créateur, conservateur et destructeur. Sculptures en bois de chars de Brahma; réduction d'un char de ce genre*, objets ayant servi au culte; fac-similés de temples. Au milieu, surtout une statue en bronze de Lakshmi, la Vénus indienne (xvi e s.). A g., Vishnou, couché, et Skanda, dieu de la guerre. — II e salle, bouddhisme ou culte de Çakya-Mouni, dit Bouddha ou sage parfait, culte divisé en quatre sectes. — l re travée. Au milieu, une statuette en bronze de Çiva tandava. G vitrines consacrées au brahmanisme (milieu) et à ses sectes le djaïnisme et le bouddhisme. Statues et statuettes, untensiles, etc., remarquables aussi comme objets d'art; manuscrits, livres sacres et peintures. Vitrine à g. de l'entrée: groupe de Vishnou porté par Garouaa, son oiseau fabuleux; marionnettes javanaises et bijoux javanais. Vitrine du fond à g.: Ganéça, dieu de la science; Karttikéya ou Skanda, dieu de la guerre. — 2 e travée: à dr. , suite du bouddhisme; Bouddha dans ses trois états, naissant, pénitent et transfiguré; transformations et culte de Kouan-Yn, dieu de la charité, même eu vierge-mère (plus, belles statues) ; dessins remontant jusqu'au xi e ou xii e s. ; statuettes et portraits des propagateurs du bouddhisme en Chine. A g. en revenant, taôismc ou panthéisme idolatrique chinois; statuettes, en particulier deux du philosophe Laô-Tseu, monté sur un buffle, et une de Houaug-tién-Chang-ti , dieu du ciel, dans la l re vitrine; manuscrits, dessins coloriés; boussoles géomantiques, sabres votifs en sapèques; quantité de petites statuettes en bronze et en cuivre doré, beau bronze de la déesse de la destruction, chasse-mouches de lama, fait d'une queue de yack, avec un manche très précieux en jade (v. ci-dessous), enrichi de pierres Unes et d'argent. 2 vitrines consacrées au lamaïsme (Tibet et Mongolie). Au milieu, de jolies peintures persanes et une grande reproduction de temple bouddhique. — 3 e travée: suite du taôisme; divinités de toutes sortes; manuscrits. Au milieu, 2 statuettes en buis de Huién-huién Diaou-djin, dieu de l'alchimie, et de Tha-mo Bouddhi-Dharma, missionnaire du bouddhisme en Chine. Entre les deux, une collection de boucles de ceinture, en pierres fines et ivoire. A g. , 11 *statuettes en buis du xvm e s., représentant des divinités célestes; peinture sur soie, monnaies chinoises, les plus anciennes, en forme de cloche et de couteau , remontant à plus de 2000 ans av. J.-C. Vitrines du fond: confucianisme ou religion impériale de la Chine, ayant surtout pour but le culte des ancêtres, représentée ici par des statuettes et (à dr.) des vases à sacrifice et funéraires. — III e salle, la *salle de Jade ou des objets précieux, dont quantité du reste en jade, la pierre précieuse par excellence chez les Chinois. Beaucoup proviennent du palais d'Eté des empereurs. Les nombreux et magnifiques objets en forme de crosse sont des sceptres de mandarins. Encore beaucoup d'autres objets précieux et remarquables.
Galebies du fond, sur la cour, installées depuis peu. l re galerie, divisée aussi en plusieurs travées, autres collections de l'Inde et de la Chine, classées d'après les principaux pays d'origine: Cambodge, Laos, Birmanie, Siam, Annam, Tonkin, Chine méridionale. Les collections des dernières travées sont encore particulièrement remarquables , surtout leurs modèles de temples et leurs nombreuses statuettes de divinités et de personnages divers. Il y a aussi des instruments de musique, des marionnettes, etc. A l'extrémité de la galerie, deux statues de génies et un fauteuil garni de pointes de fer, servant à une sorte d'exorcisme. — Rotonde: suite des collections chinoises, temple du dieu de la Fécondation, autels domestiques et ustensiles servant au culte des ancêtres. — 2 e galerie, fin des collections du Japon, qui commencent dans la galerie Boissière (v. ci-dessous). l re travée de ce côte: quantité de statuettes et de statues de fondateurs de sectes et de prêtres; masques; tambour de temple en vieux cloisonné; au mur, un paravent du xvi e s. avec peintures représentant l'arrivée des Portugais au Japon. 2 e travée : statues
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de prêtres, boîtes et autres objets en laque, notamment une malle de voyage; petits ivoires; gardes de sabres, dragon en bronze. — Kous traversons maintenant la galerie Boissière, pour recommencer du côté de l'esealier.
Galbrib Boissière, surtout les ^religions du Japon. — I re salle. l re et 2 e travées: belle statue d'Ida-Tén, dieu du bénédicité; sin-to (à g.), religion nationale, qui n'a pas d'images, mais seulement des symboles du dieu suprême, et dont les temples sont toujours fermés; bouddhisme, six sectes différentes ; statues et statuettes remarquables, tissus, vêtements de prêtres; belles statuettes, livres. Au fond de la 2 e travée, deux statues en bronze du dieu des touristes et deux vases en bronze où sont représentées la mort et l'ascension de Bouddha. — II e salle : fac-similé d'un m mandara ou panthéon, dix -neuf personnages, les principaux bouddhas. Le groupe central représente Daïniti, la perfection par excellence, et des êtres devenus bouddhas, avec l'œil de la sagesse au milieu du front; eeux de dr. et de g., sa transformation en êtres ayant pour but de sauver les âmes par la douceur ou par la violence. Alentour, des brasiers, des fontaines , des tam-tam, une statue de Çakya-Mouni mourant, d'autres divinités, etc. — III e salle. i re travée: légendes japonaises et chinoises; statuettes fort originales, souvent d'une exécution admirable, bien que grotesques; à remarquer, au commencement de la vitrine de dr., un diable devenu vieux (corne cassée), qui s'est fait moine. —2 e travée: statue d'une sorte de nonne; objets historiques, statuettes fort remarquables; laques; armes ; 2 palanquins princiers ; statue de pèlerin en bois (à g.). — IV e salle : chapelle en bols doré; statues d'Amida, un des bouddhas éternels; lanternes en bronze, ete. Au milieu, une statue fort remarquable du philosophe Dharma, sortant de son tombeau. Au fond, des groupes en bronze dont les sujets sont tirés de légendes japonaises: dieux de la sagesse (âme allant errer par le monde), de la force, des eaux (longues jambes), de la pêche (longs bras), de la chasse et de la guerre. Derrière, de grandes et belles peintures. A g., un groupe représentant un duel japonais. — Galerie de dr., v. ci-dessus.
II e étage. — Rotonde, à cariatides, peinture* de Regamey (inscript.).
Galerie d'Iéna, peinture japonaise', peintures proprement dites, dessins, albums et estampes, surtout des xvii 6 et xix c s., et encore quelques sculptures remarquables. Quantité de dessins et de croquis dans des cadres sur des chevalets. Ensuite des antiquités gréco-romaines: sculptures, en particulier des statuettes de Bacchus, d'Eseulape, de Junon et d'Apollon; bustes; peintures (autres dans le fond); terres cuites; bijoux, camées et intailles; objets trouvés dans des fouilles; vases grecs et étrusques; casques et statuettes en bronze; statuettes votives (au fond), ete.
Une galerie à g., maintenant fermée, contient la collection Varat, quantité d'objets intéressants, mais de peu de valeur intrinsèque, rapportés de Corée: meubles, costumes, instruments agricoles, ustensiles de ménage et autres, instruments de musique, armes, etc.
Galerie Boissière, antiquités égyptiennes: cercueils avec momies et objets trouves dans des tombeaux; reproduction des peintures d'un tombeau de GÛOO ans av. J.-C. ; — statue de Diane d'Ephèse en marbre, d'une authenticité douteuse et qui rappelle la Kature du Tribolo au Louvre (p. 93) ; petits bronzes, objets du culte, objets historiques, figurines royales à émaux bleus; — statue d'Isis, cylindres et cachets assyriens-, à dr., une table à libations; au fond, des divinités al ex and ri nés, etc.
L'avenue d'Iéna passe à peu de distance à dr. du musée Guimet à la place des Etats- Unis (pl. R. 12; J), à l'autre extrémité de laquelle se trouve, depuis 1895, le ^monument de Washington et Lafayette, beau groupe en bronze par Bartholdi. La rue Galilée, mène de à g. à l'avenue Kléber , près du Trocadéro.
Trocadéro.
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Le "Trocadéro (pl. R. 8; I) est un coteau de la rive dr. de la Seine en face du Champ-de-Mars, ainsi nommé en mémoire de la prise du fort du Trocadéro (Cadix) par les Français, en 1823. Ce n'était encore en 1866 qu'une hauteur déserte et inculte s'avançant jusque près du quai , où elle se terminait par un escarpement. Il avait été question sous Napoléon I er d'y élever un palais de marbre pour le roi de Rome, puis une colonne avec la statue de ce roi éphémère, et c'est seulement pour l'exposition de 1867 , au Champ-de-Mars, qu'on a aplani cette hauteur, et pour celle de 1878 qu'on y a construit le palais et tracé le parc qui s'y voient aujourd'hui.
L'avenue du Trocadéro aboutit dans le haut derrière le palais à la place du Trocadéro (pl. R. 8-9; /; tramw. D, J et A£, omn. B), au milieu de laquelle est un beau jet d'eau et où convergent aussi V avenue Kle'ber, venant de l'arc de triomphe de l'Etoile (p. 140); V avenue Malakoff, venant de celle du bois de Boulogne (p. 141) ; Y avenue Henri- Martin, venant du bois même (v. p. 154), etc. En prenant au contraire la partie de V avenue d'Iéna en face du musée Gui met, ou arrive dans le parc du Trocadéro et devant le palais.
Le palais du Trocadéro, qui s'élève dans le haut du parc, est un édifice dans le style oriental , construit pour l'exposition de 1878, sur les plans de Davioud et Bourdais. Il se compose surtout d'une rotonde de 58 m. de diamètre et 55 m. de hauteur , flanquée de deux minarets ou tours de 32 m., et de deux ailes en retour avec galeries, de 200 m. de longueur, donnant à l'ensemble la forme d'un vaste hémicycle et présentant un coup d'œii imposant. Du soubassement descend une grande "'cascade monumentale avec des ïets d'eau, terminée par un bassin qu'entourent quatre animaux do fonte bronzée: un taureau, un cheval, un éléphant et un rhinocéros, par Caïn, Kouillard, Fremiet et Jacquemart. Sous les arcades près du bassin de la cascade, l'Eau, par Cavalier, et l'Air, par Thomas. Sur le balcon : l'Europe , par Schœnewerlc ; l'Asie , par Falguière ; l'Afrique, par Delaplanche; l'Amérique du Nord, par Hiolle; l'Amérique du Sud , par A. Millet ; l'Océanie , par M. Moreau. A la naissance du dôme de la rotonde est un autre balcon circulaire garni de 30 statues représentant les arts , les sciences et diverses industries. Sur le dôme enfin, une statue colossale de la Renommée, par Ant. Mercié. On a une *vue superbe de Paris des galeries (cafébuffet) et des balcons, surtout vers le soir. On peut d'ordinaire monter à l'une des tours par un ascenseur, moyennant 50 c, 25 c. le dimanche en été. Il se donne de temps à autres des concerts dans la salle des Fêtes, qui peut contenir 6000 personnes et où il y a un orgue colossal par Cavaillé-Coll. Lorsqu'il n'y a pas de féte, il faut en principe, pour visiter cette salle, une autorisation du secrétariat des Beaux- Arts , rue de Valois, 3, au Palais-Royal.
Le palais renferme maintenant des musées considérables: un musée de sculpture comparée et un musée d'ethnographie.
Le *musée de sculpture oompabée ou des moulages occupe
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PARIS
Trocadero.
l'aile à dr. de la façade, du côté de l'intérieur de la ville, et une partie de l'autre aile. Il est public tous les jours, sauf le lundi, de 11 h. à 4 h. en hiver et 5 h. en été, du 1 er mai au 30 septembre. On y voit représentés les principaux types de la sculpture monumentale depuis le moyen âge, mais il y a aussi, pour la comparaison, quelques types d'un autre ordre et même antiques. Chaque objet est accompagné d'une étiquette qui indique l'époque de la sculpture, le monument auquel elle appartient et la matière de l'original.
Les sculptures sont classées dans Tordre chronologique. — l re et II e salles (salles A et B). Les plus beaux spécimens, dans cette salle et plusieurs autres, sont empruntés à des églises, et les amateurs seront heureux de pouvoir s'y faire une idée de sculptures qu'ils n'auront pas vues et ne verront peut-être jamais. Beaucoup des plus belles sont des cathédrales de Chartres, d'Amiens, de Paris, de Reims; mais il y a les tympans moins eonnus de la cathédrale d'Autun, au-dessus de la porte; de la Madeleine à Vézelay, en face; de St-Lazare d'Avallon (Tonne) de l'église de Ste-Croix à la Charité; le portail et des chapiteaux de Notre- Dame-du-Port de Clermont-Ferrand. Au milieu, des sculptures antiques et tout autour des stètes gallo-romaines et des sarcophages du moyen âge. Dans la 2 e salle aussi des parties fort remarquables des cathédrales de Sens, de Laon, de Strasbourg; la statue de Mausole à Halicamasse (iv e s. av. J.-C), une cariatide de TErechthéon, à Athènes; des statues tombales de St-Denis, d'Amiens, etc.
III e salle (suite de la salle B) : pilier (raccourci) de la cathédrale de Keims; photographies de monuments et de sculptures dont on n'a pas eucore de moulages; St Georges de la eathédrale de B&le.
IV e 8ALLB(C): sculptures de Kaumbourg et de Strasbourg; partie du tympan de la eathédrale de Bourges; tombeau de St-Etienne, en forme de châsse, à Aubazine (Corrèze); portail de la eathédrale de Bordeaux.
*V e salle (D) : portes de l'anc. château ducal de Nancy et de l'église St- Maclou de Rouen. Au milieu : St Georges, par Donatello; puits de Moïse par Claus 81uter, à Dijon ; tombeau des enfants de Charles VIII, à Tours ; tombeau de François II de Bretagne, à Nantes; statues du tombeau de Henri II et de Catherine de Médicis, a St-Denis (p. 324). Au fond, le jubé de la eathédrale de Limoges. — Côté dr. , en revenant : bas-reliefs de la fontaine des Innocents (p. 159), par Jean Goujon; tombeau de Louis de Brézé, à Rouen; statues du portail de l'anc. couvent des Chartreux à Dijon, par Sluter; bas-reliefs du château d'Ecoueu (p. 334); ehaire de la cathédrale de Coïmbre (Portugal) ; hauts-reliefs de St-Nicolas de Troyes ; groupes d'enfants faisant de la musique, par Luea délia Robbla, à Florence; auge du château du Lude (Sarthe); Ste Anne et la Vierge de la cathédrale de Bordeaux; hauts-reliefs de la cathédrale de Sienne, par Nie. Pisano, — Rangée du devant, la Vierge et l'Enfant de Notre-Dame de Bruges, statue de femme de l'hôtel de ville de Nuremberg. — De l'autre coté : quantité de bustes italiens; la Chute d'Adam, par L.-A. délia Robbla; hautsreliefs du tombeau de Paul II, par Mino da Fiesole, à Rome; panneaux de la porte du baptistère de Florence , par A. Pisano ; Visitation par A. délia Kobbia, à Pistoie. Devant les bustes, le tombeau de Gaston de Foix, à Milan. Puis des stalles de la cathédrale d'Amiens, la Visitation de l'église St-Jean de Troyes ; des bas-reliefs de l'hôtel du Bourgthéroulde, à Rouen et du tombeau du eardinal Duprat, à Sens; une plaque tombale de Roemhild, près Meiningen (Saxe) ; les moines du tombeau des ducs de Bourgogne, à Dijon, par Sluter. Devant, David, par A. Verrocchio, et le tombeau de Soccino, à Florence. Ensuite des statues tombales, des portes de la cathédrale de Beauvais, des bas-reliefs, une stalle de l'ancien château de Gaillon (Normandie), le tombeau de Guill. du Bellay, au Mans, etc.
VI e salle (D bis) : fontaine du xvi e s., tombeau de St-Just de Narbonne ; bas-reliefs de l'hôtel du Bourgthéroulde, à Bouen; Hermès et Dionysos
Trocadc'ro.
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eufant, par Praxitèle, du temple de Junon à Olyinpie; l'Adonis mourant de Michel- Ange. — VII e salle (E) : vases, statues, bustes, groupes et basreliefs de Versailles; à dr., le St Bruno de Houdon, à Rome; la porte de l'hôtel de ville de Toulon, parPuget; des bas-reliefs de la fontaine de la rue de Grenelle et d'anciens bôtels de Paris; les modèles des sculptures d'Art h us Quellyn à l'hôtel de ville d'Amsterdam. — * VII I e halle : pinacle de St- Pierre de Caen; quantité de sculptures ornementales et de photographies de monuments et de sculptures ; cheminée du château d'Ecouen, portail roman de Ste-Marie-des-Dames , à Saintes. — Ensuite une bibliothèque spéciale, riche en photographies, ouverte tous le jours, sauf les dim. et lundi, de 11 h. à 4 h.
La collection se continue dans l'autre aile du palais , au delà de la rotonde, où il y a encore des pièces à placer. — I'o salle. A l'entrée, à l'intérieur, le portail du château de la Ferté-Milon ; à dr., à g. et dans le fond, ceux des églises de Carennac (Lot), d'Aulnay (Charente-Inférieure) et de St-Pierre de Moissac (Tarn-et-Garonne) ; des parties de St-Trophime d'Arles et des églises de Souvigny (Allier) et de Souillac (Lot). — II e salle : sculptures de la cathédrale de Chartres et de l'église de Souillae, portails de la cathédrale de Rouen et de l'église abbatiale de Charlieu (Loire). — III e salle: tympan de St-Urbain de Troyes, portail de l'église de St-Gilles (Gard); reproductions de peintures décoratives. — IV e salle: suite des peintures décoratives ; portes de la cathédrale d'Aix en Provence, partie de l'hôtel Lallemand et porte de la sacristie de la cathédrale de Bourges, tombeau du Christ de l'église abbatiale de Solesmes (Sarthe), partie de l'anc. cathédrale de Toul, voûte du Gros-Horloge de Rouen. — V e salle: cheminée de Bruges, mausolées de Charles le Téméraire et de Marie de Bourgogne, aussi à Bruges ; clôture du ehœur de la cathédrale de Rodez ; Mise au tombeau de l'église St-Etienne de St-Mihiel, par Ligier Richier; statues de l'hôtel d'Escoville (Bourse) à Caen, eheminée du musée historique d'Orléans, porte de l'église d'Oiron (Deux-Sèvres), clôtures de chapelles de la eathédrale d'Evreux, parties de l'aneien hôtel de Bernuy à Toulouse (lycée). — VI e salle: croix de carrefour d'Auvergne, modèle de l'intérieur de l'église abbatiale de St-Denis (tombeaux), modèles de Notre-Dame de Paris et d'une partie de l'abbaye du Mont-St-Michel. — VII e salle : fontaine du Gros-Horloge de Rouen ; moulages de sculptures modernes; fontaine de Neptune de Nancy; le Départ de 1792, par Rude, à l'arc de triomphe de l'Etoile.
Ensuite un musée cambodgien ou de monuments khmers, qui est fermé.
Le *musée d'ethnographie est au 1 er étage, derrière la rotonde. Il est public les dim., mardi et jeudi de midi à 4 h., mais on peut aussi le voir les autres jours, à partir de 1 h. (pourb.), excepté le lundi. On y monte par l'escalier presque en face de l'entrée de la première partie du musée de sculpture comparée. Il y a des étiquettes. Autre musée ethnographique, au Louvre, v. p. 133.
L'escalier du côté de l'entrée a de beaux vitraux, de même que le correspondant, par où nous descendrons (inscriptions). — I er vestibule : moulages de sculptures de S. Lucia Cosumalhuapa , du Honduras; hutte d'Indiens de la Terre de Feu; Ocianie et Afrique , objets divers, figures d'habitants, modèles de constructions ; plan en relief de la région des pyramides d'Egypte, étoffes de l'anc. Egypte, collection de Çomal, etc. — Salle à g. de l'escalier ou à dr. en revenant, Afrique: collection très importante des objets les plus divers, depuis de riches costumes et d'autres articles de luxe du nord (Algérie, Tunisie), jusqu'aux sculptures et aux ustensiles grossiers de peuplades à peine connues du centre et du midi. Les premiers sont à dr. Au milieu, des plans en relief de tombeaux romains en Algérie, d'un tombeau de chef berbère et d'un palais souterrain en Tunisie, du plateau de Gizeh (pyramides) en Egypte, et les statues étranges de trois rois du Dahomey et d'une divinité de Ouïdah.
Galeries de l'autre côté ou à ar. en arrivant, 1 er vestibule, Amérique. Galerie de g. : embarcations d'Indiens de l'Orénoque ; 21 figures d'Indiens et d'Indiennes, ete. ; objets de grande dimension, surtout des seulptures
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grossières, intéressantes seulement pour l'histoire de la civilisation des anciens peuples auxquels elles sont dues, comme du reste aussi les objets d'art de l'autre côté; plans en relief; étofles, ustensiles, vases, ete. — Galerie principale. l re travée: figures, armes, ustensiles et objets de parure des Guyanes, de diverses tribus d'Indiens. Dans les 3 travées suiv., des momies, des vases, des objets de parure, des tissus et d'autres objets du Pérou et de l'Equateur. 5* travée : collections du même genre de la Nouvelle-Grenade, du Vénézuéla, de la Colombie et de l'Amérique centrale. tf e travée, surtout des sculptures, des silex et des haches en bronze du Mexique. Au milieu , le fac-similé d'un manuscrit mexicain. 7 e travée : suite des antiquités mexicaines, en particulier une curieuse statue en terre cuite pastillée de dieu toltèque ; objets en obsidienne. 8 e travée : silex, armes et vases du Nouveau-Mexique et de Californie ; sépulture de chef californien ; pièce d'orfèvrerie moderne, faite à l'occasion du centenaire de la révolution française. 9 e travée: figures, tissus et autres objets d'Indiens des Etats-Unis et du Canada.
II e vestibule, Europe : diverses curiosités du centre et du sud , mais surtout du nord et de la Russie. — Salle suiv., France, curieux spécimens de "costumes ou parties de costumes, de parures et d'ustensiles: berger landais (à dr.), femme de l'Aube, intérieur breton (12 personnages), coiffures bretonnes; groupe de l'Ariège (à g.), coiffures et ustensiles de Lorraine et d'Alsace (à dr.), groupe de la Savoie, femme des environs de Bourges, objets et intérieur d'Auvergne (11 pers.), montagnard de l'Aveyron, coiffures normandes et groupe normand (à g.), lapidaire de St-Claude et femme de Besançon (à dr.), intérieur bourguignon (7 pers.), groupes pyrénéen (7 pers.) et des Alpes- Maritimes.
Dans l'escalier de ce coté, des objets du Portugal et de Turquie, les monuments cyclopéens des îles Baléares; au bas, des objets du Labrador, de l'Alaska, du Groenland et deux Esquimaux.
Le parc du Trocadéro. qui est de création récente, n'est pas grand, mais joli, comme toutes les promenades de ce genre à Paris. Il y a à g. en descendant du palais , en deçà du boulevard qui le traverse au bas de la cascade, un ^aquarium souterrain de poissons d'eau douce, public tous les jours de 9 h. à 11 h. et de 1 h. à 4 ou 5 b. Des étiquettes donnent les noms des poissons. Il est surtout riche en salmonidés.
La Seine est traversée plus bas par le pont d'Iéna, construit de 1809 à 1813, par Lamandé, en souvenir de la victoire du même nom (1806), et décoré d'aigles et de quatre groupes de dimensions colossales: un Grec, un Romain, un Gaulois et un Arabe, domptant des chevaux. Au delà , le Champ-de- Mars, avec la tour Eiffel et les constructions qui s'élèvent pour Y exposition universelle de 1900.