DIT
R E - LACHAIS E.
Père- Lâchai se.
PARIS
Rive dr. 5. 167
C'est à la Roquette que furent assassinés, le 24 mai 1871, Mgr Darboy, archevêque de Paria, le président Bonjean, l'abbé Deguerry, curé de la Madeleine, et trois autres prêtres, otages de la Commune. Les 26 et 27 mai, 37 personnes emprisonnées à la Roquette sous différents prétextes y furent également fusillées, et la nuit du 26, 28 gendarmes en furent extraits et conduits au Père-Lachaise, où ils partagèrent le même sort. Enfin, dans l'après-midi du 27, on mit en liberté tous les condamnés que renfermait la prison et on leur donna des armes. Alors commença un massacre général de ceux qui avaient été emprisonnés par la Commune, parmi lesquels périrent de nouveau 70 gendarmes.
En face, la maison des jeunes détenus ou Petite-Roquette, une prison cellulaire, qui doit aussi disparaître.
Des magasins de monuments funèbres annoncent l'approche du cimetière, qui est à l'extrémité de la rue de la Roquette.
Le **Père-Lachaise ou cimetière de VEst (pl. R. 32) est le premier et le plus curieux des trois grands cimetières de Paris ; les deux autres sont ceux de Montmartre (p. 197) et de Montparnasse (p. 271). Il est situé sur une colline entre les quartiers de Charonne, à dr., et de Ménilmontant , à g. Il doit son nom au père jésuite Lachaise, confesseur de Louis XIV, qui possédait une maison de campagne à l'endroit où se trouve aujourd'hui la chapelle. Cette campagne fut achetée en 1804 par la ville, pour être affectée à sa destination actuelle. Depuis, l'enclos a été considérablement agrandi, au point qu'il a aujourd'hui 44 hectares de superficie. Le Père-Lachaise sert aux inhumations des quartiers du N.-E. de Paris, mais tous les habitants peuvent y acheter des sépultures , et c'est presque la mode , dans le grand monde, de se faire enterrer au Père-Lachaise.
Il y a trois sortes de sépultures dans les cimetières: les fosses communes^ dans lesquelles les indigents, c'est-à-dire en réalité les deux tiers de la population, sont inhumés gratuitement, au nombre de 40 à 60 l'un à côté de l'autre ; les fosses temporaires et les sépultures à perpétuité. Les deux premières catégories ne se retrouvent plus que dans les cimetières en dehors de la ville, notamment dans ceux de St-Ouen et de Pantin- Bobigny au K., d'Ivry et de Bagneux au S. Une concession à perpétuité d'un terrain de 2 m. carrés, le plus petit espace nécessaire pour une personne au-dessus de sept ans, se paie dans les grands cimetières 1000 fr. sans les frais, et le prix de chaque mètre carré de plus va en augmentant, de sorte qu'il est déjà de 1500 fr. au delà de 2 m., de 2000 au delà de 4 et de 3000 au delà de 6. Une concession trentenaire coûte 300 fr. et une concession temporaire (5 ans), 50 fr. — Les enterrements se font à Paris par l'entremise de la Compagnie des pompes funèbres, dont le siège est dans la rue d'Aubervilliers, 104, et qui a un représentant dans ehaque mairie, mais non dans les agences du voisinage, qui sont des intermédiaires plus ou moins coûteux. On peut choisir entre neuf différentes classes, qui coûtent de 3 fr. à 7184 fr., plus le coût du cercueil, qui est en moyenne de 44 à 60 fr. Une in humation civile se paie de 9 à 2215 fr. Les pauvres sont inhumés gratuitement.
Les cimetières ouvrent à 7 h. du matin et ferment à 7 h. du soir du 1 er mai au 31 août, à 6 h. Vt en avril, à 6 h. en mars et du 1 er sept, au 15 oct. ; à 5 h. V2 en ^ vr -> à 5 h. du 16 oct au 15 nov. et à 4 h. Vt du 16 nov. au 31 janvier. V4 d'h. avant la fermeture, on sonne une cloche et les gardiens crient : «on ferme les portes!» On ne peut rien emporter des cimetières, même des fleurs, sans un laisser-passer.
168 Rivedr.ù.
PARIS
Père -Lachaise.
Une visite du Père-Lachaise, même très superficielle, exige env. 4 h. On peut y aller en voiture dans les avenues , mais l'usage est de le visiter à pied. C'est du reste en s'y promenant à loisir qu'on peut jouir pleinement des impressions de cette immense nécropole. Outre qu'on y rencontre des noms connus du monde entier , il y a une multitude de monuments qui se distinguent par leur exécution artistique. Aussi ce cimetière est-il une des curiosités de Paris. Les jours de la Toussaint et des Morts (1 er et 2nov.), il est visité par plus de 100 000 personnes. — L'usage veut qu'on se découvre, même dans la rue, au passage d'un enterrement.
On peut avoir dans le petit bâtiment à dr. de l'entrée un conducteur, qui se paie 3 fr. et davantage. Mais il en est des guides ici comme ailleurs, et on n'en aura pas besoin avec le plan ci-joint, à moins qu'on ne veuille trouver rapidement une tombe en particulier, surtout une tombe ancienne ; car il pourra se faire qu'elle soit de peu d'apparence, les monuments étant dans le principe beaucoup plus simples qu'aujourd'hui. Les gardiens renseignent du reste sur la situation des principaux d'entre eux , en indiquant les divisions, qui sont marquées sur notre plan. L'administration délivre en outre gratuitement, à quiconque le demande au bureau du cimetière, en désignant le nom et, autant que possible, l'année de la mort, un bulletin spécifiant l'emplacement d'une tombe. Notre plan a particulièrement pour but de signaler les monuments les plus remarquables, que le visiteur rencontrera ou pourra trouver ordinairement sans difficulté. Ce ne sont pas toujours les tombes des hommes les plus illustres qui attirent le plus l'attention, et nous n'aurons donc pas toujours de détails à donner.
Pour une simple visite, le mieux sera de suivre {'itinéraire marqué en rouge sur le plan par des flèches, en s'aidant des indications suivantes. Les principaux monuments sont désignés ici par des satérisques(*); les personnes pressées pourront abréger en passant les parties imprimées en petits caractères.
Dans I'avenue pkincipale , à g., le joli monument en marbre d'un enfant, Rie. Pineyro (m. 1874), avec une statue de l'Espérance. Nous continuons de visiter cette avenue, en montant à g. pour redescendre à dr. A l'angle d'une avenue transversale, *Eug. Berge (m. 1882; lô ans); fleurs et ornements en marbre d'une finesse admirable. Visconti, le père (m. 1818), philologue, et le fils (m. 1854), architecte. Beulé(m. 1874), archéologue. *Dantan {m. 1842), sculpteur; sépulture de famille. Ach. Fould (m. 1869), ministre des finances. Rossini (m. 1868), le compositeur de musique, dont les cendres ont été transférées à Florence. Alf. de Musset (m. 1857), le poète. Ph. Béclard (m. 1864), ministre plénipotentiaire; statue de la Douleur par Crauk. *Clément Thomas et Lecomte (m. 1871), premières victimes de la Commune; statue de la Patrie par Cugnot. Lebas (m. 1873), l'ingénieur qui érigea l'obélisque de la place de la Concorde. *Lenoir et Vavin ; statue de Pleureuse. *Paul Baudry
PêWe-Lachaise.
PARIS
Rive dr. 6. 169
(01. 1886), le peintre; buste couronné par la Renommée et statue de la Douleur, bronzes par A. Mercié. — A l'extrémité de l'avenue, le monument des Morts, en construction. Chapelle et partie supérieure du cimetière, v. p. 174-173.
Autre côté, en redescendant, *Th. Couture (m. 1879) , peintre; buste et génies en bronze par Barrias. Ledru-Rollin (m. 1875), député ; buste en bronze. Cousin (m. 1867), écrivain et philosophe. Auber (m. 1871) , le compositeur ; buste par Dantan. Em. Baroche (m. 1870), tué au Bourget; buste. P.-J. Baroche (m. 1870), avocat et homme politique. Lefébure- Wély (m. 1869), organiste et compositeur. Perdonnet (m. 1867), ingénieur; statue et médaillon par Dubray. François Arago (m. 1853), l'astronome; buste par David. Mouton \ monument remarquable par ses bas-reliefs.
Nous tournons ici à g. dans Ta venue du Puits. — A g., Worms de RomUly; riche chapelle en granit. A côté, Buignet (m. 1876), professeur à l'école supérieure de pharmacie. Dans l'avenue de g., Paul de St- Victor (m. 1881), littérateur; buste en bronze par Guillaume. Derrière, Berthelier (m. 1882) ; buste en bronze par Rougelet. Plus haut, un joli monument d'enfant avec statuette de marbre. — Plus loin, à g. de l'avenue, P.-L. Dulong (m. 1838), chimiste et physicien; obélisque et médaillon par David d'Angers.
Nous appuyons à dr. pour visiter le cimetière Israélite. A dr., Racket (m. 1858), la tragédienne. Derrière, la riche chapelle Epstein. Plus loin , à g. de l'allée, celle de la famille Rothschild. Puis, à dr., les monuments de Schloss et All/gri. Dans le fond, Mme Fould, dame très charitable. A g., le monument Singer, avec de beaux bas-reliefs, etc. — Nous continuons de là tout droit à g.
Le ^monument d-Abélard et Héloïse (m. 1141 et 1163), qu'on voit de loin, avec son haut baldaquin goth., est un des plus populaires du cimetière, mais il n'est pas authentique, ayant été reconstitué arbitrairement de divers débris par Alex. Lenoir (p. 234). Sous le baldaquin est un sarcophage où sont couchées les prétendues statues des deux amants infortunés.
Les personnes pressées monteront ici directement par I'avenue Casimir Perier au Grand-Rond (v. ci-dessous).
Nous tournons à dr. dans le chemin Serré , puis dans le 2 e à g., le chemin Lebrun. A dr., au 2 e arbrisseau, *Detbassayns (le baron); belle Pleureuse par Ricci. — A g., *Fr. Lebrun (m. 1824), duc de Plaisance, 3 e eonsul après le 18 brumaire, etc. — A dr., les victimes de Juin 1833. — A g., le maréchal de Lauriston (m. 1828), une chapelle des Larochtfoucauld y etc. — On peut encore abréger ici en tournant à g. (v. le plan, 16), sinon Ton prend à dr. et redescend du même côté, au delà des victimes de Juin, dans un sentier bordé de monuments remarquables, jusqu'au chemin Serré, où se voit la jolie chapelle Boulet. Puis a g. dans le chemin Grammont, où sont également de beaux monuments. A dr., L. Cogniet (m. 1880), le peintre*, médaillon et beaux ornements. Dans le haut, à g., Nilaton (m. 1873), le célèbre médecin. — De là, à g. jusqu'au chemin à côté des victimes de Juin, et tourner à dr., puis à g. Dans le massif à g., Bail; belle Pleureuse en marbre. A dr., au bord de l'autre chemin, la Béaopère, te premier eolonel qui se déclara pour Napoléon à son retour de l'île d'Elbe, condamné à mort et fusillé en 1815. Sur le point de partir pour
170 Rive dr. 5.
PARIS. Père-Lachaise.
l'Amérique, il revint à Paria pour voir encore uue fois fia femme et son enfant, et il fut arrêté, ce qu'indiquent les bas-reliefs. — A une petite distance en deçà de ce monument, à dr. du chemin, celui de Victor , duc de Bel lune (m. 1841), maréchal de l'Empire et ministre sous Louis XVIII. — Puis le Grand-Rond.
Grand-Rond. — Au milieu, * Casimir Périer (m. 1832), député, orateur célèbre et ministre, statue de bronze, sur un haut piédestal, par Cortot. Nous tournons à g. et pénétrons dans la 13* division après l'avenue C. Périer, pour contourner du même côté la 11 e , qui est surtout celle des artistes. A g. à l'écart, sous des arbres, *Borsa (m. 1820); un haut-relief. — Maintenant à dr. De ce côté, *Chopin (m. 1849), pianiste, statue par Clésinger. Derrière,* Wilhem (m. 1842), compositeur; médaillon par David. A g. du chemin , au bas d'un petit escalier, Oareau; belle Pleureuse. A g. du chemin, Duport (m. 1853); Oohier (m. 1830), président du Directoire, médaillon de David; *Denon (m. 1825), directeur des musées, statue de bronze par Cartellier. A dr., *Cherubini (m. 1842), compositeur; bas-relief par Dumont. A g., Ravrio (m. 1814), fabricant de bronze. — Nous tournons de nouveau à dr. A g., Talma (m. 1826), tragédien. A g. de l'allée qui prend en face, les deux Brongniart, minéralogiste (m. 1847) et architecte (m. 1813) ; à dr., H/rold (m. 1882), anc. préfet de la Seine; Lesueur (m. 1837), compositeur; •TamberUch (m. 1889), ténor, monument avec un ange jetant des fleurs, par Godebski. Au bout de l'allée, Delille (m. 1813), le poète. Derrière, *Bellini (m. 1833), dont les cendres ont été transférées à Catane, sa patrie; Qrttry (m. 1813), Boïeldieu (m. 1834), compositeurs, etc. — Nous ressortons de la 11 e division et nous tournons à g. A dr., Hérold (m. 1853), compositeur. — Ensuite l'avenue de la Chapelle, par laquelle nous retournons, à dr., au Grand-Rond (v. ci - dessus). A g. de cette partie, +Monge (m. 1820), le mathématicien. Ensuite *lta$pail (m. 1878) , démocrate ; bas - relief par Etex , rappelant la mort de la femme de Raspail pendant qu'il était en prison pour cause politique. Plus loin, à dr. de là, *Cruaol d'Uzh, général ; bas-reliefs allégoriques.
Avenue des Acacias, la première en deçà. Beaucoup de grands monuments anc, déjà fort dégradés. — A g., Champ ollion (m. 1836), l'égyptologue. Plus loin, le maréchal Kellermann (m. 1820). Dans le haut, la grande chap. Démidoff (p. 171). Ensuite Serres (m. 1868), professeur de médecine. *A. Duckesnois (m. 1835), tragédienne ; basrelief de Le nia ire. A dr., Maret (m. 1839), diplomate et ministre; temple sans inscription. A g., Sieyh (m. 1836), homme d'Etat, membre du Directoire et consul. Puis, à dr., *Panhard- Dufour ; grande sépulture de famille, une véritable chapelle. A g., le maréchal *Qouvion Saint-Cyr (m. 1830); statue de David d'Angers. — Mac donald (m. 1840), autre maréchal de l'Empire. A dr., la chap. des de Birc\ contenant un beau bas-relief, le Christ vainqueur de la mort, par Duseigneur. A g., dans le haut, la statue équestre du baron Gobert (v. ci-dessous). — Au bas de l'escalier dedr., +Edm. About
Bère-Lachaise. PARIS.
Rive dr. 5. lîl
(m. 1885), écrivain; statue eu bronze par Crauk; à dr., Crespin aînt, qui organisa à Paris la «vente à crédit», buste et statues en bronze par E. Leroux. — A dr. de l'avenue des Acacias, *Ch. de Lavalette (m. 1830), général et directeur des Postes, condamné à mort après le retour des Bourbons et qui s'évada avec les vêtementsde sa femme. A g., Dupuytren (m. 1835) , chirurgien. A g. du chemin latéral, le comte Belliard (m. 1832), général et ambassadeur à Bruxelles. Derrière , la chap. de la marquise de Dalmatie (m. 1866). — A dr. du chemin Abadie, à l'écart, *Schickler; chap. à cariatides, de l'autre côté. Dans le chemin du bas , *d'Hauregard ; chap. renaissance, avec statues.
Nous revenons à l'avenue des Acacias. A dr., *Scribe (m. 1861), auteur dramatique. A g., Delanneau (m. 1830), au coin du chemin Suchet, où nous tournons. A dr. , le maréchal *Suchet (m. 1826) ; bas-reliefs par David d'Angers. Plus loin , à g. , Ruty (m. 1823), général. A dr., après le chemin latéral, le maréchal Lefebvre (m. 1820). *Masse'na (m. 1817), le maréchal, monument par Bosio et Jacques. Puis, à g., Winsor (m. 1830), propagateur de l'éclairage au gaz. A côté, Larrey (m. 1848), chirurgien. Plus loin, le **baron Gobert, général tué en Espagne en 1808, et son fils, m. en 1833; groupe et bas-relief par David. En face , la pierre tumulaire de Beaumarchais (m. 1799) , l'auteur dramatique. Nous suivons le même chemin , du côté dr. A dr. , ^Georges Bibesco, prince de Valachie, et sa femme ; chapelle byzantine. Plus loin, **Foy (m. 1825), général et orateur célèbre; statue et bas-reliefs par David.
Les personnes pressées pénétreront ici dans le massif pour voir les monuments de Béranger, Mortier et Lord Seymour (v. ci-dessous).
Après Foy, dans le chemin St-Louis, S tan. de Qirardin (m. 1827), homme politique. Puis Girodet - Trioton (m. 1824) , le peintre. — Nous prenons ensuite un sentier à dr. . à l'endroit où le chemin tourne. A g. , la famille de V.Hugo^ mai* non le poète, qui repose au Panthéon (p. 229). — Dans le chemin Jordan, à dr. de ce carrefour, d'abord C. Jordan ( m. 1821 ) , membre du conseil des Cinq - Cents. Plus loin , à g. , le mausolée de Boode, négociant d'Amsterdam, rotonde avec des mosaïques dans le haut. J.-J. Carnbacérès (m. 1824), jurisconsulte, 2 e consul après le 18 brumaire. Derrière, sur la droite, Bourke (m. 1821), ambassadeur de Danemark; bas-relief par David. — A l'extrémité du chemin, à g., l'amiral Decrè» (m. 1821)-, bas-reliefs rappelant ses actes de bravoure.
Arrivés ici, dans une partie du cimetière déjà vue, nous entrons dans le massif à dr. A dr., *Lord Seymour ; vaste et belle chapelle; ensuite le maréchal Mortier (m. 1835) 5 puis Manuel (m. 1827) , représentant du peuple, et Béranger (m. 1867), le chansonnier. A g., les trois colonnes des frères Lameth (m. 1829, 1832 et 1864).
Nous prenons maintenant le chemin du Dragon, en face du monument de Foy (v. ci-dessus). A g., *Bœrne (m. 1837), poète allemand ; médaillon et bas-relief par David. A dr., *Bruat (m. 1855), amiral. A g., les deux Garnier-Pagh (m. 1841 et 1878), hommes politiques; monument par David. ^Geoffroy St-HMairc (m. 1844), naturaliste ; médaillon par David. **De'midoff, une comtesse et un prince russes (m. 1818 et 1870); grand et superbe mausolée de style semi-oriental. Plus loin, du même côté, Perry ; chap. renfermant un joli bas-relief.
172 Rive dr. 5.
PARIS. Pire -Lachaise.
A un coin, Gaudin (m. 1841), ministre. A g., dans le même chemin, * Durit (m. 1865), statuaire; bas-relief et médaillon. Presque en face du chemin, Désaugiers (m. 1827), le chansonnier. A dr., Pradier (m. 1852), le sculpteur.
Nous montons à dr. de ce monument , le chemin Molière et Lafontaine. A dr., Qay-Lussac (m. 1850), le chimiste.
A g. du sentier transversal, Lqfontaine (m. 1695), le fabuliste, et Molière (m. 16*3), le poète comique, transférés ici en 1804. Plus loin, le Roi et Afaillond; monument surmonté d'une belle statue de Cléopâtre. — Nous tournons à dr., puis de nouveau à dr. A dr., *Eli*. Coulson (m. 1888); très jolie pyramide en marbre blanc, à dais goth. supporté par des anges, ouvrage anglais. Derrière, «C. Say (m. 1871), industriel^ grande chapelle gothique. Nous montons un escalier à gauche.
Au commencement du chemin Laplace, presque en face de Gay- Lussac, à dr., Laplace (m. 1827), le géomètre. Derrière, le comte à'Aboville (m. 1843), général. Plus avant dans le massif, Gros (m. 1835), le peintre ; plus loin , le grand obélisque de la comtesse Gémont. A g. du chemin, le comte àeValence (m. 1822). Derrière, Daubigny (m. 1878), le peintre ; buste et beaux ornements en bronze. Au bord du chemin , le marquis de P/rignon (m. 1818), maréchal de France. A dr., Nelle (m. 1861).
Avenue transversale n° 1 , partie E. ou à dr. du monument précédent. A g., A. de Bruges (m. 1820), général. Plus loin à g., la grande chapelle Gréfulhe, sans inscription. Ensuite ^Forestier ; statue de Toussaint. Au delà d'un sentier, le comte Truguet (m. 1839), amiral et homme d'Etat. Du côté dr., Enfantin (m. 1864), le saintsimonien ; buste colossal par Millet. A g. en descendant , le comte Pacthod (m. 1830), général; etc. — Là nous tournons à g. et nous montons un escalier. A g., Perregaux (m. 1808), banquier. Derrière, la duchesse de Raguse (m. 1857); grande chapelle.
Derrière les monuments de dr. commence 1' avenue Pacthod,
qui traverse bientôt l'avenue transversale n° 2, où l'on voit, à g., le
monument de Clara Peabody (m. 1882), avec un haut- relief eu
bronze, par Chapu. Plus loin dans l'avenue Pacthod : à g., Boussin-
gault (p. 159) et une ^famille Lenoir; à dr., le DrReliquet (m. 1894)
et Eug. Delaplanche (m. 1891), le statuaire.
Il n'y a presque pas encore de tombes de ce côté au delà de l'avenue transversale n° 3, si ce n'est dans le bas à dr. et dans l'angle du cimetière, oh est le mur des Fédérés , contre lequel furent fusillés en 1871 les communards pris au cimetière les armes a la main, à la An de l'insurrection, et où leurs partisans font encore des manifestations à l'anniversaire, comme l'attestent les couronnes rouges qui y sont accrochées.
Avenue transversale n° 2, où nous retournons. A dr. , après l'avenue Pacthod, A. Gill (m. 1887), caricaturiste; buste en bronze par L. Coutan. Fréd. Coumet, aussi avec buste en bronze. A g., Moris, sculpteur; statue en bronze par lui-même. A dr., **A. Terry (m. 1886), magnifique chap. renaissance, avec 4 statues par Alfr. Lenoir. A quelques pas sur le derrière, +Vuidet (m. 1891), compositeur de musique sacrée; riche monument avec statue en bronze par Aubé. Au delà de la chap. Terry, * Victor Noir, journaliste tué
Père-Lachaise. PARIS
Rive dr. 6. 173
en 1870 par le prince Pierre Bonaparte: statue couchée, en bronze, par Dalou. Puis *de Yeaza (m. 1890), magnifique chap. renaissance, avec un groupe de statues à l'intérieur et un bas-relief à l'extérieur, par Pech. Dans la partie g. de l'avenue qu'on croise ensuite, à dr., *A. Blanqui (m. 1881), le révolutionnaire ; statue couchée, en bronze, par Dalou. Plus loin dans l'avenue transversale n° 2, à g., E. Eudes (m. 1888), le révolutionnaire, buste en bronze par T. Noël; puis * Joséphine Verazzi (m. 1879); groupe en marbre.
A dr., le Crématoire, grand bâtiment en partie provisoire, dont on a déjà remarqué les deux hautes cheminées. La crémation, qui est facultative à Paris, y a lieu depuis 1689. Le foyer est en dehors de la salle publique, où se trouvent le catafalque et la bouche du four. Il est chauffé au charbon et porté à une haute température , jusqu'à 800°. La combustion se fait au moyen de la réfraction, la flamme ne touchant jamais le corps, qui est placé sur une sole en métal et une toile d'amiante, substance incombustible. On ne voit et n'entend rien. Les gaz provenant de la combustion
fassent dans une cheminée d'appel, où ils sont brûlés par un feu de coke, h. environ suffit pour l'incinération d'un corps, et le poids des cendres recueillies sur la toile d'amiante est à peu près le douzième de celui du corps incinéré. On paie 50 à 260 fr. de redevance pour l'incinération, avec droit à une place dans le columbarium pendant 5 ans , plus 7 à 52 fr. ou davantage pour frais de tenture. Les visiteurs ne sont admis qu'avec une autorisation du directeur des Affaires Municipales, anc. caserne Lobau, derrière l'hôtel de ville (timbre pour réponse). 11 y a un commencement de colombaire en deçà du Crématoire et un autre plus loin, à g. de la Nouvelle Entrée, non loin de la place Gambetta (p. 175).
Il n'y a plus guère de monuments remarquables dans cette partie supérieure, si l'on excepte particulièrement, à dr. à l'extrémité de l'avenue transversale n° 2, la magnifique chapelle *iakovleff (m. 1882), en marbre, dans le style byzantin, avec peintures sur fond d'or, par Fédoroff.
En sortant par la porte voisine , on se trouve dans un petit jardin public, sur le talus entre le cimetière et l'avenue Gambetta , qui aboutit près de là, à dr. , non loin de la place Gambetta (v. p. 176).
Nous retournons dans l'intérieur du cimetière par l'avenue de la Nouvelle-Entrée , près du Crématoire. A quelque distance, à g., le marquis de +Casariera\ grande chapelle avec statue à l'intérieur; Kardec (m. 1869), «fondateur de la philosophie spiritiste» ; monument original en forme de dolmen , avec un buste en bronze par Capellaro. A dr. , Claude Vignon (Mme Rouvier ; m. 1888), buste en bronze par la défunte. — D'ici nous suivons, à dr. de Kardec, le chemin du Quinconce, jusqu'à celui des Anglais, au commencement duquel se trouve, à g., *Triqueti (m. 1874), statuaire; basrelief par le défunt, la Résurrection de Lazare. — Nous tournons enfin à g. dans le chemin en deçà.
Avenue transveesale n° 1 (suite). Du côté g., Gourgaud (m. 1852), général. Plus loin, à dr., *Aguado (m. 1842), banquier. A g. , Rogniat (m. 1840) , lieutenant-général. Ensuite, le *marquu
d'Argenteu (m. 1838), i/fon dateur d'établissements de bienfaisance.
Nous revenons sur nos pas pour descendre à dr. l'avenue St-Morys A g., à l'écart, Ingres (m. 1867), peintre; buste par Bonnassieux A dr., *M. Schœlcher (m. 1832); haut -relief en bronze par Fromanger et médaillon de V. Schœlcher (m. 1891), écrivain et homme politique, bienfaiteur de la race noire. — Nous prenons ici le chemin à g. pour aller remonter l'avenue Feuillant, parallèle à la précédente. Presque en face du chemin, la * Veuve Schœlcher (m. 1839); statue couchée, en bronze.
174 Rive dr. 6.
PARIS
Ptre-Lachaisc
Avenue tbanbvebsale n° 1 (suite). Aux coins après le marquis d'Argenteuil, Persil (m. 1841), député, et encore quatre beaux monuments. — A l'extrémité de l'avenue, * Félix de Beaujour (m. 1836), ancien consul ; mausolée haut de 32 m., dit le pain de sucre. Le défunt se l'est érigé de son vivant et y a dépensé 100 000 fr. Sur le devant, *Dias Santos; haute pyramide, avec sculptures par Fessard. — On a derrière une belle *vue de Paris. Là aussi , à dr., le gênerai de Wimpffen (m. 1884); buste en bronze par F. Richard. Plus bas, *A. Florens (m. 1885); très beau bas-relief par Boussard.
Nous revenons au chemin en deçà du «pain de sucre». A g., Beaucé (m. 1875), peintre. A dr., Souvent re (m. 1854) et^alza^ (m. 1850) ; à g., Nodier (m. 1844) et *Delavigne (m. 1843), écrivains bien connus. Au coin de dr., *Mme de Faverolles; * Delphine Cambacérès; Lachambeaudie (m. 1872), fabuliste; Soulie' (m. 1847), romancier. — Au rond- point, le monument des travailleurs municipaux, encore inachevé. Plus bas, d'autres monuments remarquables où nous repasserons (p. 175). — Plus loin que Delavigne, à g., E. Delacroix (m. 1864). De l'autre côté et en redescendant, Andrianoffy danseuse russe; Savalle (m. 1864), ingénieur; Buloz (m. 1877), publiciste; Delpech{m. 1865), ingénieur ;*Michclet (m. 1875), l'historien, avec haut-relief par Mercié; le *duc de Momy (m. 1865), homme politique et ministre; chapelle d'après Viollet-le-Duc.
Nous descendons maintenant à g. le chemin Montlouis. Au delà du milieu, à g., *Barbedienne (m. 1892), bronzier, monument avec buste par Chapu et statues par A. Boucher, l'Art, l'Industrie et une jeune fille , en bronze. — Passant ensuite derrière ce monument, nous voyons sur un autre (Lacabane), avant le chemin du Bastion, une reproduction du célèbre Petit Pleureur d'Amiens, par Blasset; puis à dr. , dans le chemin, la belle stèle de Roelofson (m. 1871). Dans l'avenue transversale suivante, à dr. en remontant, Tirard (m. 1893), anc. ministre; haut-relief, le Devoir, par St-Marceaux; à dr. en redescendant, la famille* Urth; très riche chap. renaissance. — Dans le chemin derrière la chapelle du cimetière, *Que'rinot (m. 1892), architecte; statue de Pleureuse par Barrias.
Avenue de la Chapelle. La chapelle du cimetière n'a rien de remarquable. Belle vue sur le devant , où est le monument de Souvenir, une colonne tronquée tout entourée de couronnes. — A dr., le monument de *Thiers (m. 1877), l'ancien président de la république, vaste chapelle renaissance , plus riche que remarquable, par Aldrophe. Au-dessus de belles portes en bronze, le Génie du patriotisme , haut-relief par Chapu. On ne voit pas l'intérieur, où il y a un groupe par Mercié, Thiers se soulevant pour répondre à l'appel de l'Immortalité et deux autres bas-reliefs par Chapu, la Libération du territoire et l'Immortalité. Le sarcophage du défunt est dans une crypte ouverte du haut.
A dr. au commencement de la partie de l'avenue qui descend vers
Pfre-Lachaise. PARIS
Rive dr. 5. 175
le monument de Cas. Périer (p. 169), celui de Gericault (m. 1824), le peintre, avec statue et bas-relief en bronze par Etex. À g. de la chapelle du cimetière, Reber (m. 1880), professeur au conservatoire de musique ; statue haut-relief de la Musique. A côté, le baron Taylor (m. 1879), voyageur et littérateur; statue en marbre par G.-J. Thomas. Ensuite à dr., Desèze (m. 1828), l'un des défenseurs de Louis XVI. *Cartellier (m. 1831), statuaire; buste par Rude et bas-reliefs par Seurre. Puis Seminario; belle chap. gothique. Plus loin, Cote»; grande chap. ornée de fresques et de bas-reliefs. A g., *Boutillier; grande et riche chap. romane. Bizet (m. 1875), compositeur de musique; buste en bronze. Ensuite encore une série de belles chapelles, Tune d'elles, à dr. (Greger), décorée de peintures. Vers l'extrémité, à g., Errazzu; 4 statues symboliques par M. Meusnier. Au coin à dr., *Cail (m. 1858), ingénieur-mécanicien; chap. à dôme.
Avenue oibcui«a.ibe. A g., Bernard; ange par L. Durand (1890). En face, le ^monument des soldats morts dans le siège de 1870-71, pyramide avec 4 statues de soldats, en bronze, par L. Schrœder et Lefèvre. *Ch. Rossignol (m. 1889), manufacturier; riche chap. renaissance, avec buste, statuettes, guirlande et ornements en marbre. Monument des gardes nationaux tués à Buzenval, le 19 janv. 1871. *Jean Reynaud (m. 1863), philosophe et publiciste; haut-relief par Ohapu , l'Immortalité , et médaillon par David. A dr. en montant, Barillet (m. 1873), jardinier de la ville de Paris. Cle'ray (m. 1882) ; buste en bronze par Taluet. Famille de Avilis; beau monument avec une Pleureuse. Appel (m. 1882); belle chap. renaissance. *Croce Spinelli et Sivel (m. 1875), victimes de la catastrophe du ballon le Zénith ; statues couchées en bronze, par Dumilâtre. Dans l'avenue voisine, à g., Qrisar (m. 1869), compositeur de musique. Puis Lebertre; belle chap. renaissance. A dr., Desclée (m. 1874), artiste dramatique. *Dorian (m. 1873), ministre pendant le siège de Paris; statue en bronze par A. Millet. Derrière, *Afme Moris (m. 1875), groupe en bronze.
Nous redescendons par l'avenue à dr. de Dorian. A g. , Edm. Adam (m. 1877) ; buste en bronze par A. Millet. Convents (m. 1877), architecte. La famille Mois ; riche chap. en granit et bronze. *Ricord (m. 1889), médecin; chap. renaissance. La *comtesse d' Agonit (m. 1876), qui écrivit sous le nom de Daniel Stern; stèle avec hautrelief allégorique. Nous traversons l'avenue de la Chapelle et descendons l'escalier à côté de la grande chap. Boutillier.
A g., un monument sans nom avec une belle statue de femme, eu bronze, et d'autres nouveaux monuments remarquables.
A un coin des chemins qui descendent vers le parterre du bas,
Ed. Blanc (m. 1877), fermier des jeux de Monaco. Plus bas à dr.,
Charles et Louis Blanc{m. 1882). Puis, àdr.,*E.-/. Af€»icr(m.l881),
industriel et économiste; grande et belle chapelle. A g. du parterre,
Pozzo di Borgo (m. 1842), antagoniste de Napoléon I er ; buste en
bronze. A côté, Marchai de Calvi (m. 1873), médecin ; buste en bronze.
176 Rivedr.5.
PARIS
Pire -Lâchai se
Au carrefour, *Hautoy; chapelle qui a sur les côtés des bas-reliefs par P. Loison. Nous descendons à g. dan6 la même direction.
Avenue circula ire, partie inférieure, à dr. en arrivant: Alphand (m. 1891), directeur des travaux de Paris; buste en bronze par Coutan; * Anatole de la Forge (m. 1892), défenseur de St- Quentin en 1870, statue en bronze parBarrias. Derrière, H. Cemuschi (m. 1896), sorte de stèle avec bas-relief par A. Cariés. A g., Ch. Floquet (m. 1896), homme politique. En face ou du côté g. , le Dr Piogey (m. 1894) ; plus loin, le prince Pignatelli (m. 1868), monuments avec bustes; puis, à dr. et à g., de belles chapelles renaissance et gothiques, etc. Walewiki (m. 1868), homme d'Etat; grand et beau mausolée. En face , la famille Carlier ; groupe en bronze par E. Carlier. Un peu plus haut , à dr. , +Anjubault (m. 1868) , constructeur mécanicien ; Pleureuse par Maillet. Puis * Miolan-Carvalho, la cantatrice de ce nom, et son mari (m. 1895 et 1897), grand bas-relief par Mercié.
Nous redescendons enfin pour prendre, immédiatement à dr., V avenue de V Ouest, qui nous mène à la porte du côté de l'avenue de la République, ou pour continuer par l'avenue circulaire Jusqu'à l'avenue et la porte principales.
V avenue Gambetta, à l'O. du Père-Lachaise, le long du cimetière (jardin ; v. p. 173), passe à la place Gambetta t anc. place des Pyrénées y où Ton peut aussi aller directement du cimetière, par le Crématoire (p. 173). Sur cette place est la mairie du XX e arrondissement (Hénilmontant ; pl. R. 32), décorée a l'intérieur de peintures par Glaize et par Bin. Derrière est Vhôpital Tenon (635 lits) et entre les deux un square orné d'un groupe en bronze par L. Michel, l'Aveugle et le paralytique. L'avenue se prolonge encore, à g. de là, jusqu'aux réservoirs de la Dhuis (v. ci-dessous).
A quelque distance au N. du Père-Lachaise, à dr. du boul. de Ménilmontant, s'élève Notre- Dame-de-la- Croix (pl. R. 30), très belle église romane construite de 1865 à 1870, par Héret, avec une flèche sur le portail. Elle est sur une hauteur, où on l'aperçoit de loin, et l'on y accède par un perron monumental.
Le chemin de fer de ceinture a une station près de cette église et il y passe un omnibus, eelui de Ménilmontant à la gare Montparnasse (0). Autres omnibus et tramways, v. l'appendice et son plan.
A env. 1/4 d'h. à l'E. de l'église, par les rues de Ménilmontant et St- Fargeau (entrée au n° 36) se trouvent les réservoirs de la Dhuis (pl. R.36), dans le genre de eelui de la Vanne (p. 274) et qu'on peut aussi visiter. Ces réservoirs alimentent d'eau de source un cinquième de Paris, les quartiers hauts de la rive dr., de Gharonne à Passy, le reste étant fourni par celui de la Vanne. La Dhuis est un affluent du Surmelin, qui luimême se jette dans la Marne, rive g., non loin de Château - Thierry. La canalisation a 131 kil. de long et seulement 20 m. de pente pour ce parcours, l'eau arrivant à Parts à la cote de 106m. ou 75m. au-dessus des quais.