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III. DE LA PLACE DE LA RÉPUBLIQUE AU FÈRE-LA0HAI8E

Le Père-Lachaise étant à plus de 2 kil. de la place de la République et la visite de ce cimetière fatigante, on fera bien de s'y rendre en voiture, et si on ne l'a déjà fait, on devra déjeuner avant de partir, car il n'y a pas de restaurant convenable dans le voisinage du cimetière.

Il avenue de la République (pi. R. 27 ; lit) , ancienne avenue des Amandiers , qui doit conduire directement au Père-Lachaise, n'étant achevée que jusqu'au boni. Richard -Lcnoir, le plus court pour aller d'ici au cimetière est de prendre d'abord à dr. le boulevard Voltaire. Ce boulevard est une grande rue moderne de 3 kil. de longueur, s'étendant en ligne droite jusqu'à la place de la Nation (p. 206) et que suivent les tramways du Louvre au Cours de Vincennes. A 600m. de la place, il traverse le boulevard Riohard-Lenoir, sous lequel passe le canal St-Martin (v. p. 58).

St-Ambboibb (pi. R. 29), un peu plus loin à g., a été bâti de 1863 à 1869 par Ballu. C'est une église romane remarquable, en forme de croix et à trois nefs, avec un grand porche à trois arcades, au-dessus duquel règne une balustrade. Plus haut, la façade présente une belle rosace et trois fenêtres dans le pignon. Deux belles tours hautes de 68 m., qui s'élèvent sur les côtés, en dehors du vaisseau de l'édifice, complètent cette façade, que leur disposition fait paraître trop large. On remarque à l'intérieur des peintures murales par Lenepvcu et des vitraux par Maréchal,

Plus loin, la place Voltaire, devant la mairie du XIe arrondisse-ment. Sur cette place s'élevait auparavant la statue du prince Eugène qui est aux Invalides et que doit remplacer une statue de Voltaire par J. Maillet. A g., l'avenue Parmentier, encore inachevée.

Nous prenons maintenant dans l'angle N.-E. de la place, à g., la rue de la Roquette, bordée de baraques et de maisons très-modes* tes. Elle s'élargit vers le milieu pour former une petite place devant deux grands bâtiments semblables à des forteresses : à g., la prison des jeunes détenus ; à dr. , la

Prison db la Roqubttb. C'est ici que sont enfermés les criminels condamnés à la peine capitale ou à la déportation. Les exécutions se font en face de cette prison ; la place est marquée par cinq dalles oblongues dans le pavé.

C'est à la Roquette que furent assassinés, le 24 mai 1871, Mgr. Darboy, archevêque de Paris; le président Bonjean, l'abbé Deguerry, curé de la Madeleine et trois autres prêtres, otages de la Commune. Les 26 et 27 mai, 37 personnes emprisonnées à la Roquette sous différents prétextes y furent également fusillées, et la nuit du 26, 28 gendarmes en furent extraits et conduits au Père-Lachaise, où ils partagèrent le même sort. Enfin, dans Taprès-midi du 27, on mit en liberté tous les condamnés que renfermait la prison et on leur donna des armes. Alors commença un massacre général de ceux qui avaient été emprisonnées par la Commune, parmi lesquels périrent de nouveau 70 gendarmes.

Des magasins de monuments funèbres annoncent l'approche du cimetière, qui est à l'extrémité de la rue de la Roquette.

Le Tere-Laehaise (pi. R. 32) est le premier et le plus curieux des trois grands cimetières de Paris ; les deux autres sont : le cimetière Montmartre (p. 196) et le cimetière du Montparnasse (p. 257). Ce cimetière, nommé aussi cimetière de VEst, est situé vers l'extrémité N.-E. de la ville, sur une colline entre les anciens quartiers de Charonne à dr. et de Ménilmontant à g., le boulevard extérieur de Ménilmontant, qui passe sur le devant (tram w. £), et le chemin de fer de ceinture, qui traverse à l'autre extrémité un long tunnel (stat. de Charonne). Il doit son nom au père jésuite Lachaise, confesseur de Louis XIV, qui possédait une maison de campagne à l'endroit où se trouve aujourd'hui la chapelle. Après avoir changé ensuite plusieurs fois de propriétaire, cette campagne fut achetée en 1804 par la ville, pour être affectée à sa destination actuelle. Depuis, l'enclos a été considérablement agrandi , au point qu'il a aujourd'hui 44 hectares de superficie. Le Père-Lachaise sert aux

inhumations des quartiers du N.-E. de Paris; mais tous les habitants peuvent y acheter des sépultures, et c'est presque la mode, dans le grand monde, de se faire enterrer au Père-Lachaise.

Il y a trois sortes de sépultures dans les cimetières : les fosse* commune* , dans lesquelles les indigents, c'est-à-dire en réalité les deux tiers de la population, sont inhumés gratuitement , au nombre de 40 à 60 l'un à côté de l'autre ; les fosses temporaires et les sépulture* à perpétuité. Les deux premières catégories ne se retrouvent plus que dans les cimetières en dehors de la ville, notamment dans ceux de St-Ouen au N. et d'Ivry au S., les cimetières mentionnés ci -dessus étant aujourd'hui réservés aux concessions à perpétuité. La concession à perpétuité d'un terrain de 2 m. carrés, le plus petit espace nécessaire pour une personne au-dessus de sept ans , se paie 500 fr., dont 400 pour la ville et 100 pour les pauvres. On ne paie que la moitié pour les enfants. Le prix de chaque mètre carré de plus va en augmentant, de sorte qu'il est déjà de 1,000 fr. au-dessus de 6 m. — Tous les enterrements se font à Paris par l'entremise de la Compagnie de* pompes funèbres , dont le siège est dans la rue d'Aubervilliers, 104, et d'après un tarif fixé par la police. On peut choisir entre neuf différentes classes d'enterrements, qui coûtent de 12 fr. 75 c. à 7,144 francs. La compagnie a, pour tout le département de la Seine, le privilège de transporter les morts. Les frais d'église ne sont pas compris dans son tarif. Elle transporte gratuitement les pauvres, et deux prêtres sont adjoints à chaque cimetière pour leur rendre les derniers honneurs.

Les cimetières sont ouverts, suivant la saison, de 6 h., 7 h. ou 7 h. V2 du matin à 7 h., 6 h., 5 h. ou 4 h. Va du soir. Vid'b.- avant la fermeture, on sonne une cloche et les gardiens crient : non ferme les portes /» Les visiteurs ont encore alors le temps d'atteindre la porte, même de l'endroit le plus éloigné*. Les portiers veillent à ce que personne n'emporte quelque chose des cimetières sans un laisser-passer ; cette consigne s'étend même à de simples fleurs.

Une visite du Père-Lachaise, même très-superiioielle , exige environ 4 h. Mais c'est en s'y promenant à loisir qu'on peut jouir pleinement des impressions de cette immense nécropole, et bien comprendre le langage muet de ses innombrables monuments. Outre qu'on y rencontre des noms connus du monde entier, il y a une multitude de monuments qui se distinguent par leur exécution artistique. Aussi ce cimetière est il une des curiosités de Paris et presque une promenade publique. Bien des allées sont comme des rues bordées de somptueuses demeures , et ce ne sont pas toujours les tombes des hommes les plus illustres qui attirent le plus l'attention, car les distinctions de la fortune s'observent ici même après la mort. — L'usage veut qu'on se découvre au passage des enterrements, non seulement au cimetière, mais encore dans les rues.

On peut avoir dans le petit bâtiment à dr. de l'entrée un conducteur, auquel on paie 2 fr. de l'heure. Mais on n'en aura guère besoin avec le plan ci-joint, à moins qu'on ne veuille trouver rapidement une tombe en particulier , surtout s'il s'agit d'une tombe ancienne ; car il pourra se faire qu'elle soit de peu d'apparence, les monuments étant dans le principe beaucoup moins prétentieux qu'aujourd'hui. Notre plan, refait avec beaucoup de soin, a particulièrement pour but de signaler les monuments les plus remarquables, que le visiteur rencontrera sur son chemin ou pourra trouver

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