PARC DE MONCEAUX
tonde, l'ancienne barrière de Chartres. Ce parc doit son nom à nn domaine qui fut acquis en 1778 par Philippe d'Orléans, dit Philippe-Egalité*, père du roi Louis-Philippe. Il fut alors transformé d'une façon originale et avec tant de succès, qu'il devint jusqu'à la Révolution le rendez-vous favori du beau monde : des bals galants et des spectacles, des fêtes de toutes sortes y avaient lieu ; le luxe le plus effréné y était déployé par tous ceux qui le fréquentaient. La Révolution transforma le parc en propriété nationale. Napoléon 1er le donna ensuite à son grand-chancelier Cambacérès, qui se vit cependant bientôt obligé de le rendre à l'empereur, à cause des frais énormes qu'exigeait son entretien. La Restauration le restitua au duc d'Orléans, et il servit aux ateliers nationaux en 1848.
Ce parc ne peut sans doute, sous bien des rapports , rivaliser avec le bois de Boulogne et d'autres promenades telles que les Bnttes-Chaumont, le bois de Vincennes, etc.; mais il a néamnoins toujours l'avantage d'offrir une charmante retraite dans l'intérieur même et à proximité du centre de Paris. Des choses qu'on y admirait beaucoup autrefois, il n'y a plus guère à citer , à côté de tout ce qui se voit dans les nouveaux parcs et squares , que la Naumachie, pièce d'eau ovale bordée d'une colonnade corinthienne en hémicycle , et avec une statue moderne d'Hylas , en bronze , par Morice.
De la grille du côté de l'avenue Hoche, au bout de laquelle est Tare de triomphe de l'Etoile (p. 160), on aperçoit à dr. les dômes dorés de
*I/église russe (pi. B. 12), dans la rue Daru. Elle a été construite de 1859 à 1861, dans le style byzantino-moscovite, sur les plans de Kouxmine. Sa forme est celle d'une croix grecque. Elle est précédée d'un beau parvis à dôme doré et surmontée de cinq pyramides, celle du milieu beaucoup plus grande que les autres (48 m.) et toutes terminées par des dômes huileux tout dorés, avec des croix russes. Elle est visible les dimanche et Jeudi de 3 h. à 5 h. L'intérieur se compose d'un vestibule, d'une nef et d'un sanctuaire, ce dernier fermé, selon l'usage de l'église grecque, par une clôture dorée qu'on appelle «iconostase», a cause des images qui s'y trouvent. Ce sont des peintures représentant Jésus, la Vierge et des saints jrxxsse», par les frères SoroHne et par Bronnikoff. Le reste de l'église est aussi couvert de dorure* et de peintures par les mêmes artistes, des sujets bibliques, et par Wassilietf, les Prophètes.
Le quartier des Batignolles, au N. du boul. de Oourcelles, dans le voisinage du parc de Monceaux, s'est transformé dans ces derniers temps d'une manière surprenante. Il s'est élevé là quantité de jolis hôtels particuliers, dont la plupart se distinguent par leur originalité de bon goût. Oxi est d'autant plus surpris d'y rencontrer la plus grande variété de style, que l'oeil est pour ainsi dire fatigue1 de la monotonie générale des grandes maisons des rues neuves de Paris,: conséquence de la cherté des terrains, de la nécessité d'y bâtir, des maisons de rapport et aussi des règlements de police relatifs aux constructions. Les amateurs feront avec plaisir une promenade dans ce quartier, par exemple dans la rue Prony, en face de rentrée principale du parc, et dans les rues latérales, telles que les na.es Fortuny et Montchanin ; puis dans l'avenue de Villiers et sur le boul. MTalesnerbes. La place Malesherdes (pi. B. 14) est surtout très -curieuse sous ce rapport. On y remarquera particulièrement le grand hôtel Gaillard, à> comble très-élevé, qui rappelle le château de Blois (xv«-xvie s,)»
Le boulevard MaUftherbeè (pi. B. 11, 14, 15), qui part de la Madeleine et dn parc de Monoeaux, fut inauguré en 1861. Sa
200 7. ST-ÀUGUSTIN.
longueur, jusqu'aux fortifications, est de 2,700 m. Vers le milieu de sa partie inférieure s'élève
8t-Augvstin (pi. B. 15), église construite de 1860 à 1868 par Baltard , dans un style roman modernisé. Sa forme est celle d'un triangle irrégulier, vers la base duquel se trouve un dôme de 25 m. de diamètre et de 50 m. de hauteur, couronné par une élégante lanterne et flanqué de quatre tourelles à coupoles. Le portail se compose de trois arcades, que surmontent une sorte de galerie contenant des statues du Christ et des apôtres, une rosace et un pignon triangulaire. Les piliers sont également garnis de statues de prophètes et de docteurs de l'Eglise.
Intérieur. Cette église n'a pas de bas côtés proprement dits , mais des chapelles latérales, qui vont en s'élargissant vers le chœur. Au-dessus sont des tribunes , qui se continuent jusque sous la coupole. La nef est recouverte d'un plafond bombé qui porte sur des arcades en fer à jour, avec des colonnes en fonte terminées par des anges. Le maître autel, avec un baldaquin d'une très-grande richesse, est situé au-dessus d'une crypte, qui se continue sous la nef. Le transept, dont les bras sont fort courts, se termine par des chapelles décorées de peintures par Bouguereau, celle de dr. dédiée à St Augustin, celle de g. à St Jean-Baptiste. Dans la coupole, des médaillons peints par Siçnol, les Evangélistes. Les grandes compositions de la chapelle de la Vierge, Y Adoration des bergers et la Présentation au temple, sont de Briitot. Les vitraux sont de Maréchal et de Laverçfne.
Un peu plus bas que St-Augustin, le boul. Malesherbes est traversé par le boulevard Haussmann (p. 65). Nous prenons ce boulevard à g. jusqu'à un square où est la
Chapelle expiatoire (pi. B. 18; //), érigée de 1820 à 1826, à la mémoire de Louis XVI et de Marie- Antoinette , sur l'emplacement de l'ancien cimetière de la Madeleine, où leurs dépouilles mortelles restèrent inhumées jusqu'en 1815, avant d'être transférées à St-Denis. Elle est isolée au milieu d'un square.
De fait, le monument se compose d'une chapelle placée à l'O. et de galeries simulant des tombeaux antiques, à la mémoire des autres victimes de la Révolution. Au milieu est un petit jardin. L'entrée, à l'E., a aussi la forme d'un tombeau (pourb.).
La chapelle proprement dite est une construction en forme de croix , avec portique et surmontée d'une coupole. Elle renferme deux groupes de marbre. Celui de dr. , par Bosio , représente Louis XVI et un ange qui lui adresse les mots : «Fils de St Louis, montez au ciel!» Au-dessous se trouve inscrit le testament du roi. Le groupe de g. représente la reine soutenue par la Religion, sous les traits de Madame Elisabeth , sœur du roi , décapitée le 12 mai 1794 ; il est l'œuvre du sculpteur Cortot et il a pour inscription la dernière lettre adressée par la reine à Madame Elisabeth (v. p. 202). Des escaliers de chaque côté de l'autel conduisent dans une crypte, à l'endroit même où était le corps de Louis XVI.
L'une des rues qui partent du boul. Haussmann aux extrémités du square, nous ramène au boul. Malesherbes , non loin de la Madeleine (p. 69).