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ST-GERMÀIN-DES-PRÉS

I/intékibub a été décoré de 1852 à 1861 de dorures et de peintures polychromes, mais surtout de ""peintures murales fort remarquables, exécutées par Bippolyte Flandrin (p. 117) ou sous sa direction. Les peintures de la nef ont pour sujets des figures de Y Ancien Testament et leur accomplissement dans le Nouveau. Elles sont au nombre de 20, dix de chaque côté, placées deux à deux au-dessus des arcades. Ce sont, à g. à partir de l'entrée: le Buisson ardent et l'Annonciation ; la Promesse d'un rédempteur et la Nativité de J.-C. ; la Prophétie de Balaam et l'Adoration des mages; le Passage de la mer Rouge et le Baptême de J.-C; le Sacerdoce de Melchisédech et l'Institution de l'Eucharistie. De l'autre côté, en redescendant vers l'entrée: la Vente de Joseph et la Trahison de Judas-, le Sacrifice d'Abraham et la Mort de J.-G. ; Jonas sortant du ventre de la baleine et la Résurrection de J.-G. ; la Dispersion des hommes et la Dispersion des Apôtres; l'Ascension de J.-C. et les Préliminaires du jugement dernier. — Au-dessus, des figures de l'Ancien Testament, sur fond d'or.

Flandrin a commencé par exécuter dans le chœur, aussi sur fond d'or, à g., l'Entrée de J.-C. à Jérusalem; à dr., le Portement de croix; puis, au-dessus des arcades, les Prophètes et les Apôtres, ainsi que les symboles des quatre évangélistes.

D'autres peintures enfin ont été exécutées plus récemment par Cornu dans le bras N. du transept; elles représentent: à dr., J.-C. au milieu des enfants , la mission des apôtres, la transfiguration et la descente dans les limbes; à g., l'invention de la sainte croix. — Le bras mérid. du transept renferme le tombeau à' Olivier et dé Louis de Castellan (m. 1644, 1669), par Oirardon. A g., au-dessus, une statue de marbre de Ste Marguerite, par J. Bourlet (1706). Dans la 2e chap. à dr. du chœur, le tombeau du duc Jacques Douglas (m. 1645). Des plaques de marbre noir, dans la chapelle suivante, rappellent la mémoire de Descartes (m. 1650), de Mabillon (m. 1707) et de Mont/aucon (m. 1641), qui y sont enterrés. — Derrière le maître autel, la chapelle Notre-Dame, construction moderne décorée de deux grisailles par Heim, r Adoration des mages et la Présentation au temple. — Dans la chapelle St-Pierre-et-St-Paul , le monument du poète Boileau (m. 1711), inhumé autrefois à la Ste-Chapelle. — Dans la chapelle suivante, un second monument de la famille Douglas.

Dans le bas côté de g., on remarque une statue de St François- Xavier, par O. Coustou, et le monument funéraire de Casimir V (m. 1672), roi de Pologne, qui, après avoir été jésuite, puis cardinal, succéda en 1648 à son frère sur le trône de Pologne, et abdiqua en 1668, pour reprendre l'habit religieux comme abbé de St-Germain-des-Prés. Au mur en face de la chaire, le monument <YHipp. Flandrin (m. 1864).

On verra encore dans le collatéral de dr., près de la porte, une statue en marbre de la Vierge, Notre-Dame la Blanche, du xiv® s.

La place St-Germain-des-Prés, devant l'é*glise, est une station d'omnibus et de tramways très-importante (v. l'appendice). Au S. passe le boul. St-Germain (p. 222) et de l'autre côté* commence la grande et belle rue de Bennes, au bout de laquelle on voit la gare Montparnasse (p. 258). Nous continuons de suivre la rue Bonaparte, à g. de la rue de Rennes. Elle nous conduit encore en quelques minutes à

*St-Sulpice (pi. R. 19; IV), sur la place du même nom (fontaine, v. p. 248). C'est une des principales et la plus riche des églises de la rive g., reconstruite à partir du règne dé Louis XIV, sur les plans de Louis Levau. Le manque d'argent fit que les travaux restèrent longtemps interrompus à partir de 1678 ; ils furent repris par Oppenord et Daniel Oittard, qui élevèrent les portails latéraux, continuas et achevés en 1749 par Servandoni. Ce dernier

, il. ST-SULPICE. . 247

s'écarta cependant beaucoup des plans de ses devanciers et doit être considéré comme le véritable architecte de St-Sulpice.

Cette église surprend par ses vastes proportions. Elle mesure 140 m. de longueur, sur 56 de largeur et 33 de hauteur. Sa façade passe pour Tune des meilleures du commencement du xvme s. Elle se compose de deux portiques, dorique et ionique superposés, et elle est flanquée de deux tours, dont la plus haute, reconstruite par Chalgrin et la seule achevée, a 68 m. L'entrée du côté du grand portail est précédée de cinq escaliers placés entre les socles avancés de la colonnade.

I/intébibub, en forme de croix, est divisé en trois nefs à voûtes en berceau, supportées par des piliers corinthiens. On remarque en entrant, de chaque côté, au 2« pilier, deux bénitiers composés de coquilles gigantesques (tridacna gigas), données à François Ier par la république de Venise. Les rocailles en marbre qui les supportent sont de Pigalle.

— Les tableaux à l'huile, de Vanloo, sont peu importants, mais les chapelles sont décorées de fresques d'autant plus remarquables.

Nef de droite. — *1«« chapelle : Lutte de Jacob avec l'archange \ Héliodore chassé du temple, deux chefs-d'œuvre d'Eugène Delacroix, qui a aussi peint le plafond de cette chapelle, représentant St Michel (1861). ^ — *2« chap. : la Religion consolant un mourant; Dieu exauçant les prières pour les morts, par Heinu — 3e chap. : St Roch priant pour les pestiférés; sa mort dans la prison de Montpellier, par Abel de Pujol (1821). — 4© chap. : Scènes de la vie de St Maurice, par Vinchon (1822).

— 5e chap. : monument de marbre du curé Languet (m. 1750), par Slodtz.

Nef de gauche. — 1"> chapelle: St François Xavier ressuscitant un mort; Guérison miraculeuse de malades à son enterrement, par La/on (1859). — 2e chap.: St François de Sales prêchant en Savoie; le même remettant à Ste Chantai la règle d'un nouvel ordre de religieuses, par H esse (1860). — 3e chap, : Conversion de St Paul; St Paul devant l'Aréopage, par Drolling (1850). — 4e chap. : St Vincent de Paul recommandant des enfants trouvés à des sœurs de charité; le même au lit de mort de Louis XIII, par Guillemot (1825).

Transept. — Bras g., la Trahison de Judas et le Crucifîment de J.-C; bras dr. , la Résurrection de J.-C, l'Ascension et des Prophètes, par Signol (1874 et 76).

On a tracé ici en 1743, sur le pavé, une ligne méridienne, avec les signes du zodiaque. Elle se prolonge sur un obélisque de marbre blanc qui indique le vrai nord, tandis qu'elle correspond au S. à une fenêtre qu'on a bouchée, en y laissant seulement une ouverture, par où pénètre un rayon qui tombe sur la ligne verticale de l'obélisque.

Chapelles à g. du chœur. — Ire chap.: le Martyre et le Triomphe de St Jean l'Evangéliste, par Qlaize (1859). — 2* chap.: St Charles Borromée allant en procession pendant la peste de Milan; le même administrant les derniers sacrements à Pie IV, par A. Pichon (1867). — 4e chap.: St Louis, roi de France, portant un mourant pendant la peste; le même rendant la justice sous le chêne de Vincennes, par L. Matout (1870). — Au-dessus de la porte latérale, la Mort de la Vierge, par E. Bin (1874).

Chapelles à dr. du chœur. — l*e chap. : Prédication de St Denis chez les Romains; sa Condamnation à mort, de Jobbé-IHival (1859). — 2e chap. : St Martin partageant son manteau avec un pauvre; le même ressuscitant un mort, par V. Motlez (1863). — 3e chap. : Ste Geneviève secourant Troyes (Champagne); Miracles opérés par ses reliques pendant une procession, par C. Timbal (1864). — 4e chap.: Nativité de la Vierge; sa Présentation au temple, par L. Lenepveu (1864). — Au-dessus de la porte de la sacristie, l'Assomption, par E. Bin (1874).

La Vierge de la chapelle du fond, dans une niche éclairée du haut est de Pajou; la fresque de la coupole, l'Assomption, de Lemoine. Les deux

statues à côté de la sacristie , St Paul et St Jean l'Evangéliste, sont de Pradier\ les Apôtres contre les piliers de la nef de Bovchardon.

La chaire repose uniquement sur les escaliers par lesquels on y monte. L'orgue est un des meilleurs de Paris; il a été reconstruit par Cavaillé- Goll et il compte 6 claviers, 118 registres et environ 7,000 tuyaux.

Devant l'église, sur la place St-Sulpice, s'élève la belle fontaine St-Sulpice, érigée en 1847 sur les plans de Visconti. Elle se compose de trois bassins superposés, et elle est décorée des statues des quatre plus grands prédicateurs français : Bossuet (m. 1704), Fénelon (m. 1715), Massillon (m. 1742) et Flécbier (m. 1710). Le long édifice au S. est le grand séminaire de St-Sulpice.

La rue Bonaparte, qui longe cet édifice à dr. aboutit un peu plus loin à l'angle N.-O. du jardin du Luxembourg (p. 254). Nous prenons la rue St-Sulpice , à g. de l'église. Elle passe à g. près du marché St- Germain, bâtiment en pierre de 91 m. sur 72, autrefois une des plus grandes halles de Paris. La seconde rue à dr. après l'église , la rue de Tournon, monte tout droit au palais du Luxembourg.

III. PALAIS, MUSÉE BT JARDIN DIT LUXEMBOURG. 1. Palais du Luxembourg.

Le palais du Luxembourg (pi. R. 19 ; IV) a été construit de 1615 à 1620, pour Marie de Médicis, veuve de Henri IV, par Jacques Debrosse, un des meilleurs architectes français du commencement du xviie s. 11 occupe l'emplacement d'un hôtel de Luxembourg dont il a conservé le nom, malgré toutes les dénominations officielles. La façade principale, qui, malgré maintes restaurations, a assez bien conservé son caractère primitif, est tournée au N., du côté de la rue de Tournon. Elle a près [de 90 m. de développement et se compose de trois pavillons reliés par des galeries. Les trois étages sont décorés de piliers à bossages. Des changements considérables ont été faits d'abord à ce palais en 1804 , sur les ordres de Napoléon I«*, par l'architecte Chalgrin : étage sur les galeries entre les pavillons du fond, suppression d'une petite terrasse en avant de la façade , suppression de l'escalier dans le pavillon central, avant-corps à colonnes au milieu des galeries latérales et escalier d'honneur dans celle de l'O. La façade du côté du jardin fut à son tour modifiée sous Louis- Philippe , de 1836 à 1844, par l'architecte A. de Qisors, qui tâcha de copier celle de Debrosse, en la reconstruisant plus loin dans le jardin, pour agrandir les salles de la chambre des Pairs.

Le palais fut habité par divers princes et princesses jusqu'à la Révolution , en dernier lieu par le comte de Provence, plus tard Louis XVIII, qui en partit pour l'émigration. La Convention en fit une prison, où furent enfermés successivement le maréchal de Noailles et sa femme, le vicomte de Beauharnais et sa femme Joséphine, plus tard impératrice; Hébert, Camille Desmoulins, Danton, Robespierre, le peintre David, etc. Il devint en 1795 le

palais Directorial, puis, en 1799, le palais du Consulat, jusqu'au joui où Bonaparte alla habiter les Tuileries, en février 1800. Sous le premier empire, le Luxembourg fut occupe" par le Sénat et s'appela palais du Sénat- Conservateur. Sous la Restauration et sous Louis- Philippe, on en fit le siège de la Chambre des Pairs. En 1848, la «commission des travailleurs», présidée par Louis Blanc, y tint ses séances. De 1862 à 1870, l'édifice s'est appelé de nouveau palais du Sénat, et cette assemblée y siégea comme sous le premier empire. Puis on y a installé la préfecture de la Seine, après l'incendie de l'Hôtel-de -Ville, et le Sénat en a repris possession en 1879, à la rentrée des Chambres à Paris. Le président du Sénat demeure dans le Petit- Luxembourg , corps de bâtiment qui se rattache au palais à l'O.

Une partie du palais est occupée par le musée dit du Luxembourg, qui est ouvert au public tous les jours sauf le lundi (v. p, 250) ; le reste est maintenant visible , en dehors des sessions du Sénat, tous les jours, sauf le dimanche, de 9 h. du matin à la chute du jour. On traverse la cour et se présente au bas de l'escalier dans le coin à g., où l'on trouve un employé qui vous conduit et vous montre les salles principales, la plupart richement décorées. On monte d'abord au premier étage. Les salles du côté g. servent aux différentes commissions du Sénat. On ne peut malheureusement que jeter un coup d'œil dans la bibliothèque, dont la coupole est décorée de magnifiques peintures par Eug. Delacroix, représentant les limbes d'après le Dante. — La * salle des séances, où l'on est aussi admis pendant les délibérations, avec une carte d'entrée qu'on obtient par l'entremise d'un sénateur ou en «'adressant par écrit au secrétaire de la questure, est une des parties les plus curieuses du palais. Lors des séances , l'entrée est par le perron du milieu, au fond de la cour. Cette salle, éclairée du haut, est formée d'un petit hémicycle où est le bureau du président, et d'un grand hémicycle occupé par 1 es bancs des sénateurs. La tribune est devant le bureau du président. Derrière se trouve une colonnade avec les statues de Turgot, d'Aguesseau, l'Hôpital, Colbert, Mole, Malesherbes et Portails. A dr. et à g. du bureau, les Pairs offrant la couronne à Philippe le Long et les Etats de Tours décernant le titre de père du peuple à Louis XII, peintures par Blondel. Au commencement du grand hémicycle, les statues de Charlemagne par Etex, et de St Louis, par J. Dumont. Autour de cet hémicycle régnent deux étages de tribunes publiques. — De cette salle, les visiteurs sont conduits dans la galerie des bustes , ainsi nommée parce qu'elle est décorée de bustes d'anciens pairs et sénateurs , puis à la buvette, l'ancien salon de Napoléon Ier, qui a conservé ses peintures: le Chancelier de l'Hôpital remettant les sceaux à Charles IX ; Achille de Harlay repoussant les propositions du duc de Guise; Charlemagne ; St Louis ; Louis XIV. A côté de la galerie et de la buvette est la *salle des pas-perdus, l'ancienne salle du Trône. C'est la plus

remarquable de toutes par sa décoration dans le style Louis XIV, exécutée depuis 1856 et terminée seulement depuis peu. Les sujets des peintures de la voûte sont: au milieu, l'Apothéose de Napoléon Ier, par Alaux ; sur les côtés, la Paix et la Guerre, par Brune ; aux extrémités, l'Apothéose des rois de France; par Lehmann. On remarquera aussi la cheminée monumentale du milieu , qui date seulement de 1880. — De là on descend au rez-de-chaussée, où l'on voit, dans la partie 0., une petite salle dite la *chambre de Marie de MidieiSy décorée de peintures par des élèves de Rubens. Les murs sont couverts de glaces et de médaillons attribués à van Thulden et van Huden. Le plafond, dont le sujet principal est l'Apothéose de la reine, est par van Hoeck. — La chapelle, du même côté, ne date que du règne de Louis-Philippe. Elle est aussi trèsrichement décorée et Ton y remarque, en face des fenêtres, des peintures par Gigoux (inscriptions); derrière l'autel, les Vingtquatre vieillards de l'Apocalypse, par Abel de Pujol ; sous l'orgue, un groupe d'anges par Jaley, etc.

Le musée du Luxembourg est ouvert tous les jours, sauf le lundi, comme celui du Louvre, savoir: les dimanches et jours de fête de 10 h. à 4} dans la semaine, en hiver (1er oct.-ie* avril), aussi de 10 h. à 4: en été de 9 h. à 5.

Le *musée du Luxembourg est une collection d'ouvrages d'artistes vivants : peintures, sculptures, dessins , gravures et lithographies. Il occupe deux salles du rez-de-chaussée et une grande partie du premier étage du palais, comme l'indique le plan ci-joint. Un usage, du reste assez mal observé, veut que les ouvrages les plus remarquables figurant au Luxembourg soient transférés au Louvre ou envoyés aux musées de province dix ans après la mort de leurs auteurs; cela est cause que l'on n'y peut avoir une idée d'ensemble de la peinture française moderne.

Ventrée et la sortie ordinaire sont dans le jardin, près de 1» grille (pi. A), en face du théâtre de l'Odéon (p. 254). Les dimanche et jours de fête, on entre par la façade du côté de la rue de Touruon (pi. B) et l'on sort par un grand escalier à l'extrémité de l'aile orientale (pi. G), ou par un petit escalier à l'O. , correspondant à celui de l'entrée A (pi. D).

Au rez-de-chaussée, sont la plupart des sculptures (pi. E, F) et au premier étage les peintures (pi. 1 à 8).

Ce musée étant sujet à des changements fréquents, par suite des acquisitions qu'il ne cesse de faire , nous en indiquons les principales œuvres en suivant l'ordre alphabétique , qui est aussi celui du catalogue (prix, 75 c). Les noms Jes artistes sont du reste marqués partout. Les numéros commencent par les peintures.

Sculptubbs. -—A. — 330, Aixelm. Psyché.

B. — 331, Barrias (L.-E.). Jeune fille de Mégare. — 332, Barthélémy. Ganymède. — 333, 334, 335, 336, Barye. Un

jaguar dévorant un lièvre; le Tigre et le gavial; le Combat du Centaure et du Lapithe ; Panthère saisissant un cerf, bronzes, 333 et 334 au 1er étage. — 338, Bonnassieux, la Méditation. — 340, Bourgeois, la Pythie de Del- I BATIMENT PRINCIPAL. — Sud. phes.

C. — 343, Carrier-Bdleuse, Hébé endormie. — 344, *346, Cavelier, la Vérité*; la Mère desGracques. — 348, 349, Chapu, Mercure inventant le caducée ; Jeanne d'Arc à Domrémy. — 350, Chartrou8*e,\a. Lecture.

— 355, 356, Oaofc, le Faune à l'amphore ; la Victoire, bronze, au 1er.

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