De Paris à Versailles
Versailles est à 18 kîl. au S.-O. de Paris (23 par la ligne de la rive dr.). Il y a trois voies principales pour s'y rendre, les chemins de fer de la rive droite et de la rive gauche et le tramway. On pourra y aller par un chemin et en revenir par l'autre. Si Ton voulait encore voir le môme jour St-Cloud et Sèvres, il vaudrait mieux en remettre la visite jusqu'au retour de Versailles.
Chemin de fer de la rive droite. Gaie, me St-Lazare, 110. Guichets et côte* du départ à g. dans la galerie haute.
Départs de Pari* au moins toutes les heures, de 7 h. 30 du matin à minuit 30-, de Versailles, également toutes les heures, de 7 h. du matin à 11 h. du soir. Trains supplémentaires les jours de fête (v. l'Indicateur). Trajet en 25 ou 49 min. Prix des places: lïe cl., 1 fr. 65 ; 2e cl., 1 fr. 35; aller et retour, 3 fr. 30 ou 2 fr. 70; — les jours de grandes eaux, 2 fr. 20 et 1 fr. 50 ou 4 fr. 40 et 3 fr. — Les billets de retour sont valables pour l'autre ligne (v. p. 284).
On passe d'abord sous le pont de la place de l'Europe et dans un petit tunnel. A g., le chemin de fer de ceinture. Puis on traverse les fortifications. — 5 kil. Clichy-Levallois. On franchit la Seine.
6 kil. Asntèm, joli village de 7 à 8,000 hab., sur la rive g. du fleuve. Il y a quantité* de villas, et les bords de la Seine sont trèsfréquentés dans la bonne saison par la jeunesse , comme lieu de divertissement. Les embranchements qui se détachent à dr., conduisent àArgenteuil, St-Germain (p. 308) et Rouen. Le chemin de fer de Versailles décrit une grande courbe.
Asnières est aussi desservi par un tramway partant du commencement du boul. Haussmann, qui traverse Gliehy et passe sur le second pont en aval de celui du chemin de fer, à 1 kil. du centre d'Asnières. 11 se prolonge même jusqu'à Oennevilliers , village qui n'a rien de remarquable, dans la presqu'île du même nom, où l'on utilise avec beaucoup de succès, pour la culture maraîchère, les eaux des égouts de Paris.
8 kil. Courbevoie, ville d'environ 12,000 hab. , qui a beaucoup de blanchisseries, comme du reste la plupart des localités des bords de la Seine aux environs de Paris. Il y a une grande caserne construite sous Louis XV. Au delà de la station, on passe à l'extrémité de l'avenue de Neuilly, qui fait suite, en ligne droite, à celles de la Grande- Armée et des Champs-Elysées (p. 157 et 160), et où l'on aperçoit surtout l'arc de triomphe de l'Etoile (4,800 m.). L'extiémité de cette avenue est un rond-point que décorait avant 1870 une statue de Napoléon 1er, et où l'on va ériger un monument commémoratif de la défense de Paris, par Barrias. La partie basse de Courbevoie est reliée à Paris par des tramways (v. l'appendice).
lOkil. Puteaux. Vaste panorama de Paris, du bois de Boulogne et du cours de la Seine. A peu près dans la direction de la voie, les bois de Meudon et de Clamart, avec les hospices de Fleury (p. 285).
12 kil. Suresnes. On passe au pied du mont VaUrien, dont le sommet , à 200 m. au-dessus du niveau de la mer, est occupe* par la forteresse du même nom, le principal ouvrage extérieur de Paris (p. 162), qui a été d'une grande importance durant les sièges de 1870-71. Il faut une autorisation pour visiter cette forteresse. Suresnes n'a rien d'intéressant pour les étrangers. Un pont le relie au bois de Boulogne, près de Longchamp (p. 1641.
15 kil. Montretout (p. 305) et St-Cloud (p. 304). Puis un petit tunnel et le parc de St-Cloud, avec un second tunnel.
17 kil. Villc-d'Avray, la station pour Sèvres (p. 306) de ce côté*. Site charmant; beaucoup de villas. L'église de Ville-d'Avray renferme des modèles de statues de Pradier, de Rude et de Duret, un St Jérôme peint par Corot, un Ecce Homo par Aug. Hesse, etc. Vers l'extrémité de la rue de Versailles, à g. , les jolis étangs rendus célèbres par Corot, auquel on y a érigé un monument. — A 2 kil. */é à l'O., le château de la Marche, dans le parc duquel ont lieu des courses de chevaux (steeple-chases ; piste de 5 kil. ; v. p. 37).
21 kil. Viroflay. Puis, à g., le viaduc qui passe sur la grande route et relie les deux chemins de fer. — 23 kil. Versailles (p. 285).
Chemin de fer de la rive gauche. Gare boul. Montparnasse, 44 (pi. G. 16 ; p. 258). Côté du départ à g., au premier.
Départs de Paris: premier train à 6 h. 36 du matin, puis au moins toutes les heures de 7 h. 5 à 11 h. 5 du soir et à minuit 40; de Versailles, aussi toutes les heures à partir de 6 h. 35 du matin jusqu'à 10 h. 35 du soir, puis à 11 h. 25. Trajet en 40 min. Prix, comme sur l'autre ligne-, même remarque pour les trains supplémentaires et les billets d'aller et retour. — Pour jouir de la vue, on se placera à dr. au départ de Paris. — La nouvelle ligne de Grande-Ceinture, qui reliera Versailles à St-G-ermain-en-Laye (p. 308) et desservira la vallée de la Bièvre (p. 323), communiquera à Versailles avec la ligne de l'Ouest à la gare de la rive gauche.
La ligne de la rive gauche communique avec le chemin de fer de ceinture (p. 26) à la station d' Ouest- Ceinture, près des fortifications. Puis elle passe entre les anciens forts de Yanves et d'Issy, à peu près entièrement détruits durant les sièges de 1870-71.
6 kil. Clamart y à 10 min. du village de ce nom.
Clamart est aussi relié à Paris par une ligne tramway partant de la place St-Germain-des-Prés (p. 245). Elle passe à Issy, où Ton remarque seulement des hospices (les Ménages) et des maisons religieuses (succursale du séminaire de St-Sulpice) ; puis elle longe le lycée de Vanves, établi dans un château des Condé, bâti en 1698, et traverse le village de Votives, qui n'a sans cela rien de curieux.
Clamart, qui compte cependant beaucoup de maisons de campagne, n'a aussi en lui-même rien de remarquable, si ce n'est un nouvel hospice monumental dû à la munificence de la duchesse de Galliera, comme ceux de Fleury (v. ci-dessous). Mais il est situé à côté du bois de Clamart, {ai se rattache à l'E. au bois de Meudon (p. 307). Ce bois, en partie sur une hauteur d'où l'on a de jolies échappées, n'a rien d'artificiel comme ceux de Boulogne et de Vincennes, et il y règne aussi beaucoup plus de liberté et de laisser- aller parmi ses habitués, composés de jeunes gens et de petite bourgeois parisiens de la rive gauche, qui y viennent surtout faire des
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parties de campagne les dimanches et jours de fête dans la bonne saison. Les promeneurs redescendent assez souvent de l'autre côté, à Meudon (p. 306), qui est à environ 3 kil. Pour y aller directement à travers le bois, on monte par le nouveau chemin en face près de la place de Clamart, on tourne dans le haut à g., puis à dr. dans une large allée droite, qui passe à un carrefour où se trouve un grand anémomètre. Arrivé au mur d'un enclos, on descend à g. et Ton prend à g. la rue des Vertugadins.
An N.-O. du bois de Clamart se trouve, du côté de Meudon, au-dessus du village de Fleury, où on l'aperçoit de toute part de la vallée de la Seine, le nouvel hospice de Fleury, pour les vieillards, fondé par la duchesse de Galliera. Non contente d'y consacrer, dit-on, 8 millions, la duchesse a encore fait bâtir plus bas un autre hospice pour les orphelines.
Après Clamart, la voie longe constamment le versant des collines du bord de la Seine, en offrant une vue charmante sur Paris et le cours du fleuve, surtout un peu avant Meudon et à Bellevue.
8 kil. Meudon (p. 306). A g., dans le haut, l'hospice de Fleury (v. ci-dessus). — 9 kil. Bellevue (p. 306). — 10 kil. £èt>rca(p. 306). — 13 kil. Chaville, — 14 kil. Viroflay. — 18 kil. Versailles (v. ci-
Tramway, du quai du Louvre (correspondances, v. l'appendice).
Départ» de Paris: au moins toutes les heures, de 8 h. du matin à 10 h. du soir; de Versailles de 6 ou 7 h. du m. à 10 h. du s. On passe par Sèvres. Prix des places : intérieur, 1 fr. ; impériale, 85 c. Trajet de 1 h. 50, jusqu'à Versailles, 1 h. 10 jusqu'à Sèvres (p. 906). Il y a en outre une ligne de tramway spéciale pour Sèvres (p. 303); ses départs alternent avec ceux de la ligne de Versailles. — Bureau à Versailles, v. ci-dessous.
On suit dans Paris les bords de la Seine, en passant devant les différents ponts à l'O. de Paris, les ponts des Invalides (p. 279), de l'Aima (p. 279) et d'Iéna (p. 278); au pied du Trocadero (p. 278), dans les communes annexées àePassy età'Auteuil(jp. 163), et près du *pont-viaduc du Point-du-Jour, large et beau pont à deux voies, entre lesquelles passe le viaduc du chemin de fer de ceinture (▼. l'appendice). Puis on traverse les fortifications (la route à dr. conduit à St-Cloud, p. 304), Billancourt et la Seine, en arrivant à Sevrés (p. 306). Ensuite Chaville et Viroflay; on passe sous le viaduc du chemin de fer mentionné* p. 284, et on s'engage enfin dans la longue avenue de Paris (p. 287).
Versailles.
Arrivée. La gare de la rive droite est à environ »/« d'h. du palais. Omnibus, 30 c. Fiaeresx la course, à 1 chev., 1 fr. 25; à 2 chev., i fr. 50-, l'heure, 2 fr. 50. — La gare de la rive gauche n'est qu'à 10 min. du palais. — La station du tramway de Paris est près de la place d'Armes, à dr. en arrivant, au coin de la rue Hoche.
H&tela: *dee Réservoirs, rue du même nom, 9 et 11, avec un bon restaur.; Petit Vatel, même rue, 26 et 28; de France, rue Colbert, 5, côté N. de la place d'Armes -, de la Chasse et éTFlbeuf (restaur.), rue de la Chancellerie, 8, côté 8. de la même place.
Restaurants: Qervais (café), rue du Plessis, 49, à la gare de la rive «oite ; du Globe ou Lourdault, même rue, 47; Provost, rue de la Paroisse, «,près des jardins-, de Londres, du Rocher de Gancale, rue Colbert, 7 et 8, côté N. de la place d'Armes (déj., 2 fr. ; dîn., 2 fr. 50 à 8 fr.); du Coing-d^Or (hôt.), à la gare de la rive gauche, avenue de Sceaux, 1.
Cafés: de la Place cT Armes, au coin de la rue Hoche, avec restaur. (taefsteak, 1 fr. 25); Courteville, rue de la Pompe, 44; de la Comédie, dans le parc, en face du bnssin de Neptune (2« entrée rue des Réservoirs), etc.
Omnibus pour St-Germain- en- Laye (1 fr. 26), dans l'angle N.-E., de la place du Marché-Notre-Dame. — Incessamment l'ouverture du chemin de fer de Grande- Ceinture, reliant Versailles à St-Germain.
Versailles, ville de 49,850 hab., aujourd'hui chef -lieu du département de Seine-et-Oise, est une création de Louis XIV. Pendant les premières années de son règne, il avait sa résideuce d'été à St-Germain (p. 308), comme ses prédécesseurs ; mais il l'abandonna parce que , dit-on , la vue des tours de St-Denis , où se trouvaient les caveaux des rois (p. 315), lui était désagréable.
Versailles est bâti dans un lieu qui n'était guère fait pour y fonder une ville. Ce qui manquait le plus, là où Ton devait créer de vastes pièces d'eau, c'était l'eau elle-même, qu'on n'a pu y amener qu'à grands frais. Voltaire appelait cette ville «l'abîme des dépenses», parce que son château, pour l'entretien duquel il a encore fallu dépenser des sommes énormes, a coûté, dit-on, plus d'un milliard de livres à Louis XIV. On raconte, à propos de la construction de cette résidence fastueuse, des choses qui tiennent du fabuleux. Il y a eu jusqu'à 36,000 hommes et 6,000 chevaux occupés à la fois seulement aux terrassements pour les jardins, le parc, la route de Paris et l'aqueduc de Haintenon (50 kil. de Versailles). Cet aqueduc , par lequel il s'agissait de détourner la rivière d'Eure, est resté inachevé, parce que les soldats qu'on y employait mouraient comme dans une épidémie, et que de plus survint alors la guerre de 1688. On y suppléa par la machine de Marly (p. 307), et l'on a eu enfin recours aux étangs du plateau situé entre Versailles et Rambouillet.
Versailles devint à peu près la résidence permanente de la cour à partir de 1682, et fut par .conséquent lié intimement dès lors à l'histoire du temps , vit l'apogée du règne de Louis XIV et sa décadence. Sous Louis XV, le palais somptueux du grand roi ne fut plus qu'un boudoir où régnèrent les Pompadour et les du Barry, et c'est là que le châtiment mérité par ses ancêtres vint chercher l'infortuné Louis XVI , qui n'en avait pas les vices. Les Etats-Généraux avaient été convoqués, en 1789, pour délibérer sur la solution des difficultés dans lesquelles se trouvait engagé l'Etat, notamment pour obvier à la banqueroute qui le menaçait. Ils furent ouverts solennellement le 6 mai par le roi, mais ils ne purent s'entendre sur la manière dont se feraient les votes, la noblesse et le haut clergé voulant qu'ils eussent lieu comme précédemment, par ordre et non par tête, ainsi que le demandait le Tiers-Etat. Celui-ci était particulièrement intéressé a donner le plus de valeur possible à ses votes, puisque c'était lui qui payait les impots. Soutenu par l'opinion publique, il se constitua le 17 juin en Assemblée Nationale. C'était le commencement delà Révolution. La salle des séances du Tiers ayant été fermée le 20 par ordre du roi, les députés se rendirent, avec leur président Bailly, plus tard maire de Paris, dans la salle du Jeu de paume (p. 287), et jurèrent de ne pas se séparer avant d'avoir donné une constitution à la France. On connaît le refus des députés du Tiers de se séparer malgré l'injonction du roi; l'Assemblée Nationale se change bientôt en Assemblée Constituante; survient la prise de la Bastille, le 14 juillet; un banquet imprudent des gardes du corps au théâtre du château,, foulant aux pieds la nouvelle cocarde (tricolore), provoque un soulèvement à Paris ; le 5 oct. Versailles est envahi, et le 6 la plèbe pénétre dans le château, force le roi de se rendre à Paris , au milieu dVn hideux cortège, précédé de têtes de gardes du corps sur des piques. Le château abandonné faillit ensuite être vendu; Napoléon le négligea, effrayé des dépenses qu'aurait entraînées sa restauration, et les Bourbons à leur retour ne purent que veiller à son entretien et construire le pavillon du S. C'est Louis-Philippe qui lui a rendu sa splendeur en y créant un musée.
Durant la dernière guerre, du 19 sept. 1870 au 6 mars 1871, le palais fut le siège du quartier général du roi de Prusse, et une grande partie de l'édifice servit d'ambulance, les tableaux ayant été soigneusement couverts par crainte d'accident. C'est dans ce palais que le roi Guillaume » été proclamé empereur d'Allemagne, le 18 janvier 1871. Il faudrait tout
un livre pour décrire les événements qui se sont passés à Versailles pendant la guerre franco-allemande. Il importe seulement de dire dans ce manuel que la ville, précédemment si paisible, cette ville, que ses grandes rues et le voisinage de Paris faisaient paraître déserte, avait pris une animation extraordinaire, était devenue le grand centre d'opération de cette guerre sans précédent. Et un peu plus tard, le palais devenait le siège du nouveau gouvernement français, qui avait à son tour à diriger de là des opérations militaires hérissées de difficultés , pour vaincre- la plus terrible des révolutions que l'histoire ait jamais enregistrée. Les Chambres s'étant transportées de nouveau à Paris, en 1879, Versailles est redevenu aussi calme qu'auparavant.
En se rendant de la gare de la rive dr. an palais, par la rue du Plessis, on pourra tourner à dr., au milieu du marché* Notre-Dame, dans la rue de la Paroisse, pour donner un coup d'oeil à Notre- Dame, église construite en 1684-86 par J.-H. Mansart.
La rue Hoche, à g., mène directement de là au palais. Il y a au milieu un square décoré de la statue du général Hoche, « né* à Versailles le 24 juin 1768, soldat à 16 ans, général en chef à 25, mort à 29, pacificateur de la Vendée»; elle est de Lemaire. Pins loin, devant le palais, la place d'Armes, à l'extrémité* de la grande avenue de St-Cloud, où aboutissent encore deux autres voies non moins larges, Y avenue de Paris et Y avenue de Sceaux. L'ancien jeu de paume (v. p. 286) est dans une petite rue de l'autre côté* de la place (v. le plan). Il n'est intéressant qu'au point de vue historique, mais on doit y organiser un musée de la Révolution.
Dès qu'on approche du palais, on est assailli par des marchands qui vous offrent de prétendus guides complets. Le visiteur n'en a pas besoin avec les explications qui suivent et les inscriptions qui se trouvent partout dans le musée.
Palais.
Le *palais ou château de Versailles, vu de la vaste place d'Armes, présente un aspect moins imposant que du côté du jardin, où sa façade mesure 415 m. de longueur. Son ordonnance manque d'unité, les constructions datant de différentes époques. Le corps de bâtiment central est composé du château primitif de Louis XIII, en briques et en pierre, et des ailes que J.-H. Mansart y ajouta sous Louis XIV. A dr. s'élève la chapelle, avec son toit aigu ; à côté, un pavillon construit sous Louis XV; à g. de la cour, un pavillon correspondant ajouté sous Louis XVIII. D'autres corps de bâtiments considérables, situés de chaque côté, sont cachés par les dépendances de la première cour, que Louis XIV avait destinées à ses ministres. Ceux qui sont à dr. de la chapelle, comprennent surtout le théâtre, construit sous Louis XV, la salle de l'Assemblée Nationale, puis du Sénat, de 1871 à 1879. La Chambre des députés siégeait dans un bâtiment de l'autre aile (v. p. 300).
La partie accessible au public compte cinq cours: la grande cour d'honneur, la première ; la cour Royale , entre les pavillons ; la cour de Marbre, dans- le fond ; la cour de la ChapéUe, en deçà, entre le pavillon de dr. et la chapelle (water-closets à g.), et la cour
des Princes , de l'autre côté du pavillon de g. C'est par ces deux dernières qu'on va aux jardins (p. 301).
La cour d'honneur est séparée de la place d'Armes par une grille. Sur les piliers, à droite et à g. de l'entrée, deux groupes en pierre, la France victorieuse de l'Empire (Allemagne), par Marsy, et de l'Espagne , par Girardon. Au milieu de la cour se trouve une statue équestre de Louis XIV, en bronze, dont le cheval a été modelé* par Cartellier et le cavalier par Petitot, Sur les côté*s, 16 statues plus grandes que nature, dont une partie se trouvaient jusqu'en 1837 sur le pont de la Concorde, à Paris. Adr. : Richelieu (m. 1642), Bayard (m. 1524), Colbert (m. 1683), les maréchaux Jourdan (m. 1833) et Masséna (m. 1817), les amiraux Tourville (m. 1701) et Duguay-Trouin (m. 1736) et le maréchal de.Turenne(m. 1675). — A g. : Suger abbé de St^Denis (m. 1152), B. du Guesclin connétable de France (m. 1380), Sully (m. 1641), les maréchaux Lannes (m. 1809) et Mortier (m. 1835), les amiraux Suffren (m. 1788) et Duquesne (m. 1687) et le grand Condé (m. 1686).
Sur les frontispices des pavillons se lit l'inscription: «A toutes Us. gloires de la France^ qui annonce le musée historique.
Musée.
Le *musee historique de Versailles, collection sans égale dans le monde entier, est, nous l'avons dit, une création de Louis-Philippe, qui fit restaurer presque tout le château en 1832, pour y réunir les tableaux historiques du Louvre et d'autres collections, et fit combler les lacunes de cette galerie par les premiers artistes français. Les gouvernements suivants ont laissé subsister sa création, en prenant soin de la développer et de la continuer. Tout ce qui avait une valeur historique y a été reçu, de sorte qu'on ne doit point s'étonner d'y rencontrer un grand nombre d'oeuvres médiocres des deux siècles derniers, à côté des productions les plus brillantes de l'art moderne. Les salles sont si nombreuses, que le temps pendant lequel le musée est ouvert suffit à peine pour voir les plus importantes ; si donc l'on ne doit pas revenir, on ne s'arrêtera pas trop à celles qui sont moins intéressantes et dont nous abrégeons pour cette raison la description. Il ne faudrait même pas rester jusqu'à la fermeture si Ton voulait encore aller aux Trianons (p. 303), qui sont cependant d'un intérêt secondaire. — Pour les faits que rappellent les tableaux de ce musée, v. l'introduction historique, p. xiii et suivantes.
L1 ] entrée du musée est maintenant par le vestibule de la chapelle, à dr. (voir le plan, p. 290). Le musée est ouvert tous les jours de midi à 4 h. , sauf le lundi. Le vestiaire n'est obligatoire que pour les parapluies lorsqu'ils sont mouillés. Pour ne point passer de salle importante, on fera bien de ne pas s'écarter de notre itinéraire.
Rez-de-chaussée de Vaile du Nord.
La ohapbllb , construite en dernier lieu par J.-H. Mansart, l'architecte du palais , produit un meilleur effet vue du premier
étage, parce que les proportions en ont été calculées des tribunes de la cour. Elle est richement décorée de sculptures et de peintures. A la voûte, dans le fond , la Résurrection, par Ch. de Lafosse; au milieu, le Père Eternel , par A. Coypel; au-dessus de l'ancienne tribune du roi, qu'on voit au premier étage, la Descente du St-Esprit, par Jouvenet. On y remarque encore, aux plafonds des tribunes latérales, des Apôtres de Louis et Bon Boulogne.
Sur le vestibule ouvre à g. une série de 11 salles dites la ï^e galbrib db l'Hibtoibb de France; elles renferment des tableaux historiques, depuis Charlemagne jusqu'à Louis XVI inclusivement.
lr© sallb. Ary Scheffer, Charlemagne présente ses premiers capitulaires à rassemblée des Francs (779). Paul Delaroche, Charlemagne passe les Alpes (773). Rouget, St Louis, médiateur entre le roi d'Angleterre et ses barons (1264). — 2e sallb. Brenet, Mort de Duguesclin devant Châteauneuf-de-Randon (1380). Vinchon, Sacre de Charles VII à Reims (1429). Berthélemy, EntTée de l'armée française à Paris (1436). — 3e sallb. Jollivet, Bataille d'Agnadel (1509). Larivicre, Bayard blessé à Bresoia (1512). — 4e sallb. Ary Scheffer, Mort 4e Gaston de Foix à la bataille de Ravenne(1512). SchneU, Bataille de Cérisolles (1544)» — 5e sallb. Evénements des règnes de Henri II, Henri III et Henri IV. — 6e sallb. Sièges, prises de villes et batailles du règne de Louis XIII et du commencement du règne de Louis XIV. — 7e et 8c sallbs. Suite des campagnes du règne de Louis XIV. — 9e et 10e sallbs. Règne de Louis XV et guerre de Sept- Ans. — lie sallb. Fin de la guerre de Sept- Ans. Hersent, Louis XVI distribue des secours aux pauvres pendant l'hiver de 1788.
A l'extrémité de ces salles , un bel escalier moderne montant au premier et au second éta$e, à dr. une galerie de sculpture où nous allons entrer, et en face le théâtre, qui, de 1871 à 1879, a servi de salle des séances à V Assemblée Nationale, puis au sénat. Cette partie du palais n'a été construite que sous Louis XV, par l'architecte Qauriel. Nous avons dit que dans cette salle eut lieu en 1789 le fameux banquet des gardes du corps à la suite duquel Louis XVI fut forcé de quitter le palais de Versailles.
Parallèlement à la galerie historique dont il vient d'être question est la galerie dbs Tombeaux , qui servait de vestibule et de salle des pas-perdus au sénat. Elle renferme surtout des moulages de monuments funèbres, le plus remarquable celui du milieu, le mausolée de Ferdinand et d'Isabelle de Castille, de la Chapelle Royale de Grenade. — A côté est l'entrée des
*Sallbs dbs Croisades. — Ces salles, une des parties les plus curieuses du palais, sont à la fois remarquables par la richesse de leur décoration, consistant principalement en armoiries de chefs des croisades, et par leurs magnifiques tableaux modernes. L'ordre chronologique n'y est pas suivi rigoureusement ; les premiers tableaux sont de fait dans la 5e salle et il y en a même maintenant
BVRDBKBR, Paris, 6* édition. 19
T. -Uig-
qui n'ont pas de rapport avec leB croisades; nous suivons Tordre du plan.
•I*e sallb. QaUaity Baudouin Ier, comte de Flandre, couronne* empereur de Constantinople (1*204). Hesse, Prise de Baruth (1197). Larivière, Bataille d'Ascalon en 1177. — *II« sallb.
Jacquand, Jacques Molay et ses templiers prennent Jérusalem (1299). Papety, Guillaume de Clermont défend Ptolemaïs (1291).
Rouget, St Louis reçoit les envoyés du Vieux de la Montagne (1251). — *III« sallb. A g.: H. Vernet, Bataille de las Navas de Tolosa, contre les Arabes , en Espagne (1212).
Schnetz , Procession des croisés autour de Jérusalem (1099). De l'autre côté de la porte : Larivière, Levée du siège de Malte (1565). Ensuite une porte goth. de l'hôpital des chevaliers de St-Jean à Rhodes. Odier, Levée du siège deRhodes(1480). Schnetz, le Comte Eudes défend Paris contre les Normands (888), tableau qui a remplacé ici la Prise de Constantinople par les croisés d'Eug. Delacroix, maintenant dans la galerie des Batailles (p. 297). Af.-J.
Blondel, Ptolemaïs remise à Philippe- Auguste et à Richard Cœur -de -Lion (1191). Il y a en outre de petits tableaux, des reproductions de monu-
ments de grands-maîtres de l'ordre de Malte et un mortier provenant de Rhodes. — IV* salle. Signol, Prédication de la 2« croisade à Vé*zelay, par St Bernard (1146). Schnetz, Bataille d'Ascalon en 1099. — V* sallb. Signol, Prise de Jérusalem (1099). GaUait, Prise d'Antioche (1098). Hesse, Adoption de Godefroy de Bouillon par Alex. Comnène (1097). Robert- Fleury, Baudouin s'empare d'Edesse (1097). Signol, Passage du Bosphore (1097).
Nous continuons de suivre la galerie des Tombeaux, pour monter au premier étage par un petit escalier à côté de la chapelle.
Premier étage.
Aile du Nord. — Après avoir vu la chapelle de la tribune du roi, nous prenons à côté par la galerie db soulptubb qui renferme un certain nombre de statues remarquables en marbre par Nanteuil, Foyatier, Jaley , Etex , etc. A dr. , le monument de Henri Chabot (m. 1655) par Franc, Anguier. Plus loin sont plusieurs œuvres de Pradier, surtout le *monument du duc d'Orléans (p. 167), avec basreliefs représentant des scènes des sièges d'Anvers et de Constantine, et à l'extrémité de la galerie, à g., une belle statue de Jeanne d'Arc, par la princesse Marie d'Orléans, fille de Louis-Philippe. — Nous tournons à dr. vers le milieu pour entrer dans la
*Galbbib db Constantinb. — Cette galerie, qui doit son nom aux tableaux de l'une de ses principales salles , est encore, par ses peintures, plus remarquable que les salles des Croisades.
Sallb I. A g., Ch. Muller, Ouverture des chambres en 1852. A dr., Dubufe, le Congrès de Paris (1856); Gérôme, Audience de l'ambassade de Siam à Fontainebleau (1861). — Sallb II. * Yvon, Retraite de Russie (1812). Protais, Prise du Mamelon- Vert (1855).
Sallb III , salle de la Smalah. **H. Vernet, Prise de la Smalah d'Abd-el-Kader (1843) , tableau superbe de 21m. 39 de longueur sur 5m. de hauteur.
La Smalah d'Abd-el-Kader, son camp principal, sa résidence ambulante, sa cour, avec son harem et son trésor, renfermait plus de 20,000 personnes, parmi lesquelles se trouvaient les chefs les plus considérés avec leurs familles. Elle fut surprise par le duc d'Âumale à la tête de deux régiments de cavalerie. Abd-el-Kader lui-même était absent. — «L'irruption soudaine des troupes, au milieu du camp surpris, est rendue avec cette vivacité de composition et de touche qui caractérise M. Horace Vernet. L'escadron de chasseurs d'Afrique qui charge le sabre haut, offre des difficultés de raccourci que nul artiste n'eût peut-être pu surmonter. Ces files de chevaux se présentant de pleine face au spectateur sont un véritable tour de force; les femmes et les enfants à demi étouffés sous les tentes renversées, les troupeaux effarés commençant la déroute, les gazelles familières sautant hors de la toile, le juif çui emporte sa bourse, la négresse idiote jouant avec une tranche de pastèque enfilée dans un bâton, les femmes de l'émir que les nègres tachent de hisser sur les dromadaires , les luttes partielles des Français et des Arabes, offrent à l'œil des groupes spirituels et bien mouvementés, dont les interstices sont remplis par ces mille accessoires que peut fournir le trésor éventré d'une smala, avec ses bizarres richesses orientales.» (Th. Gautier.)
A dr., *H. Vernet, Bataille d'Isly (1844). Beaucé, Prise du fort St-Xavier, près de Puébla (1863). H. Vernet, Siège de Rome (1849).
Beauté, Entrée de l'armée française à Mexico (1863) ; Assaut et prise de Laghouat (Algérie ; 1852). Tissier, Napoléon III rendant la liberté à Abd-el-Kader au château d'Àmboise (1852).
Salle IV, salle de Constantine. * Horace Vernet, Siège et Prise de Constantine (1837) , 3 tableaux ; Attaque du fort mexicain de St-Jean d'UUoa par l'amiral Baudin (1838); l'Armée française emporte le défilé de Ténia-Mouzaïa (1840) ; Attaque de la citadelle d'Anvers (1832); Combat de l'Habrab (1835).
Sallb V, salle de Crimée» A g., F.-J. Barrias, Débarquement de l'armée française à Old-Port (Crimée; 1854). A dr., *Yvon, la Gorge de Malakoff ; la Prise de Malakoff (1855) ; la Courtine de Malakoff. Pils, Bataille de l'Aima (1854). Yvon, Bataille de Solferino (1859). Rigo, Bataille de Magenta (1859).
Salle VI. *Bouchot, Bonaparte au conseil des Cinq-Cents à St-Cloud (dissolution; «18 brumaire», 9 nov. 1799). Couder, Installation du conseil d'Etat au petit Luxembourg (1799) ; *le Serment du jeu de paume (1789); Fédération des gardes nationales et de l'armée au Cbamp-de-Mars (1790). Vinehon, Séance royale pour l'ouverture des chambres et la proclamation de la charte constitutionnelle en 1814. — Sallb VII. Vinehon, Enrôlement des volontaires en 1792. Steuben, Bataille d'Ivry (1590).
Revenus à la galerie de sculpture (v. p. 291) , nous la suivons jusqu'à l'extrémité N., où est le théâtre (p. 289).
L'escalier à g. monte au second étage, dit Tattique du nord. Il contient, dans 10 salles, une quantité extraordinaire de portraits, la plupart de petite dimension et généralement de peu de valeur artistique, mais parmi lesquels il y en a cependant un certain nombre des H. Rigaud, Mignard, Lebrun, Vanloo, Goypel, etc. Us représentent surtout des souverains, des princes et d'autres personnages illustres de tous les pays, depuis le xme jusqu'au xvnie s. Il y a aussi quelques moulages et des médailles. On redescend par le même escalier. Les visiteurs pressés feront bien de renoncer à voir cette partie du musée.
La 2© galerie de l'Histoirb de France se compose de 10 salles de l'aile du Nord au premier étage, parallèles à la galerie de sculpture. Elle renferme des tableaux représentant des scènes historiques des années 1797 à 1835 ; la série commence du côté de la chapelle, tandis que nous y entrons à l'extrémité opposée.
Ire sallb (1830-1835). Court, le Duc d'Orléans signe la proclamation de la lieutenance générale du royaume (1830). — 2e salle (1824-1830). Gérard, Sacre de Charles X à Reims (1825). A g., H. Vernet, Revue de la garde nationale au Champ-de-Mars, par Charles X (1824). — 3e sallb (1814-1823). Paul Delaroche, Prise du Trocadéro (1823). Gros, Louis XVII quitte le palais des Tuileries à la nouvelle de l'approche de Napoléon en 1815. — 4« salle (1811-1814). Henri Scheffer, d'après H. Vernet, Bataille de Montmirail (1814). Féron, d'après H. Vernet, Bataille de Hanau (1813). Beaume, Bataille de Lutzen (1813). — 5« sallb (1809- 1812). Langlois, Batailles de Smolensk (1812), de Castella (1812) et de la Moskowa (1812). — 6e sallb (1809-1810). Meynier,
Retour de Napoléon dans l'île de Lobau après la bataille d'Essling (1809). BeUangé, Bataille de Wagram (1809). Oautherot, Napoléon blessé devant Ratisbonne (1809). — 7e balle (1809-1807). Hersent, Combat et prise de Landshut (1809). Thévenin, Attaque et prise de Rati abonne (1809). Taunay, Entrée de la garde impériale à Paris (1807). — 8e sallb (1806-1807). Camus, Napoléon au tombeau de Frédéric le Grand (1806). Vafflard , la Colonne de Rosbach renversée par l'armée française (1806). — 9e sallb (1800-1805). Taunay, Entrée de l'armée française à Munich. — 10e sallh (1800-1797). Hennequin, Bataille des Pyramides (1798). Colson, Entrée de Bonaparte à Alexandrie (1798). Langlois, Combat de Benouth (1799).
Du vestibule de la tribune de la chapelle, nous tournons à dr.
Parti* centrale. — Le côté N. du centre du palais du côté des jardins faisait partie des grands appartements du Roi, qui étaient complétés par plusieurs pièces au S. de la cour de Marbre , parallèles à la galerie des Glaces (v. ci-dessous). Beaucoup ont du reste subi diverses transformations. Dans la plupart, les murs sont décorés de tableaux des batailles de Louis XIV par le trop fécond van der Meulen et par ses élèves, surtout J.-B. Martin.
Ire salle, dite salon d'Hercule. Vaste plafond peint par Lemoine, l'Apothéose d'Hercule. — IIe sallb, salon de l'Abondance. Plafond par Houasse , l'Abondance ou la Magnificence royale. — Ille et IVe salles , à g. de la précédente (v. le plan). Gouaches représentant des événements du xvme 3., par van Blarenberghe. — Ve salle , salle des Etats- Généraux. On y remarquait surtout auparavant le tableau de Couder qui est dans la salle de la chambre des députés (p. 300); il en reste encore quatre grands par Btzard et Alaux et une frise représentant une procession avant l'ouverture des Etats généraux de 1789, par Louis Boulanger. — Les salles de l'autre côté de la 3e sont les petits appartements du Roi (v. p. 295).
VIe salle, à la suite de la 2e, salon de Vénus. 'Groupe en marbre des Trois Grâces, par Pradier. Plafond par Houasse, Vénus assujétissant à son empire tontes les divinités. — VIIe salle, salle de Diane. Plafond par Blanchard, Diane présidant à la chasse et à la navigation. Voussures par Audran, Lafosse et Sarrazin. Buste de Louis XIV par le Bernin et d'autres bustes de la famille royale, etc. — VIIIe salle, salon de Mars. Plafond par Cl. Audran, Mars sur un char traîné par des loups ; compartiments par Houasse etJouvenet, les Horreurs et les Bienfaits de la guerre. — IXe salle, salon de Mercure. Plafond par J.-B. de Champagne, Mercure sur un char tiré par deux coqs. — Xe salle, salon d'Apollon. Plafond par Ch. de Lafosse, Apollon sur un char traîné par quatrechevaux et accompagné par les Saisons.
Le salon de la Gubbbb (pi. B), qui vient ensuite et qui occupe, avec la galerie suivante et le salon correspondant, le côté O. de la partie centrale du palais, doit aussi son nom à son plafond,
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peint par Lebrun. Il repré*sente la France année delà foudre et d'un bouclier avec le portrait de Louis XIV, entourée de l'Allemagne à genoux, la Hollande foudroyée et l'Espagne épouvantée, etc. Ces peintures et celles de la galerie voisine n'ont pas peu contribué, selon St-Simon, à irriter et à liguer l'Europe contre le roi. Sur la cheminée, Louis XIV à cheval, bas-relief de Coyzevox.
La *GALBBIB DBS GliA-
cbs a 73 m. de long, 10 m. 50 de large et 13 m. de haut.
Elle jouit d'une vue magnifique sur les jardins et leurs pièces d'eau, par 17 grandes fenêtres en arcades, en face desquelles sont autant de glaces, dans des arcades dorées. Entre les fenêtres et les arcades, des pilastres d'ordre corinthien ; dans les trumeaux, des trophées de bronze doré, etc. Mais le principal ornement de cette galerie, ce sont encore ses peintures, aussi par Lebrun, toutes à la glorification de Louis XIV, dans le goût pompeux et un peu lourd du xviie s., avec le cortège inévitable de divinités au service du roi. Au - dessus de la porte du salon de la Guerre, l'Alliance de l'Allemagne et de l'Espagne avec la Hollande (1672).
La composition correspondante à l'autre extrémité représente la Hollande qui accepte la paix et se détache de l'Allemagne et de l'Es-
pagne (1678). Les principaux sujets du plafond sont, à partir du salon de la Guerre : du côte* des jardins, le Passage du Rhin, les Armements sur terre et sur mer; du côte* oppose*, le Roi donnant des ordres pour attaquer quatre des places fortes de la Hollande ; le Roi gouvernant par lui-même ; la Résolution prise de faire la guerre aux Hollandais ; la Franche-Comté conquise pour la seconde fois ; la Prise de Gand. Dix-huit médaillons plus petits complètent enfin la décoration. — C'est dans cette galerie que le roi de Prusse a été proclamé* empereur d'Allemagne en 1871.
Avant de passer dans le salon de la Paix , nous devons visiter les salles parallèles à la galerie et leurs dépendances, où Ton entrait auparavant de l'autre côté*, comme l'indique notre plan. — La salle du côté* N., la saUe du Conseil (pi. Ô), n'a guère de remarquable qu'une pendule curieuse, par Morand, de 1706.
Les personnes qui en auront le loisir pourront visiter d'ici , àg., les petits appartements du Roi. — La première pièce était la chambre à coucher de Louis XV, qui y mourut le 10 mai 1774. On y remarque le modèle de la statue de ce roi qui fut érigée à Paris sur la place actuelle de la Concorde (v. p. 72), et un grand tableau de Signol représentant le sacre de Louis XV. — Ensuite vient le talon des Pendules, contenant deux pendules astronomiques de Passemant et une pendule anglaise prise à Alger en 1830. — A g., le cabinet des Chasses ^ à côté d'une cour où se faisait la curée, et la saUe à manger. — A la suite du salon des Pendules, trois cabinets ayant eu diverses destinations. — Puis la bibliothèque de Louis XVI, deux salles peu remarquables, la dernière à côté d'un escalier reconstruit de nos jours, et les salles III à V mentionnées p. 293. Il faut revenir sur ses pas ou traverser de nouveau les grandes salles du côté N. pour continuer la visite.
Après la salle du Conseil où nous sommes entré*s de la galerie des Glaces, vient la chambre à coucher de Louis XIV (pi. 4), dont l'ameublement et la décoration sont à peu près comme au xvii® s. Nul n'avait le droit de francbir, sans la permission du roi, la balustrade qui pré*cède le lit. C'est ici et dans ce lit que Louis XIV mourut, après 72 ans de règne, le 1er septembre 1715. Conformément au cérémonial de la cour, le premier gentilhomme se présenta à la croisée du côté* de la cour de Marbre, en s'écriant trois fois : « le roi est mort!». Puis il brisa sa canne, et en prenant une autre il ajouta : «vive le roi !». C'est également sous le balcon de cette chambre qu'eut lieu la scène tumultueuse du 6 octobre 1789, à la suite de laquelle Louis XVI dut quitter le palais. — La pièce suivante est la fameuse salle de V ŒU-de-Bœuf (pi. 3), ainsi nommée d'une fenêtre ovale qui s'y trouve. C'est ici que les courtisans attendaient le lever du roi , et c'était le centre des cancans de Versailles. Un tableau qu'on y voit, par Nocret, est une preuve curieuse de l'adulation dont le roi était l'objet et à laquelle il se prêtait volontiers ; toute la famille royale y est représentée avec les attributs des divinités païennes, Louis XIV en Apollon, la reine en mère des amours, Monsieur en étoile du matin qui vient saluer le soleil, etc.
Dans le coin à g. de la porte donnant sur la galerie des Glaces se trouve l'entrée des petits appartements de la Reine , qu'on ne visite que sous la conduite d'un gardien. Ils sont peu intéressants. On y voit un
petit escalier , dit escalier des Dupes , un couloir qui reliait les appartements de la reine à ceux du roi, la porte secrète par laquelle Marie- Antoinette s'évada à l'approche des révolutionnaires, et diverses pièces qu'elle occupait. On se retrouve à la sortie dans la lre antichambre (pi. 2).
A la suite de la salle de l*Œil-de-Bœuf sont encore la première antichambre et la salle des Gardes (pi. 2 et 1) et au delà l'escalier de Marbre (pi. A) , maintenant fermé de ce côté.
Revenus à la galerie des Glaces , nous tournons à g. pour voir le salon de la Paix (pi. C). Le plafond, toujours par Lebrun , est encore conçu dans un esprit peu pacifique, malgré son nom.
Les riches salles du côté S. de la partie centrale du palais donnant sur les jardins sont les grands appartements de la Reine. Ire sallb, chambre de la Reine, la chambre à coucher de Marie-Thérèse, Marie Leczinska et Marie- Antoinette. Au-dessous du portrait de cette dernière, à g., la porte par où elle s'échappa en 1789 (v. ci-dessus). Voussures en grisaille par Boucher. — IIe sallb, salon de la Reine , où se faisaient les grandes réceptions chez la reine. Plafond par Michel Corneille , Mercure protégeant les sciences et les arts. — Ille sallb , salon du Grand couvert ou antichambre de la Reine. On y remarque surtout un tableau de Gérard, Philippe de France, duc d'Anjou, déclaré roi d'Espagne (1700). Plafond d'après Lebrun, Darius aux pieds d'Alexandre. — IVe sallb, salle des Gardes de la Reine , celle qui fut envahie par la populace le 6 oct. 1789 et où trois gardes se dévouèrent successivement pour sauver la reine. Statue de Louis XV et divers bustes. Plafond par Noël Coypel, Jupiter accompagné de la Justice et de la Paix, Ptolémée Philadelphe, Alexandre Sévère, Trajan et Solon. — V« sallb, salle du Sacre. Cette pièce ne faisait déjà plus partie des appartements de la reine; c'était la grande salle des gardes. Elle renferme trois grands tableaux : *David, Sacre de Napoléon et couronnement de Joséphine à Notre-Dame de Paris (1804); David, Distribution des aigles au Champ-de-Mars(1804), composition un peu théâtrale; *Gros, la Bataille d'Aboukir (1799). Au milieu de la salle, les •Derniers moments de Napoléon, marbre par Vincent Vêla (sortie, v. p. 298). — Vie sallb, dite de 1792-1793. Lami, Batailles de Hondschoote et de Watignies (1793). — VII© sallb (1793-1794), à g. de la précédente. Bellangé, Bataille de Fleurus (1794).
Une petite porte à g. dans le fond de cette salle donne entrée dans trois cabinets qui y font suite et renferment des tableaux des campagnes de 1794 à 1796. On peut aussi y entrer de l'autre extrémité, du côté de l'escalier de Marbre (pi. A ; p. 298).
Ville salle (1792), à la suite de la 6*: portraits de guerriers illustres , représentés à l'âge et avec l'uniforme qu'ils avaient en 1792. Parmi les grands tableaux, on remarque, à g., la Canonnade de Valmy (1792) et le départ de la garde nationale pour l'armée, en 1792, par L. Cogniet; en face, la Bataille de Jemmapes (1792), d'après H. Vernet. Au milieu de la salle, une colonne en porcelaine de Sèvres , ornée de peintures et surmontée d'une statue de
la Victoire ; elle a été offerte par la ville de Paris à Napoléon 1er a l'occasion de son mariage avec Marie-Louise.
Quelques marches à gauche conduisent aux tallet de» aquarelles deê campagnes de 1796 à 1814 (pi. D). Les peintures, exécutées par des officiers d'état-major, sont moins intéressantes sous le rapport de l'art que par les sujets qu'ils représentent.
Aile du Midi. — De la salle VIII, on traverse le palier de l'escalier des Princes (pi. E), et l'on arrive dans la grande
**Galebje des Batailles. — C'est nne superbe salle, de 120 m. de long sur 13 de large , divisée en deux parties par des colonnes et décorée de 33 grands et magnifiques tableaux de même dimension, ainsi que de 80 bustes de princes, d'amiraux, de connétables, de généraux et d'autres guerriers français morts pour la patrie. Les noms d'autres guerriers qui se sont sacrifiés pour la patrie sont en outre inscrits sur des tableaux dans les angles et aux fenêtres. Cette galerie n'existe que depuis le règne de Louis - Philippe ; il y avait ici auparavant quantité de petites pièces.
Nous mentionnons les tableaux en faisant le tour de la galerie.
A g. *Ary Scheffer, Bataille de Tolbiac (496). *Steuben, Bataille de Poitiers (732). *A. Scheffer, Charlemagne reçoit à Paderborn la soumission de Witikind (785). *Eug. Delacroix, Prise de Constantinople par les croisés (1204). **Horacc Vernet, Bataille de Bouvines (1214). E. Delacroix, Bataille de Taillebourg (Anglais; 1242). Larivière, Bataille de Mons-en-Puelle (1304). — Henry Scheffer, Bataille de Cassel, en Flandre (1328). Larivière, Bataille de Cocherel (1364). H. Scheffer, Levée du siège d'Orléans (1429). Larivière, Bataille de Castillon (Anglais ; 1453). — Féron, Entrée de Charles VIE à Naples (1495). Fragonard, Bataille de Marignan (1515). Picot, Prise de Calais (1558). Gérard, Entrée de Henri IV à Paris (1594). JBeim, Bataille de Rocroy (1643). Franque, Bataille de Lens (1648). Larivière, Siège de Dunkerque (1793).
Au fond, Alaux, Valenciennes prise d'assaut (1677). — Salle voisine, v. ci-dessous.
De l'autre côté, en revenant : Devéria, Bataille de la Marsaille (1693). — Alaux , Batailles de Villaviciosa (1710) et de Denain (1712). — **B. Vernet, Bataille de Fontenoy (1745). — Couder. Bataille de Lawfeld (Anglais; 1747); Siège d'York-Town (Amérique; 1781). — Mauzaisse, Bataille de Fleurus (1794). — Philippoteaux, Bataille de Rivoli (1797). — Bouchot, Bataille de Zurich (Russes; 1799). — Schopin, Bataille de Hohenlinden (1800). — * Gérard, Bataille d'Austerlitz (1805). — H. Vernet, Batailles d'Iéna (1806), Friedland (1807) et ^Wagram (1809).
La sallb db 1830 , à l'extrémité S. de la galerie, contient des tableaux relatifs à l'avènement de Louis-Philippe au trône. A g., Larivière, le Duc d'Orléans, lieutenant général du royaume, arrive à l'Hôtel- de- Ville. En face, Gérard, Lecture de la déclaration des députés et de la proclamation du Lieutenant général. A dr., Ary Scheffcr, le Lieutenant général reçoit à la barrière du Trône le 1er ré-
giment de hussards , commandé par le duc de Chartres , son fils. Plus loin, Court, Distribution des drapeaux à la garde nationale.
Parallèle à la galerie des Batailles est une galbbib de soulptubb, avec une quantité de statues et de bustes de personnages célèbres des xvne et xvin6 s. , par des artistes modernes, tels que : Rude, Rutchiel, Bra, Houdon, Lemaire, Pajou, Dur et, Dumont, Seurre ; quelques uns par Barth. Prieur et Franc. Anguier, etc.
De retour à l'escalier des Princes, on pourra le descendre pour visiter les rez-de-chaussée de l'aile du Midi et de la partie centrale ou pour sortir du palais ; mais il vaut mieux, si on le peut, voir d'abord le second étage des mêmes parties du musée. Pour y aller, on retourne jusqu'à la Ve salle de la partie centrale où est le Napoléon mourant, on passe par une porte dans l'angle opposé à dr. (pi. F), d'où l'on arrive à V escalier de Marbre (pi. A),, qui est également une des sorties du palais, et on monte par V escalier de la Reine, qui fait suite au précédent.
Second étage.
Le palais n'a que dans certaines parties un second étage où attique, et la plupart des salles de cet étage sont aussi occupées par le musée. Nous avons déjà parlé p. 292 de Vattique du Nord. Nous visitons maintenant la partie centrale , dite attique Chimay, dont l'entrée est en face de l'escalier de la Reine (v. le plan p. 294 ; a-k). Les salles de ce côté, au-dessus des appartements de la Reine contiennent encore un certain nombre de tableaux retraçant des événements historiques , mais surtout des portraits de personnages célèbres, depuis la fin du siècle dernier jusqu'à nos jours.
Attiqub Chimay. — Ire salle (pi. a) : Marines et Batailles navales , par Oudin , Crépin et Eug. Jsabey. — Dans un cabinet voisin , des tableaux assez remarquables de Bergeret, Révoil, Philippoteaux et Biard. — 2e salle (pi. b) : portraits de la famille d'Orléans, dont plusieurs de Winterhalter et un d'Indre*. Nous passons par la porte du fond. — 3e sallb (pi. c): à dr., un portrait remarquable de Thiers, par Bonnat; à g., Philippoteaux, le Combat de Montebello (1800); Bellangé, Bataille de l'Aima (1854) ; à dr., du même, Prise du col de Mouzaïa (1840). Au milieu, un vase de Sèvres où se voit aussi le portrait de Thiers. — 4e sallb (pi. d, e) : portraits de la famille Bonaparte, par Gros, H. Scheffer, Hébert, Gérard, Robert- Le fèvre, Dubufe. A dr. de la cheminée, •Bonaparte au St-Bernard, par David. Bustes et autres sculptures.
Ensuite une série de cabinets (f-k). — 1er cabinbt, rien d'important. — 2e cab. : portr. de Cousin, Al. Dumas, Ingres, H. Flanclrin, Guizot, A. de Musset, Abd-el-Kader, Lamartine, Lacordaire, P. Delaroche, Mgr Darboy, Montalembert et Leverrier. — 3e-5e cab., rien d'important. — 6e cab. : H. Vernet, le Duc d'Orléans (Louis-Philippe) partant pour l'Hôtel-de- Ville (1830).
Attiqub du Midi. — Cet attique communique avec l'autre par
le palier de l'escalier, où sont des bustes d'artistes et autres notabilités modernes. 11 y a dans l'attique du Midi comme dans celui du Nord une vaste collection de portraits depuis le xnie s. jusqu'à nos jours, intéressants surtout au point de vue historique. La série commence à l'autre extrémité*, où Ton y montait autrefois de la salle de 1830 (p. 297). — La 6e salle, divisée en deux par une cloison, renferme des vues de résidences royales, dont plusieurs n'existent plus ou ont été transformées.
Nous redescendons au premier et nous retournons à l'escalier des Princes (pi. E ; p. 298) pour descendre au rez-de-chaussée.
Rez-de-chaussée de l'aile du Midi et de la partie centrale. Aile au, Midi. — Nous visitons d'abord les salles de dr. , dites la Galbbib i>b l'Emfirb (pi. 1 à 13). Divers tableaux et des sculptures ont été enlevés de ces salles , modifiées pour l'usage de la chambre des députés lorsqu'elle siégeait à Versailles et qui doivent rester telles quelles à sa disposition.
Ire sallb (1796). Rien de bien important. — 2© sallb (1796- 97). Lethière, Préliminaires de la paix de Léoben (1797). — 3« salle (1798). Qirodet-Trioson, Révolte du Caire. Quérin, Bonaparte fait grâce aux révoltés du Caire. — 4e sallb (1802- 1804). Hennequin, Napoléon , au camp de Boulogne, distribue les croix de la légion d'honneur (1804). — 5e sallb (1804). Sérangeli, Napoléon reçoit au Louvre les députés de l'armée après son couronnement. — 6e sallb (1805). Petits tableaux relatifs à la première campagne de la Grande, Armée. — 7e sallb. Cette salle contenait auparavant des statues et des bustes de la famille impériale ; mais on les a remplacés par d'autres qui n'ont plus de rapport avec la galerie, depuis qu'on en a fait la salle des pas-perdus de la chambre des députés (v. ci-dessous). — 8e sallb (1805). Meynier, le Maréchal Ney remet au 76e de ligne ses drapeaux retrouvés dans l'arsenal d'Inspruck. Debret, Napoléon rend «honneur au courage malheureux» en voyant passer un convoi d'Autrichiens blessés. — 9e sallb (1805). QirodeUTrioson, Napoléon reçoit les clefs de la ville de Vienne. Gros, Entrevue de Napoléon et de François II après la bataille d'Austerlitz. — 10e sallb (1806-1807). Ch. Meynier, Entrée de Napoléon à Berlin (1806). Mauzaisse, d'après Gros, Napoléon sur le champ de bataille d'Eylau(1807). Berthon, Napoléon reçoit au palais royal de Berlin les députés du sénat (1806). — Ile sallb (1807). Qosse, Napoléon reçoit la reine de Prusse à Tilsitt. Debret, Napoléon décore un soldat de l'armée russe. — 12e sallb (1807-1808). C. Vernet, Napoléon devant Madrid (1808). Eegnault, Mariage du prince Jérôme Bonaparte et de la princesse Frédérique-Catherine de Wurtemberg (1807). Gros, Capitulation de Madrid (1808). — 13e SALLB (1809-1810). Debret, Napoléon harangue les troupes bavaroises et wurtembergeoises à Abensberg (1809). Rouget, Mariage de Napoléon et de Marie-Louise (1810).
Salle du Marbngo , ainsi nommée d'après nn tableau de G. Vernet qui a été enlevé. Ch. Thévenin, Passage du Grand St-Bernard par l'armée française (1800).
A la suite, les sallbs dbs Marinbs (I-IV), dont on a fait les appartements du président de la Chambre et qui ne sont plus visibles.
Nous prenons maintenant par la oalbbxb i>b sculptubb parallèle à la galerie de l'Empire. Elle renferme une quantité de bustes, de statues et de monuments de personnages célèbres de la République et de l'Empire.
Au milieu , à dr. , la salle des séances de la obambrb dbs Dbputbs, construite en 1875 dans une cour intérieure du palais , et qui est destinée aussi aux réunions du Congrès, c'est-à-dire du sénat et de la chambre des députés. On y a placé au - dessus du fauteuil du président un grand et beau tableau de Couder, l'Ouverture des Etats-Généraux en 1789.
On sort de l'aile du Midi par la cour des Princes (v. le plan).
Partie centrale. — Nous traversons maintenant à g. un des passages menant aux jardins et plusieurs vestibules pour entrer dans les salles de la partie centrale du rez-de-chaussée nommées sallbs dbs Amiraux, dbs Connétables , dbs Maréchaux bt dbs Gubrribrs oblbbrbs (I à IX et 1 à 8). Les portraits qui s'y trouvent n'offrent pour la plupart qu'un intérêt historique , et les inscriptions nous dispensent d'entrer dans les détails. Ceux de ces grands hommes dont on n'a pu se procurer les portraits sont honorés par des inscriptions. Le classement est fait d'après l'ordre chronologique, depuis le xm» s. jusqu'à nos jours.
Au milieu , entre les deux séries de salles renfermant des portraits, se trouve la galbrib Louis XIII, où se voient un certain nombre de moulages et de grands tableaux, entre autres: Scknetz, la Bataille de Rocroy (1643); Ziégler, Louis XIV recevant la réparation faite au nom du pape Alexandre YII (1664) ; Mauzaisse, d'après Testelin et van der Meule n, la Reddition de Cambrai (1677).
A dr. de la première partie de cette galerie est la sallb dbs Rois, contenant des portraits de tous les souverains de France, jusqu'à Napoléon III, et quelques sculptures, entre autres une statue en bronze de Napoléon 1er, par Seurre.
A côté, une sallb dbs Résidences, avec d'anciennes vues de châteaux l'Etat ; elle est actuellement fermée parce qu'elle sert au culte protestant en attendant l'achèvement du nouveau temple de la rue Hoche. — De l'autre côté du vestibule de la cour de Marbre, 3 salles dbs Tablbaux-Plans (1627-1814) peu intéressantes.
Revenant enfin à la galerie Louis XIII , on continue de faire le tour du rez-de-chaussée (salles 1 à 8) , et on arrive à la sortie pïès du vestibule de la chapelle, d'où l'on peut passer dans les jardins.
Jardina.
Les *jardins (v. le plan, p. 286), derrière le palais de Versailles, avec leur petit parc, leurs grandes pièces d'eau, etc. , sont à peu près dans le même état que lors de leur établissement, au xvne s., par A. le Nôtre, le plus célèbre architecte dessinateur de jardins de son temps. Rien de moins pittoresque, rien de plus artificiel que le genre qu'il mit à la mode ; on ne goûte plus guère ce style qui prend à tâche de soumettre la nature aux lois de la symétrie, qui fait de la géométrie, de l'architecture et de la sculpture avec des pelouses, des étangs et des arbres; mais l'ensemble dea jardins de Versailles ne laisse pas que d'avoir quelque chose de grand, de solennel, qui s'harmonise avec le palais et qui convenait surtout bien à la cour de Louis XIV. Ces jardins ne sont pas vastes ; on peut en voir la plus grande partie de la terrasse du palais. Ils renferment un grand nombre de statues et d'urnes d'après l'antique, ainsi que des œuvres originales du xvne s. Les principaux groupes sont ceux des "parterres du Nord et du Midi.
Au milieu, entre ces parterres, sont deux grands bassins dits le parterre dleau. Près des escaliers qui conduisent dans la partie inférieure des jardins, deux autres bassins, nommés, celui de dr., la fontaine de Diane; celui de g., la fontaine du Point-du-Jour. On y remarque des groupes d'animaux en bronze, fondus par les frères Keller: à dr., deux Lions combattant un sanglier et un loup ; à g. , un Ours et un tigre, un Cerf et un chien.
On a de cet endroit une vue d'ensemble de la façade du palais, imposante par sa longueur (415 m. ; 375 fenêtres), mais beaucoup trop uniforme. Il y a au S. deux escaliers de 103 marches de marbre, ayant 20 m. de large, qui descendent à Y Orangerie. Les orangers , au nombre d'environ 1200, sont dispersés dans les jardins durant la bonne saison ; l'un d'eux a, dit-on, plus de 450 ans d'existence. Plus loin, la grande pièce d'eau des Suisses, le bois de Satory, etc.
Pour le parterre du Nord et les bassins du même côté, v. p. 302.
Au pied de l'escalier devant le parterre d'Eau se trouve le grand *ba8sin de Latone, par les frères Marsy. C'est un bassin circulaire, à gradins de marbre rouge , avec des grenouilles, des lézards et des tortues, qui lancent des jets d'eau contre le groupe du milieu, représentant Latone et ses enfants, Apollon et Diane. La mythologie raconte que des paysans de Lycie , ayant refusé de l'eau à Latone, furent changés en grenouilles par Jupiter.
Les statues du Pourtour de Latone sont les meilleures de tout le jardin. A dr., la Mélancolie, singulière statue par la Perdrix; ensuite : Antinous, Tigrane, un Faune, Bacchus, Faustine, Commode en Hercule, Uranie, Jupiter et Ganymède, et, vis-à-vis, Vénus dans la conque marine. De l'autre côté, en remontant: le Gladiateur mourant, l'Apollon du Belvédère, Uranie, Mercure, Antinous, Silène, Vénus Callipyge, Tiridate, le Feu, la Poésie lyrique,
La longue pelouse, le Tapis- Vert, qui commence au Dassin de Latone, aboutit au bassin d'Apollon, dont le groupe représente le dieu du Soleil avec son quadrige, entouré de tritons et de dauphins : on l'appelle vulgairement le Char embourbé. Les figures sont en plomb et ont été* coulées par Tuby.
Un canal en forme de croix, long de 1568 m. et large de 62, s'étend à l'O. jusque près du Orand-Trianon (p. 303).
D'autres bassins, des groupes divers, etc., se trouvent dans les massifs du parc ; ils méritent surtout d'être vus lorsque jouent les eaux (v. ci-dessous) ; les autres jours , certains d'entre eux sont fermés; il faut alors s'adresser au gardien. Au S. ou à g. en partant du bassin de Latone : la Salle de bal ou des Rocailles (pi. 1), avec une cascade, fermée en temps ordinaire; le bosquet de la Reine, où se noua, dit-on, l'intrigue qui donna lieu à l'affaire du collier (Marie- Antoinette) ; le Quinconce du Midi, où se donnent des concerts en été; le bassin du Miroir et Vallée de V Hiver ou de Saturne ; le bosquet ou jardin du Roi, ouvert en été à partir de 2 h. ; le bosquet de la Colonnade (pi. 2), avec un péristyle circulaire composé de 32 colonnes de marbre soutenant des arcades, au-dessus de petits bassins de marbre, et décoré au centre d'un groupe de marbre par Girardon, l'Enlèvement de Proserpine.
Du côté N. ou à g. du Tapis- Vert en remontant: le bassin d'Encelade (pi. 3), où le géant, à demi enseveli sous l'Etna, lance un jet d'eau de 23 m. ; les Cent tuyaux ou V Obélisque (pi. 4), bassin qui doit son nom à la forme de son jet d'eau ; VEtoile ou le Labyrinthe, le Quinconce du Nord, le Rond- Vert et le ^bosquet des Bains d'Apollon (pi. 5). Ce dernier bosquet, également fermé en temps ordinaire, contient, dans une grotte, un groupe remarquable par Girardon et Regnaudin, la Toilette d'Apollon, et deux groupes de Coursiers d'Apollon, par Guérin et les frères Marsy.
Le parterre du Nord est à peu près comme celui du S. il est suivi d'un autre parterre en pente, dont la partie principale est YAllée-d'Eau ou des Marmousets, composée surtout de 22 groupes de trois enfants, dans des bassins et soutenant des cuvettes, d'où l'eau descend dans le bassin du Dragon, et de là dans le *bassin de Neptune, le plus grand des jardins. C'est celui dont les eaux jouent en dernier lieu et où se donnent les fêtes de nuit avec feux d'artifice. Il est orné de cinq groupes en métal : Neptune et Amphitrite, l'Océan, Protée gardant les troupeaux de Neptune, et deux Dragons montés chacun par un amour. — A g. ou à l'O., V avenue des Trianons, menant aux deux Trianons (15 min. ; v. p. 303).
Les Grandes-Eaux attirent toujours une quantité de monde énorme à Versailles. Ce divertissement, qui coûte chaque fois 8 à 10,000 fr., a ordinairement lieu le premier dimanche de chaque mois, de mai à octobre. Elles sont du reste annoncées à Paris dans les journaux et par des affiches. Il est bon de s'y prendre d'avance pour le départ et encore plus pour le retour. Les eaux jouent entre
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4 et 5 h., et elles ne jouent pas tontes en même temps, mais dans un certain ordre : suivre l'itinéraire marqué* sur le plan par un trait rouge. Ce sont d'abord les Petites - Eaux , c'est-à-dire surtout celles du bassin de Latone , de la * Salit des Rocailles (pi. 1) de la * Colonnade (pi. 2), du bassin d'Apollon, du bassin d'Encelade (pi. 3) des Cent tuyaux ou V Obélisque (pi. 4) et des Bains d'Apollon (pi. 5). Ensuite viennent les Grandes-Eaux, qui commencent à lancer leurs gerbes vers 5 h. ; ce sont celles du bassin du Dragon , de V Alléed'Eau et du bassin de Neptune. Leurs jets s'élèvent jusqu'à 23 m. de hauteur, mais ne durent malheureusement que 20 min. ; on fera donc bien de s'assurer à temps une place convenable.
Le Grand-Trianon , qui est situé* à 15 min. au N.-O. de la terrasse du palais de Versailles, est un é*lé*gant petit château en forme de fer à cheval, à un étage, que Louis XIV fit construire pour madame de Maintenon , sur les plans de Mansari. Il est visible tous les jours, sauf le lundi, de midi à 4 ou 5 h. La visite se fait sous la conduite d'un gardien. Il n'y a rien de bien remarquable.
C'est dans la galerie vitrée dite le Péristyle qu'a eu lieu, en 1873, le fameux procès Bazaine. On y voit un groupe en marbre par Vinc. Vêla (1862), symbolisant l'union de la France et de l'Italie, offert par les dames de Milan à l'impératrice Eugénie. Dans un salon plus loin , de beaux vases en malachite, donnés à Napoléon I«* par l'empereur Alexandre 1er de Russie. Puis un salon contenant quatre tableaux de Boucher, les petits appartements et les appartements dits de la reine d'Angleterre.
A côté* se trouve un musée des voitures: voitures de gala du premier et du second empire, traîneaux de Louis XIV, chaises à porteurs, harnais, etc. Il est visible les dimanche et jeudi.
Le Petit- Trianon , à peu de distance au N.-E. du pré*cô*dent, a é*té* construit sous Louis XV, pour Mme du Barry , par Gabriel, et fut le séjour favori de Marie- Antoinette. Il est public les jours de grandes eaux de midi à 4 ou 5 h. ; les autres jours , on n'est admis à le visiter qu'avec une permission, qu'on obtient au Grand- Trianon. Il est meublé* avec goût, mais ne contient rien de remarquable. Son jardin anglais, au contraire, qui a de magnifiques arbres, un ruisseau, un «temple de l'Amour», un «hameau», où les dames de la cour jouaient aux villageoises, etc., est ouvert au public et mérite une visite.
Excursion dans la vallée de la Bièvre, v. p. 324 et 323.