SAINT-DENIS
Le successeur de ce dernier, Etienne II, ne pouvant résister aux Lombards, se réfugia à St-Denis, et sacra Pépin et ses deux fils, Charles et Carloman. A sa mort, Pépin remit ici le pouvoir à ses fils, en présence des grands du royaume. L'abbaye eut aussi les faveurs des souverains de la dynastie suivante, celle des Capétiens. Louis VI (m. 1137), dont le plus fidèle et le meilleur conseiller fut l'abbé Suger, prit solennellement, pour le faire déployer à la tête de ses armées, l'étendard de St-Denis, Y oriflamme (flamme d'or, à cause de sa couleur rouge et or).' Cet étendard était suspendu à l'autel de la basilique et on ne le prenait que lorsque le roi se mettait lui-même en campagne ; il ne reparut plus après la malheureuse bataille d'Azincourt (1415; p. xv). Pendant la croisade de Louis VII (1147-49), Suger fut régent du royaume et contribua beaucoup à ramener la noblesse dans la dépendance de la couronne. Suger mourut en 1151, regretté de tout le pays. Cet homme habile et libéral, qu'on avait surnommé le père de la Patrie, compte encore parmi ses mérites celui d'avoir recueilli et continué les Chroniques de St-Denis. En 1429, Jeanne d'Arc suspendait ses armes aux murs de la cathédrale de St-Denis ; en 1593, Henri IV y abjurait le protestantisme; enfin en 1810 Napoléon I*r y épousa l'archiduchesse Marie-Louise.
Néanmoins la basilique de St-Denis est surtout importante comme sépulture des rois de France, qui y furent presque tous inhumés avec leurs familles à partir de Dagobert Ier (m. 638). Les nombreux monuments des premiers temps furent déjà détruits dans les transformations et reconstructions de l'église. St Louis (1226-1270), pour donner aux tombeaux de ses aïeux un aspect plus monumental, fit ériger dans le chœur des mausolées et d'autres monuments avec des figures couchées. On y consacra dès lors un monument à chaque roi et même à des princes et à des personnages importants, jusqu'au temps de Henri IV (m. 1610). Ensuite on se contenta d'y déposer les bières. Lorsque la Révolution éclata, la Convention, considérant que la Nation avait besoin de canons et de munitions , et que les tombes royales lui fourniraient du plomb et du bronze, vota la destruction des sépultures royales. Pour aller plus vite, on avait pratiqué une ouverture dans le mur de la crypte. Deux grandes fosses communes remplies de chaux reçurent les ossements et même les corps à moitié conservés de plusieurs générations de rois.
En 1817, Louis XVIII fit retirer les cendres de ses aïeux des fosses communes, et les fit replacer dans la crypte (p. 317). ainsi que les restes de Louis XVI et de Marie-Antoinette , qui avaient été enterrés au cimetière de la Madeleine. Louis XVIII lui-même (m. 1821), le duc de Berry, assassiné en 1820 (p. 189), et quelques enfants de la famille royale, sont les seuls Bourbons qui furent inhumés à St-Denis après la Restauration.
La conservation des tombeaux qui existent encore est due au zèle infatigable à? Alex. Lenoir (p. 242), qui les fit transporter au musée des Petits-Augustins, aujourd'hui l'Ecole des Beaux- Arts.
Par malheur, les monuments en métal avaient été envoyés à la fonderie. Lorsque Louis XVIII fit restituer les autres à l'église , on les plaça dans la crypte. De plus on les modifia et on les compléta arbitrairement, et l'on y ajouta nombre de monuments du musée Lenoir provenant d'autres églises. Depuis la restauration de l'église par Violletle-Duc, ils ont repris tous à peu près leurs anciennes places; mais on a conservé ceux qui sont d'une autre provenance.
La façade de l'église est encore colle de l'édifice de Suger, qui fut terminé*e en 1140; mais les sculptures de ses trois portails ont été en grande partie et assez mal refaites de nos jours. Elles représentent, celles du portail S., les douze mois et le martyre de St Denis ; celles du portail N., toutes nouvelles, les signes du zodiaque ; celles du portail du milieu, le jugement dernier, les Vierges folles, etc. Des créneaux ont été ajoutés à cette façade auxrv« s., dans un but de défense, et derrière s'élève le fronton de la nef majeure, avec la statue de St Denis. Les portails latéraux sont