‹ Paris et ses environs suivis d'excursions diversesChapitre 212 sur 285 · CAF · texte numérisé non relu

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trouve à l'entrée, au fond de la cour principale, ou dans les dépendances à g. de la grille. Il faut une autorisation pour voir les salles des Chasses de Louis XV, après la galerie de Diane, l'appartement de Mme de Maintenon, après l'escalier du Roi, et quelques autres pièces, qui offrent du reste peu d'intérêt.

Les vastes constructions de ce palais comprennent cinq cours : la cour du Cheval-Blanc, la cour de la Fontaine, la cour Ovale ou du Donjon, la cour de$ Princes et la cour de Henri IV on des Offices. La cour du Cheval-Blanc, par où l'on entre, est la plus grande; elle a 152 m. de long sur 112 de large, et elle est séparée par une grille de la rue et de la place de Ferrare ou de Solferino. Son nom lui vient d'une statue de plâtre qui s'y trouvait anciennement. On l'appelle aussi la cour des Adieux, depuis que Napoléon Ier y a fait ses adieux aux grenadiers de sa vieille garde, le 20 avril 1814. A son retour de l'île d'Elbe, l'empereur y passa en revue ces mêmes grenadiers, le 20 mars 1815, et les conduisit de là sur Paris.

Le pavillon central est précédé d'un escalier monumental un peu massif, nommé Y escalier du Fer-à-Cheval. C'est là, à g., que se trouve l'entrée des visiteurs. L'itinéraire suivi par les gardiens est d'ordinaire celui que nous allons indiquer sommairement.

La chapelle de la Trinité, à g. au rez-de-chaussée, est surtout remarquable par son plafond, œuvre de Fréminet, imitateur de Michel- Ange et du Parmesan. C'est dans cette chapelle qu'eurent lieu le mariage de Louis XV, en 1725 ; le baptême de Napoléon III, en 1810, et le mariage du duc d'Orléans, en 1837.

On monte de là un grand escalier, d'où l'on visite les appartements dits de Napoléon I«* ou la galerie de François I<* (p. 328), ou bien la galerie des Assiettes (p. 329) et les autres appartements du côté de la façade, en passant par le vestibule du Fer-à-Cheval.

Appartements de Napoléon I«r, du coté du jardin de l'Orangerie : antichambre, cabinet des secrétaires, salle des bains, avec glaces ornées de peintures, provenant, dit-on, de celle de Marie- Antoinette au Trianon ; — cabinet ou Napoléon signa son abdication, le 4 avril 1814, sur le petit guéridon placé au milieu ; — cabinet de travail, avec plafond par J.-B. Regnault (m. 1829), la Loi et la Justice; — chambre à coucher, avec une belle cheminée du temps de Louis XVI, le lit de Napoléon, une pendule ornée de camées antiques, donnée à l'empereur par Pie VII, etc.

A g., la salle du Conseil, de l'époque de Louis XV, décorée par Boucher, et dont les meubles sont en tapisserie de Beau vais. — Puis la salle du Trône , qui a un magnifique plafond, un lustre en cristal de roche, et des boiseries faites sous Louis XIII et Louis XIV. Ensuite les appartements de Marie- Antoinette: son boudoir, sa * chambre à coucher, décorée de tentures données par la ville de Lyon et où l'on remarque aussi deux vases en ivoire d'une trèsgrande finesse ; deux salons, avec une table et des vases de Sèvres, des commodes Louis XVI, etc.

Nous arrivons ainsi dans la galerie de Diane ou de la Bibliothèque, longue de plus de 80 m., construite sous Henri IV et restaurée sous Napoléon 1er et sous Louis XVIII. Elle est décorée de peintures représentant des scènes mythologiques, par Blondel et A. de Pujol. On y remarque aussi l'épée et la cotte de mailles de Monaldeschi.

Au-dessous de cette même galerie de Diane se trouve l'ancienne galerie des Cerf *i transformée aujourd'hui en garde-meuble et qu'on ne peut plus visiter. C'est là que Christine de Suède, qui recevait l'hospitalité à la cour de France et demeurait à Fontainebleau depuis son abdication (1664), At tuer par jalousie et par vengeance, en 1667, le comte italien

Monaldeschi, son grand écuyer, après l'avoir soumis à un simulacre de jugement et lui avoir donné un confesseur. Une plaque de marbre dans le pavé de la petite église d\4t>o», village situé à l'E. du parc, à environ

20 min. du château, marque l'endroit où il fut inhumé. Louis XIV se contenta de blâmer ce meurtre, et Christine séjourna encore tranquillement pendant deux ans à Fontainebleau.

De là nous passons dans les salons de réception du côté de la cour Ovale (p. 329). L'antichambre est ornée de tapisseries des Gobelins, le salon suivant, de tapisseries de Flandre (Psyché) , de même que celui de François Ier, où Ton voit aussi une belle cheminée du xvi« s. et des bahuts Louis XIII en ébène. — Le salon Louis XIII est la pièce où est né ce roi. Il a été décoré par Ambroise Dubois (m. 1615) de peintures tirées du romande Théagène et Ghariclée. Dans les salles de St-Louis se voient 15 tableaux dont les scènes sont tirées de la vie de Henri IV, et, sur la cheminée, une statue et un portrait de ce prince, etc. La saUe des Gardes, la dernière de cette série, donne sur la cour de la Fontaine (p. 329). Il y a une belle cheminée, avec un buste de Henri IV, et deux statues de la Force et de la Paix, un plafond ancien et un plancher moderne remarquables.

Puis Vescalier du Roi ou escalier d'honneur, décoré de peintures d'après Primatice, par Nie. dell' Abbate et restaurées ou refaites entièrement par A. de Pujol. Le sujets sont tirés de la vie d'Alexandre. On voit bien du palier la cour Ovale (p. 329). — Un couloir derrière Y appartement de Mme de Maintenon , situé au-dessus de la porte Dorée (p. 329), conduit à la

* Galerie de Henri II ou salle des Fêtes, qui a 30 m. de long sur

10 de large. Elle a été construite par François I®' et richement décorée sous Henri II. On y remarque, avec l'initiale de ce prince, un H, les emblèmes de Diane de Poitiers, surtout un croissant et un D. Les fresques, représentant des sujets mythologiques, sont du Primatice et de son élève Nie. delV Abbate ; mais elles ont été restaurées par Alaux et elles ont perdu une grande partie de leur originalité.

11 y a à l'extrémité une cheminée monumentale. Cette salle offre un beau coup d'œil sur les jardins (v. ci-dessous).

Nous revenons sur nos pas jusqu'au salon St-Louis et nous entrons à g. dans la galerie de François 7«»*, longue de 64 m. et large de 6 m., qui s'étend, du côté de la cour de la Fontaine (v. ci-dessous), jusqu'au vestibule près de l'escalier du Fer-à-Cheval (p. 327). Elle est décorée de 14 grandes compositions du Rosso, représentant

des scènes allégoriques et mythologiques ayant rapport à l'histoire et aux aventures de François Ier. Ces peintures sont séparées par des bas-reliefs, des cariatides , des trophées et des médaillons. La salamandre et le chiffre de François 1er 8'y répètent souvent.

Le vestibule, dit du Fer-à-Cheval, a de belles portes en chêne du temps de Louis XIII.

A g. sont les appartements des Reines Mires et de Pie VU. Ils ont été* habités par Catherine de Médicis (m. 1588), qui fut mère de trois rois, de France : François II, Charles IX et Henri III, puis par Anne d'Autriche (m. 1666), mère de Louis XIV, et par Pie VII captif, du mois de juin 1812 au 24 janvier 1814.

D'abord une antichambre avec des sièges et des tentures en cuir dit de Cordoue et un magnifique bahut Louis XIII ; une seconde antichambre dé*coré*e de Gobelins (Histoire d'Esther); un salon aussi avec des Gobelins et des meubles en tapisserie de Beauvais ; la chambre à coucher d'Anne d'Autriche, également ornée de Gobelins (Batailles d'Alexandre d'après Lebrun); 2 cabinets, la chambre à coucher du pape et encore un salon avec des Gobelins. On est là près de l'étang des carpes (v. ci-dessous). Ensuite un nouveau salon comme le précédent , une antichambre et une salle dite galerie des Fastes , parce qu'on y devait peindre l'histoire de Fontainebleau. Il y a des tableaux anciens d'une valeur secondaire.

Une dernière galerie de ce côté , par laquelle on entre quelquefois, est la galerie des Assiettes, ainsi nommée à cause de sa décoration bizarre, due à Louis-Philippe : des assiettes en porcelaine où sont représentées les résidences royales. On l'appelle aussi galerie des Fresques , parce qu'on y a transporté des fresques de la galerie de Diane, par Ambroise Dubois.

On retraverse enfin la galerie des Fastes, et l'on va par un long corridor à dr. , également garni de tableaux anciens , à la salle de spectacle, de construction moderne, et peu intéressante.

Jardins. — En passant par une grande porte sur la droite de l'escalier du Fer-à- Cheval (p. 327), on arrive d'abord dans la cour de la Fontaine , à dr. de laquelle se trouve un étang avec un pavillon. Cet étang est célèbre par ses vieilles et nombreuses carpes, dont les ébats et la gloutonnerie amusent bien des visiteurs, qui leur jettent des morceaux de pain achetés à une marchande dans la cour même.

A dr. s'étend le jardin anglais, planté sous Napoléon le. A g., à l'extrémité de V avenue de Maintenon, qui conduit à la foret, s'élève la porte Dorée, du règne de François 1er, comme on le voit à la salamandre de l'écusson. Elle est décorée de fresques, qui ont été restaurées. C'est une des entrées de la cour Ovale ou du Donjon, de 73 m. de long sur 31 de large, la plus ancienne du palais, qui a subi plusieurs modifications et perdu sa forme primitive, mais qui n'en est pas moins remarquable par son architecture , notamment par son péristyle , dont les colonnes ont des chapiteaux charmants. Elle n'est plus ouverte au public. A l'E. se voit une

porte curieuse surmontée d'un dôme, dite la porte Dauphine ou le Baptistère, parce que c'est fi que fut baptisé* Louis XIII.

Au delà de l'étang se trouve le second jardin public, le parterre, dessiné sous Louis XIV par le Nôtre, avec une pièce d'eau carrée et une ronde. Plus loin, un canal (1200m.), creusé sous Henri IV. Il est précédé de statues et de groupes en bronze et en marbre. A g., le parc, avec un labyrinthe.

La *forét de Fontainebleau, qui a 80 kil. de tour et une superficie de plus de 17,000 hectares , est regardée avec raison comme la plus belle de France. Elle est bornée au N.-E. par le cours sinueux de la Seine. Le sol en est très-accidenté ; il se compose surtout de sable et de grès, et il fournit la plupart des pavés de Paris (800,000 par an). Ses magnifiques futaies et ses gorges sauvages offrent des promenades aussi variées que pittoresques. Des chemins sans nombre la sillonnent dans toutes les directions.

Pour s'orienter parfaitement, on ne saurait guère se passer de l'excellente carte de la forât (1 fr. 50 ou 2 fr., à la gare, chez Lacorde, rue des Bons-Enfants, 6, etc.), par Denecourl , homme intrépide (m. 1874) qui a consacré une grande partie de son patrimoine et de sa vie a étudier cette forêt, à en rechercher les plus beaux sites et à les rendre accessibles par des sentiers: on l'appelait communément le Sylvain. Notre carte est une réduction de la sienne.

Il y a des poteaux indicateurs à tous les carrefours. On remarquera de plus, pour s'orienter, qu'il y a des signes et des chiffres bleus, faits sur des arbres et des rochers par M. Denecourt, pour signaler les endroits les plus pittoresques de la forêt, tandis que des marques rouge* sur les arbres et les poteaux, dues à l'administration des eaux et forêts, indiquent toujours la direction de la ville.

Si l'on n'a que peu de temps à consacrer à la forêt, on se contentera de visiter les rochers et gorges de Franchard , situés à environ 1 h. Le chemin qui y conduit n'est toutefois pas assez intéressant pour être fait à pied avec plaisir.

De l'extrémité de la rue de France, à l'angle N.-O. de la ville (74 d'h.), on prend la route qui se détache à g. de la grande route de Paris, et qui monte insensiblement. Les voitures vont jusqu'à la route Ronde, où elles tournent à g., pour arriver bientôt au restaurant. Les piétons quittent la route au bout de 35 min. et prennent à g. un sentier dit la «route de la Fosse Râteau» et 5 min. plus loin un autre sentier à dr., qui conduit aussi en Ô min. au restaurant de Franchard, lieu le plus fréquenté des environs de Fontainebleau (déj., 3 fr. ; dîn., 3 fr. 50, etc.).

Les rochers et gorges de Franchard consistent en un chaos de rochers de grès blanc et très-dur, où croissent toutes sortes d'arbres et de broussailles. Le bassin , qui mesure environ une lieue de tour, commence à 5 min. à l'O. (on passe devant les restes d'un vieux couvent, servant actuellement d'habitation à un garde- forestier), près du rocher des Ermites et de la Roche qui pleure, bloc de rocher d'où suinte de l'eau, que les paysans des environs considèrent comme un remède efficace contre les maux d'yeux. On a du haut des rochers un beau panorama de toute la gorge, qui a toutefois, comme

les autres , perdu de son pittoresque parce que l'Etat y a fait faire des semis de pins. On retournera à Fontainebleau parle même chemin.

Les gorges et Apremont et la haute futaie du Bas-Bréau, qui les a voisine, au N. des gorges de Franchard, sont également une promenade fort intéressante. L'excursion de ce côté* demande 4 à 5 h. , à partir de Fontainebleau. Des gorges de Franchard . on gagnerait environ 1 h., 2 h. sur les deux excursions (v. la carte). La forêt offre une foule de jolis motifs aux peintres, dont toute une colonie est établie à Barbison, village situe* non loin des gorges : une colonie du même genre se trouve à Marlotte, au S. de la forêt.

Dans le Bas-Bréau, comme dans d'autres parties de la forêt, les plus beaux arbres ont des noms particuliers. On y rencontre le Henri IV, le Sully, la Reine-Blanche, etc. Entre les rochers d' Apremont et une autre chaîne de collines appelées Monts- Girard, s'étend le Dormoir, plaine en partie couverte de bois et parsemée de touffes de fougère et de blocs de rochers ; c'est un des plus beaux endroits de la forêt, le rendez-vous des chasses. Au sommet des gorges d' Apremont se trouve la caverne des Brigands, grotte souterraine qui, dit-on, servait autrefois de repaire à des brigands. Aujourd'hui, un industriel y habite une cabane de mousse, où il débite de la bière, de la limonade et de l'eau-de-vie à des prix fort élevés, mais rien à manger, le restaurant de Franchard ayant acheté, pour toute l'étendue de la forêt, le privilège de donner à manger. L'ermite de la caverne fait aussi un petit commerce de cannes de houx de sa propre fabrication et d'autres objets en bois, de couleuvres et de lézards vivants, etc.

Parmi les autres belles promenades de la forêt , nous citerons encore le Oros-Fouteau , magnifique bois de haute futaie, situé à 2 kil. de la ville, à dr. de la route de Paris ; puis le Rendez-vous des Artistes, qui en est tout proche ; plus loin, la Belle-Croix, avec ses nombreuses mares, surtout la mare à Piat ; la vallée de la Solle, où ont lieu des courses en été ; la gorge aux Loups et le Long- Rocher, voisins de Marlotte (au S.), etc.

Le *Fort - l'Empereur, le plus beau point de vue des environs de Fontainebleau, est situé à environ !/2 fl- de la gare. On prend le premier chemin à g. (N.) de celui qui traverse les Basses-Loges, du côté de l'arrivée, et on longe plus loin le chemin de fer. Après 20 min. de marche, à l'endroit où commence la forêt, on traverse la voie à g. , et l'on suit un large chemin sablonneux , jusqu'à une colline au sommet de laquelle s'élevait un belvédère en forme de forteresse, aujourd'hui en ruine. Le panorama qu'on y découvre embrasse, dit-on , une circonférence de 60 lieues, s'étendant sur une grande partie de la forêt, bornée au N. et à l'E. par une chaîne de collines couvertes de villages et au pied de laquelle la Seine déroule son brillant filet d'argent. On voit très-bien Melun et même Paris. De Fontainebleau même, on va aussi bien au Fort-1'Empereur par la route de Melun et le chemin de Fontaine (v. la carte).

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