ABBBVILLE
monument dû a M. de Forceville, les Illustrations picardes, monument composé d'une statue assise de la Picardie et de statues et bustes d'hommes célèbres du pays. — En redescendant tout droit, on se retrouve sur le boulevard du Mail.
Amiens communique par une ligne directe avec Rouen (117 kil.).
Lignb db Boulognb (suite). — Cette ligne et celles de Rouen et de Paris par Beauvais longent les boulevards au S. de la ville, dans une tranchée et en passant dans deux petits tunnels jusqu'à la gare de St-Roch, gare secondaire à l'O. près de la promenade de la Hotoie. La nôtre prend ensuite à dr. et gagne la vallée de la Somme, entrecoupée de tourbières. — 138 kil. Dreuil. — 140 kil. Ailly-sur-Somme.
145 kil. Picquigny, petite ville où se voient les ruines considérables d'un château fort du xvr8 s. — A 3 kil. au N.-E. se trouve le camp de Tirancourt ou Grand-Fort, camp retranché construit par les Romains, à l'angle formé par deux vallées au bord de la Somme.
152 kil. Hangest. — 158 kil. Longpré. Embranch. sur Doulens et sur le Tréport. — 167 kil. Pont-Remy, gros village industriel qui a un château en partie du xive ou xve s. , ayant deux tours remarquables. Il a joué un certain rôle dans la guerre de Cent- Ans.
176 kil. Àbbeville (hôt. de la TÎU de Bœuf, rue St-Gilles), ancienne place forte et ville manufacturière d'environ 19,400 hab., sur la Somme, qui y forme un petit port où la marée se fait encore sentir. Cette ville a aussi joué un rôle dans les guerres entre la France et l'Angleterre ; elle a été témoin du mariage de Louis XII et de Marguerite d'Angleterre, et elle a reçu la visite de plusieurs autres rois de France dans des circonstances importantes.
St-Vulfran en est le monument le plus remarquable. Cette église se trouve à dr. dans la rue qui part de la gare et traverse un canal, puis la Somme. C'est un édifice goth. des xve-xvie s., achevé sur une plus petite échelle au xvne g. La partie la plus remarquable est la façade, flanquée de deux tours à plates-formes et percée de trois portails richement décorés , mais qui n'ont plus qu'une partie de leuTs statues. La nef a des arcs-boutants et des contreforts élégants, deux galeries à balustrades et des frontons découpés au-dessus des fenêtres. Il y a au N. une tourelle adossée à un mur qui, dans le plan primitif, devait faire partie du transept. — L'intérieur ne répond pas à l'impression produite par la façade. La nef est étroite et l'on a dû en étayer les voûtes, dont la mobilité du sol a compromis la solidité. Le chœur est la partie la moins ancienne, du xvir8 s. On remarque surtout la chapelle Notre- Dame-des-Merciers, à l'extrémité du bas côté de dr. , qui est ornée de sculptures dorées, encadrant une niche avec une statue de la Vierge. Il y a de beaux rétables dans la 3e chap. du même côté et dans les deux premières du côté g., etc.
Les autres édifices d' Abbeville n'ont à peu près rien de remar-
quable, ai Von excepte le portail du style flamboyant de St-CHlles, église située à l'extrémité de la rue du même nom, qui commence à la plaoe du Marché, un peu au delà de St-Vulfran.
Dans la rue Boucher-de-Perthes , la deuxième à g. de la rue St-Gilles, se trouve le petit musée Boucher-de-Perthes , installé dans l'hôtel qu'habitait le savant géologue et antiquaire de ce nom (m. 1868) et composé surtout de ses collections : tableaux, sculptures, meubles, faïences et porcelaines, herbier, bibliothèque et surtout une collection considérable de haches en silex et d'ustensiles en os des temps préhistoriques.
Sur la place d'Armes, au delà du^Marché, à g. , la statue de Lenteur le compositeur de musique (m. 1837), né aux environs d'Abbeville, bronze par Rochet.
Il y a en au 8. d'Abbeville, aux Monts de Caubert, un camp romain capable de contenir quatorze légions \ il n'en reste plus rien.
Le chemin de fer traverse ensuite la Somme, qui est canalisée. On aperçoit plus loin la vaste baie de Somme , que traverse le petit embranch. de St-VdUry-sur-8omme , partant de la station suivante et établi sur des remblais et une estacade de 1367 m. de longueur , que la mer vient battre à marée haute. St- Valéry est une ville de 3,650 hab. et un petit port de mer, d'où Guillaume le Conquérant partit en 1066 à la conquête de l'Angleterre. Elle a encore une partie de ses anciennes fortifications.
189 kil. Noyelles. — 199 kil. Rue, petite ville déchue par suite des atterrissements des rivières l'Authie et la Maie. On y voit à côté de l'église une belle chapelle du St-Esprit, reste d'une autre église des xine et xv* s. — 209 kil. Conchil-le-Temple, où il y eut jadis des Templiers. — 216 kil. Verton. — 221 kil. St-Josse. Puis on franchit sur un viaduc la baie de la Canche, et l'on a un beau coup d'œil sur la mer.
227 kil. Etaples, ville de|3,000 hab. , avec un petit port. Embranch. sur Arras, par St-Pol. On reste ensuite quelque temps en vue de la mer. — 240 kil. Neufchâtel. — 245 kil. Hesdigneul. Embranch. surSt-Omer. Puis on descend la vallée de la Liane. — 249 kil. Pont-de- Briques. On aperçoit à dr. la ville de Boulogne, bâtie sur une colline de la rive dr. de la Liane , et dans le bas le pont viaduc de la ligne de Calais. La grande gare est sur la rive g. , près de l'arrière-port, et il y a plus loin une gare maritime pour le service de la correspondance avec l'Angleterre, jusqu'où vont les trains spéciaux. — 254 kil. Boulogne-sur-Mer.
Boulogne-sur-Mer.
Hôtels. — I. Près de rétablissement de bains : H. du Pavillon et des Bain» de Mer, H. de BHçhion A Marine-Hôtel, tous deux boulevard Ste- Beuve; H. de Folkstone, H. de Paris et H. Windsor, quai des Paquebots. — II. Dans la ville même : H. des Bains et de Bellevue , quai des Bains et rue Vietor-Hugo , anc. rue de TEcu , 69 ; H. Christol 6 Bristol , place Frédéric-Sauvage, le plus rapproché de la gare, de Ie* ordre \ H. Meuriee, de V Univers, du Nord, tous rue Victor - Hugo •, H. British é des Ambat-
tadeure, rue d'Assas, 5; Ê. Ùervaux, Grande -Rue, en face du musée; H. d'Angleterre, rue Victor -Hugo; H. du Lion d'Argent, du Commerce, rue Adolphe-Thiers. — Il y a aussi des pensions bourgeoises.
Restaurants , dans un grand nombre d'hôtels ; à V hôtel de Flandre, quai de la Flo tille; 6 (déj., 2 fr.j dîn., 2 fr. 50); Rolland, rue Monsigny, 4, près du théâtre ; Howe (restaur. anglais), Grande-Rue, 105, etc. ; buffet à la gare.
Cafés : Grand-Café de Boulogne, rue Adolphe-Thiers, 63 ; Taverne Anglo- Française, rue Monsigny, 10. etc.
Fi acres : la course, à 1 ohev. ou 2 chev., le Jour, 1 fr. 50; la nuit, 2 fr.; à l'heure, à 1 chev.. 2 fr. et 2 fr. 50; à 2 chev., 2 fr. 50; pour la campagne, à 1 chev. ou 2 chev., 2 fr. 50 Theure.
Tramway desservant les bains : 10 c. le jour, 25 c. le soir.
Poste : rue Victor-Hugo, 25. — Télégraphe : bureau central, rue du Pot-d'Etain, 12, et rue Victor-Hugo, 25; à la gare maritime, pendant la durée du stationnement des trains de marée.
Chahgeues: rue Victor-Hugo, 6, 36Mb, 42, 50 et 73; Société Générale, rue Siblequin, 39, etc.
Bateaux a vapedb pour Folkstone, 2 fois par jour, à des heures variant avec la marée (v. l'Indicateur des chemins de fer), traversée d'environ 2 h. — De Paris à Londres par Boulogne et Folkstone : service de jour par trains express de lre et 2« cl. , en 9 h. V< \ service de nuit par trains ordinaires (2e et 3« cl. sur le bateaux). Prix : service de jour, billets simples valables pour 8 jours , 70 fr. ou 52 fr. 50 (75 et 56.25 par Calais et Douvres) ; billets d'aller et retour valables pour 1 mois, 118 fr. 75 ou 93 fr. 75 (aussi par Calais); — service de nuit, billets simples valables pour 3 jours, 30 fr. 36 et 26 fr. 25; billets d'aller et retour valables pour 14 jours, 58 fr. 75 et 39 fr. 36 (mêmes prix par Calais). Service de Paris à Londres par Boulogne et la Tamise, v. ^Indicateur. Pour Londres et l'Angleterre, v. notre guide spécial.
Etablissement de bains de mee de 1« ordre, sur la plage de la rive dr. (v. p. 363). Bain, avec voiture, baignoire et linge ou sans linge, 75 c. jusqu'au 15 juillet, 1 fr. le reste de la saison ; pour 12 bains , 6 ou 8 fr. — Abonnement au casino : lre quinzaine, 20 fr. ; 2®, 15 fr. ; pour l'année,
S ris avant le 1«* mai, 25 fr. ; pour le reste de l'année à partir du l«r mai, 5 fr. — Pour plus de détails, v. le Guide-Progamme que l'administration remet gratuitement aux abonnés. — Il y a un autre établissement plus modeste k Capéeure, sur la rive g.
Temples pbotestants : français, rue Basse des Tintelleries ; anglicans, rue Royale, 136; place des Capucins j^ wesUycn, rue de r Ancienne-Comédie. Synagogue, rue Charles-Butor, 33.
Boulogne-sur-Mer est une assez belle ville de 50,075 hab., située mi la Liane, dont l'embouchure y forme un port de mer d'une certaine importance , déjà le plus considérable de la Gaule occidentale du temps des Romains, qui s'y embarquaient de préférence pour la Grande-Bretagne et la nommaient Oessoriacum ou Bononia, à partir du IVe s. L'élément anglais entre aujourd'hui, dit-on , pour un cinquième dans la population de Boulogne , dont le caractère rappelle par conséquent beaucoup le voisinage de l'Angleterre.
On la divise en basse ville et en haute ville. La première partie comprend de fait, non seulement le port et les rues avoisinantes, mais encore le versant de la colline, l'autre n'étant que la vieille ville atec une petite enceinte fortifiée, dans le haut à l'E.
Boulogne est pauvre en monuments et elle n'est guère intéressante que comme port de mer, comme ville de bains fréquentée par la haute société anglaise et française et par son site.
Au sortir de la gare, on a devant soi le port, à dr. Varrièreport et le port tféchouage, séparés par un pont qui conduit vers le centre de la ville ; à g. un bassin à flot , séparé seulement du port d'échouage par un quai sur lequel passe la ligne de raccordement du chemin de fer, allant à la gare maritime, à l'autre extrémité, où est l'embarcadère des bateaux à vapeur pour l'Angleterre. Le port d'échouage assèche à marée basse, tandis que le bassin à flot, creusé d'abord en 1803, pour la flotille qui devait servir à l'expédition d'Angleterre, et amélioré de nos jours, conserve en moyenne 9 m. d'eau. 11 a 388 m. de longueur et 192 m. de largeur. Plus loin sont des cales de construction , des batteries défendant l'entrée du port et l& jetée de l'Ouest, la plus longue, s'avançant à 700m. dans la mer, tandis que l'autre n'a que 519 m. Près des batteries sont les bains de Capécure (v. p. 361). Le reste du faubourg est occupé par des magasins , des chantiers , des établissements industriels, l'arsenal de l'artillerie, une caserne, etc.
Revenant au pont près de la gare , nous passons sur la rive droite, où nous arrivons à la place sur laquelle on a érigé en 1880 la statue de Frédéric Sauvage, qui appliqua l'hélice aux bateaux, bronze par Lafrance.
Nous continuons d'ici notre promenade le long du port, par le quai des Bains. Un peu plus loin à dr., le marché au poisson, toujours intéressant dans la matinée , quand les bateaux rentrent de la pèche et que se fait la vente en gros. — Sur la petite place voisine, une statue de Jenner, l'inventeur de la vaccine. Plus loin, sur le quai du même nom , la Douane , où se trouve un entrepôt de sel. Le quai suivant présente une grande animation et il est toujours encombré de marchandises depuis que le débarcadère des paquebots est transporté sur l'autre rive, à la gare maritime.
L'établissement dbs bains, qui occupe, avec son jardin et son beau casino , le reste de l'espace compris entre le quai des Paquebots et le pied des dunes, est un des plus importants delà Manche. Le jardin forme une belle promenade pour les abonnés, ouverte gratuitement au public le dimanche de midi à 6 h. , excepté lorsqu'il y a concert. A l'heure des concerts, dans la semaine comme le dimanche, les personnes qui ne sont pas abonnées paient 20 c. d'entrée. Pour l'abonnement, v. p. 361. Le casino, parfaitement organisé, a une salle des fêtes de 400 m. carrés de superficie, des salons de conversation et de lecture, des salles de bal, de jeu, de billard, etc. L'entrée des bains est du côté opposé à la jetée ; la plage, en pente douce, ne se compose que de sable fin. L'établissement a deux bassins de natation qui permettent de se baigner même lorsque la mer est mauvaise. — Entre la plage et les dunes s'étend le nouveau boulevard Ste-Beuvc, ainsi nommé en l'honneur de l'illustre écrivain, né à Boulogne. Il y a là depuis peu de grands hôtels et de jolies villas.
La jetée de VEst est la promenade la plus fréquentée de Bon-
logne, et comme toute promenade sur le bord de la mer, elle offre un spectacle toujours nouveau et toujours attrayant pour les étrangers. Elle est surtout animée aux heures de la pleine mer, dont les bâtiments profitent pour entrer ou sortir (marée, v. p. 347). Le port est éclaire* par un feu fixe, dans une petite tour sur cette jetée, et deux feux de marée sur l'autre jetée. La nuit, on voit briller à dr. , à 16 kil. de distance, le phare du cap Gris-Nez ; on voit même souvent, dit-on, la lumière de celui de Douvres , en Angleterre. On aperçoit à dr. sur la falaise une statue médiocre de Napoléon 1er, érigée par un Anglais sur remplacement de la baraque de l'empereur au camp de Boulogne (v. p. 365). Près de là sont les ruines de la tour d'Odre («turris ardens»), phare romain élevé sous Galigula, Van 40 de notre ère.
Nous revenons sur nos pas pour visiter la ville.
La rue Victor -Hugo, l'ancienne rue de l'Ecu, qui aboutit au quai de la Flotille , à l'extrémité du quai des Bains et qui est à peu près parallèle au port, est une des principales de Boulogne, avec son prolongement, la rue Royale. La rue Adolphe- Thier 8, l'ancienne rue Neuve - Chaussée, aussi parallèle au port, un peu plus haut, et la rue de la Lampe, avec son prolongement la Grande Rue, montant de l'extrémité de I'arriere-port à la haute ville, sont également très-fréquentées.
Au bout de la rue Thiers et au commencement de la Grande- Rue se trouve la place Dalton, avec l'église St-Nicolas, édifice des xvne et xvme s., qui n'a rien de remarquable.
Plus haut, du même côté, le musée, établi dans un ancien séminaire. 11 est ouvert gratuitement tous les jours au mois d'août, tous les jours sauf le mardi en juin, juillet, septembre et octobre, et les dimanche, mercredi, jeudi et samedi le reste de l'année, de 11 h. à 4 h. dans la semaine et de 10 h. à 4 h. le dimanche. Il se compose d'un cabinet d'histoire naturelle , surtout riche en oiseaux, en insectes et en reptiles ; d'un important cabinet d'ethnographie, de diverses petites collections d'antiquités, d'une collection de médailles et monnaies , d'une petite galerie de peinture, etc. Il y a partout des étiquettes. Grâce à l'égyptologue Mariette-Bey, originaire de Boulogne (m. 1881), le musée se trouve posséder diverses antiquités égyptiennes remarquables, entre autres une momie de prêtre plus curieuse même que celles du Louvre. La galerie de peinture, qui se compose principalement de tableaux modernes de valeur secondaire, renferme des œuvres d'artistes également nés à Boulogne : Jeanron, Hédouin, etc. On y remarque un des principaux tableaux du Salon de 1879, l'Appel des Girondins, par Fr. Flameng.
Au second étage de l'ancien séminaire se trouve également la bibliothèque de la Ville, qui compte environ 50,000 volumes et 800 manuscrits , provenant pour la plupart de diverses abbayes. Elle est ouverte ordinairement tous les jours de 10 h. à 4 h.
La Grande-Rue aboutit au pied la -ville haute , en face de laquelle se voit à g. la sous-préfecture , précédée d'un joli square, dans lequel est un buste de Henri II, roi de France, d'après David d'Angers, érigé* en mémoire de la restitution de Boulogne à la France par l'Angleterre sous le règne de ce roi , en 1550. Il y a plus loin, sur la g. ou à l'O., une autre belle promenade publique dite les Tintelleries, où se donnent des fêtes en été.
La haute vtllb est renfermée dans une enceinte de vieux remparts du xme s., de 400 m. de long sur 325 de large, flanquée de demi-tours rondes et haute de 17 m. Elle avait autrefois quatre portes ; celle du S.-O. a été supprimée en 1588 et il n'y a plus que la porte des Dunes du côté de la sous-préfecture ; la porte Oayole, à l'opposé, et la porte de Calais , au milieu du mur de la partie supérieure, du côté du château. Nous entrons par la porte des Dunes, entre deux grosses tours rondes. Presque à côté se trouve le Palais-de-Justice, construction dans le style classique élevée en 1852. Quelques pas plus loin , YH6tel-de- Ville, qui date surtout du xvme s., et qui s'élève, dit-on, sur l'emplacement du château où naquit, en 1065, Godefroi de Bouillon, le chef de la l'© croisade, fils du comte Eustache III de Boulogne. La rue de Lille nous conduit de la place de l'Hôtel- de-Ville dans la direction de la porte de Calais. Avant d'y arriver, à g., se voit
Notrb-Damb, l'église principale de Boulogne, reconstruite de 1827 à 1866. C'est une édifice d'un style gréco-romain sans proportion et de mauvais goût. La façade est flanquée de tours surmontées de dômes, et sur la croisée s'élève un grand dôme allongé , avec une colonnade corinthienne , percé de jours en croix et d'étoiles rayonnantes , et que termine une lanterne avec une statue de la Vierge. — L'intérieur est encore plus laid que l'extérieur. Les voûtes sont percées de jours ovales et les murs sont couverts d'inscriptions et de grisailles sans valeur. Le maître autel au contraire , en marbre , en mosaïque et en bronze , est une œuvre d'art remarquable, exécutée à Rome pour le compte de la famille Torlonia. Derrière cet autel se voit le beau monument de Mgr. Haffreingue, chef d'institution qui a construit l'église. Dans le fond est le sanctuaire de la Vierge , qui est un pèlerinage trèsfréquente dans la dernière quinzaine du mois d'août.
Il y a sous l'église une vaste crypte , dont une partie remonte au xiie s. et renferme des tombeaux anciens. Elle est aussi décorée de grisailles et l'on y a réuni des antiquités trouvées dans les fondations de l'édifice actuel. Pour la visiter, s'adresser au gardien, sous le portait latéral de dr. On paie 1 fr. pour la visiter, de même que pour monter au dôme, d'où la vue est très-étendue.
Le château, dans l'angle N.-E. delà ville haute, est une construction massive de' 1231, comme l'indique une inscription audessus de la* porte. Il est occupéjpar des magasins d'artillerie et des casernes, et il n'est pas ouvert au public^ bv (
En 1804, Napoléon Ier concentra aur le plateau au N. de Boulogne une armée composée de 172,000 hommes d'infanterie et 9,000 hommes de cavalerie, placés sous les ordres des maréchaux Soult, Ney, Davoust et Victor. Il réunit en même temps dans la rade une flotille de 2,413 embarcations, grandes et petites, montées par 16,738 hommes. Tout ce formidable appareil avait pour but une descente en Angleterre, motivée par la rupture de la paix d Amiens. Les troupes étaient parfaitement exercées et ce projet hardi devait être exécuté dès que les flottes d'Anvers, de Brest, de Cadix et des ports de la Méditerranée, qui se construisaient dans ce bat depuis des années, seraient réunies pour protéger la flotille de débarquement-, la défaite de Trafalgar, le 22 oct. 1806, en empêcha l'exécution, et la & coalition força l'empereur de lever le camp de Boulogne.
Un monument, la colonne de la Grande- Armée, consacre le souvenir de ce camp. Elle est située à 2 kil. Va des remparts de la ville haute, à g. de la route de Calais, qui part de la porte du même nom. C'est une colonne d'ordre dorique , en marbre des environs , de 4 m. de diamètre et 53 m. de hauteur. La première pierre en fut posée en 1804, mais elle ne fut terminée qu'en lo41. Elle est couronnée par une statue en bronze de l'empereur, due à Bosio. On monte au sommet.
On peut rentrer en ville par les falaises , d'où l'on a de beaux coups d'œil et où sont la statue de Napoléon et les ruines de la tour d'Odre mentionnées p. 363. On redescend par une rue qui passe devant St-Pierredcs-Marins, église moderne du style goth. du xiv« s., dont le clocher domine le port. — Boulogne a encore d'autres édifices religieux modernes du style goth. : St-François-de- Sales, à l'extrémité opposée (xn« s.) ; Notre- Dame de St-Sang, chapelle située encore plus loin (xn« s.), et St-Vincentde-Paul, l'église de Capécure (xiii© s.).
Db Boulogne a Calais: 43 kil., 50 min. à 1 h. 20, 5 fr. 30, 3 fr. 95, 2 fr. 90. — Calais (hôt. : Meurice, Dessin, etc.) est une ville forte, de 12,575 hab., peu remarquable, mais importante comme port de mer le plus rapproché de l'Angleterre. La traversée se fait en 1 h. 45. Voir p. 361.