REIMS
riches de l'architecture gothique de la première période, fondé en 1212 et achevé sans interruption par Rob. de Couey et J. (TOrbai8. Sa superbe *façade a trois beaux portails rentrants ornés d'environ 530 statues, en majeure partie mutilées ou endommagées par le temps. Les sujets des sculptures du milieu sont tirés de la vie de la Vierge , celles de g. de la vie de J. - C. et celles de dr. de T histoire de la fin du monde d'après l'Apocalypse. La grande rose, entre les tours, a plus de 12 m. de diamètre. Au-dessus, sur toute la largeur de la façade, est une série de niches avec 42 statues colossales de rois de France. Les deux magnifiques *tours de cette façade, percées de grandes fenêtres et flanquées de tourelles aériennes, ont 81 m. 50 de hauteur. Leurs flèches ont été détruites en 1480 par un incendie, qui en a également consumé cinq autres au transept. Il en reste encore une de 18 m. de haut sur le chevet, où l'on remarque aussi des statues colossales, de même qu'aux portails latéraux, etc. Beaucoup de ces sculptures, entre autres le Christ bénissant ou beau Dieu du portail N. , sont des chefsd'œuvre de l'époque ogivale primitive.
L'intérieur, en forme de croix et à trois nefs, a 138 m. 70 de longueur, 90 m. 10 de largeur et 38 m. de hauteur. Le transept a aussi trois nefs et 49 m. 50 de longueur. Il est plus rapproché du chevet que dans la plupart des autres églises du moyen âge, ce qui fait qu'on a agrandi le chœur aux dépens de la croisée et même de la grande nef. Les colonnes de la galerie et les fenêtres supérieures sont d'une grande richesse de dessin. Pour le reste, l'intérieur est plus simple que l'extérieur, excepté les bordures des portes, qui sont décorées de 122 statues. Celles de la grande porte représentent le martyre de St Nicaise. La plupart des fenêtres, de même que les deux roses, ont de beaux vitraux du xiii° s.
On remarquera ensuite à l'intérieur divers tableaux et une collection de tapisseries anciennes. Citons parmi les tableaux: une Apparition de J.-C. à Madeleine attribuée au Titien, une Nativité de J.-C. par le Tintoret, un Lavement des pieds par O. Muziano.
Les tapisseries dites de Lenoncourt, d'après le donateur (1530), sont au nombre de 14 et représentent les événements principaux de la vie de la Vierge. Les autres sont celles du «fort roi Clovis», au nombre de 2, données en 1573, mais plus anciennes*, celles de Pepersack, du xviio s. et moins remarquables ; celles des Cantiques, de la même époque, et deux magnifiques Gobelins modernes.
L'horloge à figures mobiles au-dessus de la sacristie est du xive s. — Le trésor renferme de précieux ouvrages d'orfèvrerie, entre autres des reliquaires, un calice et des ostensoirs des xn©-xive s., le reliquaire de la Ste-Ampoule, fait pour le sacre de Charles X, des vases et des ornements ayant servi aux sacres de divers rois, etc.
C'est dans la cathédrale de Reims que les archevêques de cette ville, en leur qualité de métropolitains du royaume, couronnaient les rois de France depuis 1173. On choisit probablement Reims pour cette solennité parce qu'elle possédait la Ste-Ampoule. qu'un ange était censé avoir apporté du ciel lors du baptême de Clovis par St Rémi, archevêque de cette ville, en 496. Depuis, tous les rois de France ont été couronnés à Reims, sauf Henri II qui le fut à Chartres, et Louis XVIII et Louis-Philippe qui ne l'ont pas été.
A dr. de la cathédrale est le palais archiépiscopal (pi. 10; C 3), où se voient l'appartement occupé par les rois au moment de leur sacre, la vaste salle où se donnait le festin royal, et une belle chapelle du xm« s.