INTRODUCTION
A. Monnaie. Frais de voyage.
Monnaie. — Les pièces d'or et d'argent frappées conformément au système monétaire du franc, telles que celles de Belgique, de Suisse, d'Italie (lira) et de Grèce (drachme), sont les seules qui circulent en France. Cependant l'Autriche ayant fait des pièces de 8 et de 4 florins en or, qui valent exactement 20 fr. et 10 fr., elles sont maintenant reçues partout. Les pièces belges et suisses en nickel et en billon n'ont pas cours en France , tandis qu'on y reçoit les pièces de bronze italiennes. Le penny et le demi-penny anglais, qui correspondent à 10 et à 5 c, s'y rencontrent aussi dans la circulation. Les seules pièces françaises existantes sont de 100, 50, 40, 20, 10 et 5 francs en or, de 5, 2 et 1 fr., 50 et 20 c. en argent, et de 10, 5, 2 et 1 c. en bronze. Le peuple compte encore de préférence par sous (5 c).
Les billets de la Banque de France, les seuls qui aient cours dans le pays, sont de 5,000, 1,000, 500, 200, 100, 50, 25,20 et 5 fr.
Il est toujours possible de changer à Paris l'argent étranger, mais non sans perte ; il vaut généralement mieux le faire avant de partir.
Les valeurs et effets de commerce, de même que les quittances supérieures à 10 fr., doivent être munis de timbres français. On s'en procure chez beaucoup de débitants de tabac et au besoin chez les banquiers et les personnes avec lesquelles on a affaire.
Frais de voyage. — Le chapitre des renseignements généraux donnera une idée des frais que Ton peut faire à Paris. En temps ordinaire, 10 fr. environ peuvent suffire pour couvrir la dépense journalière ; mais il est très-facile de dépenser 50 fr. et même beaucoup plus par jour. Pour les étrangers surtout, et vu les mille occasions qui se présentent de faire des dépenses, Paris est une des villes les plus chères de l'Europe. Il sera bon d'emporter, outre son budget largement calculé , quelques centaines de francs de plus. Les frais s'accroissent encore à mesure qu'on approche du moment de repartir, lorsqu'il faut songer aux cadeaux qu'on doit rapporter.
Il est bon d'avoir toujours de la petite monnaie, les gens auxquels il faut donner des pourboires n'ayant jamais de quoi rendre \ on en rencontre même de ce genre lorsqu'on achète des catalogues dans les musées.
B. Chemins de fer. Passeport. Douane et octroi.
Chemins de fer. — Le réseau des chemins de fer français s'est considérablement accru dans ces derniers temps et mesure aujourd'hui plus de 26,000 kilom. Les étrangers noteront que les trains y suivent toujours la voie de gauche par rapport au point de départ, et que, par conséquent, le côté du départ est à gauche
xa CHEMINS DE FER.
lorsqu'on va monter en voiture, de même que le côte* de l'arrivée lorsqu'on descend. Le voyage coûte, par kilomètre, environ lie. pour la lre, 8 c. pour la 2© et 6 c. pour la 3© classe, plus un impôt de 10% établi à la suite de la dernière guerre, et qui est compte' dans les prix des billets. Les trains express n'ont en général que des voitures de l*e classe. Celles de la 2e classe ont ordinairement 10 places par coupé. Les banquettes de cette classe sont souvent étroites et mal rembourrées. Il n'y a pas toujours de coupés pour les fumeurs, et pour fumer dans les autres, il est d'usage d'en demander la permission à ses compagnons de route.
Pour les heures des trains, voir l'Indicateur des chemins de fer, qui paraît toutes les semaines et se vend 60 c. dans toutes les gares. Cet indicateur étant assez volumineux et incommode, beaucoup de voyageurs préfèrent ceux qui sont publiés séparément, en petit format (Livrets Choix), pour les réseaux du Nord, de l'Est, de l'Ouest, d'Orléans et du Midi, avec les lignes qui s'y rattachent (40 c).
Les horloges des gares sont toutes à l'heure de Paris. On fera attention à la différence entre cette heure et celle de l'étranger aux stations frontières ; elle retarde par exemple de 8 min. sur celle de Bruxelles à Feignies et à Jeumont ; de 25 sur celle de l'Allemagne (Francfort) à Avricourt, de 26 sur celle de Berne à Pontarlier.
Les voyageurs restent généralement dans les salles d'attente jusqu'au moment où le train étant composé ou arrivant en gare, un employé vient ouvrir les portes. Nul n'est admis à l'intérieur d'une gare s'il n'est muni d'un billet, qu'il faut montrer. Les billets sont contrôlés en route et se rendent à l'arrivée, le plus souvent à la sortie de la station. On a droit au transport gratuit de 30 kilogr. de bagages à l'intérieur de la France et de 25 seulement si l'on se rend à l'étranger ; mais on paie 10 c. pour les faire enregistrer. Les facteurs des chemins de fer portent les effets gratis ; néanmoins il est d'usage de leur donner quelques sous.
Il y a souvent dans les gares un bureau de consigne, où les voyageurs peuvent laisser ou déposer leurs bagages. Ils reçoivent un bulletin spécial et paient 5 c. par jour pour chaque colis, sans toutefois que la somme due puisse être inférieure à 10 c. Là où il n'y a pas de consigne , les employés refusent rarement de garder les effets moyennant un pourboire,* dans ce cas, on conserve le bulletin qu'on a reçu au départ.
Un passeport n'est plus demandé aujourd'hui à la frontière; mais comme la prudence conseille d'être porteur d'une pièce de légitimation, on fera bien de s'en procurer un et de l'avoir toujours sur soi. Il n'est pas nécessaire de le faire viser.
Douane et octroi. — > La visite douanière n'a pas lieu à la frontière, mais à Paris, si les bagages sont enregistrés directement pour cette ville> Elle est assez rigoureuse, mais les employés sont fort polis. Leur attention porte particulièrement sur les cigares ; on peut en entrer 6 sans payer de droit ; au-dessus de 6, chaque cigare paie
HISTOIRE DE FRANCE. xm
10 centimes d'entrée. Les cigares sont tout aussi bons à Paris qu'ailleurs, mais seulement un peu plus chers. Nous conseillons de déclarer d'avance tous les objets passibles de droits dont on serait porteur ; la visite est alors rapidement terminée. En général, n'emporter que le nécessaire en vêtements et en linge. Si l'on a dea visites à faire, ne pas oublier un chapeau noir.
Les étrangers out aussi à subir, comme les voyageurs venant de l'intérieur, la vUite de l'octroi, qui se fait pour le compte de la ville, et dont les taxes assez élevées frappent surtout les denrées alimentaires. Cette visite est vite terminée si l'on déclare ce que Ton a.
G. Aperçus historiques.