‹ ParisChapitre 15 sur 46 · JOYEUSE · texte numérisé non relu

JOYEUSE

Mais, sire...

HENRI

Silence ! messieurs ; nous désirons , entendez-vous , nous désirons positivement que , quel que soit le choix que nous allons faire, il vous soit agréable. Mon cousin, donnez-leur donc, en bon et loyal sujet, un exemple de soumission. Vous êtes le premier de mon royaume après moi, mon beau cousin, et, dans ce cas surtout, vous êtes intéressé a ce qu'on m'obéisse.

LE DUC DE GUISE

Sire, je reconnais d'avance pour chef de la Sainte-Union celui que vous allez désigner ; et je regarderai comme rebelle quiconque osera braver vos ordres.

C'est bien, monsieur le duc. Écris, d'Épernon : « Nous » Henri de Valois , par la grâce de Dieu , roi de France et de « Pologne, approuvons, par le présent acte rédigé par notre

« féal et ami cousin , Henri de Lorraine, duc de Guise , l'asso- » ciation connue sous le nom de Sainte-Union... Et , de notre » autorité , nous nous en déclarons le chef. »

LE riLC DE GUISE,

Comment ! . . .

« En foi de quoi nous l'ayons fait revêtir de notre sceau » royal, et l'avons signé de notre main... » A vous, mon cousin, a vous, quiètes le premier du royaume après moi... Eli Lien! vous hésitez... Croyez-vous que le nom de Henri de Valois et les trois fleurs-de-lis de France ne figurent pas aussi dignement , au bas de cet acte , que le nom de Henri de Guise et les trois merlettes de Lorraine? Par la mort-dieu ! vous vouliez un homme qui possédât l'amour des Français... Est-ce que nous ne sommes pas aimé, monsieur le duc? Répondez d'après votre cœur. Vous vouliez un homme d'une haute noblesse; je me crois aussi bon gentilhomme que qui que ce soit ici. Signez donc , monsieur le duc , signez ; car vous avez dit vous-même que quiconque ne le ferait pas , serait rebelle.

LE DUC DE GUISE i

Oh ! Catherine ! Catherine !

HENRI

Signez là, monsieur le duc, au-dessous de moi... Adieu... Veillez toujours sur les besoins de l'état , en bon et fidèle sujet , comme vous venez de le faire , et n'oubliez pas que quiconque n'obéira pas au chef que j'ai nommé , sera déclaré traître de haute trahison... Êtes-vous contente de moi, ma mère?

CATHERINE

Oui, mon fils; mais n'oubliez pas que c'est moi., .

Non, non, ma mère; d'ailleurs, vous vous chargeriez de

m'en faire souvenir , n'est-ce pas ?

M. Alex. Dumas.

Page 1