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XIX- SIHCLE

Il n'est pas aussi fiicile de caractériser le style du xix° siècle que les précédents ; outre que nous en sommes encore trop près pour formuler un jugement impartial et pliilosophique, il semble bien <]ue son originalité soit peut-être de n'en avoir guèri- eu. On copie l'art anlii|tie, grec et romain ; on s'inspire de Tart gothique, de la Renaissance, du barociue et du rococo ; de sorte que, ce siècle, quia i)risé si fort l'an, pour qui l'art a toujours été au premier plan de ses préoccupations et lie ses tendresses, n'a pas un art à lui, comme si toutes les combinaisons de lignes et de matériaux eussent été déjà trouvées. On doit cependant noter l'emploi envahissant du fer dans les constructions ; mais est-ce là, vraiment, une originalité? Laissons ;i nos successeurs le soin de débrouiller ce qui appartient réellement à notre temps dans la production artistique ; ils apprécieront plus sûrement, agissant envers nous comme nous avons tâché d'agir avec les générations qui nous ont précédés.

ARCHlTECTL'Ri; RELIGIEUSE

Il est d'un usage assez courant de dédaigner l'église de la Madeleine au point de vue artistique. Bien que le monument n'en donne qu'une idée imparfaite, l'amoureux d'art grec se surprend pourtant à regarder cette forme de temple, et à admirer le galbe de ces belles colonnes corin-

thiennes dans un certain angle, quand elles se profilent sur le fond très bleu d'un ciel d'été. C'est le 2 décembre 1 806 que Napoléon donna l'ordre de

Kglise de b Trinil6.

reprendre la construction de ce monument, abandonnée depuis Louis XVI. Destiné d'abord à être le Temple de la Gloire, il ne fut église qu'en 1842. Au haut d'un très solennel escalier, se présente un péristyle monumental dont les colonnes ont 15 mètres de haut, d'un excellent style, supportant

un fronton où Lemaire a sculpté le Jugement dernier ; Tensemble a évidemment grande apparence. L'intérieur répond assez mal aux exigences du culte ; les parois étant pleines, il a fallu l'éclairer par quatre coupoles ; il n'y a pas de nefs, pas de transept; des placages ménagent des autels latéraux. La décoration est d'une richesse incomparable; ce ne sont que marbres, dorures, fresques, statues, lampadaires ; on y voit le Mariage de la Vierge par Pradier ; le Baptême du Christ par Rude ; des bénitiers d'Antonin ^lovne.

Les autres monuments religieux ne l'égalent pas. Signalons la Chapelle expiatoire, entourée d'une promenade publique ; Saint-Vincent DE Paul, par Ilittorf, avec un portique grec accosté de deux tours carrées, au-dessus d'un étagement de terrasses ; Notre-Dame de Lorette, construite par Lebas, en 1824; Saint-Denis du Saint-Sacrement, qui conserve une fresque d'Eugène Delacroix \ Jésus porté nu tombeau ; Saint- Ambroise, par Ballu, en style roman ; la Trinité, du même architecte, de style fort composite, et d'ailleurs très habile ; Saint-Jean-Baptiste DE Belleville, en style du xiir siècle, par ce même Lassus, que nous avons vu déjà à l'œuvre à la Sainte-Chapelle, et qui, avec VioUet-le-Duc, est un de ceux qui comprirent le mieux le vieil art gothique ; Saint-François-Xavier, par Lusson et Uchard ; Sainte-Clotilde, par Ballu, avec ses deux flèches, qui complètent la perspective de la place de la Concorde ; Saint-Augustin, par Baltard, qui fut desservi par l'exiguïté et l'irrégularité du terrain ; Saint-Luc.ène, construit en briques et en fer, et d'un aspect peu esthétique ; le Sacré-Cœur enfin, qui domine la butte Montmartre, et dont l'architecte, Abadie, s'inspira des églises périgourdines à coupoles, inspirées elles-mêmes de Sainte-Sophie de Constantinople, de l'église de Thessalonique, et de Saint-Marc de Venise.

ARCHITECTURE CIVILE

Nous avons déjà mentionné I'Arc du Carroussel, imité de l'arc de Septime Sévère; la Colonne Vendôme ; la réunion du Louvre aux Tuileries, achevée sous Napoléon III; ajoutons la Colonne du Chatelet, supportant une Victoire sculptée par Bosio (1808) ; la Colonne de Juillet, œuvre d'Abadie, destinée à rappeler le souvenir des Journées de Juillet 1830, qui amenèrent Louis-Philippe sur le trône; elle est com-

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