‹ ParisChapitre 21 sur 26 · JA · texte numérisé non relu

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marbres polycliromes, de masques antiques, et, à chaque extrémité, de deux groupes, l'Harmonie et la Poésie par Gumery, parfait ce riche ensemble. Au-dessus s'élance le dôme, couronné par un groupe exaltant la lyre du dieu de la Poésie, Apollon, œuvre dAimé jMillet. Surles côtés de l'édifice émergent les pavillons du Glacier et de la Bibliothèque de l'Opéra ; c'est surtout sur les façades latérales, très élancées, que le monument donne l'impression de la grandeur. Autour, des colonnes rostrales, en bronze et marbre de couleur, d'exquises statues de femmes, d'un modèle délicat, supportent des lampes, et brisent avec grâce la monotonie de la grille extérieure.

On est unanime :t louer l'escalier monumental, d'un effet splendide et puissant, qui conduit aux divers étages de loges ; les marches sont en marbre blanc de Serraveza, la balustrade en onyx, avec des balustrades de marbre rouge et des socles en marbre vert de Suède. Sous l'escalier est la Pythonisse de la duchesse Colonna Castiglione 'Marcello). L'Opéra est un véritable musée de peinture et de sculpture. On admirera surtout la décoration du grand foyer par Paul lîaudry, qui a montré, en un style

rappelant les Vénitiens, l'histoire des arts jusqu'à nos Jours, La Galerie du Glacier a été peinte par Clairin, Duez, Thirion, Abbéma, Escalier et Le Doux. La salle elle-même est d'une ornementation extraordinaire, toute reluisante d'or, de cuivres, de marbres polychromes, digne des grands chefs-d'œuvre de Mozart, Meyerbeer, Wagner, Gounod, Reyer, Saint-Saéns, Rossîni, Verdi, qui y sont représentés. La construction a coûté 36 millions de francs. La salle a été inaugurée, le 5 janvier 1875, par le maréchal de Mac-Mahon, Président de la République française.

L'inauguration de l'Opéra avait été la première marque importante du relèvement de l'art à Paris après les désastres de l'année terrible ; elle fut bientôt suivie, en 1878, par la première des trois grandes Expositions

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universelles, qui devaient se succéder ensuite à intervalles fixes de onze années, 1889 et [900, manifeslaticms chaque fois plus grandioses, louées par les uns, blâmées par d'autres, mais qui, quoi qu'on puisse dire, ont légué à la capitale des monuments durables, la plupart dignes de tous éloges. En 1878, ce fut le Palais du Trocadi';ro, construit par Davioiid et Bourdais, sur un emplacement merveilleux, au sommet de la colline de Chaillot où Napoléon I" avait rêvé d'éîever un gigantesquiî Palais, qui aurait été celui du roi de Rome, Notre époque a réalisé ce rêve sous une autre forme et dans un but différent. L'œuvre de Davioud consiste principalement en un corps de bâtiment central, de hautes et vastes proportions, renfermant une très vaste salle des fêtes, aux flancs duquel viennent se souder deux immenses ailes demi-circulaires dont 1 développement ne s'aperçoit bien que du côté des jardins qui s'étendent entre le monument et la Seine. Ainsi vu, l'ensemble est du plus bel effet. Dans l'une des ailes a été installé le riche et précieux Musée des moulages, véritable école d'art comparé et rétrospectif.

L'Exposition universelle de iS8q nous a laissé la Tour Eiffel et la Galerie des Machines, au Champ-de-Mars, deux merveilles de construction au point de vue technique, dont la première surtout demeure toujours un inlassable objet de l'admiration populaire. Quelque opinion que l'on ait sur l'esthétique de l'œuvre, il faut convenir que Paris possède en la Tour Eiffel le monument le plus vmiversellement ci'-lèbre peut-être du monde entier.

L' exposition de igoo, elle, a doté Paris de deux monuments de premier ordre, les Palais des Beal'X-Arts, appelés à remplacer somptueusement, aux Champs-Elysées, le Palais de l'Industrie qui avait abrité la première Exposition internationale de 1855. Le Grand Palais affecté aux expositions artistiques et autres qui s'y succèdent presque sans interruption, ainsi qu'aux exercices de Concours hippique, est l'œuvre de MM. Deglane et Louvet ; le Petit Palais, construit par M. GirauU, est un modèle de grâce et d'élégance ; il renferme les collections artistiques de la Ville de Paris, notamment l'admirable collection léguée à la Ville par M. Dutuit. l'ne avenue à laquelle la tradition maintient le nom de Nicolas II, passe entre ces deux édifices et relie magnifiquement les Champs-Elysées à la perspective des Invalides par le superbe pont Alexandre III. le plus beau des ponts modernes de Paris, construit par l'ingénieur Résal, et accompagné d'une décoration architecturale extrêmement luxueuse (pylônes supportant des statues et des groujies de Erémiet, Steiner, Marqueste. Coulan, Lenoir).

Parmi les monuments de sculpture les plus remarquables, élevés à Paris en ces dernières années, et ils sont fort nombreux, il convient de mettre hors de pair le Triomphe de la Ri^;i'fBLiQUE, de Dalou, place de la Nation, la statue de Victor Hugo par Barrias (avenue Victor Hugo),

Le Triomphe de la République, par Dalou.

le mouument Pasteur, place de lireteuil (l-alguière ettiirault}, la statue d'Alexandre Dumas, fils, par Saint-'larceaux (place Malcsherbes).

L'établissement du chemin de fer métropolitain, qui bouleverse tout le sous-sol et le sol de Paris est une œuvre utilitaire bien plutôt qu'artistique et nous ne pouvons guère admirer les viaducs massifs qui donnent passage à la voie dans ses parties aériennes sur les anciens boulevards extérieurs : toutefois, il serait injuste de ne pas mentionner le très élégant pont-via-

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