PLANUS CANTUS ET ORGANUM
cette époque — fin août 18G5 — de bons,
il chers et fidèles amis vinrent un jour m’annoncer qu’aux environs de Paris ils m’avaient découvert une place d’organiste!
Organiste! Moi!
Je n’avais jamais vu un orgue d’église que de la nef! On pense avec quel éclat de rire j’accueillis la proposition! Je m’étais bien amusé, parfois, à improviser sur des harmoniums, mais je n’avais jamais mis les doigts — et encore moins les pieds ! — sur les claviers d’un orgue à tuyaux : j’en ignorais le mécanisme et ne savais pas une note de plain-chant.
Voilà, certes, de bonnes raisons pour se récuser!
Mes amis insistèrent; assurant que rendezvous était pris pour le lendemain avec le curé;
que, s’il se produisait quelques hésitations au début, — Dame! — je finirais toujours par m’en tirer; qu’il ne s’agissait pas d’une cathédrale, en somme, et que tout conclurait au mieux!
Le lendemain, à l’heure dite, je me présentai chez le curé. C’était un homme rude de manières. Après avoir lu ma lettre d’introduction il m’accueillit cependant avec beaucoup de rondeur et de bonhomie.
« Notre orgue, me dit-il, est en place depuis sept ou huit ans seulement; il est excellent; il possède deux claviers, des pédales en tirasse, onze jeux : une montre, un salicional , un prèstant, un jeu de gambes, une voix céleste, un tremblant; /Iules et bourdons de huit et de seize... »
Je crus que cet homme me parlait chinois!
Jamais je n’avais entendu prononcer ces noms; et, un peu abasourdi, je répondis un vague :
« Ah!
« D’ailleurs, poursuivit le curé, vous allez en juger : j’ai fait venir le souffleur. Montons. Vous n’avez à vous occuper que des répons, des entrées et des sorties; un second orgue au chœur