P.OUPARD, AGATHE, MADAME POUPARD, HENRIETTE
POUPARD, cliargé d'une giande quantité de joueU d’enfanta, entre tant voir d'abord ta femiDC ni Henriette, qui se tiennent un peu d l'écart.
Air : Le Royal Tambour.
D’être appelé papa.
Je hrùle, je pétillé;
Avoir une famille Qui chante, qui sautille.
Désir qui grille ! .
Que jamais rien ne dissipa. C’est d’entendre ma fille.
Ma petit’ fille M’appelant papa!
D’ sa voix gentille Me disant papa.
J’aime bien papa,
J’ veux baiser papa!
MONSIEUR POUPARB
Ou achète la gloire, L’amour et le plaisir ; Un ivrogne peut boire, Un banquier s’enrichir; Mais richesse, génie N’ont plus d’utilité Quand on a la manie De la paternité.
D’être appelé papa, etc.
Devant chaque boutique De marchands de jouets.
D'un courant électrique J’éprouve les effets ;
Au charme qui m’attire Je ne puis résister ,
J’entre, et dans mon délii’e Je veux tout acheter.
D’être appelé papa, etc.
(Apercevant h femmo.)
Comment I c’est toi, chère amiel AhI que ça me fait de bien de te revoir!... Viens donc m’embrasser... (s’airèiani tout A coup.) Mais le doctcur avait dit deux mois, et tu reviens au bout de trois semaines! Le temps voulu n’y est pas... c’est un voyage perdu... mes espérances à veau l’eau !... Voilà des bains de mer qui ne feront pas plus d’elfet que des bains à doiliicile.
MADAME poupAHD. Quand je t’aurai dit la cause de mon retour...
pouPARD. Elle n’a pas le sens commun!... Tu sais le * besoin de paternité qui me ronge, tu sais qu’à bout d’expédients, et prêt à faire des neuvaines, prêt à me vouer au blanc si j’avais osé, un célèbre docteur, parfaitement décoré, nous donna d’amitié, moyennant
vingt francs, valeur intrinsèque de cinq minutes de sa conversation, ce sage et consolant conseil :
Air de Mit.
J’ordonne à ma belle malade Dé voyager, de changer d’air.
D’aller aux eaux, à Lucque, à Bade, Ou de prendre des bains de mer ; N’épargnant rien pour se distraire.
Jeux, bals, concerts, tout lui sera permis.
Monsieur vivra seul à Paris,
Et dans un an il sera père.
Vous vivrez bien sage à Paris,
Avant un an vous serez père.
Je t’envoie à Dieppe, te plonger dans la mer et dans les plaisirs; moi, je reste ici à m’ennuyer selon l’ordonnance. Déjà la moitié de ce veuvage momentané s’était écoulée à grand’peine ; il ne me fallait plus que ((uelques semaines de patience et de résignation, et tu viens, par un caprice anticipé, détruire toutes mes espérances! Ce n’est pas gentil. Je devrais t’ordonner de repartir à l’instant.
MADAME PODPARD. Si VOUS me donniez un ordre p.areil, je ne vous obéirais pas. Je suis bien décidée à ne plus vous quitter.
PODPARD. Par esprit de contradiction, sans doute. Les femmes le cultivent avec tant de succès !
MADAME PODPARD. Dcvais-je d’aüleurs laisser passer le jour de votre fête sans...
PODPARD. Ma fête ! je mêla serais souhaitée moi-méme. Un petit bouquet de deux sous...
MADAME PODPARD. Je te destiiie un autre cadeau.
PODPARD. Une surprise ?
MONSIEUR POUPARD 'Mi
MADAME POUPARD. Oui.
pouPABD. Un homard, sans doute?
MADAME POUPARD. Mais, auparavant, j’ai une grâce à te demander.
POUPARD. Déjàl
MADAME POUPARD, lai montranl HcaricUe. Ta prOteCtion pOUr
cette pauvre orpheline.
POUPARD, opcrcorant Heorictte. Une jeune fîlle!... Comment?... Oh ! mademoiselle, si je vous avais vue, il y a longtemps que je vous aurais saluée.
HENRIETTE. Monsieur...
MADAME POUPARD. C’est Henriette, ma âlleul’e.
POUPARD. Dont tu m’as parlé dans ta dernière lettre. Pauvre enfant!... Je l’adopte, elle sera ma fille... Je l’aurais mieux aimée plus petite; mais enfin... HENRIETTE. Monsieur, que de bonté!...
POUPARD. Je pourrais pourtant avoir une fille de cet âge-là si je m’étais marié de bonne heure, ou si... Je me charge de son avenir ; je la doterai, je la marierai.
MADAME POUPARD. Oh ! mon ami , tu vas au-devant de mes vœux !
POUPARD. J’ai déjà pour elle un parti en vue; mon ami Gachinet, un homme mûr, mais encore vert.
HENRIETTE. Merci, monsieur, mais je ne désire pas me marier.
POUPARD. Il vous rendra heureuse ; c’est un homme veuf, sur lequel on peut compter. 11 a eu trois enfants avec sa première femme.
MADAME GRANDOUILLET, en dehors. Gl'andouillet I GraU-
douillet I