POUPARD, LÉON, HENRIETTE, BENJAMIN, GRANDOUILLET
(Le bruit que font lea enfanta va toujourt croiaaant.)
GRANDOUILLET, arrivant tout effaré. Mousieur Poupard,
monsieur Poupard !
POUPARD. Eh bien, qu’est-ce encore? Il n’y a donc plus moyen de dire deux mots de suite ici ?
GRANDOUiLLET. Figurez-vous que j’étais à regarder à la fenêtre en attendant que vous arriviez dîner; que tout se refroidit; que c’est un vrai meurtre; que mademoiselle Agathe se fait un mauvais sang...
pouPARD. Après, après!
GRANDûuiLLET. Tout à coup j’apci’çois des gens de mauvaise mine, avec des cannes et un fiacre, qui regardaient la maison d’un air en dessous.
LÉON, à part. Ça ressemble bien à des gardes du commerce !
POUPARD. Tu me fais frémir!
GRANDOUiLLET. Je desceuds, je m’informe et j’apprends qu’ils venaient pour arrêter monsieur Léon Lecoq.
HENRIETTE. Est-il possible !
LÉON. C’est bien cela! pour ma lettre de change de dix mille francs.
POUPARD. Comment, malheureux! tu as fait des lettres de change?
LÉON. Hélas! oui, monsieur.
POUPARD. Et pour dix mille francs ! 11 a englouti dix mille francs en trois mois! Mais ça n’a pas de nom! Ça ne s’est jamais vu! Tu veux donc me faire mourir de chagrin ?
LÉON. Vous m’aviez fait espérer que vous viendriez à mon secours.
POUPARD. Je ne te connaissais pas encore, mauvais
sujet, (ici les deux alDCs des cntanls de madame Grandauillet entrent ea acèoe, l'ua battant du tambour, l’autre jouant de la trompette.) Moi, te
soutenir dans tes déportemenls! t’aider dans tes folies! approuver ta mauvaise conduite ! Non, non, non, mille fois non! Va, sors de ma présence, et que je n’entende jamais parler de toi.
(Le brait des enTauts redouble.)
HENRIETTE. Ah! monsieur, n’aurez-vous pas un peu de pitié?
POUPARD, aux enfants. Mais laiscz-vous donc, VOUS autres ! (A Hcurieiie.) Vous épouserez mon ami Gachinet, homme
mûr...
HENRIETTE. Moi, jamais!
POUPARD. Ou je VOUS mellrai dans un couvent.
qui s^e»t emparé Je la Cuuue üc Poiipard^ fail le tambourmajor, et coinaiaoilc aux deux petits eufaots.) t.n cLYSint, UlUrchc!
ran, plan plan, ran, plan plan...
LÉON. Vous n’avez aucun droit sur mademoiselle.
HENRIETTE, pleurant et sanglotant. Mon DieU ! que jC SUiS
malheureuse !
BENJAMIN. Ran, plan plan, ran, plan plan...
POUPARD. Ah ! quel tapage infernal ! Vous tairez-vous à la fin, maudits gamins! (Lc tu «It augmente encore.) Mais c’est à devenir fou, c’est à déserter la maison.