A YVONNE PEN-MOOR
Te souvient-il, enfant, des jours de ta jeunesse Et des grandes forêts où tu courais pieds nus. Rêveuse et vagabonde, oubliant ta détresse Et laissant le zéphyr baiser tes bras charnus ?
Tes cheveux crépelés, ta peau de mulâti'esse Rendaient plus attrayants tes charmes ingénus. Telle avant ses amours, Diane chasseresse Gourait dans la bruyère et sur les monts chenus.
Il ne reste plus rien de ta beauté sauvage ;
flot ne mordra plus tes pieds sm le rivage.
Et l’herbe a recouvert l’empreinte de tes pas.
Paris t’a faite riche ; entre les plus hautaines.
Tes frères, les chasseurs, ne reconnaîtraient pas Leur sœur, qui dans ses mains buvait l’eau des fontaines.