GAL
Qu'est-ce donc?
RODOLPBO.
Je ne sais, monseigneur, si je dois vous la lire.
GALBAS.
Voyons, lu me rends curieux ; je le veux.
RODOLPHO, ouvrant un parchemin qu'il tient à la main, lUanL
« Au grand duc Galéas. très-auguste régent » des étau Lombards... Monseigneur, natif de » Tarente, j’ai pour nom Lélio et pour surnom » le Capiian . histrion voyageur, j'ai par mes fap céties et discours su plaire au roi de France. P J’ai su réconcilier les princes de Bologne et de P Ferrare. J’ai réjoui le doge de Venise. Je traverse P aujourd'hui Milan, votre ville capitale, et rien P ne manquerait à ma gloire si vous permetliei P que je pusse apporter dans votre palais presque P en deuil une heure d’oubli, de rire et de folie. P Le capitan Lélio, votre esclave suppliant, at- P tend depuis deux jours à la porte du palais vo- » tre auguste réponse, p
GALBAS.
Le drôle est bien, comme U dit, un hardi capitan; qu’en pensez-vous, messieurs?
mCHABLLI.
J'ai vu cet homme à Venise, monseigneur, il y a peu de jours encore ; c'est un raconteur au rire inextinguible, au récit palpitant, et qui, ûer comme un fanfaron, pose avec audace et morgue la roaiu sur la garde de son épée comme s’il était un grand seigneur.
GALÉAS
Qu’on le fasse venir ; je veux voir si ce comédien de passage saura nous faire sourire.
* Galéas, Rodolpho, MichacUi.
mCHAILU.
Si vous permettez, monseigneur, nous allons vous l’amener. (S’adressant aux Courtiians.)\enez, messieurs, venez! Porter de 1a part d’un des plus grands princes italienssi complaisant accueil au bouffon d’hôtellerie ; c’est chose rare et curieuse; venez, messieurs, venez; nous serons les premiers à regarder en face l'effronté capitan.
II sort CQ riant avec les G>urtisans qui se pressent.