SCÈNE V
* Les MIftEs, SARA; puis MASSARl,OVnciERs et ConntiSAHS.
SARA, a’avanpant.
C’est un mensonge I
galAas.
Sara!
SARA
Le prince existe ! Oh ! je sais qu’une fois le messager parti, les assassins doivent entrer 1 galAas.
Silence, malheureuse !
SARA
Mais assassins et messager sont inutiles!
* Galéas, Sara, Beppo.
MAGASIN THEATRAL
GALBAS, la prenant par le brae.
Femme imprudente I i
SARA
Non, pas imprudente, monseigneur, puisqu'elle est sûre de pouvoir défendre Giovanni qui sera protégé par votre ordre!... O monseigneur! je suis tranquille! {Galias la regarde avec surprise. ) F.ntre Sara la plébéienne et le duc Jean Visconli, ii existait un secret. Quand vous le connallrei, régent Galéas, vous sercs légitime possesseur du trdne ducal, et ce secret, je viens vous le conGer !
BEPPO
Que va-t-elle dire T
GAULAS.
Légitime possesseur du trdne! Mais si vous me tendes un piège pour le salut du prince?
SARA
Je vous donnerai des preuves...
galÎIas.
Et d’abord , pour que vous ne poissiez demain renier vos paroles, il me Tant des témoins... Rodoipbo, appelie Padema, Marsari et tous les of- Geiers du palais; je veux du monde! (Rodolpho sort au fond. A Beppo,)Toi, Deppo, reste; ceque cette femme promet de révéler changera peut-être la nature du message dont je t'ai chargé.
BBPPQ.
Puisqu'il vous faut des témoins, monseigneur, je serai, je vous l’assure, le plus attentif.
■lASSARi et lee Offieiert enfranf.
Vous nous avez fait appeler, monseigneur ?
GALéas.
Je ne veux de vous , messieurs, que 'quelques minutes d'attention. Et maintenant, Sara, par^ lez , nous vous écoutons tous.
A l’époque de la bataille de Garda, la duchesse Visconti, expirant dans mes bras, mit au monde une Olle. ..
gaiAas.
Une GUoI
Toot le monde fait on geste de surprise.
SARA
Deux jours après, le due ViKonti, qui voyait la victoire le fuir, triste, harassé de fatigue, entra dans notre cabane , s'agenouilla près de ta femme inanimée, et, contemplant sa Glle, il dit avec douleur : Malheureuse enfant , demain mon armée découragée, qui m'espérait un Ois, m'abandonnera; et s’éloignant il aperçut mon Gis qui n’avait quepeu de jours encore, et nous dit, comme frappé d'une pensée du ciel : Vous pouvez tout deux m’aider à sauver la Lombardie! Personne ne sait encore la naissance de ma Glle ; si demain je pouvais montrer à mes guerriers presque vaincus un fils dont l’heureuse présence leur donnerait un éclair d enthousiasme et de force , demain nous aurions la victoire: et lorsque je rentrerais triomphant dans mon palais de Milan, je révélerais la
’ vérité è tout un peuple victorieux qui t'applau- ' dirait de mon stratagème, et vous seriez bénit de tous , vous à qui je rendrais l'enfant dont la I dignité passagère aurait garanti la Lombardie de I l'invasion , son armée de la défaite, et son chef I de la mort.
' galbas.
I Et alors...
! SARA
Péris enveloppa noire fils dans le manteau I brodé d’or de la duches.se, qui venait de mourir, et suivit le duc Visconti, qui, plein d'espérance, le conduisit au milieu de son camp... (Mouvement parmi lee aetielanti.) Deux jours après, l’ennemi, repoussé de toute part, se répandait dans nos montagnes et s’approchait déjà de notre cabane , lorsqu'un soir Péris y entra et me dit : Femme, le due est victorieux, il faut que cette nuit nous partions avec la jeune duchesse pour aller réclamer notre fils au palais de .Milan! Iléte-toi de quitter la cabane; l'ennemi battu se venge ; tu trouveras sur le bord du lac Garda la barque qui vient de m’amener tout à l'heure , et dans laquelle j’irai bientdt vous rejoindre... Puis il me quitta tout glorieux, et quand j'entrai dans la barque déjà notre cabane était en fou ; les vainqueurs avaient atteint les fuyards ; j'entendais sur le chemin que devait prendre Péris des combats et des cris; il me semblait qu’on le tuait au passage, et je l'aimais d’amour, moi, monseigneur !
GALÉAS
Que fltes-vousT
SARA
Folle, insensée, j'abandonnai la barque, j'entrai dans un ravin obscur, et je trouvai Péris ensanglanté, se traînant avec peine. Enfin, chancelants tous deux, nous allémes sur les bordsdu lac, où pendant toute la nuit nous cherchémes avec terreur la barque que nous ne pûmes retrouver.
BBPPO, d pare, et t'approchant,
Qu’a-t-elle dit?
GALÉAS
Mais la fille du duc?
SARA
Elle était dans la barque, que les eaux du lac ont engloutie , et nous ne pûmes alors la reporter au duc Jean Visconli, qui avait prit notre fils en échange.
GALÉAS, avec l’accent du doute.
C’est impossible !
BBPPO, at’ee agitation.
J'étais de celte bataille, monseigneur!... et j’ai vu, moi, les combats dans la montagne, j’ai vu la cabane en feu, et les eaux du lac s’agiter pendant la nuit entière !
GALÉAS, à Sara.
Il se pourrait! Mais comment te fait-il que
depuis quinze ans vont et Périt vous ayez habité le palais de Milan?
SARA
Péris et moi , monseigneur, sans asile et sans
bat, nous marchioat par lai villei, quand le due Jean nous Gi arrtter, amener derant lui, et noua tendant généreusement la main , il nous dit : Je sais quel grand malheur doit à jamais nous unir, Nons pleurerons ensemble notre paurre fille, mais tous trois nous aimerons et défendrons Giovanni , notre fils. Et maintenant que je suis restée sa seule protectrice, à l’heure où l'on veut le frapper , je le sauve ; car Dieu m'a donné une arme puissante contre laquelle doivent s'anéantir les complots sanglants et s’émousser le fer des assassins. Cette arme, c’est la révélation du secret, monseigneur, c’est la vérité !
CALMAS, rapidement .
Tu as promis, femme, que tu donnerais des preuves de tout ceci?
SARA
Sans preuves, je n’eusse pat dit un seul mot, monseigneur !
BEPPO, t'approchant.
Mais le régent les attend ces preuves.
GALÉAS
OÙ sont-elles cet preuves?
SASA, tirant de ton tein deux parehemint.
Voici deux actes de naissance ; celui de la jeune fille, née du duc et de la duchesse Visconti, et celui de Giovanni, né de Piris et de Sara.
BEPPO, à part, avec surprise.
Comment ces deux actes, qui devraient être entre les maint de Galéat, sont-ils entre celles de Sara?
GALéas, aprèt avoir parcouru les parehemint.
Oui, ces preuves sont irrécusables!... Un mensonge m’avait ravi la puissance , on m’avait volé le trénel Je ne suis plus le régent, messieurs, je suis le duc Galéas, maître et souverain de la Lombardie I et je vous charge tout d'en répandre au plut tétla nouvelle, et de donner à cet deux actes la publicité que mérite une preuve qui remet un tréne en possession légitime. (Ifouvament de tout let attittantt. A Sara.) Vous, madame, retoumex auprès de votre fils, mais restez au palais, où votre présence me sera peut-être nécessaire pour appuyer cea preuves par de nouvelles affirmations.
SARA
J’ai dit la vérité, et devant Dieu et let hommes je suis prèle à tous serments, monseigneur.
Elle s'incline et sort par la gauche.
GAtéAS, aux Courtitant.
Si vous avez, messieurs, quelques faveurs à me demander, n’attendez pas à demain. Je veux que ce jour, le premier de mon règne, toit fêté publiquement et avec magnificence, (d Beppo.) Toi. tu vas aller en toute hète prévenir Mazarès le Juif que le duc Galéas l'attend.
BEPPO
Monseigneur...
GAI.èAS.
Tu ne m’entends pas?
BEPPO
Si, monseigneur; mais je suis encore sous l’im-
pression de la surprise... Vous m’avez commandé d’appeler le juif Mazarès, et vous serez obéi...
RODOLPBO, à haute voix.
Place an duc Galéas, maître et souverain 1 gaiAas , lut tendant la main.
Bien, Hodolpbo ! tu devais être le premier à me saluer de ce nom I
Il sort par le fond, Umt le monde raccompagne, excepté