‹ Paris le bohémien [Texto impreso]Chapitre 75 sur 77 · GALÉAS , LÉLIO · texte numérisé non relu

GALÉAS , LÉLIO

GAléas , reculant d ion aspect.

Lélio !

Léuo, d’une tiofz ttouifée.

Oui, Lélio, que tu as llchement fait empoisonner et qui s'est traîné secrètement jusqu'à toi pour te jeter sa malédiction... Lélio. qui a conspiré... Lélio, ton implacable ennemi, qui n'est venu dans ce palais que pour t'j donner le coup de la morti

GALéas.

Ou plutdt pour l'y recevoir, Lélio I LÉLIO, succombant.

Je meurt en martyr, moi... Galéas 1 et j'ai trouvé la force de me traîner jusqu'ici, malgré let souffrances qui me déchirent... pour t'y prédire que lu périrat, toi, de la mort det traîtres !

GALÉAS, souriant.

Tu m’avait dit, Lélio, que tu me jouerait let tourments de l’etclave empoisonné qui te débat et qui meurt! Tu ne savait pat que tu tiendrais tutti bien ta parole t

LÉLIO

Et maintenant, l’outrage et l’ironie !

GALÉA.S.

Intenté, qui es revenu dans le palais dont une fois tu avait pu sortir! Tu voulais donc y découvrir des secrets utiles à tes amis les conspirateurs de Bergame... lit apprendront, Lélio, leur défaite en aprenant ta mort... et je vait l’annoncer sur ma route.

LÉUO.

Sur le chemin que vous allex prendre vous pourriei y rencontrer mes vengeurs.

GALÉAS

Tes vengeurs, insensé, sont à Bergame.

LÉLIO

Pas tous...

GALÉAS

Les gardes qui m’accompagneront seront nombreux et forts.

LÉLIO

Et si mon vengeur est parmi vos gardes?

GALÉAS, épouvanté.

Quoi ! la mort parmi mes seuls défenseurs...

derrière celte porte, peut-être. Malt tu vient donc de l’enfer !... Ecoute, Lélio : tu souffres en ce moment...

LÉLIO, avec déchirement.

Let plus affreuses tortures...

GALÉAS

Eh bien ! je puis let faire cesser en un instant...

LÉLIO

Comment?

GALÉ.is, prenant un flacon dans sa poitrine.

Tiens, bois quelques gnuUes de cette liqueur qui peut racheter ta vie, cl tu me nommeras ensuite mes ennemis acharnés.

11 lui met le flacon sur les lèvres.

LÉLIO

Qui de nous deux a bien peur de la mort? (Jetant le flacon loin de luf .) Ce serait une lâcheté...

GALÉAS

Malheureux !

LÉUO , faisant un dernier effort.

On vous attend à la cathédrale... Laissei-moi mourir.

GALÉAS, furieux.

Ma présence est inutile à la cathédrale, et je veux rester ici, moi. Je veux jouir de la souffrance... et tes amis ou tes vengeurs, je saurai les punir tous ensemble et publiquement! (Une cloche sonne.) Entends tu cette cloche?

LÉLIO, d’une voix mourante.

La oloebe !

• GALÉAS

Elle annonce que Giovanni, votre faux prince, vient d'épOuser la fille d’un plébéien !

LÉLIO , le redressant lentement.

Obi maintenant j’espère...

GALÉAS

Encore ?

LÉUO, cherchant d se soulever.

Et je sens mon cœur se ranimer !

GALÉAS

Ce sont les derniers efforts' qui toujours précédent le dernier soupir.

LÉLIO

Peut-être.

GALÉAS

Je suis bien sûr de mon poison, Lélio.

LÉUO le levant debout, croisant les bras, el avec

force.

Et si je ne l’avais pas bu?

MAGASIN THEATRAL

CÀiAis.

Tu du...

Je dii que je me tuU mé6d d’un vin vené per Kodolpho, ton empoisonneur !

galAis.

Mensonge I

lAuo.

Je dis que tu m'avais ordonné de te jouer les tourments de l'esclave empoisonné qui se débat et qui meurt, et que maintenant qu’il a fait ta volonté, le comédien veut son salaire.

GÀlKÂS.

Mort et sang !

lAuo.

Mais le conspirateur a déjà reçu le sien, puisqu’il a pu t’empécher de sortir de ce palais.

GACÉAS.

Et pourquoi craignais-tu donc que je sortisse?

iAlio.

Parce qu’en mettant le pied hors de ce palais, * lu eusses détruit tous mes projets, anéanti toutes mes espérance.» ; car tu devais ignorer jusqu’à cette heure que la lettre de Viscontl qui dépossède Giovanni, transporte la couronne de Milan sur la tète de la 611e légitime du duc.

galAss. .

La 611e du duel... mais elle est morte...

lAlio.

Non pas; elle a été sauvée.

galAas.

Par qui donc?

lAlio.

Par Deppo.

galAas.

Et celte jeune 6lle?

lAuo.

Se nomme Stella.

galAas.

Stella!

lAlio.

N’est-ce pas que si tu l’avais su plus lét, tu l’aurais fait mourir? mais, dans ton ignorance, tu viens de la marier toi-méme à Giovanni... Veilà ce que Léiio pourra dire à ses amis, les conspirateurs de Bergame 1

galAas.

Beppo!... {Avec rsrreur.) Mais alors... oh! il n’oserait avouer sa complicité...

lAlio. Bruit au dehort.

Entendez-vous, monseigneur, ces acclamations et ces cris?... Crojcz-vous que l’on accompagne ainsi les enfants du peuple le jour de leurs Ban- {ailles?

galAas.

Non... il y a encore dans tout ceci quelque ruse

infâme... Holà! Massari! et des gardes... (Mattari parait sirivs de quatre sardes.) Avant de me condamner à la régence, nous verrons quelles preuves on me donnera pour établir la légitimité de Stella, et pour m’éter des épaules le manteau ducal dont je vais me couvrir.- Nous verront aussi, Léiio, par quel nouvel artibee tu essayeras de ta soustraire à la mort que tu vas recevoir ici... Massari, que son supplice s’apprête à l'instant mémo !... ( ilattari sort. ) Non , Léiio le conspirateur n’ira pat retrouver tes frères .. {Aux Garder.) Vous m’en répondez !

11 sort. Les Gardes cotourent Léiio.

lAlio.

Va! pauvre orgueil, qui voit encore l’espérance au milieu des ténèbres I

Faotares à l’orchestre. La porte de gauche s’ouvro.

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