‹ Paris (volume 2)Chapitre 1 sur 38 · BOULETARD SAINT-CERMATE · texte numérisé non relu

BOULETARD SAINT-CERMATE

Dre de proprio dent one

condamnable, fut une des plaies de l'ancienne sociéth française. Le besoin d'argent et l'âproté au gain se trouvaient mis face à face par les mille circonstances de la vie, et le scandale des bénéfices illicites n'avait point de bornes. L'opération était fort simple ot rendait l'emprunteur doublement dupe. Celui-ci s'adressait à l'un de ces industriels sans scrupule, que l'on appelait indif= féremment Juifs où Lomburds, et en rocovait, au lieu de valeurs ayant cours, une série d'objets mobiliers évalués à des prix léonins ; c'étaiont ordinairement des défroques inutilés, parmi lesquelles on pouvait reneons trer « une peau de lézard de trois pieds et demi, rem plie de foin, curiosité agréable pour pendre au plancher d'une chambre, » ainsi que dit le mémoire lu par La Flèche et rédigé par Harpagon.

Ces hric-ä-brac de toute sorte, que l'argot des bimbe= Jotiers modernes qualifie de « rossignols », étaient Fr où vendus à neuf dixièmes de perte, chez des

vidus qui le plus souvent n'étaient que les agents secrots du prèteur, Cé genre de commorce, ou, pour fiieux dire, oà genre dé vol habilement organist, était

faisait des gains si excessifs et avait si profondément

pas 10 p. 400 par mois, — 420 p: 400

— Hans compler les droits fixes de com d'écriture et de manuténtion; — à 450 pour 100 d'intèrét annuel on restait galant homme dans ee métier-à.

De si criants abus, qui s'étalaient impudemmeont am grand jour, frappaient lous les yeux et révoltaient les cœurs honnôtes; mais nul n'osit y porter la main. Aux du publie, aux observations des on répondait l'éternel mot qui sert d'excuse à toutes Jés

Les représentants de la caisse auxiliaire des Lam

Âls cherchent à se substituer : « On « vu l'intérèt müt ter dans plusieurs endroits jusqu'à € francs par louis,

année. » IL était grand temps d'en avec de tés. excès. On avait essayé, mais sans y réussir. Dans d'une circonstance et à diverses époques, on avait sons tenu le Mont-de-Piété, on en avait modifié l'organis il insuffisance des.

Al avait semblé reprendre ; mai capilaux mis à sa disposition paralysait les efforts laissait toute facilité d'exploitation aux préteurs sut gages: en l'an VUE cependant les engagements dèpass sent 290,000 articles, Le Bureau des améliorations, adresse, le 8 thermidor de la mème année, au conseil” général du département, un rapport sur la nécessité de, fermer les maisons de prèts, que l'on soupçonne véhé” menternent le ministre Pitt de favoriser, afn « d'obtenir, de la misère ce qu'il n'a pu obtenir de la famine et des” armées de la coalition ». Cette sorneite est imprimée êt signée Debauve, homme de loi. Peut-être était-ce sage qui n'employait co misèrable subterfuge que arriver aux fins morales qu'il poursuivait, On proposa des roconstituer le Mont-de-Piété sous forme de tontines. mais le projet échoun, et il fallut attendre l'Empire pour £utrèr enfin dans une voie sériouse et pratique.

Le 26 pluvioes an le premier consul promulgus | une loi votée le 46 du même mois, sur le rapport dem Bognaud (de Saint-Jean-d'Angély), par laquelle toutes les maisons de prèts sur gages devaient être fermées; In. | loi atteignait le préteur et l'emprunteur, car, si elle feappait l'un d'une amende importante, elle confisquait des objets déposés en nantissement. Le 24 messidor dé |

ciée 1874 : « Soit que les classes nécessiteuses cusaent épuisé Le stock des nantissements qu'elles pouvaient of frir, soit qu'elles fussent alimentées aux frais du Trésor — (c'est là la vraie cause) — les demandes d'engagé= ment se raréfaient de jour en jour. »

Aussitôt que les armées allemandes eurent détendu la ligne d'investissement et que les communications, eurent été rétablies entre la France et sa capitale, Ie Mont-de-Piété reprit son activité ordinaire. Les opéras tions ne Janguissaient pas, on reti-ait les objets prés cieux engagés au début du siège, l'argent affuait dans. les caisses; on allait pouvoir payer les dettes et reconis\ situer ln réserve, lorsque le 18 mars amena la retraite précipitée du gouvernement et l'introduction à l'Hôtel de Ville d'un gouvernement d'aventure. Les institutions, qui, par leur organisation même, étaient contraintes des rester à Paris avaient alors tout à craindre, et le Monte de-Piété était du nombre.

Dès le 21 mars, on frappa d'interdiction la vente des, nanlissements périmés, dont la reprise avait été annun= cée. Si ls mesure était insignifiante par olle-même, alle prouvait que La Commune pensait au Mont-de-Piété, ab cela était fort grave. À celle époque, les magasins ren feraient 4,708,547 articles, sur lesquels on avait, arancè une somme de 57,502,725 francs; mais nul n'i= gnorsit que le maximum du prêt avait dté abaïssè à 60 franes, que par conséquent la valeur d'apprèciatioe restait bion au-dessous de Is valeur réelle, qui s'étavait. | sans doute à bien près de 100 millions. 11 y avait 1à de quoi pousser à une « mesure financière » des hommes, qui, tout en détenant le pouvoir, étaient toujours Aux | abois et bien souvent ne se doutaient pas comment ils feraient face aux difficultés que leur incapacité violeuté | semblait prendre à tâche d'accumuler.

Ce qui sauva le Mont-de-Pièté fut précisément l'inco=

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tnjours mensçante. la mme. s'inspirant de La tredition de cons Les jouverements possibles. décréta le desagement grituit ies articles sur lesquels le Moutde-Pivte à'rait os grète pins de 30 francs. Dans l'ori- Jine. :| rcut mème te question de faire rendre à leurs prprétaires des sbjets jvpusès en nantissement de 50 fraces: cette mesure. qui sit entrainé des cons quences excessives. fut regoussee pour un motif baroque. Ca somme Clément sçait fit la proposition de la manière suivante : « Considerant qu'il est urgent de mettre à l'ipreuve L science üinancière &es membres de La Commune, je demande que L: chiffre de 20 francs soit porté à 59 francs. » La forme doanée à La motion ayant été juxée impertinente. celle-ci fut rejetée. Le 12 mai, les déagements prescrits commencérent ; la Commune versait aa Mort-dePièté un à-compte de 15.900 francs par jour: où aliait lentement, si lentement qu'on atteignit le jour de la grande bataille sans avoir été liquidé, sans s'être trop dégarni. et qu'on en fut quitte pour une perte sèche de 188.567 francs; c'était s’en tirer à bon compte.

Ces jours maudits sont passés: que le néant les engloutisse et les garde à jamais! Le Mont-de-Piëté a repris ses opérations normales ; on y emprunte, on ÿ prète, on y engage, on y dégage, on y renvuvelle, on ÿ vend tous les jours. Je voudrais pouvoir dire que celle série d'opérations atteint le but cherché dès le principe, et l'usure n'existe plus à Paris. Je ne crois pas cependant que le Mont-de-Piété l'ait tuée; pas plus que les jeux publics — si l'on avait la coupable imprudence d'en tolérer le rétablissement — ne tueraient les tripots clandestins. L'appât du lucre exercera toujours un atpuinsant sur les âmes basses. Voiei en qu'on it

sur les renouvollements, par un droit proportionnel

5 1/2 pour 100 sur le prix deswbjets vendus. Ils sont les de leur évaluation ; si l'article vendu n'ate.

teint pas la valeur de la somme remise à l'empruntenr,

ils doivent rembourser la différence à la caisse du Monte

do-Pièté.

Pour éviter l'encombrement et activer un service dont les employés sont parfois surmenès, on a séparé Les bus reaux d'engagements en deux catégories distinctes, dés signées sous le nom de première et de seconde divisions.

pas Lrop large s'ouvre un couloir aboutissant à une grande salle d'aspect passablement morose et dèsagrèa= ble. Deux où trois bancs de bai: is placés prés de la muraille

sonnes qui fouillent dans leur poche pour en retirer.le gage qu'elles apportent; il n'y a jarmnis foule ici, mais

baril pour mesurer la dimension des diamants ; en fact de lui, à côté d'un paquet de bulletins fomoulés el mie mürolés d'avance, se tient le commis aux écritures, La plume à la main, Deux honumes vêtus d'une veste en co

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ivre de moramens mme des matelas, des mors Le sseuvemex es mes ail et lon mi

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jEais connu que du assez mediocres ; j'aie rète » sur laquelle on à

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Re pas une subdi “qui n'ait passé au Munt-de-liété ; cela n'a rie Prenant dns une société où l'envie de paraitre le plu: impérieux de tous les besoins. Puisqes

batière, voilà les matelas roulès, los lits do plume, areillers couverts d'une forte taie en gras coutil et bleu. Parfois une seule personne apporte d' coup dix, douze matelas ot plus: eest un peosion qui n'a pas d'élèves, c'est un proprii maison garnie qui n'a pas de locataires. Les ne sont pas très-nombreux au chef-lieu; ri

yen a beaucoup à la succursale de la rue Le de la Petite-Roquette; lorsque je l'ai en pouvait compter 8,800.

Cotte succursale a èté bâtie exprès; aussi 1 sins sont-ils d'une ampleur très-bien calculée, et: vastes pour centraliser tous les meubles qu'on au Mont-de-Piété. D'immonses salles, for ot briq flant le feu, semblent être le dépôt des ébènistés bourg Saint-Antoine : meubles simples et sculpté moîres 4 glace, planos de toute provènanes, ef commodes et buffets, vide-poches, bonbon fauteuils, Kits, canapés et tabourets, sont symétiqu ment rangés les uns à côté des natres, et craquent seuls da terüps en temps pour prouver qu'ils sont, neufs qu'ils n'en ont l'air.

Au rez-de-chaussée, de grands hangars où niveau du sol avaient été réservés pour les voi ya bien vile renoncé, l'encombrement y devint diatement excessif, au point de neutraliser le Là sont les instrimenis en mêtal que leur poids ficilés à manier; j'ai vu des baïgnoires, des all des appareils de confiserie, des chüudières, une de machines à coudre, et surtout une quantité ordinaire d'étaux. La première impression p la vue de ces indispensables instruments de travai fort pénible : où pense involontairement à l'ouvrier ni TR à mise à En paer en .

Le Mont-de-Piété doit réglementairement garder les. objets qui ont té acceptôs on nantissement pend tree mois ; on va toujours au moins jusqu'à quato et l'on accorde un sursis plus long aux personnes le demandent. C'est ordinairement vers le quinzi mois que les objets non retirés sont mis en vente; on a toujours soin de prévenir les intéreesès par mi lettre, — non affranchie, — qui reproduit le sû ment de la reconnaissance, et annonce que le nanti ment va être offert aux enchères publiques ; on aj | que, dans le cas où il y aurait bon, c'est-à-dire un@ plus-value sur la somme totale due au Mont-de cel excédant est conservé pendant trois ans à la d silion de l'emprunteur, et que, ce délai passè, il versé à Ja caisse des hospices. La moyenne des artiel vendus faute d'avoir été dégagés est de D pour 100 pour les engagements ordinaires, de 4 pour 100 4 peine pour les engagements secrets. Dans les lettres royales de 4777, Louis XVI fixait à deux par mois ventes du Mont-de-Piété; aujourd'hui on en fait par jour; une au chef-lieu, l'autre à la succursale la rue Sorvan, la troisième à la succursale de la

Les objets destinés à la vente sont onregistrès, portés dans une chambre contiguë à la salle d'ench et vérifiés; là encore on s'assure que Le nanti: est bien celui qui est désigné sur le bulletin 0

nées; les enchères y sont soutenues, et l'homme mal nt NeMEaU pour Mie a acrait pour ses frais, our tous ces marchands s'entèndent, — c'est la bande noire, dit-on, — et ne laissent acheter par personne, quittes à partager le préjudics entre eux, Un lundi matin vers dix heures, on met en. vente des casseroles, iles poëlons, des chencts; celui | qui « donne » à ce moment, qui est maitre du marché, c'est l'auverpin, c'est-i-dire l'auvergnat, étamour et | chaudronuier. Le cuivre est épuisé, on apporte mu Hot | de livres : le coutançais passe su premier rang, car fl:

livres ne durent pas longtemps, on jotte

ques: des femmes de marchands d’habits se

alors, et de leurs gros doigts bouffis, chargés dé prétentieuses, manient les draps, les ques j espèce, les nippes de toute sorte avec une Fr

parville. S'il se trouve quelque instrument

la grande plaisanterie consiste à l'essayer, pr on peut tirer or toute éclate de rire. Le lour des matelas arrive, on les di cond, on tâte, on flaire la laine; il y à un mot que site à dire, mais qui fait image et mérite, brutalité, de n'être point passé sous silence; dans. got de ce monde-là, vendre des matelas sa dit 2 cer la punaise. 4 Les diemants, les montres, l'argenterie, le atteignent de hauts prix; d'autres abjots sont ment dédaignés : j'ai vu vendre des planches de # sique gravées pour la valeur de l'étain. Les

qui sont très-nombreux, n'ont point du tout, is mishrable auquel on pourrait s'attendre; ils : contraire quelques restes d'élégance et de fi

comme s'ils avaient èté engagés par un nf

été de 554,560, et ont porté sur des nantissements équivalant à un prèt de 14,469,687 francs; HE gagements ont fait sortir des avait ER oeT francs; enfin 162.284 1 2,576,806 francs, sur | Errre fr- 87 c- RS PR

seule inspection de el chiffres, on comprendra Le Mont-de-Piëté est au premier chef un étab) d'utilité publique:

AIS, — LA OLIENTELR

£a prospérité da Mont de Pidté et un indice de In L Banane du pet commerce. = Le jour de l'an, 2 Les dc

40 LE MOXT-DE-PIÉTE,

pendant la période des étrennes. Dès la fin de novembre, les emprünteurs affluent, ils apportent tout objet repré sentant une valeur quelconque el qui n'est pas pour eux

de nécessité rigoureuse; avec l'argent qu'ils en retirent, ils achètent les matières premières, confectionnent cès mille articles connus sous le nom générique de bimbe= lots, et les débitent avec avantage dans les

qu'ils sont autorisès à occuper sur la voie publique. Aussitôt que la vente est terminée, dès la première quine æine de janvier, les dégagements sont opèrès avec Las régularité remarquable.

Les fabricants en chambre, les modestes boutiques, les patrons qui n'oceupent que deux où trois ue courent au Mont-de-Piété lorsque arrive l'échéance d'un billet à ordre souserit par cux, lorsqu'il faut renott veler la patente, lorsque l'époque du terme enfin lorsqu'ils ont intérêt à faire des achats au comp= tant. Qu'engigent-ils? Leur montre, leurs couverts, leurs médiocres bijoux? Iarement; ils plus volontiers le produit de leur travail, ot c'est là ce qui explique La quantité relativement considérable de mars chandises neuves, — un sixième environ, — que res ferment Les magasins du Mont-de-Piété. Plusieurs d'entre eux engagent des objets qui leur ont été remis par ui client afin de pouvoir acherer un travail command jar un auire. Je prendrai un exemple : Une couturière r& çoït un coupon d'étoffe pour faire une robe; elle est surle. point de terminer un autre vêtement dont elle doit fourraie Ja garniture; elle n'a pas d'argent; elle engage le en pon intact au Mont-de-Piété. Avec le prôt, elle achète les” boutons, les franges qui lui manquent, elle livre le eos tume et touche le prix, qui lui sert immédiatement à dégager l'étoffe qu'on confiée. — Et si on me la paye pas? — Elle en est quilte pour déposer sa montré jusqu'au moment où sa facture lui sera soldée.

# LE MOSTDE ÉTÉ.

de leurs relations. Parfois ces sortes d'affaires vant plus Toin qu'on n'imagine ot menacent d'avoir un dénoûment désagréable. Un homme du monde, — un étranger, perd une forte somme au jeu; il l'argent, prend les diamants de sa sœur, qui y consent, et les engage au Mont-de-Piété. Il acquitte sa dette, veut trou ver sa revanche, perd encore, et, ne sachant plus de quel bois faire flèche, vend Ia reconnaissance à un cour. Lier dé bas étage, qui opère le dégagement sans tarder et se défait immédiatement des parures au profit d'un jeune homme qui va se marier. Le Mont-de-Piélé est dés intéressé dans la question : ses actes ont été réguliers; mais la sœur réclame ses diamants, mais le joueur, qui a eu une martingale heureuse, veut les racheter, @t et na sait où ils sont. À grand'peine on les retrouve chez, un joaillier célèbre, qui avait brisé les montures pour Re Sn etes, Heureusement et acheteur et le joueur étaient gens de même monde et se connaissaient; l'affaire s'est arrangèe à W'amisblé. entre eux, sans cela la justice aurait pu y

qui ne lui appartenait pas.

L'indigence vient rarement au Mont-de-Pièté ; je attentivement cherchée, et je ne crois pas l'avoir çue. Un fit le prouvera et ronversera sans doute. des idées acceptées a priori, sans disenssion ni Le peuplé anglais, ému des souffrances dont Paris a té accablé pendant la période d'investissement où 4 d'un esprit de charité dont nous ne surions rvconnaissanls, nous enveya des secours s sitôt que le blocus fut entr'ouvert; on expédis autres une somme de 20,000 francs qui devait cialement employée à délivrer los instruments de! que les ouvriers avaient nécessairement été

20 francs, et voici ce qui se passe invariablement : l'ars ticle dégagé gratuitement est immédiatement réengagäs, on dügage à une porte, et on réengage à l'autre, En: mellant que 4,000 nantissements puissent être [ Le matin, avant La lin de la journée le Mont-de-Piété «a certainement repris les trois quarts. Cela prouve, ton, que es gens-là ont, avant tout, besoin d' — sans doute ; — mais cela prouve aussi que dans: cabarets les pièces de cinq francs sont nne monnaie: a plus facilement cours que les matelas et les vieux. letots. L'alcoolisme, qui peuple nos asiles d'aliénétet remplit nos prisons, entre pour une proportion appréciable dans le mouvement du Mont.de-Piêé, Si jours de dégagements gratuits on renieltait dires l'argent aux porteurs de reconnaissances, il est fort pro boble que nul de ceux-ci ne se présenterait au Mont-deu Pièté.

H est un autre genre de clientèle, fort heureusement. minime et bien surveillée, qui cherche à tirer du Monts, de-Vibtè des bénéfices illicites ou qui le prend wolom tiers pour une maison de recel, e dont it faut bisn pare ler : ce sont certaines espèces de voleurs. La justice et Ja préfecture de police ont des rapports fréquents ave le Mont-de-Piété; quand un vol est dénoncé, la désis gnation de l'objet disparu est envoyée à l'administres tion, qui fait faire dans ses magasins, sur ses registres! d'engagements, des recherches qui aboutissent quels quefbis. Ceux qui s'adressent au Mont-de-Piété sont des voleurs naïfs ou des voleurs spéciaux, car la plupart ner ont leurs recélours el des brocanteurs

Les bureaux du Mont-de-Piété ont parfois aidé w dé» couvrir des faits étranges dont les auteurs étaiont das une {elle situation sociale que nul n'aurait osé les soup= gonner, En 4856, sept ans avant le décret impérial qui

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prudents, P et exerçant le plus ordinairement le métier de teur en bijoux. Faire a ehine consiste à au frauduleusement la valeur apparente des L coup de chinage le plus fréquent est celui-ci tache d'une chaîne en or véritable, composée de mobiles réunies les unes aux autres, le po Aueton et les anneaux sur lesquels la garantie a Ajué son poinçon: puis ces mêmes objets sont

ie chaine identique en cuivre fortement doré, qu'en nomme le doublé d'or, Une fois que colle 0 Lion est faite, on salit la chaîne pour lui donner ui vicillot, ét on la porte au bureau d'engogement. commissire-priseur vérifie les poinçons, croit entre les mains ua bijou en or de premier litre et

Pigueurs d'ence en font leur maison de recel, à la grande colère des négociants, que ce genre de méfaits atteint d'une Ésçon toute spéciale. Dans l'erigine, le pi quage d'once était un lerme d'arget qu'on employait pour désigner le vol que le tisseur en chambre com meltait sur les fils, laines on <oies qui lui étaient confiés; il en gardait une part pour lui, ef cependant il rendait poids pour poids, © : il avait mis le tissu à la cave pour le charger d'humiaité, où l'avait frotté d'u apprét qui l'alourdissait. Aujourd'hui on appelle ainsi tout abus de conflance fait par un ouvrier, par mn eme ployé, par un garçon de magasiu au préjudice de son patron. Les ouvriers bijoutiers qui retiennent des par celles d'or, les commis en nouveantés qui coupent à leur profit quelques mètres d'étolfe sur une pièce, sont des piqueurs d'once. La plupart ont des recéleurs, mais d'autres vont tout simplement au Mont-de-Piété, Les négociants se plaignent avec amertume, sans trop de raison, il mo semble, car c’est à eux qu'il appartient dé surveiller leurs employës; ils ont été jusqu'à demander qu'on interdit au Mont-de-Pièté de prèter sur marchandises neuves, ce qui est excessif en théorie, et ce qui, en pratique, ruinerait presque d'emblée les petits mar= chands et les petits fabricants dont j'ai parlé plus haut. J'ajouterai que plusieurs piqueurs d'once ont élà surpris en flagrant délit, grâce aux indications fournies par le Mont-de-Piété lui-même.

On vend, il est vrai, au Mont-de-Piété une quantité sp- Priciable de coupons de robe de treize à quinze métrés; où se tromporait si on en faisait remonter l'origian ant frandeurs. La vérité est bien plus simple. Beaucoup de peronnes, vanlant faire un cadeau à une fermé W'asant lui offrir de l'argent, lui donnent l'étoffe d'est vobe La femme préfère l'argent. elle engage le coupes, Xe larce vendre et retire le boni. Ce fait-Là est tellement

“ 2 SSSR

bon, bee de Dee ment De pete de tan an enatpile 2mpeble de ls came des commples Heat rie muse gone grève 2e montent au Lt Be plu bee pute. affeust des garanties mms 5 roues que s'anquetr qui énbisement de crédit, doit

prisée et ba sente: 3 Le Éen à — à rspués t périls, pe ss propres emplasés. qui s | passés maitres en l'an. de Fryprécsatinn. Ce serve pans jui me surcroît de tr id et de roponsabalse: es pan) Bee corail qui à ben see img Lance, en sovant

Wadi as sonlagemest de ts Pre screens de fopalation de Paris.

On ferait ben aussi de rapperter Le décret pra de 12 août AB65; il n'a sueune raison d'être, car ei n'en respecte que la lettre et l'on sait en fansser l'es prit. Le chef-lieu et les succursales ne peuvent fin aucun prét dépassant 10,000 francs: les bureaux anxi: Jiaires sont limités à un maximum de 500. Il est de deviner ce qui se passe. On apporte un lot de dismants qui vaut 50,000 franes ; on le divise en cinq nan tissements distincts, qui sont engagés suecessivement, séance tenante, au même guichet. Puisqu'il est aisé d'é- Juder les prescriptions de la loi, puisque chacun y prête la main, puisque le commissaire-priseur, l'emprunteur, le Mont-de-Piété, sont d'accord pour tourner la diffieullé, puisque le seul résultat du décret est de faire libeller un plus grand nombre de paperasses, pourquoi no pagrevenir tout simplement aux usages qui ne déterminaient aucune réserve au prêt consenti?

Lorsque l'on discuta la loi de 1851, l'intention évidento den législateurs était d'affranchir le Mont-de-Piété et de lui donner une existence indépendante; cela res-

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number mass les entrenes que le perrkrsent trop souvent,

2 pourus slues bits Les quatre cureursales qui lui

es grd pee ons Le 12, P

de maséunton «4 de car qu ehemssent l'intéré exigé jesqu'sn ten msurière de 9 per 400, me plus of. frir cette anomalie an mocns smculère d'un établissement pablie tosjours es coctradcton Basramie avec la hi.

srancée ; 18,500 de 15,658,578 frames ; 1.549.459 arücies dégagés ont fait rentrer

25,410. 171 francs dns la came de l'administration; 71,063 bons ont produit 650,105 francs 14 centimes. Le total des opérations à done embrasé 5,517.255 objets, et a mis en mouvement une somme de 71,742,002 francs 14 centimes. 110,888 articles, sur lesquels le Mont-de-l'iété avait prèté 1,750,907 francs, ont été vendus, par l'entremise des commimsires-priseurs, au prix de 3,804,604 francs #5 centimes,

* Lol du 3 septembre 1807: « Articie 1”. L'intérét conventionnel ne matière

# pour 400, le tout civile, de 5 pour 100, et en matière de commerce de 6 pour 100, sam retenue, »

F2 LOSSCMRENT

— Le bo — 9 2e moment que émane, les mgriguiien an

Burn ax amv qu Phone des Sciences me Feln 4 puifree jus Ggue d æe mention bons “he. I Chen 2 rt, à prupes de l'ensrignentnt, cute phrase dune VrME aus decleureuse que sais amas : « Cost css éésals qu'en ce grave sujet À reste si pen à dire. murs tan à faire. à — Que ait doc sojourd'hni que (tie sant d'arme sat partis politsers, passionne les qu'elle avengle et fait maître toute sorte de qui là compliquent, La paralrsent et menacent foire un problème indéchiffrable? C'est question vitale par excellence, celle devant toute préserupstion aurait dû se taire, qu'il Fallait aborder d'une façoa abstraite, qui n'exigeait pas moi que le concours de loutes les inlelligences, el qu aurait dû résoudre tout d'abord, car d'elle dépend l'# venir de notre pays.

De ce chaos d'opinions se heurtant avec une wèbè mence qui rappelle les disputes d'où naquirent ls guerres de religion, que sortira-t-il? — L'instruction obligatoire, sans nul doute, dont la nécessité finir par s'imposer méme aux préventions les plus récalcitrantés: mais sur ce terrain, qui devrait être celui de la coût corde universelle, il est à craindre de voir surgirde luttes stérilisantes et désastrenses : — Obligatoire # gratüile, — obligatoire seulement, — moralement obli. gaboire, — obligatoire et laïque, — obligatoire et clé: ricale. — C'est la tour de Babel; on ne sait quelle ; ceux qui parlent semblent ne pas se cote prendre, car dans toutes ces batailles où la logomachit la vie, les méthodes d'instruction et d'éducation

‘Henry Pestalozai, par Augustin Cochin. — Pari And. Brochure de 83 payes.

70 L'ENSEIGNEMENT donner trop d'éloges au conseil municipal et lai témei-, gner trop de gratitude pour la lergeur intelligente et libérale qu'il met à poursuivre la tâche entreprise. I n'a rien refusé de ce qu'on lui a demandé, il a prévu les exigences avant qu'elles fussent formulées, mais il cosvient de dire qu'il a trouvé à la tête de l'

primaire de Paris un homme qui s’est consacré à cetie œuvre avec une ardeur et un dévouement sans bornes. Es réunissant les ressources ordinaires et extraordinaires, municipales et départementales, volées pour l'enseignement et généreusement offertes par la ville, on arriveà la somme vraiment imposante de 30 millions ; cela suf: fit, il ne s'agit que de continuer !.

Aussi quel excellent usage on a fait immédiatement de cette richesse ! Bien vite on a créé 23,000 places dans les écoles communales, on a soutenu l'enseignement libre par un subside spécial, augmenté le traitement du personnel, développé le matériel classique, qui laissait tant à désirer; on a divisé les classes trop nombreuses, organisé deux écoles normales, ouvert une école d'apprentis, enfin on a constitué un magasin scolaire qui, centralisant tous les objets nécessaires aux écoles, permet de les distribuer rapidement, d'en surveiller l'emploi et de réaliser de grosses économies, grâce à un atelier de réparations qui fonctionne sans désemparer.

aise éolié et de Le ltorable économie politique. Op pourrai sisi 10 passe dans le grand-duché de Bade, où l'enseignement ob ratoire fonctionne admirablement. La commune fixe elle-même La rot ancs due par les cons et inaroit gratuitement Les indiguats Dans commune de Schwarzsch, par exemple, forte de 16 à 1 chaque écolier paye un Morin (? fr. 45 c.) par a la pauvres met exemptés de cette taxe minime sur la simple déclara

Si, à Paris, les enfants dont les parents ne sont point dans ls misère droit annuel de six francs, on obtiendrait une somme qi

Part du département at de 100,00 trancn.

colier. Cependant il mn l'élève, 1 sav il er: il fenètres, un christ sur la muraille, une indiquer l'heure, des balais pour nettoyer les des srrosoirs pour l'arroser: s'il y au jardin, des rôteaux, des lonchets et des laque jen'en pas si je voulais énumérer lous les usténsilés partie de ce qu'on appe apprécier l'activité de ce.

aux écoles des tables-ba 300 bureaux de maitre, noirs, 2,461 éponges à tar pour le seul trimestre à 98,754 volumes, 447,0:

dccasiront pas leur outillage és 28 RTS Chande guère,

Grâce aux ressources extraordinaires, on a déjà. entè 22,000 places, je l'ai dit tout à l'heure: mais le erédit n'est pas épuisé, el l'on va en avoir 25,000 autres ên construisant de nouvelles écoles!. Lorsque ce progrés sera réalisé, tous les enfants qui devraient fréquenter les classes trouveront-ils place sur les bancs de l'en seignement primaire? — Non. — D'après une statistique faite en 1871, 341 établissements scolaires se subdisi= 4 salles d'asile, dont 65 laïques et 29 cons 125 écoles de garçons, dont 69 laïques ét BA congréganistes; 124 écoles de filles, 65 laïques et 39 congrèganistes; ceux-ci sont donc en minorité, puisqu'ils ne dirigent que 142 établissements, tandis que les laïques en possèdent 199. Ces 541 salles d'asile el ücoles pouvent recevoir 89,012 élèves *. Or le nombre

4 Ces nouvelles écoles sont sar le point d'ètre livrées aux enfants Oanvier 184)

* Le noïbre ds dléves fnserits an 1873 à été de 84,008.

76 L'ENSEIGNEMENT frappé d'entendre des fillettes et des.

. douze à treize ans, interrogés en au pondre très-lestement et sans erreur à des sur les rêgnes de Charles VI et de Louis XL. J'ai n velé l'expérience dans RL écoles, grèganistes, et j'ai emporté cette causerie du Mass, A0 fois, excilant leur ëi sant: Qui veut la 1.

ment qui anime l'écolie prend — toute l'édue sur lui-même,

Le programme d'étud l'enseignement primaire, « des exercices imposés, sont suivis à la lant vaut le maitre, lant vaut l'école, et les ins qui ne voient dans la pédagogie qu'une besogné tante n'auront jamais que de fort médiocres tandis que ceux qui aiment leur mélier, qui

condent les facultés natives de l'enfant, qui, en un ont le feu sacré, obliennent de leurs écoliers de’ tables tours de force.

Dans la rue Neuve-Coquenard, au fond de, l'it

sion de la géographie aux enfants qu'il dirige, et am eux il a créé un chef-d'œuvre, Sur les muraillesdtr préau il a fait peindre par des élèves de douze à 4 lorze ans dix-neuf grandes cartes géographiques fu vingt et une plus pelites. On ne s'est pas conténté 4 figurer les cinq parties du monde, on a pris l'Europe où a pris la France, et on les a représentées aux diffs renles phases de leur histoire; de plus, dés 1

réellement peints et dessinés donnent la haute

paralive des montagnes ét le cours dés }

chiffres; il suit du Fu DE D s c ES

Paris are | donateurs;

leçons devoirs. Done le professeur leur donne à

maitre les regarde travailler, mais en réalité, ‘ ques honorables | personné ne wüller, ce qui pourtant est le but suprér

" L'ENSEIGNEMENT L'origine de cet usage mérite d'être rapportée. Ua sien chanoine de Notre-Dame de Paris, nommé Lo Legendre, mort en 4735, fit donation au chapitre d somme dont la rente devait être employée à don tous les quatre ans des prix aux écoliers meilleures pièces de vers latins et français; dans où le chapitre n'accepterait pus, les eordeliers de devaient lui être substituës. Le chapitre et les co liers refusèrent, et le testament fut attaqué par des ele latéraux; le parlement débouta ceux-ci et accondmi jouissance du logs à l'Université, qui fut chargéo d'eé euter les volontés du testiteur, Le procès avait duré longtemps, ear la première tribution n'eut lieu que le Y5 août 1747. Elle se vela sans interruption, excepté de 1794 à 1800: Ex 4705, chaque lauréat reçut une couronne de chêne un exemplaire de la constitation! Depuis 4804, ‘celté cérémonie s'est régulièrement continuée tous Les nn C'est la grande fête de l'enseignement secondaire, c'est de 1à malheureusement que les maisons sco publiques où privées tirent leur bonne ou leu vaise réputation. Le résultat est à signaler, car

fort grave.

Plus une institution ou un lyeëe obtient de prix concours général, plus il voit de familles Jui 0 ‘ d'enfants. Aussi ce n'est pas entre Los élèves, c'est les chefs d'établissements que le concours excite plus que de l'émulation; les proriseurs de collège ot Hés” ehefs de pension rivalisent de zèle, car pour £ c'est une question de gloriole, pour les autres c'est |

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