ACTE DEUXIÈME
Glycère
Hé bien, je crains que lorsque je taurai accordé ce que tu me demandes, tu ne me le demandes plus.
Paris Mais... c'est assez naturel.
Glycère Oh î les voilà bien les bergers d'aujourd'hui I
Paris
Ah î ([ue c'est embêtant d'appartenir à l'antiquité quand on a des goûts modernes !
Vois-tu, moi, je connais les hommes.
Paris Par Zous 1 co^mment as-tu fait pour les connaître ?
Glycère J'observe les animaux. Ainsi, l'autre jour, je regardais Théophile.
Paris Théophile ?
Glycère Oui, mon beau bélier.
Paris Qu'est-ce qu'il a fait ?
Glycère Je n'ose pas te le dire, c'est à faire rougir les lauriers roses.
Paris Alors, chante-le.
Glycère Pourquoi ?
Paris
Parce que (juand il y a de la musicpie, on ne comprend jamais les paroles.
C'est vrai 1
Glycère
Couplets
Mon beau bélier Théophile Paissait près d'une brebis.
C'était un'brebis facile, (Jui pour un rien s'met au lit.
11 lui dit mille folies, Esquisse un pas de boston, L'intéress' par ses saillies
Et ron, ron, petit patapon.
Puis ils se mir nt sans s'étonnor
A moutonner, à moutonner,
Sans scrupule elle se donne, Tous deux moutonnent, tonnent, tonnent, Mais quand il eut bien moutonné, 11 s'empress' de l'abandonner, Il l'abandonne, donne, donne.
Et voilà le fond d'Ia (juestion.
C'est qu'ainsi toujours les moutons, Se conduis'nt comme des cochons
Et voilà pourquoi Glycère, Envoie paître son berger, EU' s'rait volontiers légère.
S'il n'était pas si léger, Eir veut bien sur la fougère Prendre de menus ébats.
Mais eir craint la suit' Glycère.
Glycère, mais n'appuyez pas.
Aussi avant de se donner.
Faut tâtonner, faut tAtonner, Je me méfie d'être trop bonne.
Et je tâtonne, tonne, tonne !
Car lorsqu'un homme a moutonné Ailleurs il va polissonner, 11 polissonne, sonne, sonne.
Et voilà le fond d'Ia question, C'est que les hommes sont des moutons Et les moutons sont des cochons î
Ah ! Glycère. One faire pour te rassurer?