‹ Paris; ou, Le bon juge; opérette en 2 actesChapitre 8 sur 54 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Sylvain Non. Qu'est-ce que c'est que les muses ?

Paris C'est neuf dames qui habitent ensemble.

Oh ! c'est dégoûtant !

Glycère Mais alors, comment ôtes-vous devenu ce que vous êtes 7

Sylvain

A cause de mon oncle qui était satyre, un vieux barbu pas •convenable.

Glycère

Dame, les satyres, en général, c'est des dieux marcheurs.

Paris

Ça, on peut dire qu'ils la comprennent la vie au grand air.

Sylvain

Eh bien, mon oncle, pour en revenir à lui, à été perdu par son inconduite. U était, si j'ose dire, amoureux d'une dame. Elle ne le trouvait pas à son goût. Alors il essaya de lui plaire, à la dame, «ous d'autres formes. Il se changea en toute espèce de choses. C'est dégoûtant. Il s'est changé en rat, la dame l'a trouvé trop petit. En lapin, elle s'est fâchée tout rouge. En daim, elle a trouvé qu'il rossemblait trop à son mari. Enfin, en désespoir de cause, mon oncle s'est changé en puce pour piquer la dame.

Paris

Où ça?

Sylvain

Au jeu; sous ce costume, il parvint à se glisser sous sa robe, et il était déjà...

Paris

Où ça?

Oui, c'est dégoûtant ! Lorsque par malheur la dame eut l'idée de iprendre un bam. Elle se mit à l'eau avec mon oncle....

•:?0 PARIS i)V LK HON .IL<it:

(iLYCÈRE

Coniriieiit, avrr votre oncle ?

Syvain

^ Oui, avec mon oncle la puce, el il fiil noyé. O fut un grand

> coup pour toute la Tamille.

1 II pleure ■

! Paius

Ah ! c'est affreux, l'Iiistou^e de votre oncle puce.

♦ Sylvain

i|| Alors, j'ai été oblic<^ de succéiler à mon oncle, mais bien mal-

J gré moi.

M Paris

J Oui, je voi"=4, vous n'auriez pu (Mre satyre que dans un bois d'o-

jj rangers.

Sylvain

Voilà, voilà.

Je suis timide, Pur et candide.

Chaste, craintif et casanier.

C'est gênant «pi.uid on est satyre.

C'esl inouï dans ce sarmétiêr Ce que des dames on s'attire.

Je reste sous mon front cornu Dign'de porter la croix d'ma mère ; Du bouc je n'ai (pic l'pied fourchu Ça n'empéch']>as d'être rosière

Refrain

,1e suis satyre cl cependant

Je n'ai qu'un tout petit petit tempérament

Bref je n'sais pas si l'amour vous ragoùte

Et, si de rfairbeaucoup il vous en coûte

Moi, y m'dégoùte. ihis)

En ce pays voluptueux Où de tout bois l'amour fait flèche, Où dans tous les bosquets ombreux

ACTK PHEMIEH 21

La vertu des nymphes s'ébrèche, On «'liaque grotleest un aimoir

Et chaciue caverne une alcôve,

Moi seul je ne veux rien savoir

Ï!]t vais couronne de guimauve.

Refrain

Je suis s.ityre el cependant [eic

(iLYCIiP.K

Enfin, vous êtes — comment dirai-je — un satyre à la manque.

Paris

Uq satyre au flanc !

Sylvain

C'est ça. Voyez-vous, moi, j'étais fait pour me marier et'pour n'avoir pas du tout d'enfants,

Glyckre Pourquoi donc ?

Sylvain

Oh! voyons, parce que, enfin... occasionner un enfant à une dame, c'est dégoûtant. Vous ne trouvez pas ?

Paris

Non.

Sylvain

Oh I ici d'ailleurs tout me choque. Ainsi (jnand par malheur 11 m'arrivé d'entrer sans frapper dans une clairière et de surprendre une nymphe et un de mes collègues qui enfin... qui... (jui... enfin... qui., qui... qui.. Hé bien je' défaille et je me mets à faire : Ah ! ah ! ah !

(// pousse une série de petits cris gutturaux)

(rLVCÈRE

Vous aussi ?

Mais pas du tout , je veux dire que je m'évanouis.

Paris Non?

Sylvain Comme je vous le «lis. Aussi je n'ose plus sortir de chez moi.

Pahis Ah ! (Un papUr lui tombe du ciel^ sur la iète). Tiens le courrier.

Glycère

Une colombe voyageuse nous le jette tous les matins en passant. Il n'y a que le journal.

Paris

« Moniteur des Bergers. Organe du laitage ». Très bien fait, il donne en prime une courtisane d'une valeur de 12 francs. Quoi de neuf?

Glycère

Pas ^rand chose. Le Printemps. Ah! c'est de la publicité... Ah î

la petite correspondance. Elle lil) o Un ennuque marié

et père de famille, demande une place de nourrice sèche. »

Sylvain Oh ! c'est dégoûtant !

Paris

Oh ! « Déplacements et villégiatures, » Ah î

Sylvain et Glycère

(Ju'est-ce ([u'il y Que lis-je ?

Lijez... Lisez.

Paris Sylvain

Paris

« Le tout Olympe se répand dans les stations thermales à la mode. Trois de nos plus élégantes et de nos plus distinguées déesses... Vénus, Minerve et Junon, après une consultation d'Esculape viennent de partir incognito pour faire une cure d'air au mont Ida » Par Hécate !...

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