SCENE IV
Les Mêmes, BERTRAND.
ROBERT MACAIRE
Vous le voyez, messieurs, il est faible de complexion et cependant personne encore n*a pu le faire tomber. Bertrando, montrez vos Bras ! Voyez ! tout os, mais tout nerf! C'est lui qui, sur ces bras qui semblent débiles, a soutenu pendant un temps relativement très-long, les compagnies financières qui avaient un passif d'une lourdeur exagérée; on Ta vu encore dans des assemblées diplomatiques soutenir des questions qui auraient cassé les reins à bien d'autres.
Bertrand n'est p^iis un homme comme un autre, lia assoupli son corps à sa volonté, il en fait ce
La maison Robert Macaire.et ۥ 3oi
qu'il veut. C'est un corps législatif! Et si parfois ses forces le trahissent, il a bientôt renversé cette opposition de quelques muscles rebelles à son implacable volonté. Bsrtrando, messieurs^ qui^paraît être vieux, est plus vieux encore ! Je ne vous dirai pas son âge^ mais dans la séance que nous allons vous offrir vous verrez, comme dit un grand poëte, que
Dans les âmes bien nées, La valeur suit toujours le nombre des années.
Entrez donc, messieurs les gendarmes ! Entrez ! Entrez ! Entrez ! Les brigadiers ne payeront pas î Les simples gendarmes donneront un sou au bénéfice des contrebandiers, et le reste des spectateurs ne sera pas admis ! — Un sou I Un sou ! Un sou ! Entrez I