AU CERCLE ARTISTIQUE DE MARSEILLE
(7 février 1868)
Messieurs» auparavant de rire Laissez-moi vous remercier De chercher à m'apprécier.
— Dans l'éloge ou dans la satire Qu^entendrez-vous ? — Que vais-je dire ?
Vous n'en savez rien ! — Cependant Vous voici pleins de confiance...
— Hélas ! que d*électeurs en France Ont un vote aussi peu prudent ! — Mon cœur bat fort, en attendant I
Cet accueil vraiment sympathique Est bien fait pour m'encourager; ' Mais hélas I rien que de songer A ce que dira la critique...
J'en perds le boire et le manger !
C'est ici que Go^larij Méry Et d'autres auteurs que j'estime Sont devenus maîtres d'escrime...
J'entends l'escrime de l'esprit.
— Que dire après ce qu'ils ont dit r
Moij fils du Nord, pourrais-je plaire A vous autres^ fils du soleil ?
Et mon sel sera-t-il pareil A celui qu'un rayon vermeil Fait scintiller sur l'onde amère ?
Aura-t-il pour vous la saveur De votre exquise bouillabaisse ?
Aura-t-il la délicatesse