‹ Paris PantinChapitre 43 sur 122 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

M. PRUDHOMME seul.

Bonne chance ! Le pauvre garçon va perdre tous ses appointements avec ses fétiches* Cependant il ne faut pas tant les dédaigner. Ceci tne rappelle qu'en 1829, au bal de PHôtel-de-Ville^ oU je jne trouvais avec madame Prudhomme^ le roi Louis- Philippe^ qui n'était alors que duc d'Orléans, me dit : Monsieur Prudhomme, êtes-vpus joueur? — Non, Monseigneur^ répondis-je. — Alors le jeu ne vous intéresse pas, restez dans le salon de bal, madame Prudhomme et moi nous allons faire un tour du côté de l'écarté. Madame Prudhomme était une fort belle femme, elle était blonde, d'un blond allemand et elle avait une peau d'uneblancheur éblouissante. Cette galanterie du prince me confondit... je lui devins tout dévoué. — En i832, aux Tuileries, oîi j'étais admis comme capitaine de la garde nar tionale, le roi m'aborda et médit: Oîi est donc madame Prudhomme? -^ Elle est indisposée, sire, — Ah ! tant pis,^ dit le roi, c'est mon porîe-borihetir; il y a quatre ans, elle m'a fait gagner une patr lie bien importante. — Il serait vrai, sire! — Elle m'a fait gagner mon trône. — J'appris depuis qu'à cette époque... mais je vous raconterai cela plus tard. — Bref, le roi me dit : Je n'ai plus rien à dé-

Le système de Af . Prudhomme 1 1 5

sirer, moi. mais vous, monsieur Prudhomme! — Et comme je balbutiais : — <k Allons^ allons^ dit le roi^ madame Prudhomme me demandera cela, dites-lui que je désire la voir. » En effets quelques jours après^ ma femme vit le roi, et je fus nommé colonel de ma légion.

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