SCÈNE VIII
VÉNUSKA, LE CAPITAINE BROSSARLUIRE.
LE CAPITAINE
Mademoiselle... (A part.) Diable! un tête à-téte.... Elle est charmante! — Le père tient à moi, mais
moi je tiens à la fille. Forte dot I Forte dot ? Elle est charmante f II faut pourtant lui parler !
VÉNUSKA
Capitaine ! mon père est à vous tout à l'heure ; il m'a prié de l'excuser près de vous.
LE CAPITAINE
Il a raison de n'être pas là, mille bombes ! car s'il était présent je n'oserais jamais vous dire que je mets mon cœur^ mon grade et ma solde à vos pieds.
VÉNUSKA
Monsieur !
LE CAPITAINE
Appelez-moi capitaine, c'est mon grade! Écoutez, Vénuska^ je suis militaire et je ne sais point faire de circonlocutions ; je vous aime à en intimider ma compagnie; j'aime vos paroles, que c'est comme des perles, vos yeux qui sont d'un doux, comme un miel, et vos cheveux d'un noir comme de l'ébène, et vos manières et votre cœur... Ah ! votre cœur par exemple ! s'il n'était pas à moi ! mille baïonnettes I
VÉNUSKA
Capitaine f Capitaine I (A part.) Oh! il est gentil tout plein !
Le mariage de Vénuska 199
LE CAPITAINE
Vénuska ! Je vous enlève.
VÉNUSKA
Eh bien.... Eh mais ! oh ! la la !
LE CAPITAINE, l'enlevant.
Je VOUS enlève ! votre père viendra vous réclamer à rÉtat-Major !
VÉNUSKA
Mais, monsieur! mais, capitaine! a-t-onvu?
Papa ! maman ! — Quel homme terrible !
LE CAPITAINE, sortant avec Vénuska dans ses bras.
Elle est à moi ! c'est ma compagne !