DEUXIEME TABLEAU PARIS JOURNAUX
L'orchestre joue l'uir ; Oh va lui percer te flanc.
Le rideau se lève. — Un eiilpud dans la coulisse des gillflea et des provocations.
Vous êtes un insolent ! — Vous êtes un drôle .'
— Voici ma carte ! — Je ne vous donne pas la mienne. — Vous m'avez Tair de l'avoir perdue !
(Nouvelles giffles. — L'orchestre continue l'air.)
(Deux couples de témoins entrent en scène, les uns à droite les autres à gauche.)
TÉMOINS BLONDS
Nous sommes messieurs de RouspignoUes et de Boismoisi, nous venons au nom de notre ami, que vous avez souffleté, vous demander réparation de cet outrage.
TÉMOINS BRUNS (accent gascon)
Parfaitement. — Nous sommes Messieurs de Blagagnac et de Mortnaissant, nous représentons notre ami qui vous a souffleté. Et d'abord avant toute chose nous nous présentons comme insultés»
TÉMOINS BLONDS
Comment cela ! — Vous? insultés ! Quand vous tious avez donné une raclée de coups de canne, de coups de poingSj et des giffles par-dessus le marché ; quand vous nous avez appelés brigands, pendards et assassins, et vous vous prétendez insultés?
TÉMOINS BRUNS
Parfaitement I Nous obliger, à en venir à des voies de fait et à proférer des appellations peu parlementaires, — c'est nous insulter. Nous avons donc le choix des armes.
Les indiscrétions parisiennes 241
TÉMOINS BLONDS
Pardon ! C'est nous qui sommes venus vous trouver, c'est nous qui avons reçu les coups et les injures, — la provocation vient de vous.
TÉMOINS BRUNS
Nullement I Puisque vous venez nous trouver, — vous nous provoquez, c'est clair I Or, si vous nous provoquez, nous nous déclarons insultés, et Comme insultés nous avons le choix des armes I
TÉMOINS BLONDS
Cependant...
TÉMOINS BRUNS
Pardon , messieurs, insister davantage serait blessant pour nous I Et d'ailleurs, quelles armes nous proposez-vous ?
TÉMOINS BLONDS
L'épée.i. à quinze pas!
TÉMOINS BRUNS
 quinze pas! — Parfaitement! c'est du reste cô que nous allions vous offrir,
TÉMOINS BLONDS
i'uisque nous sommes d'accord sur le choix des armes, n'y aurait-il pas moyen d'arranger l'aôaire? Le sang répandu... Le duel... ce préjugé, cette couttitnè barbare;., quoique nécessaire, nous en con-
venons, puisque nous venons vous trouver, — mais enfin, des excuses...
TÉMOINS BRUNS
Des excuses ! soit ! — Nous les attendons.
TÉMOINS BLONDS
Pardon! c'est nous !
TÉMOINS BRUNS
Ah t vous voulez recommencer? — Inutilç, alora! Forts de notre bon droit, gardiens de notre honneur^ nous ne nous laisserons pas ravir l'un et l'autre I Messieurs^ le combat aura liisu.
TÉMOINS BLONDS
Soit, messieurs! Quand cda ? '
TÉMOINS BRUNS
Dans une heure.
TÉMOINS BLONDS
Au premier sang?
TÉMOINS BRUNS
A outrance î
TÉMOINS BLONDS
Messieurs, nous avons l'honneur de vous saluer.
TÉMOINS BRUNS
Messieurs, nous ne sommes pas moins les vôtres?
(Us se saluent et se .vêtirent.) '