‹ Paris pendant la domination anglaise (1420-1436): documents extraits desChapitre 1 sur 98 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Notre recueil se compose exclusivement des pièces relatives à Paris et aux Parisiens que renferment, pour la période de Toccupation anglaise, ceux des registres de la chancellerie de France, vulgairement connus sous le nom de registres du Trésor des chartes, que Ton possède encore ^ Sur les 176 lettres royaux qui le forment, les 3 1 premières, antérieures à la mort de Charles VI (3i octobre 1422}, sont données au nom de ce malheureux prince que le néfaste traité de Troyes (20 mai 1420) avait placé sous la tutelle du roi d'Angleterre Henri V, en assurant aux adversaires de la maison de Valois la succession à la couronne de France qu^ils convoitaient depuis près d'un siècle.

Ces 176 lettres royaux, dont huit seulement ont été imprimées jusqu^à ce jour ^, peuvent se diviser en plusieurs séries que nous

1. Les registres du Trésor des chartes où nous avons puisé sont au nombre de dnq ; ils sont cotés JJ. 171 à 175. Le registre JJ. 171 renferme exchisi* vement des pièces relatives au règne de Charles VI (1418-1421); JJ. 17a contient à la fois des lettres données au nom de Charles VI et à celui de son petit-fils et successeur Henri VI (1420- 1424); enfin les trois derniers ne sont composés que de documents se rapportant au temps de la domination de Henri VI à Paris.

2. Ce sont nos pièces LXI, LXXIX, XCVIU, CLV, CLVI et CLXI, publiées

▼j INTRODUCTION.

examinerons successivement en les classant selon leur importance numérique.

La série des donations faites par le roi d^ Angleterre, Henri V, au nom de Charles VI, ou par le duc de Bedford au nom de son neveu le roi Henri VI, est de beaucoup la plus importante au point de vue matériel ; elle est aussi d'une importance incontes* table au point de vue du contingent de renseignements qu^elle fournit sur Pentourage des princes anglais. Grâce aux 66 lettres de don que comprend notre recueil, on pourra dire désormais la part que bon nombre des favoris de Henri V ou de Bedford reçurent dans les dépouilles des Parisiens restés fidèles à la cause de la dyne^t tiationale, celle même de Bedford, celle d'Isabeau, Pin* digne souveraine qui n^avait pas craint de souscrire i Pexliéré^dation du seul des fils qui lui restât. On saura exaaement quelles propriétés, quels revenus parisiens ont été assignés aux partisans, aux serviteurs du puissant duc de Bourgogne, de ce prince du sang royal que lé meurtre de Montereau avait jeté âitalemeht dans Val^ liance anglaise; c'est-èKHre à Jean de Luxembourg, cette sorte de vice-roi de Picardie qui tint Jeanne d^Arc prisonnière durant 'dx mois dans le château deBeaurevoir ; à Guy Guillebauh, trésorier du duc Philippe; à Jean de Clourcelles, chevalier; à Jean de Pùligny, seigneur de la Motte-Tilly ; à Guillaume de Chàtillon, capitaine de Reims ; à l'écuyer bourguignon Hugues de Sauber* tier ; à Roland de Dunkerque, devenu grand panetier de France; à Guy le Bouteiller^ seigneur de la Roche-Guyon, que le roi Henri V lui avait donné après en avoir dépouillé ses légitimes propriétaires; à Jean Bezille, seigneur de Maye et de Buffières, comme à Jacques de Montberon, qu'on voulait dédommager

en 1783 dans le Recueil des Ordonnances des rois de Froncé; notre pièce CXLV publiée en t86r à Londres par M. Stevenson, et notre pîèce XIV publiée en 1864 par M. Douét d'Arcq.

INTRODUCTION. Vlj

ainsi de roGcujwtioa de teurs biens patrimoniaux par le parti dauphinois ; à Guy, bâtard de Jean Sans-Peur, le prince bourguignon de sinistre mémoire ; à Bérard de Montferrand, chevalier ; à Guy, le beau sire de Bar, qui avait occupé par deux fois en 141 8 le poste si peu assuré alors de garde de la prévôté de Fftris.; h Roger de Biéauté, chevalier normand, auquel on assigna ^ Bacts un r revenu ananel de 400 livres tournois^ en dédommag^cmt denses biens confisqués au temps ot le parti.de Bourgogne cocDibattait.eQçore le« Anglais; A Guillaume, seigneur de Châ?. IM^uivillain.;,rau m^échal de ri$l&rAdam, ce Français donjt le Ij^gajFd trop*, fier avait; blessé le roi Henri V, et à Jean de Cbaulnes, ^i^^iorg^jket, cbevalior. On trouvera aussi la part du. grand clergé e9^o-:)b9iu^gnoa dans les lettres de don accordées à Jean de Jhgi^y:^ , 4yiq\i9 4e Tournai, è Charles de Pottieis, évâijue de I>«Agrea,.ÀjMn.de/la Rochetaillée) archevêque de Rouen^et^ bohia^le l^uxembotti^» éy4qiie de Tbérouanne et c;hancelier de

&toC||5 lu. -—.':.,:'. m:,',

, '. Hmr i V/Q^ç«Mia p9S^ de récompenser les principaux die& de {iiifvtîon.çf^Mxiiieiuie de 141 3 o^ leurs. parents, compte Jean de SihivVxin^ Jean le.GotSi Gamier de Satnt^Yon et. Jean de Beloy^ eb assignantaw deuic premiers une renm annuelle de 3oo livres^ ai» «deux autres un* revenu de j^qp livces parisis assja sur les Utos. confisqua . 4es . émigréç pfirisîem; ce qui,, plus tard» aTempIcha paa ; Jn», 4« S^ûm-Yon , devenu opnseiUer du coî ^eiiri ViLQt'ti[ésQrj#r; gouverneur général de ses finances, 4e lece» vobrp^ lJ^c)Î8i9Î^i%ll;mQin^ de^ témoigni^ges de la libéralité di^ Pfid&)i4. herx^i 4!Aitgleterre doiuu^ît au#si jn 1420, <ni nom de Gliatlea;V:I, .aoo;UMc$fli pafisi^ de rente annueUe à neof des^prini» esfaux autenifs^! de k.iamei^se conjuration qu^ mai 1418) ^vait livté Paris, aux Bourguignons.

. . A.^té de$. donations £|it^ aqx révolutionnaires et aux conjurés

I. ,Ce n'est pas personnellement à Tévêque de Thérouanne qu'est faite la éofMtion don^ nous publions les lettres sous le n* CLII, mais bien à Jacotîn le Juré, c familier et serviteur i de ce prélat.

viîî iNTBODucxraaii.

du }iBiti bouignignoD, an tronvôn. dana notit xbçusîI celks dootfarem Pobjet Philippe de Morviltiers, premier ptésidem du Parte** ment de Paris, dont Taoteur du Journal pariâen, anglo-bourgui* gnon lui-même, mais fort quinteux à la vérité; paded'une manière ; bien peu élogieuse ; Hugues le Coq, préi^ôt des marchands, à qfti Pon donna les biens de son frère émigré, et Simon Marhier, prév6t de Paris, c^est-àwlire trois des plus importants, fonction^; naires de la capitale. On y trouvera également les. dons fûts à.. Jean Sauvage, lieutenant civil de k prévôté de Paris, et à Jean, de Fleury, contrôleur de l'audience de la chancellerie de France.

Les secrétaires du tok anglais Henri VI ont aussi quelque paxtr: aux libéralités du r^nt ; tels scxnt Jean Milet, qu'on dédommage par iSo livres de revenu annuel de la perte de ses ^iropriétés champenoises ; Jean de Risnel, dont on veut récon^ienser les services exceptionnels rendus à Henri V, mais qui, eaéchaflge des lettres qui lui accordent un revenu annuel de aoo livres assez mal . assuré, est forcé de donner quittance de i5oo livres dont le trésor' royal est redevable à ses «niants; Raîoul Parkery un Anglais,, auquel Bedford donna plusieurs maisons confisquées; Édcnne Bruneao, qui, à Pofiice de secrétaire du roi Henri VI, joignait celui de contrôleur, de la .dépense de la reine Jsaheau, et Laurent . Calot, neveu de Jean de Troyes, Je fameux orateur de.* 141 3« . t

Treize des lettres de don que contient notre lecuetl, et ce ne sont pas les moins curieuses, sont accordées & des homlmes de . guerre anglais : à Robert de WideviUe, écuyer et chambelfamdu duc de Bedford; à Jean de Haveford, chevalier; à Robert de Willoughby, que Bedford fit successivement comte de Vendôme et de Beaumont^ur-Oise ; à Richard de Beauchamp, cotme de Warwick; à Walter de Hungerford, chevalier, grandHaaitre d'hôtel du roi Henri VI ; à Thomas de Montago, comte de Salisbury; à Thomas Blount^ chevalier, chambellan du duc de, Bedford; à Robert Brit, écuyer; à Jean Harbotel, maître des' ordonnances de Taftillerie du roi anglais ; à Jean Chetwood, chevalier, « serviteur » du régent ; à Jean Popeham , chevalier,

iNTKODuoiwir/ ix

SOU' chambelkm ; et iuOoiHaïune Catismar, ^on bomeâUef et aussi soft chambellan. Il est à mnacqner qu'aucnne de ces lettres n'est antérieure à la domination nominale du roi dlAjogkteire à Parifi : la phia ancienne est en date de îuin 1423.

: Quatre antres, iettits de don^. dont nous ta'avons point encore pariéet qui appartien^nt aux dtrniecs pius de J& vii$ du toi : Gfaades'VIy ont: im caractère :diff(6rentt..Coimn« Jtes précédeftites eUes :appauvrissènt sans doate.le ti?<éiorret le domaine ro>«l, mais elles cénatitnfint dm actes de ^l'ustice ouide.ïéparaûpn? o<^ <ics actes de fitveut; ici^ ce; n'est plus Pâdbiision sans, réserve au:, néfaste' traité de TiK>]nss, ce ne sont pas les serrices rcandits 4Ja cause anglaise -qu'on récompense;, k roi paie simidemeot. ses créanciers et ceux desTÎctimes delarévofaitios): dû 1418. > Lg^ue le âiéologienJGuilfaunnerle Gesne, secrétaire. deCbarks VI, reçoit . de^sontuatt^erattemaàsonconfiscltiée^ur Miles BaiUest^ il donne ainsi quittance d'une raomme de 5 14 francs qu'il rédamaijt pour . unsmissionauprésdu «sowrevain: pontkb^ile bainquier loi;[fbaxd Augiistiil Yaba^cffe gs^ pbyé d'une royale créâncie.' de 3^oqo liMrea . toumoisi ^um^yeades^ihiena confisqués suc un memisQe delà . f^mi^' lucqûoîâe' tfesiSpifàmev et le jx)ldo»ne. à oe ,méme fia^n^ cier. Ffaûfiel ilu dsalisceliBor :de Marie , en paiement^ dioiie . somme f de près de a^ooa Uvses ttoumoîs qnie.kii devait ce persomuige^ l'utiC dea ¥tcttmesies4>lus! marquantes de la dernière révolu tioQipittisienne. De itiétney* un cosiseiUer royal, Jean Sac^ préteulr de- race, italieiuke saosidoistev. se voit attribuer quelques-uns des bîejx» de ses. anéandera, maître Pierre l'Esclat, également tué par les Bour^ . gsû^onsen 141SV et Alexandre le Boursier^ l'un des nombneux' Rarisieos que la défaite du parti ann^naiQ ayait jetés, en ejût.

;.8i nous, rappelons, main^enaût le nom s^ Jaoques Bern9rdiniy anttre. lombard de. Lucqae% auquel Bedfbrd abeuidonua le legs que le.-. âuneuz financier. Jacques Baspofldi avait fait au roi Henri ;VI<;.ceilui de- Simotnette. de la Jecse, damoiselle de la dUofaess&de Bedfûrd, que la reine^ douairière laabeau gratifia des bienS' de JeaiQ te Blanc> soû argentier; nous.surons éfuiméfé

X niTRimiçfriOfir.

toutes les personnes que nooe recueil b^ poQiiaîtf^ «js» ^^a}H4<^ donataires de . biens confisquas sur les propriétaires parisiens qui suivaient le parti dauphinois.

Le nombre de ces derniers est un peu supérieur, dans notçe recueil, à celui des donataires anglo-bourguignons^ A côté de deux princes du sang, le duc d'Orléans, neveu dç CharJLss YIî et Pierre de Bourbon, seigneur de Préaux, nous rencontrous dans leurs rangs les héritiers de Renaud d^Angennes; Jean Bezille, seigneur de Maye et de Buffières, qui avait .abandonné la cause du roi d'Angleterre oU il avait gagné ses propriété^ parisiennes ; Guillaume le Bouteiller , chevalier ; Tannqgu; du Châtel et Robert Lx)uvel, deux des hommes les plus çopi* promis dans le meurtre de Jean Sans- Peur; Martin Gougç^ révéque de Clermont; Guichard Dauphin, chevalier; Maurice d'Esne; Cordclierde Giresme; Regnaud et Noudet de J^giu^; la vicomtesse Brunissent de Lautrec; Philippe de. Lévis; les héritiers de Henri de Marie, chancelier de France ; Jean de Montigny, dit Sainte-Frise; Pierre de NantouiUet; le comtO; de Pen^ thièvre ; Charles de la Rivière ; le seigneur de la Rochefoucauld ; Regnaud de Saint-Jean ; le seigneur de Thorignj ; celui de ia Tour en Auvergne; Charles et Milet de Vaudetar; puis une quarantaine de bourgeois parisiens, comme Jean de la Croix, M^ Pierre de TEsclat, Oudard Gentien, Jec^n Taranne, tous quatre victimes des massacres de Tannée 1418 ; Simon Aismé ; Jeannin Anchier, neveu du prévôt des marchands Hugues le Coq; M' Jean d'Ay; les héritiers de Miles Baillet ; Jean le Blanc, argentier de la reine Isabeau ; Etienne de Bonpuits, ancien échevin ; M^ Pierre et M* Bureau Bouchier ; sire Alexandre leBouiv sier, maître des comptes du roi Charles VI ; Milet de Breuil (où Bruiel) ; M« Miles Chaligault ; Jean de la Chapelle, maitre des comptes, exécuté en 1430 pour participation à un complût; M* Jeati Chastenier, secrétaire du Dauphin; Jean Congnet; Pierre ,1e Coq, frère du prévôt des marchands ; Michel Cordier ; M« Guillaume Cousinot, chancelier du duc d^Orléans ; M^ Guy Coustel,

IKTIUMitKrriON. xj

officiai de Meaux ; M* Charles CuI<I^Oue ; les héritiers de M« Guy de Dammartin ; Jacques PEmpereur, échanson et conseiller du roi Charles VI ; M* Pierre Féron ; Godefroy le Fèvre ; les enËsmts de M* Jean Filleul, avocat au Parlement ; M« Jean Gentien) conseiller du roi Charles VI ; Jeanne Gentien ; Jacquet de Laillier ; Richard de MéreviUe; M« Pierre d'Oger; M« Jean le Picard, secrétaire du Dauphin ; Jean de la Haye, dit Picquet, trésorier général des guerres; Regnaud Pis-d'Oue, changeur et ancien écbevin; Hémon Raguier, trésorier delà reine Isabeau; Raymond Raguier, maître des comptes ; les héritiers de Michel du Sâblon ; Barthélémy Spifame, banquier lombard ; M* Robert de Tuilières; Marguerite de Tuilières; M« Guillaume le Tur; M» Jean Virgile et M* Mathurin Wairout.

Les dénombrements qui précèdent montrent suf&sampfient rintérét qui s^attache aux lettres de don publiées par nous : ces pièces ne sont pas seulement précieuses au point de vue de Phis» toire proprement dite, elles seront utilem^t consultées par les bic^aphes et les généalogistes ; mais elles offriront sunout une riche moisson à ceux de nos confrères qui étudient la topographie du vieux Paris*.

X. Il est on ne peut plus intéressant de comparer cette série de pièces aux extraits des comptes de confiscation de la vlUe de Pftris pendant l'époque aagUise, .qui figurent dan^ le tpme III de y Histoire et recherche des antiquités de là ville de Paris, de Sauvai. Cet érudit paraît avoir eu à sa disposition quatre de ces comptes : le premier, rendu pour un an finissant aa ;i4 faiii 142 1, se composait au moins de 316 feuillets (Sauvai, t. III, p. 283-297 et 653] ; le second, dont quelques articles seulement sont imprimés dans le livre de Sauvai {ibid,, p. 653 -654) avec la date de 1423, laisait sans douta immédiatement suite au précédent ; le troisième conduisait du 20 décembre 1423 au 24 jui^ 1427 et se composait de 60 cahiers {ibid., p. 298-334)'; le quatrièrtie se rapportait au temps écoulé entre le 24 juin 1424 et le 25 décembre 1434 (ibid., p. 564-591). C'est à ces extraits, et par conséquent au tome III de l'ouvrage de Sauvai, que se rapportent tous les renvois à Sauvai, sans indication de tome, qu'on trouvera dans notre ▼oiume.

Xti. nffRODVCTtOM*

Les lettres de cémtS8ioa> étant (>luft noDabreuscs dans nocrç recueil que les lettres de dcsi, nousrftuiatent ooeupéiont d'abord;^ si nous n'avions jugé indispensable de les distingueren deux seo» tioB^f comprenant Tune les jréœiasiGns pour: délits. poliiîqâes, Tautre les rémissions pour dftits. de dcoitroonûauni Le pcéteat paragraphe sera etch^ivement consacré aux ^piraùèiss, quiaoïft au nombre dé 40 ^^ - ' i > ^ ^

Il est presque inutile derfappeler à ncm lecteurs le caiaeière des lettrés de rémission ou lettres de grâce. EUes étaient accôrdéèl sur une requête adressée par Taceusiou s^ zmv^^ qui .y relataient toutes les circonstance du déUt pour kquel on îfnpiorait la com"* misération du prince. Le récit, ordinairement détaillé, &it par le t suppliant »^ était feprodmt dans ks lettres de grfice ddnt It constitue le principal intérêt; on comprend qu41 ne faiHe pâè fonajeiirs y. ajouter une fcî complète, car le jccHipable, porté à laisser dans Tombre les circonstances liéfavorables à sa cause; ah)éràit souvent la vérité ou ne la disait psis entî^ement. 44a(lgré œ dé&ut^ il est toutefois peu de ddcumema Wssi iiéelkmem curieux pour Phistoire des mosuts: ;; •

Parmi les rémissions de délits politiques, nous meniioimeNHl^ en premier lieu celles qui se rapportent atntcsKS les plus gfâVes| c^est*À^re à des complots contie le^gouvernemeik de l'étranger i telles sont les rémissions accordées en 14^0 à Jean de Càtats; riche bourgeois du quartier de Grève, en 1434 au cordonnier Jean Simoti, dit d'Arras, et en f435 à l'bffè^e OosôéMiîn dâ Luet. Ces trois pièces, les plus prédeuses peut-être de notice

I. On peut rapprocher de ces pièces les lettres par lesquelles le roi anglais abandonne aux deux frères Chmteprhne erâ Jean de FÎBUfy, ftioyennâîit certaines condittoos, tes biens de leur pupille. Henri du Vivier, qu'on croyait mort è Fé^ranger, car oes lettres impliquent la réhabilitation dé Henri dont les biens avaient été confisqués pour cause de rébdKon.

rectteily nous initient à l'en£eintement et aux secrets de la quatrième et de la huitième des conjurations ourdies de 1422 à 1433 contre la domination anglaise* ; les notes que nous y avons jointes feront coaiiattm au lecteur ce que les auftres documents 0o]itempondns7UiQ9 ai^neoiieût au sujet de ces complots et de leurs auteurs.

. A côté des lettres de grâce accordées à trois de ces coi^uréB^il est bon de signakF celles qui concernent Jean du Bois, dit Bouquet^ cordonnier^ coDTaincu d'avoir fevorisé la fiiite de Jean d'Arras, à la fois son cousin*germain et son confirère, l'un des eonpirés de 1433. Les lettres de rémission octroyées à un pauvre pte de &miUe^ le maçon Thcuoude, qu'une parole imprudente tt, iroaique, prononcée devant un serviteur du duc de Bourgogne^ avait désigné aux rigueurs de la justice. anglaise, nous révèlent évidemment les aemûnems d'une partie de la population parisienne au moment ob Jeunne d'Arc conduisait le Dauphin à Reimis pour k.faire sacrer.

i, Quatre 'imtres pièces moninMit les dangers auxquels étaient facpoaésles Pavidieiis soupçonnés d'avoir quelque cûmmiinicaiioDi avec les payaobéîasant encm^au parti dauphinois. Ainsi Jean* nnt^ fiolatfils Alt basmte de France pour avoir reçu du maîtte des monnaies du Puy en Vday une lettre y pamit>âlt d'un cajcactèflie purement intime. Un honnéss bourgeois, Jean de la Eontaipei est menacé de la prison perpétuelle pour avoir eu^ presque malgré, lin» ai Ton en croit sa supplique, quelques rapports avfoc un religieux de Sainte*Croix*d&-la-*Bretonnerie, qpi servait de m^^sagar au Dauphin et pour lequel il avait payé une part dQ rançon à la garnison anglaise de Qievreuse, 9$a d'évier ,que ce compromettant personnage, parût devant la justice parisienne. Un septuagénaire, d'origine tourangelle,. Jean Michault, est poursuivi pour avoir donné Tbospitalité,

■ ■ — ^M^ Il II mi I II wmm^immm- i ii ■ i i i I ' ^

.^ !.. Vallet de Virtnlle ddmpte de 1412 à 1414 huit coaspiràlioas contre la domsoaticm angfaûae à Paris et deux ea Nonnaidie (Histoire de Ckatles VJi^ t. Il, p. 33a*334).

xiv nrraïQDUCTfOii.

durant une nuit, à un homme ventt-^de Toucs, et pour ne pas avoir livré à la justice les lettres de son firère que cet htanme loi avait apportées. £nfin, une malheureuse veuve, demeurant à Longchamps, est jetée dans les prisons du Louvre pour avoir demandé, sans l'aveu de radministration anglaise, un aauf^oirduit à la garnison dauphinoise de Saint«Dems à VbSbx de va^ danger ses vignes de Chaillot.

Les autres lettres de rémission pour délits politiques sont octroyées à des émigrés parisiens, dont le phis grand nombre avaient quitté la capitale en suite de rentrée des Bourguignons et de la ruine du parti armagnac, en 1418^ ; cependant le départ de quelques-uns était antérieur de plusieurs années à cette date. Mais quel que fût Fàge des émigrés à Pépoque où ils avaient quitté Paris, «^ certains étaient akus de jeunes enfimtsque leurs parent avaient naturellement emmenés avec eux ^, — ils ne pouvaxem rentrer dans leur ville natale qu'après avoir obtenu des lettres de rémission de Tautorité anglaise. Un habitant de Paris voyait*U frapper à sa porte un individu venant des pays obéissant eticore au Dauphin, il était tenu de le livrer à k justice, cet individu fât«il son parent, son frère^ son fils, son père même *. Ne le ftiisait^il pas, allouant que le malheureux auquel il n'aTSit pas voulu reftiser un asik n'aurait pu, ft lUcMtté mort de froid et de misère, supporter la prison ^, il était emprisonné en même lempft que son hôte, et ne pouvait échapper à la vengeance du goOV«i^

idta

1. C'était du moins le cas pour Perrîn Baudaire; M* Pierre POrfètre, maître des comptes ; Henri du Vivier ; Marguerite, femme de Philippe de Paris, clerc des comptes ; Laurence, femme de Jean d'Orléans ; Thévenhi Guyard^ clerc servant les fermiers des impositions de la halle au poisson ; Perrette Brunel ; Jacqueline Couraud, femme de Jean Gentien, conseiller au Parlement) et Jeanne^ femme de M* Jean Gastel.

2. Telles sont Perrette Brunel, emmenée de Paris à l'âge de dix ans par une femme qui mourut en exil, et Catherine de Crouy, qui avait seulement cinq ans lorsque sa femîUe quitta la capitale vers 14 16.

3. Voyez à ce sujet les lettres accordées à Perrin Baudaire, Perrette Brunel, André Boesseau et Jean du Pré.

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