‹ Paris pendant la domination anglaise (1420-1436): documents extraits desChapitre 79 sur 98 · La rue de la Verrerie · texte numérisé non relu

La rue de la Verrerie

3. Ce personnage fut successivement valet cordonnier à Paris, sergent à verge, receveur de Paris et grand trésorier du Maine; il occupait ce dernier office au mois de décembre 1427, date à laquelle l'auteur du Journal parisien le met en scène, maltraitant un écuyer armagnac que Ton pendait au gibet de Bagnolet. On le retrouve en 1436 receveur général des finances en Normandie et il remplissait encore des fonctions financières dans cette province en 1440 (Tardif, Monuments historiques, cartom desrois, n** 2102 et 2196).

266 PARIS PBRAAMT UL [l4>7» ^ÏMl

sonnes y ont droit de prendre le seurplus, si corne on dit, et youlons que desdictes quatre livres parisis de rente ledit maistre Jehan Sauvage et ses hoirs masles légitimes venant de lui en «iirecte ligne joïssent à tousjours mais perpetuelment et hereditabkment comme de leur propre chose, pourveu que iodes quatre livres parisis ne soient de nostre ancien demaine, ne données à autres par feu nostre très chier seigneur et père, cui Dieu paxdoint, ou nous par Tadvis et délibération de nostredit onde.

Si donnons en mandement à noz amez et fèaulx gens de noz comptes et trésoriers à Paris, au prevost de Paris...

Donné à Paris le xni^^ jour de may , Fan de grâce mil cccc vint sept et de nostre règne le quint.

Ainsi signé : Par le Roy, à la reladon de monseigneur le régent, duc de Bedford,

J. DE RiNEL.

1427. .12 Juin. Paris.

Rémission accordée par Henri VI à Jeanne^ veuve de Guillaume d'Âuxerre, figée de 70 ans.- Après la mort de son mari, décapité après rentrée des Bourguignons en 141 8, Jeanne était allée à Bourges, patrie de Guillaume, afin de recouvrer son douaire, et avait vécu depuis dans cette ville soumise au Dauphin.

(JJ. 173, n* 690.)

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d^ Angleterre, savoir faisons à tous presens et advenir, à nous avoir esté expœé de la partie des amis charnelz de Jehanne, vesve de £eu Guillaume d'Aucerre, en son vivant, demourant à Paris, povre femme aagée de soixante et dix ans ou environ, comme assez tost après rentrée que firent les gens de feu nostre chier et très amé cousin, le duc de Bourgogne, en ceste ville de Paris, qui fut Pan cccc xvm, ledit feu Guillaume d^Aucerre, son mary, feust alez de vie à trespassement* et, depuis ce, c^est assavoir durant le traictié de

I. Guillaume d'Auzerre, drapier, avait été l'un des quatre échevins nommés à Paris par les Armagnacs le 20 octobre 141 5. Il était en outre élu de Saint-Éloi et iiit décapité le a juin 14 18 par les Bourguignons, plus que septuagénaire, laissant c de moult belles filles, toutes femmes d'estat t (Journal parisien). U possédait diverses propriétés à Paris, notamment dans la rue de la Harpe (au coin de la rue Percée), la rue Soint-Séverin, la rue <ie la Vieille^Plfitrière (depuis rue du Battoir) et au bout du Petit-Pont (Seuval,

1437» juin] DOMINATION ANGLAISE. 267

la paix qui fut £ucte entre ledit feu nostre cousin de Bourgogne et cellui qui se dit Daulphin, ladiae exposante feust alée à Bourges ou pays de Berry, dont et duquel pays ledit feu Guillaume d'Aucerre, son mary, estoit natif, pour savoir et enquérir sVlle pourroit aucune chose avoir 'nt recouvrer de son douaire à elle par sondit feu mary ylec assigné, et assez tost après ledit defiinct nostre cousin de Bourgogne fut tué et aie de vie à trespassement, par quoy ladicte Jebanne, doublant la fureur du peuple, n'osa depuis ce retourner en ceste dicte ville de Paris, ainçois a tousjours depuis demouré en ladicte ville de Bourges^ et encores fait de présent. Et il soit ainsi que ladiae Jehanne qui est moult ancienne femme de Paage de lxx ans, comme dit est, laquelle n'a aucuns parens ne amis par delà, ne chose dont elle puisse vivre, retourneroit voulentiers demourer en ceste nostre dicte ville de Paris et en nostre obéissance, de laquelle ville de Paris elle est native, en entention et afin que sesdis parens et amis charnelz lui aidassent et aident à vivre en la fin de ses jours. Pour lequel cas et aussi la longue demeure que a faicte ladiae Jehanne audia pays et ville de Bourges en Berry, doublant rigueur de justice, ne oseroit bonnement retourner ne demourer en ceste nostre dicte ville de Paris, ne en autres lieux et villes estans en nostre obéissance, par quoy elle est en adventure de demourer povre mendiant, querant son pain, se par nous ne lui estoit et est impartie nostre grâce et miséricorde, si comme dient lesdis exposans, supplians humblement que comme ladicte Jehanne soit ancienne femme de Paage dessusdit, laquelle ne s'est aucunement entremise du fait de la guerre, et aussi que au temps qu^elle alla audit pais et ville de Bourges, ce fut en entention de recouvrer aucune chose de sondit douaire, et en temps que Ton cuidoit avoir paix, et que depuis elle n^osa retourner pour la double et fureur du peuple, si comme elle dit, et aussi que tout son temps elle a esté de bonne vie, renommée et honneste conversation, non suspecte, convaincue, ne attainte d'aucun autre vilain cas, blasme ou reprouche, nous lui vueillons sur ce impartir nostre dicte grâce et miséricorde

Si donnons en mandement au prevost de Paris

Donné à Paris, le xij* jour de juing. Pan de grâce mil quatre cens et vint sept et de nostre règne le quint.

p. 295, 3i5, 3 16, 322, 532). Nous avons déjà rencontré plus haut (p. 174} Tune de ses fiUes, Marguerite/ qui avait épousé Thomas du Han.

366 PARIS PENDANT LA [14^79 jUlU.

Scellées de nostre seel ordonné en l'absence du grant.

Ainsi signé : Par le.Conseil,

Oger.

1427. 20 Juillet. Paris.

Henri Vi donne à Thomas Bk>unt, chevalier anglais et son chambellan, une maison, sise à Paris, rue de Bohême (depuis rue d'Orléans), et confisquée sur Michel Cordier.

(JJ. 173, n* 719.)

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir, que nous, considerans les bons et nobles services que nostre amé et féal Thomas Blount, chevalier, chambellan de nostre très chier et très amé oncle Jehan, régent nostre royaume de France, duc de Bedford, a faiz le temps passé à feu nostre très chier seigneur et père cui Dieu pardoint, tant ou fait de la guerre comme autrement, fait encores chaque jour à nous et à nostre dit oncle en plusieurs et diverses manières, et espérons que encores face ou temps avenir, à icellui chevalier par Padvis de nostre dit oncle avons donné, cédé, transporté et delaissié, et par la teneur de ces présentes, de nostre grâce especial, plaine puissance et auaorité royal, donnons, cédons, transportons et délaissons Postel assis et situé en nostre ville de Paris, en la rue de Behaigne^ ainsi qu'il se comporte, qui fut et appartint à Michault Cordier, à nous escheu et appartenant par confiscation par la rébellion et désobéissance par lui commises envers nous et nostre seigneurie, pour icellui hostel et maison, ainsi comme il se compone, comme dit est, avoir, tenir et possider par ledit chevalier et ses hoirs masles, légitimes, venans de lui en directe ligne, comme de leur propre chose, perpetuelment, hereditablement et à tousjours, plainement et paisiblement, en faisant et paiant les charges, droiz et debvoirs pour ce deubz et acoustumez, pourvu toutes voies

Si donnons en mandement par ces présentes à noz amez et feaulx gens de noz comptes, les trésoriers et generaulx gouverneurs de noz finances, au prevost de Paris...

Donné à Paris, le vintiesme jour de juillet. Pan de grâce mil quatre cent et vingt sept et de nostre règne le quint.

Ainsi signé : Par le roy, à la relation de monseigneur le régent de France, duc de Bedford, J. Milet.

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