‹ Paris pendant la domination anglaise (1420-1436): documents extraits des registres de laChapitre 30 sur 105 · On écrit aujourd'hui rue de l'Hirondelle · texte numérisé non relu

On écrit aujourd'hui rue de l'Hirondelle

2. Cest la rue Gilles Coeur (improprement nommée aujourd'hui Gît-le- Cœur), comme le prouvent la topographie et les pièces relatives à l'hôtel de Besançon ; nous ne pensons pas que ce nom ait encore été signalé.

3. La portion de la rue, aujourd'hui quai des Augustins, comprise entre la place du pont Saint-Michel et la rue Gilles Cœur a été désignée, durant le dernier siècle, sous le nom de c rue de Hurepoix i, parce qu'il y avait là, dit-on, un hôtel où venaient loger des habitants ou marchands du Hurepoix (JaiUot, Quartier de Saint- André-des- Arts, p. 94).

4. Au commencement du xv* siècle, ce nom désignait le pont Saint-Michel qm date, on le sait, des premières années du règne de Charles VI (JaiUot, Quartier de S. 'André, p. 177).

5. il est presque inutile de rappeler que le iiameux hôtel de Nesle doit être cherché sur l'emplacement du palais de l'Institut.

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corne de leur propre chose, et parmi ce nous demotinons quittes à tousjours envers lui et les siens de ladiae somofie de deux cens quarente livres & lui deue de reste pour ses diz gaiges desdiz gens d'armes, comme dit est, pourveu toutesvoies que ledit conseiller ne ses diz hoirs ne le pourront transporter en autres mains, qu'ilz seront tenuz de le tenir et soustenir en aussi bon estât et souffisant qu^il est à présent, et de faire paier les droiz, charges et devoirs pour ce deuz et acoustumez, et pourveu aussi que s'il advenoit que lesdiz hoirs masles légitimes dudit nostre conseiller défaillissent ou temps avenir, que ledit hostel, louages et appartenances retournent... à nostre dit demaine.

Si donnons en mandement à noz amez et feaulx conseillers les gens de noz comptes, trésoriers et generaulx gouverneurs de noz finances à Paris, aux commissaires ordonnez et à ordonner sur le fait des confiscacions au prevost et au receveur de Paris

Donné à Endely sur Seine, le xxrx^ jour du mois d'avril, Tan de grâce mil cccc xxm et lé premier de nostre règne.

Ainsi signé : Par le roy, à la relacion de monseigneur le régent

le royaume de France, duc de Bedford.

R. VsaET.

1423. Mai. Paris.

Rémission accordée à Jacquette du Bois, veuve de Jean Sireau, dit de Montgermoo, qui venait d^ôtre exécuté comme £eiux monnayeur. Jacquette, qui, paraît-il, s'était bornée à mettre en circulation par quatre ou cinq fois de faux blancs de 10 deniers fabriqués par son mari, avait subi des mauvais traitements de la part de celui-ci qui voulait la contraindre à tenir son moule à monnayer.

(JJ, 172, n* 224.)

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir nous avoir receue Fumble supplicacionde Jaquete, fille de feu Jehan du Bois et de Perrette sa femme, icelle suppliante aagée de xxmi ans ou environ, contenant que comme le jour de la feste Saint- Remy derrenierement passé icelle suppliante eust esté conjoincte par mariage avec feu Jehan Sireau, dit de Montgermon, et que tout son temps ait esté femme de bonne renommée qui s^est tousjours simplement maintenue et gouvernée avant sondit mariage et depuis, et de présent soit grosse d^eniant, preste à gésir dedans six sepmaines ou environ. Et il soit

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ainsi que le meicredi des feries de Pasques derrenierement pa^ aées, ledit feu Jehan Sireau, estant en Tostel où il demouroit lors en la rue Simon le Franc, appella ladicte Jaquette, sa femme, et lui monatra deux pièces de monnoye blanche qui de prime fa£t sembloient estre semblables aus bkns de x deniers tourn. pièce qui de présent ont cours, et lui demanda qu'il lui en sembloit et se ilz estoient beaulx. Laquelle Jaquette repondi que ilz estoient beaulx, et cuidoit de vray que ilz feussent du coing et aloy du roj nostre sire. Et adonc soodit mary lui en monstra un autre qui esioit du coing et aloy du roy nostre dit seigneur comme il disoit, en lui demandant en oultre se lesdiz deux blans qui lui avoit monstres estoient aussi beaulx comme icellui qui lui monstroit, laquelle lui respondi qu^il lui sembloit que ouiL Et adonc icellui Jehan loi dist qu^il avoit £sûz iceulx deux grans blans, et les lui bailla à ladicte heure en lui disant qu'elle alast à la boucherie et les emploiast, laquelle lui dist : « Et se on ne les vouloit prendre, « comme en feray je ? > Et il lui dist qu^elle les rapportast. Et sur œ se parti pour obéir au commandement de son dit mary, et ala à la boucherie non sachant ou ignorant la bonté de ladicte monnoye, ne quelle faulte il y avoit, car aussi elle nVn savoit riens, mais seulement que sondit mary lui avoit dit qu'il les avoit biz; et laquelle Jaquette emploia et mist iceulx deux grans blans et en apporta de la char. Et depuis, sondit mary lui bailla dUcelle monnoie par quatre ou cinq fois, à chascune fois un ou deux pour avoir du pain et du vin, lesquels aucunes fois elle mettoit et aucunes fois non, pour ce que on les refusoit, et les rapportoit à sondit mary, lequel les mettoit après le reffus, ou feisoit mettre par une jeune fille qui le servoit, et autrement n'en a mis ou employé aucuns. Et oultre lui dist son dit mary une fois qu'elle portast du charbon en un petit teict de terre ou cellier de leur dit bostel, en lui disant qu'elle prenist sa quenoille et s^en alast filler avec sa mère et menast sa jeune fille avec elle, comme si fist elle, non pensant aucunement audit fieiit, mesmement quUl se enfermoit oucelier. Et, avecques ce elle lui avoit dit, n ou m jours après ce que on lui avoit refusez iceulx doubles blans, que plus elle n'en porteroit ne mettroit, ne oncques ne vit faire ledit ouvrage à son dit mary ne aida à le faire, sinon une fois que son dit feu mary par force lui fist tenir le moulle et la baty très villainnement avant qu^elle le voulsist, et si n^en pot son dit mary point fere à celle foiz qu'elle tint ledit mooUe. Dont pour ce son dit mary se

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courrouça grandement à elle, et lui gecta ledit moulle par despit à la teste et la blessa bien fort, pour ce qu'elle ne le tenoit pas bien à son gré ne de bon cuer, et si lui donna pluseurs buffes et cops ou visaige et ailleurs, en lui disant que jamais n'en feroit plus nulz, doubtant qu'elle ou contempt de ladiae batteure ne le accusast et denonçast à justice ou ailleurs. Et tantost après, lesdis Jehan et sa femme pour ledit cas furent prins et emprisonnez es prisons du Chastellet de Paris, et est advenu que ledit Jehan pour le cas dessus dit a esté exécuté par justice et depuis n'a gaires ladicte Jaquette ait esté menée et transportée es prisons du Petit Chastellet, es quelles prisons elle est de présent en grant douleur, povreté et misère^ et doubte que elle ne soit en voye que le fruit qui est en tour elle ne périsse et elle aussi, se piteablement ne lui est par nous impartie nostre grâce, si comme ladicte suppliante dit, en nous humblement requérant que considéré Pestât de sa grossesse et la fragilité de sa personne, qu'elle demeure pour vesve desnuée de tous biens mondains, et que du cas dessus dit ne s'est entremise si non à force et par la contrainte de son dit feu mary, et mesmement que oncques mais ne fut reprinse neattainte d'aucun villain cas ou reprouche, que pour l'onneur de Dieu et delà saincte solemnité de la feste de Penthecouste lui vueîUions impartir nostre dicte grâce. Pour quoy, nous ces choses considérées, voulans miséricorde préférer à rigueur de justice

Si donnons en mandement à nostre prevost de Paris ou à son lieutenant

Donné à Paris, ou mois de may, l'an de grâce mil nn<^ xzin, et de notre règne le premier.

1423. 16 juio. Paris.

Henri VI, voulant dédommager Jean Bezille, chevalier, seigneur de Maye et de Buffières, chambellan du feu roi Charles VI, des dommages que la guerre lui a fait subir et notamment de la perte de la seigneurie de Maye, lui concède des héritages confisqués sur Nicolas Porteclef, Jehan Ami la Mâche, Jean de Louveciennes, Guillaume Je Bouteiller, le seigneur de la Tour eL Auvergne, Cordelier de Girêmes, le seigneur de Torigny, Jean de Camely et Pierre Happart. Ces diverses propriétés étaient sises à Saint- Cloud, Villeneuve-l'Etang, Sèvres, Louveciennes, Guyancourt, Galie, Paris (rue Saint-Jacques, rue Barbette et en Grève), Sucy-en-Brie et Compiègne.

(JJ. 172, n' 288.)

Henry , par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre,

14^3, juin] DOMIMATION ANGLAISE. g3

savoir Élisons à tous presens et avenir comme nous soyons deuement acertenez que Nicolas Porteclef, Jehan Ami Lamache prestre, Jehan de Louveciennes escuier, Guillaume le Bouteillier chevalier, le seigneur de la Tour demourant en Auvergne, Cordélier de Giresme, le seigneur de Thourigné, Jehan de Camely et Pierre Happart se soient renduz et constituez nos ennemis et adversaires en tenant le dampnable parti des rebelles et desobeîssans envers nous, et par ainsi tous leurs biens meubles, immeubles et héritages nous soient forfaiz, acquiz et confisquez en telle manière qu'il nous est licite d^en disposer et ordonner plainement à nostre voulenté et bon plaisir comme de nostre propre chose; entre lesquelz biens et héritages aient les dessus nom-

Oest assavoir ledit Nicolas Porteclef: ASaint-Cloud un hostel ou quel a un petit jardin, estables et pressoir. Item^ vu arpens de vigqe. Itenij un grant jardin portant fruit appelle le jardin d^Amoy contenant deux arpens. Item^ une saulsoie appellée la Saulsoie Bourdon. Aem, environ xxxmi livres parisis de rente sur pluseurs personnes, /tem, un autre hostel appelle Fhostel de Villeneufve * où il y a court, coulombier et jardin. Item^ quatre ou cinq arpens de prez. Item^ environ vint arpens de terres labourables. Itenij quatre arpens de buissons.

Ledit Jehan Ami Lamache^, prestre : A Sevré', deux maisons es quelles a court, jardin et arbres portans iruit, fermez de murs. Item^ un autre jardin cloes de hayes et arbres portans fruit, contenant arpent et demi. Item^ cinq arpens de vignes. Item, dix arpens d'aulnois.

Ledit Jehan de Louveciennes, escuier : A Louveciennes ^, une maison, court, jardin et pressoir qui paravant furent à Morelet, chauffecire, contenant deux arpens ou environ, /fem, une autre maison qui fut au père dudit Jehan, assise dessoubz le moustier.

1 . Villeneuve-PEtang, château situé sur le finage de Marnes (Seine-et-Oise, arr. de Versailles, cant. de Sèvres), à Textrémité occidentale du parc de Saint- Cloud.

2. Le compte de confiscations de 1423 à 1427 mentionne à plusieurs reprises c messire Amy la Mâche, prestre », notamment pour les c héritages qu'il possedoit jadis à Sevrés » (Sauvai, p. 3oi et 326).

3. Sèvres (Seine^t-Oise, arr. de Versailles, chef-lieu de cant.).

4. Louveciennes (Seine-et-Oise, arr. de Versailles, cant. de Marly-le- Roi).

ç^4 ^^^^ PENI>AMT LA [^4^3, )oin

Itemj seigneurie en ladicte ville. Item^ vfti arpens de vignes. Item^ environ xvm arpens de prez. Itemy deux charues de terres labourables. Item^ deux molins à vent. Itenij une petite pièce de saulsoie.

Ledit Guillaume le Bouteiller, chevalier^ : A Guiencourt', une maison fermée à eaue, où il y a coulombier et jardin fermez à murs, contenant six arpens ou environ. Item^ huit vins arpens de terres labourables audit hostel appartenant. Itemy un autre hostel audit lieu, appelle Galie'. Iteniy un molin. Iteifiy deux estans à poisson. Iteniy xvm» arpens de bois en une pièce. Iteniy en ladicte parroisse, ou lieu dit Ville-Roy *, une autre maison, coulombier et jardin, une charue de terres et plusieurs autres possessions appartenant audit hostel.

L^ostel de Langres *, près des Jacobins, qui est audit seigneur de la Tour demourant en Auvergne •.

Ledit G)rdelier de Giresme ^ ou ses hoirs : A Sussy en Brie^, un hostel, court, coulombier, pressoir, jardin, vignes, terres labou«

1. Ce personnage n'est certainement pas différent de celui que la pièce XL VI (voyez p. 87) indique comme décédé et dont la mort remontait à Tannée 1420, comme il est dit dans la note que Godefroy lui a consacrée {Histoire de Charles VJ, p. 742).

2. Guyancourt (Seine-et-Oise, arr. et cant. ouest de Versailles).

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