‹ Paris pendant la domination anglaise (1420-1436): documents extraits des registres de laChapitre 34 sur 105 · LU · texte numérisé non relu

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1423. 26 Juin. Puis.

Henri VI donne à Hugues le Coq, prévôt des maichands de la ville de Paris, les biens confisqués pour cause de rébellion sur Pierre le Coq et Jefaannin Anchier, frère et neveu de Hugues, pour le récompenser des services que celui-ci a rendus au roi Charies VI, tant en son office de prévôt des marchands qu'en celui de conseiller au Parlement.

(JJ. 17a, n* 377.)

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir que nous, considerans les bons et aggreables services que a hiz le temps passé à feux noz tres-chiers seigneurs ayeul et père les roysde France et d'Angleterre, derrenierement trespassez, ausquelz Dieu pardoint, nostre amé maistre H ugues le Coq* , pre vost des marcbans de nostre bonne ville de Paris, tant en Toffice de conseiller de Parlement qu^il a exercé long temps et dudit office de prevosté, pour lequel exercer lui a convenu jour et nuit prendre très-grans labeurs, paines et travaulx, tant en guetz et gardes d^icelle nostre ville comme autrement en plusieurs et diverses manières et espérons que encores nous Êiceou temps avenir, considerans aussi les grans pertes et domaigesqu^il a eues et soustenues à cause des guerres de nostre dit royaume de France, à

I. Hugues k Coq, conseiller au parlement de Paris, élu prévôt des marchands le 26 décembre 14 19, était petit-neveu, par son père Jean le Coq, de Robert le Coq, le fameux évéque de Laon qui joua un rôle si important dans les événements si graves des années i357 et i358 ; son grandpère materne! était Jean Maillard, qui alors tua Etienne Marcel. Le Père Anselme rapporte qu'il mourut après Tan 1433 sans enfants de Jacquette Gudin sa femme (Hist. généal, de la maison de France, t. II, p. 10 5) et paraît ignorer qu*il avait d'abord été marié avec Jeanne de Langres, morte avant Tannée 1427, laissant des enfants dont la garde fut confiée à Hugues (Sauvai, p. 3oi, 32 1, 327, 582; cf. p. 383); ajoutons aussi que Hugues vivait encore en janvier 1436, c'est-à-dire quelques mois avant la reddition de Paris à Charles VII, et qu'il exerçait alors, et pour la seconde fois, l'office de prévôt des marchands comme le prouvent les registres du Parlement (Félibien, Histoire de la ville de Paris, p. 822). Jean le Coq, père de Hugues, possédait entre autres propriétés le château et fief de la Maison Riche des Porcherons, près Paris, que ses descendants possédèrent jusqu'à la Révolution et qui leur dut son nom populaire de c château du Coq 1, dont dérive celui d' c avenue du Coq i que porte une voie percée sur son emplacement, dans les environs de l'église actuelle de la Trinité.

14^3, juio] DOMIIUTION ANGUUSE. I03

icellui par l'advis et deliberacion de nostre très chier et très amé onde Jehan, régent nostre dit royaume de France, duc de Bedford, avons donné, cédé, transporté et delaissié... tous les héritages, cens, rentes, revenues, appartenances et appendances que souloient tenir et posséder un sien frère nommé Pierre le Coq ^ et un sien nepveu nommé Jehannin Anchier, filz de la suer dudit maistre Hugues ^, à nous venuz et escheuz par confiscacion par le moien de la rébellion et désobéissance commise par les dessusdiz Pierre le Coq et Jehannin Anchier envers nostre dit feu seigneur et ayeul et envers nous, pour dUceulx héritages, cens, rentes, revenues, appartenances et appendances dessusdites joir et user par ledit maistre Hugues le Coq, ses hoirs, successeurs et ayans cause, venans de lui en directe ligne et procréez en loyal mariage, lesquelz héritages, cens, rentes, revenues povoient valoir en bon temps de trois à quatre cens livres parisis de revenue par an,

Si donnons en mandement par ces présentes à noz amez et feaulx gens de noz comptes et trésoriers à Paris, aux commissaires ordonnez et à ordonner sur le fait des forfaictures et confiscacions à nous venues et escheues ... au prevost de Paris

Donné à Paris, le xxvi* jour de juing, Tan de grâce mil cccc xxni et de nostre règne le premier.

Ainsi signé : Par le roy, à la relacion de monseigneur le régent

duc de Bedford,

Bordes.

un.

1423. Juin. Paris.

Rémission accordée par Henri VI à Etienne Hervy, en suite de la supplique de Jeanne, sa femme. Heiry, ruiné par la guerre et forcé, vers 14 17, de quitter Montrouge où il habitait, pour venir demeurer à Paris, avait été depuis lors pris et rançonné jusqu'à quatre fois par les partisans du Dau-

I. Ce personnage n'est pas même mentionné dans la généalogie de la fiunille le Coq publiée par le Père Anselme {Hist. gén., t II, p. 104-109). On verra plus loin (pièce CXXXVII) que Pierre le Coq obtint des lettres de rémission cinq ans plus tard, prétextant qu'il était parti uniquement dans l'intention d'échapper à ses créanciers.

a. Gillette le Coq, sccur de Hugues le Coq, avait été mariée à Raoul Anchier, lieutenant de la prévôté de l'hôtel, d'où, suivant le P. Anselme, c un ■ fils mort en 1433, laissant pour heritier(s) Hugues et Gérard le Cocq, ses € oncles maternels. > {Hist. gén., t. II, p. io5.)

I04 PARIS PENDANT LA [l423, juin

phin. Réduit ainsi à la plus grande misère, il était allé le 23 mai 1423 vers Npisy-le-Sec et s'était emparé, cliemin fiûsant, des ferrements qu'il avait trouvés dans le moulin à vent de Mourlans, abandonné depuis six années. Ce larcin avait alors motivé son arrestation à Montreuil-sous-Bois et son incarcération dans les prisons de Tabbaye de Tiron, à Paris.

(JJ. 172, n* 307.)

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir nous avoir receue Tumble supplicacion de Jehanne, femme de Estienne Hervyi, povre femme nouvelement relevée d'enfant, demourant à Paris, contenant comme pour le fait des guerres ledit Estienne, son mary, ait perdu toute sa chevance, mesmement qu^il lui a convenu soy partir de Montrouge ^ où il demouroit et venir demourer à Paris dex six ans a ou environ, durant lequel temps il a esté prins et raençonné par nu fois de noz ennemis et adversaires, et perdu sa voieture dont il gaignoit sa vie. Et lui estant en grant nécessité se parti de Paris le lundi des foiriers de Penthecouste derrenierement passé ' après disner, et prist son chemin à aler à Noisy le Sec *, et en passant apperceut un molin appelle le molin à vent de Mourlans ', ou quel n^avoit et n'a huis, fenestre ne autre fermeture, et ne moulu ne fut en estât, passé à vi ans ou environ, ou quel molin ledit Estienne entra et vit qu'il y avoit sur Faire ou planchier plusieurs gros ferremens vielz qui, ou temps passé, avoient servy oudit molin, et qui povoient peser environ cent cinquante livres, et valoit à argent chacune livre dudit fer deux deniers tournois ; lesquelz ferremens avec quarante livres de vielz fer enroillié qu'il trouva en vieilles masures il prist, et vendi les dites XL livres de vielz fer trois solz tournois, et lesdis ferremens charga pour apporter à Paris en entencion de les vendre pour avoir argent pour sa nécessité. Et, pour ce qu'il ne les povoit bon-

1 . En marge du registre, le scribe a écrit : c Jehenne, femme de Estienne Henry t , mais c*est évidemment là une erreur.

2. Montrouge (Seine, arr. et cant. de Sceaux). Une partie du territoire de ce village, le Petit-Montrouge, a été englobée par les fortifications de Paris en

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