Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire; recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris
. . . Journaux. — La futilité des principaux articles de VAmi des Lois esta remarquer depuis quelque temps; ils sont tour à tour une critique ou une défense de certaines modes et en général des goûts et plaisirs actuels de la société. La légèreté des traits sous lesquels la censure est présentée détruit en partie le bon effet qu'elle pourrait produire; le gouvernement n'a rien à prendre dans ces jeux de la plume, et ils ne peuvent servir qu'à l'amusement épliémère du lecteur. — \S Observateur français., nouveau journal, qui en est à son dixième numéro, est réellement répréhensible dans la manière dont il peint la situation des esprits à Rastadt. « On y est dans de grandes inquiétudes ; un courrier de Vienne est venu apporter l'ordre d'augmenter le nombre des troupes sur le Rhin ; les ministres autrichien et prussien paraissent très unis. » Cette dernière phrase tend à faire croire à l'existence d'une coalition et à éloigner toute idée de paix. — On trouve encore plus à blâmer dans les nouvelles que le même journal, n° 11, donne de Brest. D'abord il annonce inconsidérément le jour du départ de la flotte de Toulon, moyen efficace pour que nos ennemis en soient promptement avertis par les agents qu'ils pourraient avoir dans la République. Mais une phrase plus mauvaise est celle-ci : « Le pain vaut ici 6 sols la livre *. » On ne peut assigner une bonne
1. Je ne trouve rien nulle part qui confirme cette assertion. — Rappelons que depuis quelque temps les rapports du Bureau central ne donnent plus de renseignements sur le prix des subsistances.