TOME V
tion thermidorienne, qui se chargea de venger toutes les autres. — Dans les preuves que le journaliste expose de l'existence de cette faction, les citoyens Barras et Fréron sont nommés pour avoir fait tomber sous le feu du canon les infortunés démocrates de Toulon. Le citoyen Fouché (de Nantes) est nommé parmi ceux qui ont livré aux bourreaux les républicains dont ils s'étaient servi pour exploiter l'enthousiasme révolutionnaire. « C'est à la faction thermidorienne que nous devions les massacres de septembre et l'initiative des vols, des spoliations, etc. C'est elle qui, divisant les sections de Paris ei> deux armées au 13 vendémiaire, fît égorger les citoyens par les citoyens. C'est elle qui plaça au Directoire exécutif le scélérat le plus dégradé que la contre-révolution ait compté dans ses rangs. C'est elle qui a juré d'exterminer jusqu'au dernier des démocrates. Cette faction est personnifiée dans ce Barras qui n'a plus à commettre d'attentats contre l'humanité. C'est en spadassin qu'il s'est conservé au Directoire, où il a tour à tour sacrifié ses collègues ; il ne quittera le pouvoir que contraint par la force. S'il ne peut se sauver avec Siéyès, il fera de lui comme de Carnot et [de] Merlin. Son nom passera à la postérité chargé d'horreur et d'infamie. Il a une police nombreuse ; il compte sur beaucoup de créatures dans l'armée, sur les ex-nobles, les voleurs, les escrocs qu'il protège. Républicains, dit en terminant le journaliste, souvenez-vous de Toulou, du 9 thermidor, du 1" prairial, du 43 vendémiaire, de Vendôme, de Grenelle, du 18 fructidor, du 22'. floréal et du 30 prairial. Ces époques désastreuses vous retracent les crimes d'un homme revêtu d'une grande puissance ; elles vousdonnent la mesure de ceux qu'il peut commettre encore. »