Suit le très long discours de Camus
761 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [16 octobre 1799]
Pendant, ô général fameux! Les rois, fiers de quelques succès,
Qu'ainsi tu perds la carte, Pleins d'un orgueil extrême.
Chez nous les flots respectueux Prétendaient nous donner des fers,
Ramènent Bonaparte; Jusques dans Paris mèiiie ;
En vain d'innombrables vaisseaux Nous, modestes dans nos succès,
S'opposaient au passage : Comme beaux en vaillance.
Les dieux, amis de ce héros. Aux rois nous donnerons la paix :
L'ont conduit au rivage. 0 la douce vengeance !
MDGCCXLVIII
24 VENDÉiVIIAIRE AN VIII (16 OCTOBRE 1799).
Ennemi des oppresseurs du 20 vendémiaire : (c Paris, 24 vendémiaire. Ronaparte est arrivé ce matin avec les citoyens Rerthier, Monge, Berlhollet. Ronaparte a laissé, en partant, le commandement général à Kléber ; Desaix commande toujours dans la Haute-Egypte. L'armée était dans le meilleur état, et, depuis la destruction de l'armée turque à Aboukir, la domination
française est consolidée dans ce pays » — Ennemi des oppresseurs du
2G vendémiaire : « Paris, 23 vendémiaire. ...L'on répand le bruit que les malades des hospices ne reçoivent point les médicaments qui leur sont ()rescrits. Cependant nous sommes certains que la Commission n'épargne rien pour cet objet, que ses magasins sont abondamment approvisionnés, et que l'on fournit très exactement aux officiers de santé des hospices tout ce qu'ils demandent. Cependant il serait encore très possible que, malgré tous les soins, toutes les dépenses de la Commission, les malades eussent raison de se plaindre. Depuis que le système infâme des voleurs s'est établi en France, aucune partie n'a échappé à leur rapacité, et il serait possible que les remèdes destinés aux malades fussent détournés de leur légitime emploi. Sans doute la Commission avisera aux moyens de détruire un pareil abus, s'il existe,
comme nous serions tentés de le croire » — Gazette de France du
25 vendémiaire : « ...On annonce une banqueroute de plus de 600,000 fr., rue du Vieux-Colombier, au Gagne-Petit. Ce sont des juifs qui la font, et qui s'annonçaient pour donner un cinquième, un quart, un tiers au-dessous du
cours » — Moniteur du 26 vendémiaire : ^ Paris, le 2o vendémiaire.
...Le ministre de l'intérieur a arrêté que la comédie des Prt''ce2)/*?M>'S serait imprimée aux frais de la République, que le produit de la vente serait donné à la veuve et au fds de Fabre d'Églantine, qui n'ont d'autre fortune que les produits de ses ouvrages, et qu'il en serait envoyé un exemplaire aux administrations centrales, avec invitation de faire jouer cette pièce chaque année, le jour delà fête (^c la Jeunesse. » — « Ceracchi, sculpteur romain, réfugié en France, a fait le buste de Fabre d'Églantine ; la famille de celui-ci l'a donné au théâtre de la République. » — « Les professeurs du Muséum d'histoire naturelle ont élu le citoyen Fourcroy, l'un d'eux, pour directeur de
cet établissement. Le citoyen Thouin a été nommé secrétaire à*^a place du
citoyen Lacépède, et le citoyen Jussieu, trésorier, à la place du citoyen
Thouin »
Rapport du bureau central du 26 vendémiaire.
. . .Rapport analytique des journaux. — Des feuilles, en ce moment, répandent plus hardiment que d'autres des principes de royalisme. Lorsque ceux qui les dirigent n'entrent dans aucune question politique, ils saisissent les premiers sujets pour manifester et entretenir le plus mauvais esprit. — h' Ami de la Paix n'a pas laissé échapper, le 24, une occasion de lancer le trait de l'ironie contre le citoyen Jourdan (de la Haute-Vienne). Le 2o, il fait lire cette atroce plaisanterie : « Savez-vous pourquoi les exclusifs en veulent aux collets ? — C'est parce que ces collets sont surmontés d'une tète. » — On ne peut considérer que comme un mot de faveur pour la monarchie l'apologie qu'il fait de l'obéissance dans un État. Son raisonnement principal est que le meilleur gouvernement est celui qui est. D'où il infère que nous avons mal fait de renverser la monarchie, et que nous ferions plus mal de renverser la République. Une conclusion assez perfide suit cette phrase, dans laquelle on entrevoit une arrièrepensée pour la monarchie ; cette conclusion est qu'on doit se fier dans la République aux trois quarts dé ceux qui auraient voulu rester dans la monarchie et, au contraire, se défier des exclusifs. Cet article a paru très mauvais, et on observe qu'il est écrit pour la classe instruite. — Le Courrier de l'Europe l'emporte, en quelque sorte, sur VAmi de la Paix.Ce Courrier, regrettant que le Dictioyinaire des Jacobins vivants (ouvrage qui provoque la proscription sur un certain nombre de citoyens) ne soit pas rédigé avec plus d'esprit, n'en vient à l'article de Félix Le Peletier que pour dénigrer la mémoire de cette victime de l'assassin Paris. — Dans la feuille de ce jour, l'éloge du tableau du jeune Guérin * est devenu, l'aurait-on imaginé? le sujet des idées qui ne peut [sic) appartenir qu'à un chef de réaction. « Que de pères, s'écrie le journaliste, se retrouvent dans Sextus, de mères dans son épouse, d'enfants dans sa fille ! Le désespoir, les larmes, la