‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire; recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris (volume 3)Chapitre 210 sur 254 · L. MiLLY, Le Tellier · texte numérisé non relu

L. MiLLY, Le Tellier

(Arch. nat., BB » 91.)

Journaux.

Bédadeur du 26 vendémiaire : « Paris, le 25 vendémiaire. Tels journaux ont dit : Bonaparte ayant appris les revers de Jourdan a résolu de revenir en France; tels autres ont affirmé que c'étaient les revers de Schérer qui avaient décidé son retour : nous disons, nous, que ce sont les revers de l'un et de l'autre. » — « Bonaparte s'est rendu aujourd'hui au Directoire, où il a eu une audience particulière. A peine y était-il arrivé que les cours et les salles ont été remplies de citoyens. Chacun voulait le voir et l'embrasser; il a paru sensible à cet empressement ; il a touché la main aux soldats, dont plusieurs ont fait sous lui la campagne d'Italie, et est ressorti accompagné d'une foule immense. » — Gazelle de France du 26 vendémiaire : « ...La ville et les faubourgs sont parfaitement tranquilles. On s'aperçoit sensiblement de l'heureux effet que produisent sur tous les esprits, et presque sans distinction de partis, les nouvelles de nos derniers succès. Rien surtout n'égale la joie que répand le retour de Bonaparte. C'est, avec nos dernières victoires, le seul événement qui, depuis longtemps, ait rallumé l'enthousiasme populaire. On boit à ce retour jusque dans les cabarets ; on le chante dans les rues; partout

on on conçoit les plus brillantes espérances » — Messar/er des rela-

liims exlérieures du 27 vendémiaire : li Paris, 26 vendémiaire. Comme le retour de Bonaparte en France est un événement qui peut influer sur nos destinées, les moindres détails en sont avidement recherchés : sa coiffure, son habit, sa démarche et sa conversation sont épiés, rapportés, recueillis, et le moindre nouvelliste se perdrait de réputation s'il ne pouvait exactement donner le bulletin de sa santé, de ses paroles et de ses visites. Un journaliste est donc obligé, jusqu'à nouvel ordre, de payer à ses abonnés le tribut de ses recherches et de ses nouvelles. Voilà les nôtres et celles de nos confrères. Les courriers qui précédaient la voiture de Bonaparte répandant la nouvelle de son arrivée, à chaque rclai, tout le village était bientôt rassemblé ; la foule des curieux qui se i)ressait sur son passage a beaucoup retardé sa marche; dans plusieurs communes on a illuminé. A Lyon, on a composé et joué sur-le-champ, les rôles à la main, une petite pièce de circonstance, intitulée : Le Héros de Belour ; on l'avait entraîné au spectacle, où il y avait une foule considérable, et il y fut accueilli par des acclamations unanimes. Le. peuple de Paris ne paraît pas moins empressé de le voir ; mais il ne sort jamais qu'incognito. Hier il se rendit au Directoire en redingote bourgeoise, avec un chapeau rond et des cheveux sans poudre coupés presque à la Tilus. Son visage annonçait une meilleure santé qu'à son départ pour l'Egypte.

m OCTOBRE 1799] DIRECTOIRE EXÉCUTIF 764

La première sentinelle l'arrêta, mais son nom le fit bientôt passer. Il resta deux heures et demie avec le Directoire assemblé, d'où Ion remarqua qu'il sortit avec un air très gai. A la sortie on battit aux champs, et la garde directoriale lui rendit les honneurs militaires supérieurs, malgré son costume bourgeois, dans lequel il alla rendre visite le même jour aux ministres. Quoiqu'il soit peu communicatif, on a remarqué dans ses discours la prédilection avec laquelle il parle de l'Italie et du désir de la reconquérir. On en conclut, peut-être mal à propos, qu'il va reprendre le commandement général des armées d'Italie »

MDCCCL

Journaux.

Piiblicîste du 27 vendémiaire : « Paris, 26 vendémiaire. Bonaparte s'est de nouveau rendu aujourd'hui au Directoire à cheval et entouré d'un grand nombre d'officiers. Il y a foule dans la rue des Victoires pour attendre le

moment de sa sortie de sa maison et le voir passer » — Publiciste du

28 vendémiaire : « Paris, le 27 vendémiaire. Quoique Bonaparte soit à peu près le seul officier de son armée qui n'ait pas été malade en Egypte, on remarque que sa figure, naturellement pâle, est un peu rembrunie et même olivâtre »

.. .Rapport sur les Journaux. — Les journaux, se renfermant depuis quelques jours dans les bornes ordinaires, ne donnent lieu qu'à peu d'observations importantes. — On notera seulement le Messager des relations extérieures, suivant lequel on assure à Paris que Buonaparte n'est parti si précipitamment et si secrètement de l'Egypte que pour échapper à une sédition générale de son armée'. — Dans un article précédent, il avance qu'un membre qui a honorablement figuré dans la dernière lutte des partisans de Vendée et des dangers {sic) s'est chargé positivement de demander le rapport

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