C'est-à-dire au régime de la monarchie
3 DmEGTOIRE EXÉCUTIF [22 juillet 1798J
que les autres la regardaient au contraire comme le seul moyen qu'il y aurait d'assurer dignement et définitivement le rang de la République parmi les puissances de l'Europe pacifiée et comme l'arrêt de mort de plus d'une souveraineté ; qu'enfin le nombre de ceux qui affectaient d'élever toutes sortes de doutes sur l'heureuse issue de la guerre présumée était bien peu considérable, et que l'esprit politique de ces derniers était celui du royalisme le plus prononcé. — On avoue avec peine que plusieurs écrivains périodistes et quelques folliculaires obscurs ont paru seconder les élans de cette opinion dépravée, qui heureusement n'est rien moins que l'opinion publique. Si l'un des plus avantageux caractères de cette dernière est le calme à l'extérieur, on peut encore affirmer qu'elle est généralement bonne ; l'ordre qui marche à sa suite existe sur tous les points de cette commune et ne parait menacé d'aucune altération.
Mœurs. — Le tableau des mœurs publiques continue à se présenter sous des couleurs réellement affligeantes ; quelque suivies que soient les mesures employées pour réprimer le scandale de la prostitution, il choque encore trop souvent les regards et paraît ne vouloir céder qu'à une constante importunité, à défaut de moyens plus efficaces, qu'il appartient au législateur d'indiquer. Ce n'est point dans les signes apparents de la prostitution seuls qu'il faut chercher la preuve de la dépravation des mœurs, c'est aussi dans quelques productions de la presse; il circule, sous le titre ressuscité du Père JJuchesne ^, un papier conçu en termes orduriers relatant de véritables turpitudes et qui paraît avoir déjà pris clandestinement un certain caractère de périodicité. Le ministre de la police est informé de cet excès d'immoralité.
Spectacles. — Une seule circonstance a frappé dans les différentes représentations qui ont eu lieu sur la scène ; elle dédommage du moins un peu des images pénibles offertes dans l'article précédent. Au théâtre de la République et des Arts, à la dernière représentation du ballet de la Rosière -, oùia rosière même reçoit le prix décerné à la vertu, des applaudissements plus marqués et plus nombreux ont accompagné cet effet de théâtre, qui, aux représentations précédentes, • depuis longtemps, avait fait beaucoup moins de sensation. Les allusions qui font sentir tout le prix de la vertu sont assez rares et assez précieuses pour qu'on se fasse un devoir autant qu'un plaisir de les
1. Il s'agit sans doute de la feuille cataloguée, à la Bibl. uat., Le 2/937, 42 n" in-8. Cf. Tourneux, n» 11530.
2. Ce ballet fut donné, le 28 messidor, à la suite d'Orphée. On en trouvera un compte rendu dans le Courrier des Spectacles du 30 messidor, p. 3.
noter. Celle-ci prouvait d'ailleurs ce qu'on pourrait encore attendre de toute espèce d'institution qui aurait pour objet d'encourager les mœurs pures sur (sic) les mœurs dépravées.
Cultes. — Les cultes n'ont donné lieu à aucune observation importante.