‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire; recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris (volume 3)Chapitre 37 sur 254 · L. MiLLY, Lessore · texte numérisé non relu

L. MiLLY, Lessore

(Arch. nat., BB» 88, et F^ 3841.)

MCDLX

Rapport du bureau central du 24 fructidor'.

. . . Journaux. — Dans le Journal des Francs on lit des plaintes du citoyen Jarry contre un journaliste. Avant d'en venir au sujet qui le touche, il s'exprime ainsi : « Qu'il y ait en France, l'an X de la liberté et bientôt l'an VII de la République, une puissance autorisée à faire taire à volonté tous les journalistes, on peut s'en étonner, mais non le nier. Qu'il en existât en outre qui s'arrogeât le droit de les faire parler à son gré, voilà ce qui serait moins croyable, si le feuilliste Sibuet, etc. » — Les autres feuilles ne donnent lieu à aucune observation.

Lessore.

(Arch. nat., BB » 88, et F " 3841.)

Journaux.

Clef du Cabinet du 25 fructidor : « Paris, le 24 fructidor. ...Une observation que font, avec grand plaisir, les républicains, c'est que l'esprit public devient, en France, partout meilleur ; que les institutions philosophiques s'établissent avec plus de succès ; que la tolérance de tous les cultes cimente dans la plupart de nos contrées la douce fraternité ; que les fêtes nationales se célèbrent avec cette dignité dont Paris donne un si bel exemple ; et que si, comme il n'en faut pas douter, le gouvernement continue à rendre

1. Il n'y a rien pour notre sujet dans les rapports du 22 et du 23,

79 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [H septembre 1798]

nuls les eiïorts ténébreux dos deux factions qui nous désolèrent, la guerre multipliera nos triomphes, la paix achèvera notre bonheur. On opposera, peutêtre, à ce tableau l'état de nos finances ; et nous ne nierons, certes, qu'il y ait, à cet égard, beaucoup d'abus à détruire, beaucoup d'améliorations à faire; les écrits dont on nous assomme ne sont pas les mesures dont nous avons besoin. Mais nos ennemis se tromperaient bien lourdement, s'ils croyaient que les fonds nous manqueront pour les détruire ; jamais, peut-être, ils n'auront éprouvé tant de revers, (.a manière dont ils se conduisent depuis le traité de Campo-Formio entlamme d'indignation tous nos soldats; et rexjjJosion des troupes françaises remplira l'univers de terreur, si le canon donne encore une fois le signal du carnage »

Rapport du burkau central du 26 fructidor'.

Mœurs et opinion publique. Esprit public. — Il existe toujours, parmi les citoyens de toutes les classes, un combat, assez sensible pour être aperçu, entre le patriotisme et l'intérêt personnel. Un grand nombre de personnes, dans la gène qu'elles éprouvent, laissent échapper des murmures qui affligent profondément les amis de la République. Cependant cm ne donnera pas cette observation pour une preuve certaine d'affaiblissement dans l'esprit public ; celui-ci, au contraire, déjà fort du silence de toutes les factions, semble tendre à gagner encore beaucoup plus de force; tout paraît le favoriser, et c'est de l'attitude actuelle du gouvernement français à l'égard des diverses puissances de l'Europe qu'il reçoit dans l'intérieur une nouvelle vigueur. On envisage aujourd'hui l'état actuel de notre diplomatie sous l'aspect le plus avantageux. Non seulement on entend dans les lieux publics ces conjectures perfides que l'on puisait dans les papiers de Londres, et qui tendaient à nous faire voir incessamment autant d'ennemis dans les États du continent ; mais, au contraire, toutes les idées se dirigent vers la paix. On dit que c'est sous les plus heureux auspices que l'expédition confiée au général Buonaparte suit le cours qu'elle doit avoir, et dont le but n'est cependant pas encore bien connu dans le public. On dit encore que l'Espagne rejette avec loyauté toutes les suggestions d'inimitié que les agents de l'Angleterre cherchaient à lui inspirer envers la République fran-

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