‹ Paris pendant les deux siégesChapitre 7 sur 86 · Î^UR LA SITUATION DU CLERGÉ CATHOLIQUE EN · texte numérisé non relu

Î^UR LA SITUATION DU CLERGÉ CATHOLIQUE EN

Le 7 janvier 1857, le doyen de la faculté de théologie à Paris, M. Maret, a écrit à M. le ministre de Tinstruction publique une lettre importante sur la situation de T Église catholique

PARlfi P£NDA?iT LE SIÈGE. ^^

en France. Il y signale deux partis dans le clergé français : le parti laltfa et le parti raodéré. L'un, creusant un abime enire TÉglise et la société moderne, iait cjfturir ^ l'ordre moral les phis grands dangers>; il n'est pas moins dangereux dans Tordre potitsque, eooime opposé k Vidée napoléonienne, a II y a là, drt*-id, de» malentendus prodigieux et des périls cachés sans ^ nombre. U y a là toute la perturbation de l'ordre moderne, et le renversement, s^ii était possible^ d'une des bases sur lesquelles rEmpine est assis. Par conséquent, le choix du nouvel arcfaevêcfue de Paris dans les rangs de ce parti serait un malhœuripour FÉtat et pour l'Église. »

A cette lettre est joiat un petit. Mémoire écrit par une autre naain que la sienne, où il démontre que les deux partis en question ne diffèrent en rien sur le principe de la foi, mais qu'ils ne s'entendent point aur les rapports de l'Église avec l'Etat. Le parti ultra^catholique professe des doctrines favorables à l'absolutisme pontifical, à la domination temporelle du clergé, et confond dans une même haine aveugle les erreurs et les fautes de la philosophie et de la Révolution avec les progrès légitimes de la société.

Ce parti place son idéal dans le régime théocratique, parce qu'il ne voit d'ordre social vraiment catholique que celui du moyen âge^M. Maret pense, au contraire, que les principes de 89 bien entendiis découlent du Christianisme comme de la raison philosophique ; qu'ils ont amené en France plus de justice, d'égalité, de liberté et de bien-être. Il résulte, suivant lui, de l'hostilité du parti ultra qu'une portion très-nombreuse du clergé se sépare de plus en plus de la société moderne, perd de plus en plus toute action sur elle et devient chaque jour plus impopulaire. Il tend par là à jeter la nation dans les voies du matérialisme pratique. Il crée donc les plus grands ï)érils à l'ordre moral...

Un autre Mémoire non signé, mais attribué encore à M; Maret, est intitulé : Pour faire suite à une conversation confidentielle avec S. Exe. le ministre des cultes. L'Univers y est représenté comme un instrument de propagande et de terreur. Un grand nombre d'évêques n'osent parler, dans la crainte d'être

dénoncés par lui comme gàllicanSy c'est-à-dire hérétiques : « Si cet accusateur public de Tépiscopat triomphe^ c'est le cou^ de grâce porté à l'Église 'de France. »

Il voit aussi dans l'existence de l' Univers un sujet d'appréhensions directes pour le gouvernement ; car^ après avoir fana- * tisé une partie du clergé^ si ce journal usait de sa puissance contre le gouvernement^ son opposition aurait une grande force; et il sera trop tard pour le briser lorsque les fidèles se seront accoutumés à identifier la religion avec les doctrines de r Univers : « Ne vaudrait-il pas mieux laisser tomber ce journal comme de lui-même^ ou, s'il ne tombe pas, car il a de puissants appuis, le laisser, du moins, s'afiaiblir par la seule déconsidération de ses doctrines mises en lumière par la brochure qu'on poursuit? »

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