‹ Paris, promenades dans les vingt arrondissements (volume 2)Chapitre 26 sur 56 · ERRATUM · texte numérisé non relu

ERRATUM

Introduction, page ix5 ligne 28, au lieu de : Solignac, lisez : Polignac.

INTRODUCTION

L’îlot que limitent les rues Rambuteau, Saint-Martin, Réaumur et du Temple, peut être considéré comme le berceau du troisième arrondissement. Quant au territoire qu’il occupe, il fut longtemps une vaste plaine cultivée que traversaient quelques routes et où les seuls monuments étaient le palais du roi Robert, la chapelle Saint-Nicolas des Champs, l’abbaye de Saint- Martin et le couvent du Temple.

Au commencement du onzième siècle* hors de l’enceinte de Paris, près d’une porte voisine de Saint- Médéric, quelques pauvres paysans avaient groupé leurs chaumières, d’autres vinrent au même lieu, et progressivement l’agglomération forma une sorte de village, qu’au temps de Louis VII, on connaissait déjà sous le nom de Beau-Bourg , et que continuait, en se rejetant un peu vers l’ouest, un autre village dépendant de l’abbaye de Saint-Martin : le Bourg-V Abbé.

Au milieu du treizième siècle, ces villages, réunis à Paris par Philippe-Auguste, étaient devenus, sinon de beaux, du moins de très vivants quartiers et, sur les plans de ce temps-là, on peut reconnaître la plupart des rues qui les sillonnent encore. Parmi ces voies publiques, citons seulement, pour donner une idée de

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la topographie du lieu, les rues Beaubourg, des Gravilliers, Michel-le-Comte, du Grenier-Saint-Lazare, de Montmorency et du Bourg-l'Abbé ; la rue Chapon, elle, ne fut ouverte qu’en 1293.

Au nord de l’arrondissement, et pendant plusieurs siècles encore, nous ne voyons que des champs en culture, pour la plupart possédés par les abbayes du Temple et de Saint-Martin. Pourtant, vers 1589, ces quartiers se sont un peu peuplés ; rue du Temple, on aperçoit l’amorce d’une voie qui sera plus tard la rue Meslay, un peu plus bas est tracée, mais peu habitée encore, la rue Neuve-Saint-Martin, aujourd’hui rue Notre-Dame-de-Nazareth. Quant à la rue du Temple, elle descend vers le centre de la ville, laissant à droite tout ce qui forme actuellement le quartier des Archives où nous rencontrons l’hôtel de Clisson et quelques belles habitations bordant la rue des Francs-Bourgeois.

Ceci nous amène à parler du quartier du Marais (officiellement quartier des Enfants-Rouges) et naturellement aussi à donner l’origine de cette dénomination.

En 1536, Marguerite de Valois, sœur de François Ier, fonda rue Portefoin un hôpital destiné à recueillir les orphelins trouvés à l’Hôtel-Dieu de Paris ; le roi prit cet établissement sous sa protection, lui donna le nom d 'Enfants-Dieu, et voulut que ses pensionnaires fussent vêtus d’habits rouges, « pour marquer qu’ils devaient leur subsistance à la charité » ; le peuple ne les appela jamais qu’Enfants rouges.

Pour ne plus revenir sur cet hôpital, disons qu’il fut supprimé en 1772 et que les prêtres de la Doctrine

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chrétienne achetèrent le bâtiment ; ils y restèrent jusqu’en 1790 et quelques années plus tard, la rue Molay fut ouverte sur l’emplacement de la maison.

Quant au quartier du Marais, sa fondation avait été résolue par Henri IV, en 1608; le plan qu’il avait conçu ne manquait pas de grandeur; malheureusement il ne fut pas exécuté.

Le roi, qui déjà avait eu l’idée de créer la place Royale et en avait fait commencer la construction, voulait que le centre de ce quartier fût occupé par une vaste place qu’on aurait appelée place de France , et autour de laquelle auraient rayonné huit larges rues bordées de constructions uniformes et portant toutes le nom d’une de nos provinces.

En 1620 seulement, les constructions furent commencées; mais l’idée de la place centrale étant abandonnée, les rues se tracèrent et s’enchevêtrèrent au hasard ; pourtant le voisinage de la place Royale amena dans ce quartier bon nombre de riches personnages, et de beaux hôtels s’y construisirent. En notre siècle, le Marais est devenu successivement bourgeois et industriel; les petits rentiers s’y sont retirés en masse sous la Restauration, alors que le quartier des Batignolles n’était pas encore créé. Depuis, dans les vastes locaux qu’on y rencontre, se sont établies de nombreuses fabriques de bronzes, d’horlogerie, de jouets d’enfants, etc. Néanmoins ses rues sont demeurées silencieuses et, dès que les ateliers sont fermés, il y règne un calme absolu.

Mais nos études rétrospectives ne sont pas terminées encore, et sous le règne de Louis XIII l’arrondisse-

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ment voit s'élever plusieurs édifices dont il nous faut d’autant plus parler que la plupart d’entre eux ne sont plus que des souvenirs.

En 1615, aidées par les libéralités de la duchesse d’Orléans-Longueville et du duc son fils, les carmélites installèrent un couvent rue Chapon ; l’église en fut consacrée en 1645. Ce monastère occupait une grande partie du rectangle formé par les rues Chapon, Beaubourg, Montmorency et du Temple. Église et couvent disparurent lors de la Révolution.

En 1620, la marquise de Maignelay achetait une maison rue des Fontaines et y installait les filles de la Madeleine, plus connues sous le nom de Madelonnettes. L’église ne fut bâtie qu’en 1680. Supprimé en 1790, le couvent devint une prison, qui fut démolie lors du percement de la rue de Turbigo*.

Au cours de notre promenade, nous aurons l’occasion d’entrer à l’église Saint-Jean-Saint-Françoisd’Assise; c’est le seul reste d’un monastère de capucins qu’un parent de Matthieu Molé avait fait bâtir en 1622 sur l’emplacement d’un jeu de paume et qui fut fermé en 1790.

Vous le voyez, l’époque était favorable aux établissements religieux, et nous pourrions multiplier nos citations. Bornons-nous à rappeler la communauté des Pères de Nazareth, qui s’établit en 1630 au bas de la rue du Temple, et le couvent de Sainte Avoye, composé de pauvres femmes âgées de cinquante ans au moins, qui, originairement, n’appartenaient à aucun ordre religieux, mais qui, au dix-septième siècle, adoptèrent la règle des ursulines. Quant aux monastères de Sainte-

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Élisabeth et des Pères de la Merci, nous rencontrons l’église de l’un et quelques restes de l’autre, nous en parlerons alors.

Sous Louis XIII encore, l’arrondissement vit s’installer, rue Vieille-du-Temple, non loin de la rue de la Perle, la troupe de comédiens qui prit le litre de Théâtre du Marais; en 4636, la foule se pressait aux portes du théâtre pour assister aux représentations du Cid .

Sous les règnes de Louis XIV et de Louis XV, il a été fait peu de chose pour le troisième arrondissement, à peine pouvons-nous constater, au nord, sous le premier de ces rois, une légère modification apportée à l’enceinte de Louis XIII et l’embellissement des boulevards voisins. Sous Louis XVI, en 1781, nous voyons bâtir cette rotonde du Temple dont quelques Parisiens se souviennent encore, mais que nul n’est tenté de regretter.

Dix ans plus tard, Beaumarchais fonde, rue Culture- Sainte-Catherine, un nouveau Théâtre du Marais (celui dont nous avons parlé plus haut avait été démoli en 1673) ; il inaugure la salle le 1er septembre 1791, et le 26 juin de l’année suivante il y donne la première représentation de la Mère coupable . Quelques débris de ce théâtre existent encore dans un établissement de bains, au numéro 11 de la rue Sévigné.

Mais ces souvenirs littéraires ne sont pas les seuls qui constituent la gloire de l’arrondissement, et si nous voulons jeter les yeux sur les institutions qu’il renferme, nous ne tarderons pas à être convaincus qu’il n’a rien à envier à ceux du Louvre et de la Bourse.

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A côté du Louvre fier de son palais et de ses musées, de la Bourse justement orgueilleuse de sa Bibliothèque, le Temple, lui, montre son Conservatoire des arts et métiers, création de la première République, son Imprimerie nationale, installée en J 808 dans un de ses plus vastes hôtels, les Archives nationales, le musée Carnavalet, et enfin son École centrale des arts et manufactures, véritable fille de l’arrondissement qui, créée rue de Thorigny sous la Restauration, a maintenant son immeuble dans le vaste quadrilatère autrefois occupé par le marché Saint-Martin et que bordent les rues Montgolfier, Conté, Vaucanson et Ferdinand-Berthoud. Nous pourrions ajouter que l’arrondissement renferme encore l’École des chartes, les Écoles Turgot, Germain-Pilon, etc.; ceci nous amenant aux temps modernes, le moment nous semble opportun pour constater la part faite à ces quartiers dans l’œuvre d’embellissement et d’assainissement que Paris vit commencer sous le dernier Empire.

Les principales voies créées ici sont la rue de Turbigo, qui traverse toute la partie haute de l’arrondissement et le relie, d’un côté, à la place de la République, de Pautre au quartier des Halles, et la rue Réaumur qui, lorsqu’elle sera entièrement percée, tracera une ligne droite dont les points extrêmes seront, d’un côté, le square du Temple, de l’autre le palais de la Bourse.

Ajoutons qu’avec la ceinture que lui forment les grands boulevards depuis la rue des Vosges jusqu’au boulevard de Sébastopol, et ce dernier jusqu’à la rue Rambuteau, avec ses beaux squares du Temple et des Arts-et-Métiers, avec ses voies calmes comme la rue de

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Turenne, commerçantes comme la rue du Temple, avec son contraste de maisons industrieuses comme celles d’un vieux faubourg, et de demeures tranquilles comme celles d’une cité provinciale, avec sa synagogue, ses églises, sa mairie, ses théâtres, l’arrondissement offre aux promeneurs tous les attraits d’une exploration pittoresque et variée.

Avant d’entreprendre cette excursion, disons quelques mots des deux grands couvents qui furent pendant longtemps, non seulement les principales habitations, mais encore à peu près les propriétaires de tout le territoire que nous allons parcourir : le couvent du Temple et le prieuré de Saint-Martin des Champs.

L’ordre des frères de la milice du Temple , des chevaliers du Temple ou des Templiers, pour employer le nom que le public lui a donné, se fonda à Jérusalem à l’époque des croisades ; il dut son nom, ou ses noms, à la cession que lui fit alors le roi Baudoin II d’un palais attenant à l’emplacement de l’ancien temple de Salomon.

Au douzième siècle, le Temple, voisin de Paris, est déjà un enclos au milieu duquel s’élève une église et aussi l’habitation du grand prieur. Les chevaliers ne tardent pas à se grouper autour de leur grand maître et la communauté, pauvre d’abord à ce point qu’un cheval servait pour deux frères, devient bientôt puissamment riche, car ses adhérents faisant vœu de pauvreté, ne pouvant rien posséder en propre, tous leurs biens appartenaient à l’ordre qui, du reste, pourvoyait aux besoins de ses membres.

Peu à peu les Templiers achetèrent les terrains et

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les cultures qui avoisinaient leur maison; ils édifièrent de nouveaux bâtiments, parmi lesquels il en était un qui paraissait, à l’époque, d’une extraordinaire magnificence ; en môme temps, ils entourèrent leur enclos de murailles fortifiées, et le lieu qu’ils habitaient ne fut plus appelé que la Ville neuve du Temple .

Quant à la puissante et quelque peu sinistre tour devenue si fameuse à la fin du siècle dernier, elle ne fut construite qu’en 1212, sous la direction d’un certain frère Hubert, alors trésorier de l’ordre. Elle était carrée, bâtie en pierre de taille, haute de quatre étages et flanquée de tourelles aux angles. A chaque étage, la tour formait une grande pièce et trois des tourelles en renfermaient de petites; dans la quatrième serpentait l’escalier.

En ce temps-là, l’enclos du Temple jouissait d’une indépendance complète, et l’autorité royale elle-même respectait ses prérogatives. Le grand prieur avait droit de haute et basse justice sur ses terres, les propriétés du couvent étaient lieu d’asile; duellistes et banqueroutiers s’y réfugiaient à l’envi, et bon nombre d’ouvriers y venaient demeurer aussi pour travailler à leur compte sans avoir été reçus maîtres.

Cette prospérité devait être d’une durée relativement courte; dès l’an 1313, l’ordre était supprimé par le pape Clément Y, et l’année suivante Philippe le Bel faisait brûler vif, à l’endroit où est maintenant le terreplein du Pont-Neuf, le grand maître de l’ordre, Jacques de Molay.

Nous ne relaterons pas par le menu ce procès des templiers, qui dura sept années. Son histoire et sa mo-

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ralité peuvent se résumer en quelques mots : Tordre, aux yeux du roi, très pauvre, était devenu trop riche.

Dès cette année 4313, les chevaliers de Saint- Jean de Jérusalem (plus tard chevaliers de Malte) prirent possession du couvent, et leur grand prieur y demeura jusqu’à la Révolution.

Dans ce Temple où avaient résidé saintLouis, Henri III, roi d’Angleterre, Philippe le Bel; où le prieur de Vendôme présidait, au dix-septième siècle, ces fameux dîners qu’égayaient Palaprat, La Fare, Ghaulieu, octogénaire, et parfois Voltaire enfant; dans ce Temple où le prince de Conti offrait, en 1770, un refuge à Jean- Jacques Rousseau revenant de Suisse ; dans ce Temple, antique lieu d’asile transformé en prison, Louis XVI entra le 14 août 1792.

Elle serait longue la liste des prisonniers que la grosse tour a renfermés depuis cette époque jusqu’au moment de sa démolition en 1811 ; bornons-nous à citer les plus illustres. Voici d’abord sir William Sydney Smith, qui réussit à s’évader de la tour au mois de mai 1798, après vingt-cinq mois de captivité; voici Toussaint-Louverture, le célèbre chef noir; voici Pichegru, qui y meurt en 1804 ; le capitaine anglais Wright, accusé d’avoir débarqué des Vendéens sur nos côtes, qui s’y coupe la gorge en 1805 sansattendre sonjugement; puis enfin le général Moreau, Georges Cadoudal, le marquis de Rivière, le chevalier d’Aranjo, ambassadeur du Portugal, les Solignac, etc., etc.

La tour, nous l’avons dit, fut démolie en 1811 et les événements de 1815 empêchèrent Napoléon de donner suite au projet qu’il avait conçu d’établir le ministère

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des cultes dans les bâtiments du couvent. Louis XVIII donna le Temple à la princesse de Condé, ancienne abbesse de Remiremont, pour y établir une congrégation des dames de son ordre; mais l’ordonnance royale fut annulée peu après avoir été rendue.

De cette magnifique résidence, de l’église qui la dominait et qu’on avait bâtie sur le modèle de celle de Saint-Jean de Jérusalem, du palais des prieurs, des habitations qui se groupaient autour de lui, de tous les beaux arbres qui ombrageaient le jardin, il ne reste plus dans le square actuel que deux arbres, dont un saule qu’on dit vieux de trois siècles.

Le prieuré de Saint-Martin des Champs, dont de nombreux et intéressants restes sont encore visibles, était d’origine plus ancienne que le monastère dont nous venons de nous entretenir; selon certains auteurs il existait déjà au sixième siècle. Détruit par les Normands, il avait été réédifié vers 1060 et, comme son voisin l’a fait plus tard, il avait entouré son enclos de fortifications. L’une des tours existe encore au coin de la rue du Vertbois.

Les religieux de Saint-Martin, bénédictins de Cluny, avaient, comme les Templiers, droit de justice sur leurs terres, et comme eux des franchises et le droit d’asile ; comme eux, ils édifiaient des bâtiments luxueux : leur réfectoire (aujourd’hui bibliothèque du Conservatoire) est l’œuvre de Pierre de Montereau ; leur église, commencée dans le style roman et terminée au quatorzième siècle, était une construction d’une rare élégance, que les moines se plaisaient à enrichir d’œuvres d’art et à orner de tableaux.

Au dix-huitième siècle, la maison, très riche, avait sous sa dépendance soixante-dix cures et vingt-cinq prieurés; quant aux religieux, ils consacraient encore leurs revenus à l’embellissement du monastère.

De 1706 à 1739, la maison claustrale fut entièrement reconstruite. Quand vous gravirez, au Conservatoire, le magnifique escalier qui donne accès aux salles d’exposition, vous vous rendrez compte de la splendeur de cette demeure; cet escalier, disons-le, est l’œuvre de l’architecte La Tour; la construction des autres bâtiments a été dirigée par Le Tellier. En même temps, Jean Jouvenet enrichissait l’église de plusieurs grandes compositions : Jésus chassant les vendeurs du temple, le Repas chez Simon le Pharisien , la Pêche miraculeuse , la Résurrection de Lazare . En 1811, ces tableaux ont été transportés au musée de Lyon.

Sur le territoire de cette abbaye était ce royal séjour que Robert le Pieux avait fait construire, et que son fils, Henri Ier, fit rebâtir entièrement.

La Révolution ferma le couvent, mais ses bâtiments furent utilisés, comme nous le verrons tout à l’heure, sur la proposition de l’abbé Grégoire.

Un autre couvent — ce qu’il en reste est transformé en caserne — existait à l’extrémité sud-est de l'arrondissement. Connu sous le nom des Minimes, titre que ses religieux avaient pris par humilité , il avait été fondé vers 1482 par des prêtres venus au chevet de Louis XI avec saint François de Paule. L’ordre naissant végéta pendant quelque temps à Plessis-lez Tours, puis il vint à Paris, où ses religieux se logèrent rue Saint-

Honoré, à l’endroit où s’élève maintenant l’église Saint- Roch.

Au commencement du dix-septième siècle, un chanoine de Notre-Dame nommé Olivier Chaillou entra dans la congrégation et lui donna ses biens. Ceci permit aux frères d’acheter, en 1G09, à la famille de Vitry, une partie du terrain dont elle était devenue propriétaire après la démolition de l’hôtel des Tournelles. Protégés par Marie de Médicis, les moines firent alors édifier un beau couvent et une église dont François Mansart fournit les plans et qui, par sa magnificence, contrastait singulièrement avec l’humilité originelle de la congrégation.

Le portail, mélange des ordres dorique et composite, était d’aspect imposant ; l’intérieur, décoré de basreliefs, de statues et de tableaux de maîtres, contenait un grand nombre de somptueux tombeaux ; ceux-ci ont été heureusement transférés pour la plupart au musée des monuments français en 1798, quand l’église fut démolie.

Cela dit, nous allons commencer notre promenade.

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